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Discours à la nation libanaise [Sayyid Hassan Nasrallah, Secrétaire général du Hezbollah]


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Al Sayyid Nasrallah affirme que l’opposition libanaise ne capitulera pas. Il révèle qu’une partie de la camarilla au pouvoir a demandé à Washington qu’Israël déclenche son agression contre le Liban.


Traduit par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice



Zeynel CEKICI
Vendredi 8 Décembre 2006

Discours à la nation libanaise [Sayyid Hassan Nasrallah, Secrétaire général du Hezbollah]
Dans le contexte des scandales entourant les tenants du pouvoir durant la dernière guerre israélo-américaine contre le Liban, en particulier durant l’agression du mois de juillet 2006, son Excellence le Secrétaire général du Hezbollah, Al Sayyid Hasan Nasrallah a révélé que certains des membres de l’équipe gouvernementale ont demandé aux USA qu’Israël déclenche une guerre contre le Liban au cours de l’été dernier ; il a également révélé que le Premier ministre Fu’âd Siniora a tenté de confisquer les armes de la Résistance libanaise en pleine guerre. Au cours d’une longue allocution retransmise en directe, qu’ont suivie sur des écrans géants des dizaines de milliers de manifestants faisant un sit-in au centre de Beyrouth, et qui dura plus d’une heure, son Excellence a déclaré :


« Certains membres du Cabinet – je n’en ai jamais cité aucun par son nom – sont allé chez les Américains pour leur demander qu’Israël fasse la guerre au Hezbollah, ainsi qu’à tous ses alliés au Liban. »


Il a également mentionné le fait qu’un service de sécurité libanais avait tenté – là encore, en pleine guerre – d’obtenir des informations concernant les lieux où étaient susceptibles de se trouver des responsables du Hezbollah, dont Hasan Nasrallah lui-même.


Le Secrétaire général du Hezbollah, Sayyid Hasan Nasrallah, a débuté son discours adressé à la foule des manifestants retranchés sur la Place Riyad El Solh, ainsi que sur la Place des Martyrs, au centre de la capitale libanaise, Beyrouth, en ces termes :


« Ô, vous qui vous êtes rassemblés [en protestation] pour protéger la souveraineté, l’indépendance et la liberté du Liban, je vous salue ! J’aurais souhaité me trouver parmi vous, sur une de ces places prestigieuses, par ce temps hivernal et par ce froid climatique, largement compensé par l’ambiance chaleureuse, pleine d’affection et d’entraide mutuelles et de fraternité nationale envers le Liban et la nation islamique [‘ummah]. J’espère pouvoir venir vous rejoindre un jour sur une de ces places. Avant toute chose, je souhaite que ceux qui m’entendent ne tirent aucun coup de feu, car c’est là une coutume déplorable. Et aussi – surtout – parce que le seul endroit idoine, pour les balles, c’est la poitrine de l’ennemi sioniste. Ceux qui tirent en l’air comme des malades ne font que nuire à l’image de marque de l’opposition nationale libanaise ».


Son Excellence s’est ensuite adressée à la famille éprouvée du martyr Ahmad Mahmoud, à laquelle il a présenté ses condoléances, et qu’il a réconfortée, disant :


« Votre fils est tombé en martyr sur le champ de bataille de la défense de la fierté et de la dignité du Liban. Le disparu est un martyr de la Résistance par excellence. Il n’est pas un martyr tombé dans les rues du centre de Beyrouth. Non : il est tombé en martyr pour que nous nous mobilisions afin de sauver le Liban. Je vous adresse ma gratitude, à vous qui êtes les plus nobles, les plus pures et les plus chères des personnes. »


Son Excellence a poursuivi :


« C’est afin de sauver le Liban que vous êtes réunis, en masse, depuis vendredi. Chaque soir, je vous adresse mes remerciements. Vous faites quelque chose de grandiose et d’honorable, car votre action est au service du plus noble des objectifs nationaux : sauver le Liban ! »


« Mes Frères,


Ils parient sur votre fatigue et sur votre lassitude ; mais… ils n’ont pas encore compris que vous êtes un peuple inlassable et infatigable ? Ils ont donc oublié que vous êtes restés debout, trente-trois jours durant, sous le pire et le plus violent des bombardements aériens encore jamais vus, et que vous avez tenu bon, en dépit des morts et des massacres et des destructions ? Ils nous ont invités à capituler. Mais nous n’avons pas capitulé, et nous sommes restés sur la terre de nos pères et de nos ancêtres ! »


