Economie

EXPANSION DU TOURISME EN RUSSIE


La part de l'industrie du tourisme dans le PIB du pays ne pèse pas plus de 1,5 %, et même en y ajoutant les secteurs connexes elle atteint tout juste 5 %. A titre de comparaison, disons que dans les pays de l'Union européenne ces indices sont respectivement de 5 et 16 %. Le gouvernement russe est toutefois convaincu que le nombre de touristes dans le pays pourrait passer de 3 millions actuellement à 9 millions en 2016. La part de ce secteur, compte tenu des branches qui y sont liées, devrait alors s'élever à 10 %. L'importance du tourisme dans l'économie russe serait ainsi comparable à celle des constructions mécaniques et de la sidérurgie. Ces informations ont été communiquées lors d'une récente réunion du conseil des ministres.


Alexandre Yourov
Jeudi 1 Février 2007



D'ici deux ans, la Russie aura plus de sept zones économiques spéciales

dédiées au tourisme et aux loisirs



Alexandre Yourov, RIA Novosti







Une telle avancée ne peut être obtenue rapidement. Le gouvernement a choisi le mécanisme des zones économiques spéciales pour accélérer le développement du tourisme. De son point de vue, il existe sept régions susceptibles d'attirer les touristes. Ce sont la Bouriatie, la république de l'Altaï, les régions d'Irkoutsk et de Kaliningrad, les territoires de l'Altaï, de Krasnodar et de Stavropol. L'Etat prévoit de financer à hauteur de 1,5 milliard de dollars les infrastructures nécessaires au tourisme dans ces régions. Le gouvernement prévoit des investissements de plus de 325 milliards de roubles au total pour le développement du tourisme. Pour attirer les investisseurs privés il a choisi de mettre en place des zones économiques spéciales (ZES).

Dans l'Altaï, le gouvernement entend profiter des nombreux torrents qui dévalent les montagnes pour les amateurs de rafting et autres sports extrêmes, ainsi que des pentes enneigées pour les adeptes du ski alpin. Il estime que cette contrée pourrait également devenir une destination pour les amateurs de randonnées équestres et pour le tourisme écologique en général. La région d'Irkoutsk et la république de Bouriatie sont des voisines de l'Altaï. Elles bordent le Baïkal, l'un des plus grands lacs au monde. Ici, on construira des pistes de ski, des parcs de loisirs aquatiques et des restaurants, afin que les touristes russes et européens puissent durant toute l'année découvrir les merveilles de ces lieux encore peu habités. Le gouvernement pense aussi y développer le tourisme d'affaires.

Deux éléments ici sont importants. Premièrement, les projets ne concernent pas uniquement le Caucase et la région de Kaliningrad, déjà très prisés des touristes, mais également des destinations exotiques même pour les Russes dans le Sud et l'Est de la Sibérie. Deuxièmement, les business-projets sont déjà prêts pour chacune des sept zones.
Bien entendu les perspectives ne sont pas les mêmes selon les régions. Les ZES de tourisme sur les territoires de Krasnodar et de Stavropol sont les plus prometteuses. C'est ici que se trouvent les plus anciennes villes balnéaires de la Russie. Chaque été, des centaines de milliers de Russes viennent s'y reposer et profiter des bienfaits d'une mer chaude. En hiver, les stations de ski sont toujours remplies. De plus, des stations thermales fonctionnent toute l'année. La région de Kaliningrad est également prometteuse. Concernant les lointaines destinations de l'Est sibérien, avec une infrastructure encore peu développée, il est difficile de savoir si elles plairont aux touristes européens. Par contre, il est certain qu'elles ne manqueront pas d'intéresser les touristes russes. Ceux-ci n'hésiteront pas à délaisser les pistes de ski européennes au profit des stations sibériennes, dès lors que les services offerts seront de qualité équivalente.

Pour finir de convaincre les investisseurs de l'intérêt des ZES dédiées au tourisme, il faudra aussi voir les conditions qui leur seront proposées. Les ZES ne sont pas une nouveauté en Russie, mais aujourd'hui le gouvernement établit dès leur création une série de conditions, relativement strictes, et exige qu'elles soient respectées. D'autre part, la création de ZES ne se fait actuellement que sur la base de projets d'investissement concrets. Le ministre du Développement économique estime que les entreprises pourront réduire leurs dépenses d'au moins un tiers dans les ZES. Il rappelle aussi qu'il existe déjà une base législative et juridique règlementant les activités dans ces zones. Difficile encore de savoir si le gouvernement concrétisera tous ses projets. Cela dépendra en grande partie des conditions que rencontreront concrètement sur place les entreprises qui commenceront à s'implanter.

En attendant, les fonctionnaires du ministère du Développement économique sont confiants. Lors de la réunion du gouvernement, leur ministre Guerman Gref a déclaré que les mesures prises n'étaient qu'un début. Chaque région concernée doit à présent élaborer son propre schéma de financement du tourisme. Par la suite, dans deux ans, un nouveau concours sera organisé et le nombre de ZES dédiées au tourisme devrait encore augmenter.



Jeudi 1 Février 2007

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