Politique Nationale/Internationale

Du bon usage de la « démocratie »



Mardi 18 Juillet 2006

Du bon usage de la « démocratie »

Décryptage

L'un des principaux objectifs déclarés de la politique étrangère de Washington et de ses alliés est la propagation mondiale de la « démocratie ». C'est avec une exaltation messianique pleine de menaces que le président George W. Bush en avait fait l'axe central de son second discours d'investiture. La promotion de la démocratie est également devenue la justification, a posteriori, de l'invasion illégale de l'Irak et la justification a priori de la plupart des changements de régime auxquels rêvent les plus enragés des responsables états-uniens.

Le quotidien australien, The Australian, reproduit des extraits d'un article du ministre des Affaires étrangères Alexander Downer, initialement publié dans le journal du Parti libéral australien. Il y reprend les principaux axes rhétoriques de la vulgate « démocratique » et réaffirme sa foi dans la promotion de la démocratie à laquelle l'Australie participe aussi bien en Irak qu'aux îles Salomon.
Malheureusement pour M. Downer, il semble que, comme à son habitude, il ait un temps de retard sur les concepts de propagande à la mode. En effet, il soutenait encore, mordicus, en juillet 2004 que l'Australie avait participé à la guerre d'Irak pour priver Saddam Hussein de ses armes de destruction massive à une époque où l'administration Bush et le gouvernement Blair avaient déjà renoncé à cet argument délégitimé. Aujourd'hui, il martèle sa foi dans la promotion de la démocratie dans des termes proches de ceux qu'employait George W. Bush lors de son discours inaugural de janvier 2005, et qu'il a mis en sommeil depuis.

Comme nous l'avons vu concernant l'Iran, de hauts dignitaires états-uniens recommandent désormais une approche plus « réaliste » des dossiers internationaux et surtout l'abandon de l'objectif du « changement de régime », corollaire du discours sur la « démocratisation ».
En effet, faisant face à des difficultés militaires en Irak et ne parvenant pas à endiguer l'émergence d'un axe Téhéran-Moscou-Pékin autour de l'organisation de coopération de Shanghai, une partie des élites washingtoniennes, et notamment des diplomates du département d'État, revoient leurs ambitions à la baisse ou temporisent espérant retrouver plus tard une opportunité de parvenir à leurs fins. Aussi est-il désormais question de négociations avec Téhéran ou de discussions directes avec Pyongyang, voire de retour aux principes du droit international.

Cette attitude provoque le courroux des adeptes du jusqu'au-boutisme qui accusent l'administration Bush de trahir les objectifs de « démocratisation » qu'elle s'était fixée.
Les deux chercheurs du think tank néo-conservateur American Enterprise Institute, Danielle Pletka (ancienne administratrice du Committee for the Liberation of Iraq) et Michael Rubin (ancien conseiller de Donald Rumsfeld et de l'Autorité provisoire de la Coalition en Irak), se désolent dans le Los Angeles Times du tournant pris par la diplomatie états-unienne. Pour eux, il est évident que sous la conduite de Condoleezza Rice, Washington est en train de se convertir au « réalisme » et abandonne la « démocratisation » du Proche-Orient dont les néo-conservateurs avaient fait un de leurs objectifs revendiqués. Ils déplorent le manque de soutien de l'administration Bush aux dissidents chinois et le manque de pressions à l'encontre de l'Égypte, du Liban , de la Syrie ou de la Corée du Nord.
Les deux auteurs sont imités dans l'International Herald Tribune par Amr Hamzawy et Michael McFaul, de la Carnegie Endowment for International Peace (M. McFaul est également membre de la National Endowment for Democracy). Les deux auteurs se concentrent sur le dossier égyptien et s'agacent de ce qu'ils voient comme de la mollesse de la part de l'administration Bush. Ils accusent le régime d'Hosni Moubarak d'être revenu sur toutes les avancées démocratiques obtenues sous la pression états-unienne et demandent à Washington de désormais conditionner ses aides financières à une libéralisation du régime. M. Hamzawy reprendra les grandes lignes de cette argumentation dans une tribune publiée sous son seul nom dans le Daily Star (filiale du New York Times, comme l'International Herald Tribune) en étendant sa logique non seulement à l'Égypte mais aux autres pays du « Grand Moyen-Orient » et affirmant, suivant la vulgate bushienne, que favoriser les autocraties arabes c'est faire le jeu de l'islamisme.