Le Secrétaire général du Hezbollah a ensuite précisé ce qui suit :


« Aujourd’hui, depuis les places où vous vous êtes rassemblés et où vous avez l’intention de rester, dites à ceux qui parient sur notre capitulation qu’ils se font des illusions… ils se font des illusions… ils se bercent d’illusions ! Dites-leur : « Nous sommes plus forts que la fatigue, que la faim, que l’ennui, et même que les bombardements. Les bombes et les missiles ne nous font pas peur, et vous voudriez que nous capitulions devant vos bombardements de logorrhée ? Mes Frères, ce n’est certes pas un effet du hasard si les forces libanaises qui ont adopté la Résistance, dans leur diversité, sont aussi celles qui constituent l’Opposition, et celles qui la soutiennent !


Et ça n’est pas non plus un effet du hasard si ceux qui ont soutenu l’agression guerrière contre le Liban soutiennent ce qui reste d’un gouvernement déchu, enfermé dans le sérail gouvernemental. »


Hasan Nasrallah a convié les pays arabes soucieux de l’avenir du Liban à ne pas s’immiscer dans sa politique intérieure, disant :


« Celui qui veut la tranquillité et le salut du Liban doit tendre la main à tous les Libanais et ne pas se contenter de faire lire des déclarations par son ambassadeur. Je dis aux autres membres du gouvernement, qui n’ont plus aucune légitimité, que leur recours au soutien américain ne leur servira strictement à rien ; en effet, ceux à qui vous vous en remettez, à commencer par George W. Bush, sont aujourd’hui ceux qui, plus que qui que ce soit, ont le plus grand besoin qu’on leur vienne en aide ! »


Son Excellence a poursuivi :


« Depuis un an et demi, le gouvernement libanais reçoit une aide américaine et occidentale sans aucun précédent dans l’histoire du Liban, et ce simple fait suffit à soulever les soupçons. Ce qui suscite encore plus la suspicion, ce sont les louanges incessantes en provenance d’Israël envers ce gouvernement. N’est-il pas purement infamant que le cabinet restreint israélien ait pu se réunir autour du thème : « Comment aider le gouvernement libanais en phase terminale ? » Et [ce gouvernement libanais moribond,] on sait que les Israéliens font tout leur possible pour tenter de le sauver !…


Le Secrétaire général du Hezbollah a insisté sur les revendications de l’opposition libanaise, déclarant :


« Nous, dans l’opposition nationale, nous insistons sur notre exigence que soit formé un gouvernement d’union nationale libanaise authentique, car la composition particulière, extraordinairement variée, du Liban, signifie que l’hégémonie d’un groupe particulier ne saurait que placer le Liban dans l’impasse. Et parce que le Liban ne peut exister que dans la participation et dans la coopération, et certainement pas dans la monopolisation du pouvoir. Le but du gouvernement d’union nationale est de faire obstacle à toute tutelle ; nous voulons un gouvernement d’union nationale dont les patrons soient libanais, et qui représente la garantie de la sécurité, de la stabilité, de la sauvegarde et de l’unité du Liban. C’est ce à quoi nous aspirons, et nous rejetons toute tutelle, qu’il s’agisse de celle d’un ennemi, de celle d’un ami, ou encore de celle d’un [pays] frère !


Le Secrétaire général du Hezbollah a assuré qu’au nom du Hezbollah il soutenait la garantie d’un tiers des sièges à toute opposition, disant : « Nous croyons, en effet, à la concorde nationale et à la coopération, car, seul, le sort du Liban nous préoccupe. »


Monsieur Hasan Nasrallah a poursuivi :


« Les portes du dialogue ayant été fermées, et la table des consultations ayant été suspendue, la seule solution qui demeurait était celle consistant à descendre dans la rue. Aujourd’hui, dans la rue, nous y sommes, et nous n’avons pas pour autant fermé les portes du dialogue. Mais nous, dans l’opposition libanaise, nous n’avons nul besoin de revenir à une table de dialogue solennelle, où nous nous ferions gruger à nouveau. Nous resterons dans la rue, et que ceux qui veulent discuter avec nous viennent discuter avec nous : nous sommes prêts à dialoguer avec eux ! »


Son Excellence a indiqué que l’initiative du Patriarcat maronite au Liban comporte beaucoup d’aspects positifs. Elle a affirmé, au nom de tous les manifestants rassemblés, que personne ne quitterait la rue tant que ne serait pas obtenu le but qui, seul, est susceptible de sauver le Liban. Sayyid Nasrallah a précisé :


« Je tiens à souligner les principes de notre occupation à ciel ouvert ; qu’il n’y ait pas de horions, ni d’insultes. Nous refusons toute humiliation personnelle de qui que ce soit parmi les membres du gouvernement. Notre rassemblement est pacifique, civique, civilisé. Quand ils ont tué le martyr Ahmad Mahmoud, ils ont voulu nous entraîner dans des affrontements armés : [c’est] au nom du martyr et de ses camardes, au nom de toutes les personnes dans l’opposition, [que je vous demande d’observer cette ligne de conduite].


