Proche et Moyen-Orient

Disparition de Khashoggi : un imbroglio qui pourrait cacher bien plus de choses qu’une simple disparition d’un journaliste non apprécié



wikistrike.com
Vendredi 12 Octobre 2018

Mon analyse du cas Khashoggi d’il y a huit jours ne s’est pas démentie par le développement de cette affaire sinistre. Il ne fait plus de doute que la victime est tombée dans un traquenard comme un débutant en se faisant fixer un second rdv au consulat saoudien d’Istanbul. MBS, l’homme fort du Royaume est carrément montré du doigt et il est peu probable que les milliards de dollars qu’il est prêt à mettre dans les poches des acteurs concernés, Trump et Jared Kushner à leur tête, en passant par les Turcs, pour que ceux-ci arrivent à le blanchir.

Cette élimination est vraiment un acte stupide car Khashoggi n’était pas un vrai danger pour MBS, puisque c’était un homme du renseignement saoudien, un homme du sérail et un homme de la CIA. Les critiques qu’il exprimait dans ses tribunes au Washington Post, étaient surtout des conseils au centre de décision saoudien complètement contrôlé par MBS et fortement influencé dans ses prises de décision par MBZ et les Israéliens devenus omniprésents à Riyad.

Khashoggi se rendait bien compte, comme bien d’autres au sein de la CIA, que MBS menait le pays à la catastrophe, probablement même à une aventure militaire contre l’Iran que les Israéliens appellent de leurs vœux avec l’espoir d’y attirer les Etats-Unis. Le danger que représentait Khashoggi pour le plan talmudiste, consistait dans le fait qu’il menait une activité discrète d’explications au sein de l’intelligentsia washingtonien aux yeux de laquelle Khashoggi était devenu éminemment crédible.

En somme, sans le vouloir peut-être, Khashoggi était devenu une source de contre-désinformation qui commençait à contrer dangereusement la stratégie d’influence de l’AIPAC. Ce sont des choses qui ne se pardonnent pas dans ce genre de milieux. Il ne faut pas oublier aussi que Khashoggi était devenu une source d’inspiration pour les analystes de la CIA chargés du dossier saoudien et que le journaliste n’épargnait pas dans les debriefings entre quatre yeux l’action hiératique de MBS et son équipe de tocards.

On sait par ailleurs que la communauté de la sécurité nationale étasunienne aurait préféré avoir un Mohamad Ben Nayef, l’ex-Prince hériter dégommé par MBS, comme futur Roi à Ryad. Si en croit la presse turque, trois officiers du Mossad faisaient partie du team qui s’est occupé de Khashoggi au consulat. Parmi l’équipe, les services turcs ont relevé et fuité la présence d’un médecin légiste saoudien. Apparemment c’est ce médecin légiste qui s’est chargé de découper, en morceaux transportables dans des portes documents, du cadavre de ce pauvre journaliste.

Maintenant, il serait intéressant de voir comment Erdogan va imaginer un dénouement à ce scénario macabre. Va-t-il siphonner lui aussi l’argent de MBS, comme est en train de le faire Trump en ce moment même en utilisant l’affaire Khashoggi ; ou va-t-il enfoncer MBS ?

Ce qui est curieux cependant c’est que les Syriens, les Iraniens et le Hezbollah se sont abstenus d’exploiter le cas Khashoggi pour mener des attaques en règle contre MBS qui se veut être leur ennemi et l’ami d’Israël. Ces gens ont oublié d’être des imbéciles et je crois qu’ils ont compris que MBS a été attiré dans un piège qui risque de déboucher en fin de parcours, par les différentes boules de neige qu’il va engendrer, sur l’éclatement de l’Arabie Saoudite. Le dépècement du Royaume ne sert que les talmudistes et leurs représentants genre Bolton ; mais en aucun cas ses voisins. MBS et son staff sont-ils capables de comprendre cela ? J’en doute.


Le Dessous des Cartes


Vendredi 12 Octobre 2018


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