Décision américaine pour ralentir son retrait militaire d'Europe
Suite à l'escalade verbale entre Moscou et Washington, le gouvernement américain a fait état du ralentissement du retrait des troupes militaires US du continent européen. Robert Gates, secrétaire à la Défense a affirmé que le retrait de deux bataillons sur 4 campés en Europe, serait retardé de 2 ans.
Cette décision a été prise un jour après celle de Moscou pour changer les méthodes d'entraînement de ses soldats. Moscou a averti qu'elle prendrait des mesures de représailles, face aux menaces dues au déploiement d'un système de défense anti-balistique US en Europe de l'Est. Le retrait de la Russie du Pacte des Forces conventionnelles, le décollage des bombardiers stratégiques russes après 15 ans et le changement des méthodes d'entraînement de soldats sont au nombre des répliques préparées par le Kremlin. Ces derniers mois, la littérature employée par les autorités américaines et russes nous rappelle bien celle de l'époque de la Guerre froide. A l'époque, la confrontation US-URSS était plutôt d'ordre idéologique, mais actuellement, ces divergences de vue tournent autour des questions comme la sécurité nationale et la pénétration dans la zone d'influence de la partie adverse. Les néo-conservateurs américains, voulant profiter des occasions présentées depuis la fin de la Guerre froide et le 11 septembre 2001, cherche à venir à bout de l'ancien rival et compléter leur emprise sur l'Europe. Pour cette raison, des plans comme l'élargissement de l'OTAN vers l'Est, le déploiement d'un bouclier anti-missile et l'indépendance du Kosovo ont été mis à l'ordre du jour par Washington. Ces démarches sont bien sûr considérées comme des menaces par Moscou. La plupart des politiciens russes estiment que le bouclier anti-missile américain, malgré les allégations répétées de Washington prétendant qu'il servait à contrecarrer l'Iran, ne vise en effet qu'à perturber l'équilibre stratégique entre la Russie et les Etats-Unis. De même, l'élargissement de l'OTAN vers et l'adhésion progressive des Républiques de l'ex-Union Soviétique à cette Alliance ne feraient en effet que parachever l'encerclement de la Russie. C'est pourquoi la plupart des observateurs politiques prévoient, dans les années à venir, une montée des mouvements nationalistes et anti-occidentaux en Russie, ce qui rendra de plus en plus difficile tout compromis entre Moscou et Washington. Pour ces analystes, le fait que Poutine est toujours là, au pouvoir, est un le signe d'un tel processus. Washington a plusieurs fois exprimé son inquiétude face au maintien au pouvoir de Vladimir Poutine. Quelques heures après le choix par le magazine Time, de Poutine comme l'homme de l'année, la Maison Blanche a clairement indiqué que Poutine était dans l'histoire moderne, l'homme de manigances et de manœuvres. Interviewé par le magazine Time, Poutine a déclaré (je cite) : « Nous voulons être ami avec les Etats-Unis, mais parfois, on s'aperçoit que les Etats-Unis ne veulent pas d'amis, mais des pays qui leur soient soumis. »(fin de citation) En tout cas, étant donné la poursuite de la guerre de mots entre Russes et Américains, la décision de Washington de retarder le retrait de ses troupes d'Europe ne serait pas telle surprenante
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