Son Excellence le Secrétaire général du Hezbollah s’est ensuite adressé à l’équipe au pouvoir :


« Nous refusons la guerre civile et les dissensions fratricides [fitna] entre communautés, entre confessions et entre forces politiques, car nous voulons que notre mouvement soit pacifique. Je dis aux Libanais et à tous les peuples de la région qui pousseraient éventuellement en direction d’une guerre civile que tous les Libanais seraient perdants, si une guerre civile devait éclater au Liban. »
Sayyid Hasan Nasrallah a souligné que « nous ne nous laisserons pas entraîner dans une guerre fratricide, quand bien même tomberaient mille martyrs à l’instar d’Ahmad Mahmoud. Nous ne prendrons les armes contre personne. Nous n’avons pas besoin d’armes pour vous vaincre : nous vous battrons avec nos bulletins de vote ; nous vous battrons par le sang d’Ahmad Mahmoud ! Que le monde, que les peuples arabes écoutent bien ce que j’ai à leur dire : vous nous combattez, mais nous, nous vous disons que nous vous voulons à nos côtés, avec nous, tous ensemble ! Oui : vous qui êtes morts, nous vaincrons vos armes par notre sang ! ! »


Le Secrétaire général du Hezbollah a dit, lors de son allocution adressée aux manifestants qui tiennent le centre de Beyrouth :


« Nous n’avons jamais combattu quiconque et nous ne le ferons jamais ; nous n’avons jamais menacé qui que ce soit, et nous ne le ferons jamais. Que les habitants de Beyrouth et de l’ensemble du Liban entendent bien : le sang de tout Libanais est notre sang ; l’honneur de tout Libanais est aussi notre honneur ; les biens de tout Libanais, nous les protègerons comme s’il s’agissait des nôtres ; nous protègerons la maison de tout Libanais, à l’instar de la nôtre : telle est la ligne rouge que nous protègerons par notre sang – et même si vous décidiez de verser ce sang, nous ne nous laisserions pas entraîner dans une quelconque guerre civile, ni dans une quelconque querelle intestine, ni dans une quelconque sorte de dissentiment. »


Son Excellence a poursuivi :


« Nous disposons d’une véritable garantie : l’armée libanaise. Elle a démontré qu’elle est l’armée nationale de tout le Liban : nous devons tous veiller sur elle et j’exhorte toutes les forces politiques à s’élever au-dessus de l’idée d’utiliser le moindre soldat, et a fortiori un quelconque officier, afin de servir ses propres intérêts partisans. »


Il a poursuivi :


« Quand vous êtes descendus dans la rue, que vous vous y êtes installés et que vous avez assisté en rangs serrés à une messe, on a vu de quelle manière l’équipe au pouvoir, qui n’a que la démocratie et la liberté d’expression à la bouche, vous a traités. Votre discipline était extraordinaire ; d’ailleurs, vous surprenez toujours le monde entier par votre discipline. Mais eux, ils ont essayé de vous humilier en vous encerclant, ils ont envoyé leurs hommes de main pour vous provoquer sur votre chemin de retour chez vous et c’est ainsi qu’ils ont tué le martyr Ahmad Mahmoud. »


Son Excellence a ensuite posé une question :


« Je pose aux Libanais, et au monde entier, la question suivante : Malgré la présence des services de sécurité, quelqu’un leur aurait-il empêché le passage ; quelqu’un aurait-il tué l’un d’entre eux ? Le plus dangereux, c’est l’incitation à la haine confessionnelle ; ce sont les propos selon lesquels la guerre civile serait pour bientôt. Ils ont prétendu que le rassemblement était [purement] chiite, afin de donner à accroire qu’il se serait agi d’une manifestation chiite, contre un gouvernement sunnite. Ensuite, ils ont dit que la manifestation était organisée par le Hezbollah, en écartant le mouvement Amal, en prétendant qu’il observait la neutralité, et, là encore, en ignorant délibérément toutes les autres composantes de l’opposition. Mais les derniers jours ont démontré le caractère mensonger de leurs assertions ; toutes les nuances de l’opposition sont devenues bien visibles et le slogan confessionnel est tombé. Mais cela ne les empêche nullement de continuer à l’utiliser dans leur propagande et dans leurs discours… »


