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ECONOMIE : RUÉE SUR LES AVOIRS RÉELS


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Les carnages en série sur les marchés boursiers et le nouveau record atteint par le prix des matières premières font partie d’une ruée globale sur les avoirs réels, au détriment des titres financiers, dans l’espoir que les biens physiques échapperont au krach financier. Un nombre grandissant d’investisseurs « malins », à la différence des « lemmings », savent que le système va exploser. Si la structure des dettes impayables et des paris sur produits dérivés, dont le volume est encore plus important, tient encore, c’est uniquement grâce à des injections de liquidités par les banques centrales, combinées à d’autres types d’opérations « de protection contre les plongées ». Par conséquent, les avoirs réels - matières premières, immobilier de bureau - quel qu’en soit le prix, sont considérés comme préférables à des titres en papier qui risquent de ne plus rien valoir d’ici peu.


Solidarité et progrès
Mercredi 19 Juillet 2006

  ECONOMIE : RUÉE SUR LES AVOIRS RÉELS



Les Bourses ont recommencé leur mouvement de repli à travers le monde - notamment en Asie et sur les marchés dits émergents. A titre d’exemple : l’indice russe RTS a reculé de 4 % le 13 juillet, l’indice composite de Shanghai perdait 5 % le même jour, tandis que le lendemain, au Japon, les actions baissaient fortement pour le quatrième jour consécutif, dans le contexte de la décision de la Banque du Japon d’abandonner sa politique de taux d’intérêts zéro. En Europe et aux Etats-Unis également, les marchés boursiers ont été frappés. Pour les actions américaines, la semaine se terminant le 14 juillet s’est avérée la pire depuis 15 mois.

Après une pause entre la mi-mai et la mi-juin, la dynamique hyperinflationniste sur les marchés des matières premières reprit de plus belle. Le 14 juillet, les prix du pétrole atteignaient de nouveaux records à Londres et à New York. A un moment donné, le prix du contrat d’août du West Texas Intermediate a frôlé pour la première fois la barre des 80 dollars (à 79,45 dollars). Le cours de l’OR a grimpé de plus de 100 dollars en l’espace de quatre semaines, passant de 550 dollars à la mi-juin à 676 le 17 juillet. Quant aux métaux industriels, les prix remontent vers les niveaux record de mai. Pour ce qui est du nickel, composant essentiel de la production d’acier, un nouveau record a été atteint le 12 juillet, enregistrant à la London Metal Exchange une hausse de 50 % depuis quatre semaines et de 90 % depuis le début de l’année.

Cependant, la ruée ne se limite pas aux matières premières et à l’immobilier. La frénésie des fusions et acquisitions fait partie du même processus - que ce soit dans le secteur des mines, l’énergie, la sidérurgie ou l’automobile. Une part de plus en plus importante de ces achats n’est pas le fait d’une société concurrente dans la même branche, mais d’« investisseurs financiers », notamment des fonds d’actions et des hedge funds.

Selon le dernier bulletin mensuel de la Banque centrale européenne, la valeur totale des fusions et acquisitions pour lesquelles une société de la zone euro s’était portée acquéreur au cours des 12 derniers mois s’élevait à 466 milliards d’euros. Pendant la même période, les transactions impliquant une société américaine étaient de 904 milliards d’euros. La BCE reconnaît que ce processus était soutenu par « des conditions de financement très favorables », c’est-à-dire l’injection de liquidités par les banques centrales. Les institutions financières (banques et fonds) ont été impliquées dans environ 40 % des acquisitions des 12 derniers mois, fait qui « peut refléter l’importance grandissante de l’industrie des actions privées dans la zone euro », note le rapport de la BCE.

Souvent, les entreprises se trouvent dans une situation où elles doivent fusionner avec un concurrent, si elles ne veulent pas risquer de se faire acheter. Dans son Rapport annuel sur la stabilité financière publié le 12 juillet, la Banque d’Angleterre affirme que l’une des principales menaces à la stabilité du système financier britannique vient de la tentation des sociétés de s’endetter afin d’éviter une OPA.

En Allemagne, les fonds d’actions internationaux contrôlent déjà près de 6000 entreprises, pour un effectif total de 800 000 salariés. Et ce n’est qu’un début. Le groupe américain Blackstone vient de créer la plus grande opération de fonds d’actions de tous les temps. Doté de 15,6 milliards de dollars, il va bientôt se lancer dans les fusions et acquisitions. Permira Advisors a créé un nouveau fonds pesant 12,8 milliards de dollars, tandis que le Texas Pacific Group vient de lever 14,6 milliards de dollars pour un nouveau fonds d’actions.

http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2311 http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2311



Mercredi 19 Juillet 2006

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