A ce stade, un rappel s'impose. Pris au premier degré, on pourrait penser que nous assistons à une manifestation de colère de démocrates idéalistes souhaitant que la liberté et la démocratie se développent partout dans le monde et s'attristant que les promesses de George W. Bush n'aient pas été tenues. Ce n'est bien évidemment pas le cas.
La novlangue en vigueur à Washington a travesti le mot « démocratie » pour en faire un argument justificatif de sa politique. Comme l'écrivait Jeane Kirkpatrick dans son fameux article de 1979 « Dictatorships and Double Standards » publié dans la revue Commentary : « Bien que la plupart des gouvernements de la planète soient, comme ils l'ont toujours été, des autocraties d'un genre ou d'un autre, aucune idée n'a plus d'emprise sur le cerveau des Américains éduqués que celle qui veut qu'il est possible de démocratiser des gouvernements partout, tout le temps et dans n'importe quelles circonstances ». Aussi, la lutte pour la démocratie a été l'argument qui a servi d'objectif officiel à la plupart des politiques étrangères états-uniennes. Au nom du renforcement de la démocratie, Madeleine Albright puis Condoleezza Rice veulent construire une « communauté des démocraties » qui assurera la prééminence de Washington sur ses alliés et servira de socle à un système international au bénéfice des seuls États considérés comme « démocratiques » par les États-Unis. Pour les néo-conservateurs, l'argument « démocratique » sert de justificatif au renversement de régimes ennemis (hier l'Irak, aujourd'hui la Syrie ou l'Iran) ou jugé pas assez coopératif (l'Égypte). Les régimes installés en Irak ou en Afghanistan démontrent qu'à l'évidence c'était moins la démocratie que la docilité qui était recherchée.
Le président de l'école de gouvernement et de direction politique de l'université Bahcesehir d'Istanbul et ancien chargé de mission de l'ONU, Adel Safty, rappelle d'ailleurs, dans Gulf News, que les auteurs de référence des néo-conservateurs ne sont pas des démocrates. L'analyste reprend les textes d'universitaires rappelant l'influence de Leo Strauss et de Carl Schmitt sur l'administration Bush et sur son idéologie. Ces deux idéologues fascistes ont développé une pensée faisant de l'existence d'une menace extérieure un préalable à l'ordre politique stable. Le discours démocratique de l'administration Bush n'est donc qu'un vernis rajouté notamment par Nathan Sharansky et qui vient se surimposer à des problématiques étrangères à la réelle démocratisation puisqu'il suppose que les peuples « démocratisés » voient leur souveraineté soumise au contrôle d'un pays étranger.

Ainsi, il ne faut pas comprendre les plaintes des néo-conservateurs comme une volonté de promotion de la démocratie mais comme la manifestation d'une déception des résultats obtenus par l'administration Bush et d'une guerre des clans en son sein.
Notons cependant que les néo-conservateurs ont retrouvé espoir avec l'attaque israélienne contre le Liban, nous y reviendrons dans un prochain article.

Toutefois, cette omniprésence de la rhétorique « démocratique » a pollué le débat sur l'action des États-Unis dans le monde. Il est courrant de voir des éditorialistes de la presse dominante occidentale s'interroger sur le bien-fondé des méthodes de l'administration Bush compte tenu de son objectif qui était, ils n'en doutaient pas, la démocratisation du monde. Cet aveuglement n'est pas propre à la presse occidentale.
Ainsi, dans le journal saoudien Arabrenewal, l'écrivain et journaliste saoudien Ossama Abdelrahmen ne croît pas au concept de démocratisation du « Grand Moyen-Orient » mis en scène par les États-Unis. Toutefois l'auteur estime que le projet états-unien vise à imposer par les armes une forme de démocratie qui ne convient pas au monde arabe, mais qui est calquée sur le modèle états-unien. Il ne remet pas en cause la volonté même des États-Unis de « démocratiser » les pays arabes et perd de vue l'orientation coloniale du projet.