Hassan Nasrallah a dit très clairement que la provocation confessionnelle est une faute – pire : un crime historique et politique. Et qu’elle est susceptible, au cas où elle finirait par s’imposer, d’entraîner un désastre généralisé. Il a exigé la mise en place d’une commission d’enquête arabe et islamique chargée de rechercher qui sont ceux qui provoquent les dissensions confessionnelles et communautaires. Il a notamment déclaré :


« Ils veulent porter atteinte au Hezbollah et faire croire que son prestige serait en chute libre dans le monde arabe. D’aucuns nous conseillent de veiller à notre aura. Je leur réponds que le monde sait pertinemment que notre cause est sacrée et noble, que nous ne recherchons ni des avantages matériels ni la notoriété ; si bien que, même au sein du prochain gouvernement d’union nationale, nous ne demanderons aucun quota, et nous cèderons des fauteuils ministériels à nos partenaires de l’opposition. Nous sommes des gens qui ne redoutons ni les insultes ni les diffamations. Nous sommes fidèles à notre cause, à notre nation et à notre peuple, et nous sommes prêts à sacrifier pour eux ce que nous avons de plus précieux, y compris notre propre vie. »


Sayyid Hassan Nasrallah s’est ensuite adressé à tous les Libanais et à tous les peuples arabes et musulmans, disant :


« Je vous le demande : y a-t-il un seul Libanais, ou un seul Arabe, qui puisse accepter que nous fermions les yeux sur un gouvernement soutenu par l’Amérique et par Israël ? Sur un gouvernement qui ne détient aucun pouvoir de décision libanais souverain ? Et qui ne fait que se plier aux décisions de Friedman et de Rice ? Ce gouvernement n’est pas le gouvernement des Sunnites, ce n’est pas un gouvernement national ; il ne pourrait s’agir d’un gouvernement national qu’à la condition sine qua non qu’il ait été constitué sur une base nationale. J’affirme – que le monde écoute bien – que si ce gouvernement était réellement un gouvernement sunnite au Liban, je serais le premier à lui obéir. Qu’ils arrêtent de jouer avec le confessionnalisme. Nous sommes avec la Résistance en Palestine et en Irak, et partout dans le monde, en vue de libérer la Terre de l’hégémonie et de la tutelle [étrangère] »


« Il est regrettable, affligeant, dans la dernière période, qu’ils se soient concertés afin de rouvrir le dossier de la dernière guerre, afin de tenter de faire retomber sur le Hezbollah la responsabilité de la guerre, des destructions et de leurs conséquences économiques. Je fais partie de ceux qui veillaient à remettre à plus tard l’examen de ce dossier, dans l’intérêt même des Libanais. Mais, puisque vous insistez : écoutez ! Ce que je vais dire ne changera rien à notre objectif. Nous allons dire : formons un gouvernement d’union nationale. J’en appelle à la formation d’une commission juridique libanaise honnête, composée de juges libanais, ou à la constitution d’une commission juridique arabe, composée de magistrats honnêtes, et que des enquêtes soient lancées sur la guerre de cet été… »


Son Excellence a poursuivi :


« Très franchement, je vais les mettre en accusation, ceux qui ont demandé à l’Amérique, à Bush et à Cheney, de façon officielle, qu’une guerre soit livrée au Liban. J’en veux pour preuve que le dialogue au sujet de l’armement de la Résistance s’est retrouvé dans l’impasse, mais qu’il a été impossible de confisquer ses armes à la Résistance, au plan intérieur, parce que celle-ci était puissante, et parce que l’armée nationale a refusé tout affrontement avec elle. Ils ont dit que la seule voie possible, c’était que l’Amérique demande à Olmert de déclencher une guerre extrêmement destructrice, non seulement contre le Hezbollah, mais aussi contre tous ceux qui le soutenaient. L’administration américaine a accepté cette demande, et elle l’a mise à l’ordre du jour du Congrès. Dans leur plan, ils ont prévu une prison, dans la colonie [sioniste] de Rosh Pina, d’une capacité de dix mille [10 000] détenus, militants du Hezbollah et opposants à l’équipe qui s’est emparée du pouvoir, au Liban. Ceux qui ont demandé cela, ce ne sont pas tous les membres de l’équipe gouvernementale [actuelle], mais ceux qui sont allés voir les Américains pour demander qu’une guerre soit faite contre le Liban. Je sais qui ils sont ; ils se reconnaîtront !


