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ETATS-UNIS : LA DIRECTION DU PARTI DÉMOCRATE A SABOTÉ LA CAMPAGNE


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Aux élections législatives du 7 novembre, la majorité de l’électorat américain a clairement exprimé son rejet de l’administration Bush en donnant aux démocrates la majorité au Sénat et à la Chambre. Ils ont désormais pour mandat d’assurer la destitution de Cheney et Bush. La victoire démocrate aurait cependant été plus écrasante encore si le comité exécutif du Parti (DNC), présidé par Howard Dean, n’avait consciemment entravé la campagne.


Mercredi 6 Décembre 2006

  ETATS-UNIS : LA DIRECTION DU PARTI DÉMOCRATE A SABOTÉ LA CAMPAGNE
C’est ainsi que le 15 novembre, lors d’un petit-déjeuner de presse organisé par le Christian Science Monitor, James Carville, l’un des grands stratèges du parti, a appelé à la démission d’Howard Dean. Il était invité, avec son partenaire du Democracy Corps, Stanley Greenberg, pour faire le point sur les dernières élections. Greenberg rappela que les démocrates avaient gagné 29 sièges à la Chambre, 6 sièges étant encore disputés, alors que dans 24 autres scrutins, le candidat républicain avait gagné avec moins de 51 % des voix. Si le Parti démocrate avait mené une campagne plus déterminée, à l’échelle nationale, il aurait facilement pu gagner au moins une partie d’entre eux.

Carville a été encore plus direct. Lorsqu’on lui a demandé si Howard Dean devrait être remercié en raison des erreurs flagrantes commises, il répondit : « En un mot, oui ! Il faut le tenir pour responsable. La direction de Dean a été d’une incompétence "rumsfeldienne". » En effet, expliqua-t-il, bien que le Parti national ait contracté un emprunt de 10 millions de dollars, il n’en a même pas investi la moitié dans la campagne électorale : près de six millions n’ont pas été déboursés. Pourtant, dans bien des cas, cela aurait suffit à faire la différence.

Depuis le tout début de son deuxième mandat présidentielle, les scandales et les décisions désastreuses se succédant, la popularité de W. George Bush n’a cessé de diminuer. Tout le monde savait que les élections de mi-mandat seraient décisives. Au sein du Parti démocrate, le conflit éclata au printemps dernier autour de la stratégie à long terme d’Howard Dean, axée sur l’implantation d’antennes du Parti dans les cinquante Etats plutôt que sur le financement de campagnes électorales. En août, au cours d’une réunion houleuse au Capitole, le président de la Democratic Campaign au Sénat, Charles Schumer, et son homologue de la Chambre, Rahm Emanuel, ont exigé que le DNC consente un effort financier aussi important que les républicains pour la campagne. Dean refusa sous prétexte que cela ponctionnerait les fonds disponibles pour les organisations de base. En fin de compte, après que le désaccord ait été porté sur la place publique, Dean accepta d’allouer une somme minimale de 2,4 millions de dollars pour aider certains candidats.

Le président du DNC a riposté en déployant une tribu de « bloggers » pour démonter les arguments de Carville, l’accusant d’être « l’homme de Washington », loin du peuple, marié à une républicaine, alors que lui-même serait un « homme de la base ». Ironiquement, la première personne à venir à la rescousse de Dean fut l’ancien directeur du DNC, Don Fowler, un raciste notoire poursuivi par Lyndon LaRouche en 1996 pour violations de la Loi sur le droit de vote. Les accusations portées par Carville contre la stratégie de Dean n’ont pas surpris LaRouche, même s’il n’en avait pas été prévenu.

Au cours des six semaines précédant les élections, LaRouche a intensifié l’intervention politique de son mouvement en ouvrant un flanc décisif : le climat de terreur que les cercles néo-conservateurs ont progressivement imposé ces dernières années dans les universités. Le LYM (LaRouche Youth Movement) a distribué environ 750 000 brochures dénonçant la myriade d’organisations, dirigée par Lynne Cheney, qui s’érigent en « gendarmes de la pensée », ce qui a provoqué une forte augmentation des jeunes électeurs dans les tranches d’âge 18 à 25 ans et 25 à 30 ans, justement des groupes auxquels la direction démocrate ne s’est pas intéressée. Les 10 millions de jeunes électeurs - 2 millions de plus qu’aux dernières élections de mi-mandat en 2002 - ont été le facteur décisif de la victoire démocrate.

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Mercredi 6 Décembre 2006

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