Les protestations néo-conservatrices manifestent-elles la perte d'influence de ce courant de pensée à Washington ? Malheureusement non, répond l'analyste pan-arabe Patrick Seale, dans le journal syrien Syrianobles. Pour lui, la politique étrangère états-unienne reste marquée par le sionisme extrémiste des néo-conservateurs qui conservent leur influence au travers des think tank de Washington, aussi l'influence « modératrice » de Mlle Rice ne serait qu'une illusion.
Nous noterons pour notre part que les critiques acerbes des néo-conservateurs visent comme à leur habitude le département d'État. Sous le premier mandat de George W. Bush, ils faisaient de Colin Powell leur bouc-émisaire, c'est au tour de Condoleezza Rice de jouer le rôle. Cependant, les néo-conservateurs critiquent désormais aussi le président lui-même. Cette extension peut être interprétée comme une manœuvre coordonnée avec l'administration Bush pour pousser sa politique à l'extrême. Mais elle peut aussi exprimer un emportement théorique propre à ce type d'idéologie et, dans ce cas, provoquer la mise à l'écart des néo-conservateurs.

Réseau Voltaire



 

  

« Poursuivre la bataille contre la tyrannie »

Auteur Alexander Downer


 Alexander Downer est ministre des Affaires étrangères de l'Australie.

Source The Australian (Australie)
Référence « Carry on the battle to conquer tyranny », par Alexander Downer, The Australian, 13 juin 2006. Ce texte est la reprise d'extrait d'un article d'Alexander Downer dans le journal du Parti libéral australien.

Résumé Bien qu'ils aient souvent l'air laconiques, les Australiens défendent avec passions leurs valeurs. Nous souhaitons la diffusion de la démocratie et de la liberté, mais nous l'exprimons sans doute avec des accents moins nationalistes que les États-Unis.
L'Australie reste une force active dans la diffusion de la liberté. Par le passé, nous avons mené des guerres pour cela et nous continuons à nous battre. Ce n'est pas qu'une lutte idéaliste, cela améliore considérablement la vie des gens. Dans cette guerre pour la démocratie, nous avons remporté une grande victoire à la fin de la Guerre froide, mais nous faisons aujourd'hui face à un nouvel ennemi avec les extrémistes terroristes souhaitant créer des régimes de type taliban. Notre liberté est en jeu et pour la défendre, nous devons promouvoir la modération contre l'extrémisme. Or, l'extrémisme naît en réaction à l'autoritarisme.
Les bains de sang, la corruption et le chaos ont précédé l'émergence des talibans . Or au Moyen-Orient, on compte beaucoup de régimes répressifs. En Irak, nous avons renversé un régime répressif pour instaurer une démocratie. Nous avons aussi favorisé la démocratie dans les îles Salomon.
Nous agissons ainsi par altruisme, mais aussi par intérêt car cela sert notre sécurité.
 

« La doctrine tyrannique »

Auteurs Danielle Pletka, Michael Rubin


 Danielle Pletka est vice-présidente chargée des questions d'affaires étrangères et de défense de l'American Enterprise Institute.Elle fut administratrice du Committee for the Liberation of Iraq. Elle a été signataire de l'appel des 115 atlantistes contre Vladimir Poutine.

 Michael Rubin est chercheur à l'American Enterprise Institute, au Washington Institute for Near East Policy et expert du Cabinet de relations publiques Benador Associates. Il a été conseiller de l'Autorité provisoire de la Coalition en Irak et conseiller de Donald Rumsfeld sur l'Irak et l'Iran au Pentagone.

Source Los Angeles Times (États-Unis)
Référence « The tyranny doctrine », par Danielle Pletka et Michael Rubin, Los Angeles Times, 26 mai 2006.

Résumé La semaine dernière, Condoleezza Rice a annoncé la reprise des relations diplomatiques avec la Libye. Cela marque la fin de 25 ans de blocus diplomatique, mais aussi la fin de la doctrine Bush. Dans son second discours inaugural, George W. Bush avait affirmé que la survie de la liberté dans notre pays dépendait de la propagation de la liberté dans le reste du monde. Mais, depuis ce discours, l'administration Bush a regardé sans broncher l'Égypte annuler ses élections et la fin de la révolution du Cèdre au Liban. Elle abandonne les dissidents chinois et cherche un traité de paix avec la Corée du Nord.
La démocratisation est abandonnée au profit d'un faux réalisme en matière de guerre au terrorisme et de relations économiques. En Libye, la démocrate Fathi El Jahmi a été libéré de prison deux semaines avant d'être ré-emprisonné. Bush s'est félicité de sa libération, mais n'a pas commenté sa nouvelle incarcération.
Pourtant, rien ne permet d'affirmer que Bush a cessé de croire en ce qu'il professait. Simplement, l'administration Bush ne semble pas prête à prendre les décisions douloureuses que ses convictions exigent.
 