Le responsable de la guerre de Juillet, ce n’est pas la Résistance, à laquelle le communiqué ministériel reconnaît son droit de libérer ses prisonniers. La Résistance, ce n’est pas le ministère des Affaires étrangères : elle libère les terres et les prisonniers par la résistance [c’est-à-dire le combat, et pas la diplomatie autour d’une tasse de thé…] Celui qui endosse la responsabilité des destructions, c’est celui qui a demandé à Israël de prendre l’opération d’enlèvement des soldats israéliens comme prétexte pour déclencher la guerre. Je suis tout à fait d’accord pour qu’une commission d’enquête indépendante soit constituée. »


Son Excellence a poursuivi :


« Tandis que je m’adresse à vous, vous avez pour voisin un Premier ministre qui a perdu toute légitimité – et les témoins sont encore là pour le dire. Au beau milieu de la guerre, je demande à son excellence le Premier ministre, après que les sionistes eurent détruit les ponts et les routes afin de couper les lignes d’approvisionnement de la Résistance dans le Sud et qu’ils eurent échoué, à telle enseigne que le ravitaillement continuait – je lui demande : n’avez-vous pas donné, personnellement, l’ordre de confisquer les armes de la Résistance en cours d’acheminement vers le Sud ? Oui, ou non ? Je veux poser la question : un Libanais peut-il accepter que ce genre de chose se produise en temps de guerre ? Bien entendu, le Premier ministre va venir nous dire que Monsieur Hassan [Nasrallah, NdT] l’accuse faussement… Mais j’accepte la formation d’une commission d’enquête. Les témoins sont toujours vivants, et ceux que j’ai envoyés auprès du Premier ministre afin qu’ils servent d’intermédiaires en vue du gel de cette décision sont toujours parmi nous… »


« Chez nous, au Liban, le gouvernement prélève les impôts, et c’est ce qui permet au gouvernement de verser les salaires des fonctionnaires, notamment des services de sécurité, lesquels sont supposés protéger les Libanais, leur sécurité et leurs biens. Durant la guerre, certains services de sécurités appartenant à l’équipe au pouvoir étaient supposés chargées d’arrêter les espions et les membres des réseaux israéliens qui transmettaient des informations aux Israéliens qui leur permettaient de nous bombarder. Mais, malheureusement, je vous le dis, et j’appartiens à une commission d’enquête indépendante chargée d’enquêter à ce sujet, un des services de sécurité dépendant de l’équipe gouvernementale s’employait, durant la guerre, à rechercher les postes de commandement du Hezbollah, et une équipe de ce service a œuvré à repérer l’endroit où je me trouvais, personnellement, pendant cette guerre. »


Sayyid Hasan Nasrallah a poursuivi :


« Si nous n’étions pas attachés au pays, et si nous n’étions pas parfaitement conscients des sensibilités confessionnelles et communautaires, j’aurais cessé, dès le 14 août, de parler non seulement d’un gouvernement d’union nationale, mais même des traîtres qu’il convient de juger, au Liban. Mais en dépit de tout ce que je vous ai relaté, on ne se refait pas : que voulez-vous, ce sont nos valeurs, c’est notre culture : le souci de l’autre et l’affection. Je leur pardonne, et s’ils veulent me faire rendre des comptes, personnellement, je suis prêt.


Aujourd’hui, par souci des susceptibilités confessionnelles, j’ai décidé de me désister de ma plainte contre un groupe fondamentaliste qui complotait pour m’assassiner, voici quelques mois de cela. Je me suis désisté, mais ils sont toujours confrontés à la justice, qui n’a pas tranché leur procès. Et jusqu’à ce jour, je demande à la justice libanaise de faire libérer les membres de cette bande qui voulait m’assassiner. »


S’adressant à l’équipe au pouvoir, son Excellence a dit :


« Vous ne pourrez jamais nous faire peur avec des masses de gens, ni nous empêcher de venir sur la Place Riyadh El Solh et sur la Place des Martyrs. Vous ne pourrez pas nous entraîner dans une guerre confessionnelle fratricide, et vous n’entendrez jamais de notre part un cri de capitulation, ni vous ne verrez jamais aucune faiblesse de notre part, car nos revendications sont légitimes. Nous vous disons : « Venez, fondons un gouvernement d’union nationale ». Je vous le dis : le temps ne travaille pas pour vous. Votre maître, à la Maison Blanche est en train de perdre sur tous les tableaux, alors, réglons nous problèmes entre nous. »