« Les États-Unis et l'Égypte : Abandonner la doctrine de la liberté »

Auteurs Michael Mac Faul, Amr Hamzawy


 Michael Mac Faul est membre de la Carnegie Endowment for International Peace, et de la National Endowment for Democracy. Il co-dirige le Project on Iranian Democracy de la Hoover Institution
Ancien professeur à l'université du Caire et à l'université libre de Berlin, Amr Hamzawy est chercheur au Carnegie Endowment for International Peace.

Source International Herald Tribune (France)
Référence « The U.S. and Egypt : Giving up on the 'liberty doctrine' », par Amr Hamzawy et Michael McFaul, International Herald Tribune, 3 juillet 2006.

Résumé Le président George W. Bush a-t-il abandonné sa doctrine de liberté ? De la Libye à l'Iran en passant par l'Azerbaïdjan, l'administration Bush semble accorder moins d'importance à la promotion de la démocratie.
Aujourd'hui, nulle part cette nouvelle indifférence n'est plus remarquable qu'en Égypte .
L'apparent renversement d'attitude vis-àvis de l'Égypte est d'autant plus surprenant que c'était sur ce pays que l'administration Bush exerçait la pression la plus forte. Lors de son second discours inaugural, le président Bush avait, à juste titre, insisté sur la nécessaire diffusion de la liberté. Les États-Unis avaient poussé Hosni Moubarak à réformer son régime et à accepter des élections. Mais Moubarak a concédé le minimum tant qu'il était surveillé et il est ensuite revenu en arrière sans que l'administration Bush ne réagisse.
Au contraire, les États-Unis ont renouvelé leur aide à l'Égypte. Ils devraient pourtant, au contraire, soumettre les aides versées à une condition de libéralisation. L'actuelle politique ne favorise pas la démocratisation car tous les autocrates arabes observent l'Égypte avec intérêt.
 

« Les hommes du présidents et leur pensée fasciste »

Auteur Adel Safty


 Adel Safty détient la chaire de direction de l'UNESCO et préside l'école de gouvernement et de direction politique de l'université Bahcesehir d'Istanbul. Il a dirigé plusieurs missions de l'ONU. Il est l'auteur de From Camp David to the Gulf.

Source Gulf News (Émirats arabes unis)
Référence « All the president's men and their fascist minds », par Adel Safty, Gulf News, 18 juin 2006.

Résumé L'idéologue fasciste américain Lawrence Dennis a affirmé dans les années 30 que le fascisme était une vision du monde qui pouvait être imposée par un mouvement qui n'avait pas nécessairement besoin de comprendre l'idée fasciste.
En essayant de comprendre les fondations de l'idéologie bushienne, de nombreux chercheurs ont associé cette idéologie aux penseurs fascistes. Les idéologues qui entourent Bush prononcent des idées fascistes sans nécessairement affirmer être fascistes. Cette version du fascisme est matinée de foi messianique.
En 2004, Sanford Levinson a écrit que le philosophe nazi Carl Schmitt était la vraie inspiration du régime Bush. Alan Wolfe du Boston College a décrit Schmitt comme le véritable gourou de l'administration Bush. Pour Jeffrey Steinberg, c'est Leo Strauss, disciple de Schmitt, qui est le « parrain fasciste des néo-conservateurs ». Strauss pensait que la morale et l'éthique n'ont pas de place en politique et défendait une approche machiavélienne de la politique intérieure et étrangère. Pour lui, l'ordre politique stable suppose un ennemi extérieur et si cet ennemi ou cette menace n'existent pas, il faut les fabriquer. Strauss fut, à Washington, le professeur de Paul Wolfowitz et d'Abram Shulsky.
A ces théoriciens, il faut également ajouter l'influence de Karl Rove, lui aussi un machiavélien, et de Natan Sharansky, un extrémiste israélien qui a influencé le discours inaugural de George W. Bush vers davantage d'agressivité et d'expansionnisme.
 

« Que veulent les États-Unis ? »

Auteur Oussama Abdelrahmen

Oussama Abdelrahmen est écrivain saoudien et journaliste à Arabrenewal. Il est également l'un des membres du « cercle de développement » aux Émirats Arabes Unis, où il est spécialisé dans les affaires pétrolières.

Source Arabrenewal (Arabia Saudita)
Référence « ماذا تريد أمريكا », par Ossama Abdelrahmen, Arabrenewal, 11 juillet 2006.

Résumé Depuis l'occupation de l'Irak, certains officiels états-uniens n'ont pas cessé d'expliquer que leur pays a élaboré une stratégie visant à remodeler la région, et que cela dépasse les frontières irakiennes. C'est ainsi que le projet du Grand Moyen-Orient a vu le jour, confirmant que les États-Unis ont des objectifs à long terme. Que cherche l'administration états-unienne exactement ? Vise-t-elle vraiment à démocratiser le Moyen-Orient ?
Certes, l'administration Bush sait que son alliance stratégique avec l'entité sioniste et son humiliation des peuples opprimés, sont les principales raisons de sa mauvaise réputation dans le monde arabe.
Les États-Unis prétendent qu'ils entreprennent la démocratisation du monde arabe. Certes, nos peuples sont affamés de démocratie, mais pas celle prônée par l'administration états-unienne. Cette dernière imagine que son armée pourra imposer sa formule de la démocratie, sans voir les peuples concernés réagir. Malheureusement, l'exemple de l'Irak prouve que les néo-conservateurs ont réussi à mettre en œuvre leur modèle « démocratique ».
Actuellement, la Syrie semble faire partie de la stratégie états-unienne de la démocratisation. Surtout que Damas a refusé de collaborer avec l'administration Bush, et de participer à la guerre de « libération » et de « démocratisation » de l'Irak.
Dans le même cadre, il semble que les néo-conservateurs ont déjà conçu se qu'ils ont appelé « projet de la libération de la Syrie », à l'instar de celui de l'Irak.
 

« Les néo-cons occupent toujours la direction à Washington »

Auteur Patrick Seale


 Patrick Seale est un analyste et auteur réputé sur le Proche-Orient. Contributeur régulier à Gulf News. Il a notamment publié des ouvrages sur l'histoire contemporaine de la Syrie et une biographie d'Abu Nidal.

Source Syrianobles (Syrie)
Référence « المحافظون الجدد ما زالوا يديرون الأمور في واشنطن », par Patrick Seale, Syrianobles, 23 juin 2006.

Résumé Juste après le déclenchement de la guerre contre l'Irak, nous avons eu l'impression que les néo-conservateurs avaient commencé à perdre du terrain, surtout avec les nombreuses critiques dont ils ont fait l'objet.
De même, la question du rôle et de l'influence du lobby israélien sur la politique états-unienne au Moyen-Orient a été relancée. Or, cette polémique est apparue alors que les principaux néo-conservateurs changeaient de postes. Ainsi, Paul Wolfowitz, l'architecte de la guerre contre l'Irak, s'est emparé de la Banque mondiale. De même, Richard Perle, le théoricien de l'usage de la force pour détruire les ennemis d'Israël, a été écarté de son poste du président du Conseil de la politique de défense. Quant à John Bolton, il a été nommé ambassadeur de l'administration Bush auprès des Nations Unies. Sans, par ailleurs, oublier que tous le monde pensait que la nomination de Condoleezza Rice comme secrétaire d'État lors du deuxième mandat Bush diminuerait l'impact néfaste des options de Dick Cheney, de Donald Rumsfeld et de George W. Bush lui-même.
Les analystes internationaux s'attendaient à ce que l'axe prôné par les néo-conservateurs, considérant que les intérêts de leur pays sont ceux d'Israël, soit mise en cause. Et que Washington adopte une position plus équilibrée et neutre en Moyen-Orient.
Mais, il s'est avéré malheureusement que tous ces espoirs et ces prévisions n'avaient pas de base. Cela pour une seule raison, c'est que les faucons pro-israéliens ont raffermi leur présence au sein de l'administration Bush, et ont pu, par le biais des instituts de recherche de la droite, re-élaborer la politique étrangère états-unienne surtout au Moyen-Orient.
Lors de sa dernière visite en France, le Premier ministre de l'État hébreu, Ehud Olmert, n'a pas caché son vœu le plus cher de faire chuter le gouvernement du Hamas. Une tâche confiée, entre autres, au néo-conservateur Stewart Levy, qui ne s'épargne aucun effort pour réaliser le souhait du nouveau leader du parti Kadima.
Toutes ces raisons et pleines d'autres incitent à croire que les États-Unis sont très loin de revoir leur politique étrangère sous le régime mené par les néo-conservateurs.

http://www.voltairenet.org/article142045.html http://www.voltairenet.org/article142045.html



Mardi 18 Juillet 2006

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