« D’ici quelque temps, nous ne saurons accepter un gouvernement d’union nationale qui soit dirigé par l’un de vous ; notre objectif sera différent : il s’agira de faire tomber ce gouvernement, et de former un gouvernement de transition, de procéder à des élections législatives anticipées, et vous savez très bien qui a remporté la majorité des voix en 2005. Or, cette majorité a été promptement confisquée, grâce à une loi scélérate et à des alliances contre nature. Dans les prochaines élections, il n’y aura pas de place pour la tromperie, car chat échaudé craint l’eau chaude. »


Son Excellence a poursuivi :


« Après les élections anticipées, l’actuelle opposition sera la majorité, et elle formera son gouvernement que dirigera une personnalité sunnite, patriote, honnête, propre, dont le monde entier connaîtra l’honnêteté. Mais nous ne vous mettrons pas à l’écart, et nous vous donnerons au minimum un tiers des sièges car nous considérons que le Liban est le pays de la participation et de la coopération. Afin d’exprimer la continuité de notre unité et de notre cohésion, je vous invite à la plus grande participation possible à la prière du vendredi. Au Liban, il n’y aura jamais, jamais, jamais, d’affrontements entre Sunnites et Chiites. Je vous invite à participer au grand rassemblement populaire, dimanche prochain à 15 heures, afin d’affirmer la présence populaire, et la détermination populaire de l’opposition nationale libanaise, et nous nous adresserons à eux, depuis les places publiques, depuis les maisons et même depuis les tentes des pauvres gens, nous leur ferons entendre notre voix, nous, qui sommes dans l’opposition nationale, nous ne capitulerons pas ! Nous resterons sur les places publiques jusqu’à ce que nous ayons instauré un gouvernement libanais d’union nationale qui protège le Liban et tous les Libanais, qui défende le Liban et qui résolve ses crises politiques et économiques. Pour leur faire entendre que nous nous battrons pour cela, quels que soient les sacrifices ! »


Le Secrétaire général du Hezbollah a conclu son discours en disant :


« Libanais de toutes les confessions, de toutes les communautés et de tous les partis, vous êtes victorieux, c’est une certitude. Comme je vous ai toujours promis la victoire, jusqu’ici, je vous promets encore une fois la victoire : ils continuent la guerre de juillet et d’août, et nous, nous poursuivons notre combat afin de défendre l’identité du Liban. Que la Paix, la Miséricorde et les Bénédictions de Dieu soient sur vous. »




Retransmis en exclusivité par la chaîne télévisée Al Manâr.

Transcription originale : http://www.manartv.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=7769&language=ar


Extraits : http://www.france24.com/france24Public/fr/nouvelles/monde20061-Nasrallah.html


Traduit de l’arabe par Marcel Charbonnier et révisé par Marcel Charbonnier, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteurs et sources.

URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1712&lg=fr


Dimanche 10 Décembre 2006


Commentaires

1.Posté par ALI14 le 09/12/2006 00:42 | Alerter
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nous sommes avec vous Sayed

2.Posté par hibo le 09/12/2006 02:01 | Alerter
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Quelle bravoure. Bravo Nasrallah, nous sommes avec vous. Continuez, vous êtes sur la bonne voie.

3.Posté par ouachic le 14/12/2006 18:37 | Alerter
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Je tiens à remercie Monsieur Hassan nasraAllah pour son discour front et juste, j'aurais souhaite que d'autres dirigents d'autres mouvements ou parties politique du monde Arabe reagissent de même, et sortir de ce pseudo... democratie dictée par les USA et le nations Unis et imposées par la CE

4.Posté par soakely le 05/01/2007 10:24 | Alerter
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vive hassan nasrallah, vive le hamas et tous ceux qui combattent avec courage le sionisme

5.Posté par Dina le 28/01/2007 01:07 | Alerter
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J'admire le courage, la force et la fierté de Sayyed Hassan Nasrallah.
Il est un exemple pour le monde Arabe, le seul homme Arabe ayant tenu tête aussi fortement et ayant guidé son pays à la victoire contre les sionistes barbares et laches qui se sont attaqués au Liban en Juillet faisant des millions de morts.

Vive Hassan Nasrallah.

Kolena Mo2awama kolena lel Watan..

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