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Désormais, nous sommes tous prisonniers


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Paul Craig Roberts
Vendredi 28 Décembre 2007

Désormais, nous sommes tous prisonniers



« Ils les ont mis sous clef aujourd'hui

Ils ont jeté les clefs

Je me demande qui ce sera demain, vous ou moi ? »

The Red Telephone (LOVE, 1967)


Par Paul Craig Roberts, le 26 décembre 2007


​​​​A Noël, j'avais l'habitude d'écrire une chronique à la mémoire des nombreux innocents en prisons, dont la vie a été volée par la criminal justice (sic) [*] des États-Unis, qui est un système aussi inhumain qu'indifférent à l'équité. En général, je raconte de nouveau le cas de William Strong et de Christophe Gaynor, deux hommes de Virginie victimes d'un coup monté par des procureurs et des juges aussi mauvais et corrompus que ceux qui servaient Hitler ou Staline.


​​​​Cette année est différente. Tous les Étasuniens sont à présent emprisonnés dans un monde de mensonges et de tromperies créées par le Régime Bush et les deux partis complices au Congrès, par les juges fédéraux trop timides ou ignares pour reconnaître un régime de crapules qui foule aux pieds la Constitution, par les médias achetés et payés pour servir la propagande d'un régime de criminels de guerre, et par le public qui a renoncé à ses Pères Fondateurs.


​​​​Les Étasuniens sont aussi emprisonnés par la peur, une fausse peur créée par la mystification du « terrorisme. » Il s'avère que les affaires terroristes ayant fait les gros titres depuis le 9-11 furent orchestrées par le gouvernement étasunien. Par exemple, le présumé complot terroriste visant à faire sauter la Tour Sear de Chicago était la trouvaille d'un agent du FBI qui cherchait quelques gens mécontents répondant avec insolence afin de pourvoir aux besoins du complot qu'il avait imaginé. Il a arrêté ses victimes, dont le procès s'est terminé par acquittement et vice de procédure.


​​​​De nombreux Européens considèrent eux-mêmes le 9-11 comme un événement orchestré. D'anciens membres de ministères britanniques, des gouvernements canadien et allemand et le chef d'état-major de l'armée russe, ont exprimé publiquement leurs doutes quant à l'histoire officielle du 9-11. Récemment, Francesco Cossiga, l'ancien Président d'Italie, a déclaré lors d'une interview avec le journal Corriere della Sera (Oussama-Berlusconi, 30 novembre 2007) que « des éléments démocrates aux États-Unis et en Europe, avec le centre-gauche italien au premier plan, savent à présent que les attentats du 9-11 furent planifiés et exécutés par la CIA et le Mossad afin d'en faire porter le chapeau aux pays arabes, et pour convaincre les puissances occidentales de s'embarquer dans une action militaire en Iraq et en Afghanistan. »


​​​​Il est peu clair si Cossiga était sarcastique envers l'opinion des sceptiques ou s'il se faisait tout simplement l'écho de ce que les gens pensent. J'ai écrit pour lui demander des éclaircissements et je rendrai compte de toute réponse que je recevrai. Apparemment, les médias italiens ne se sont pas offert de clarification.


​​​​La déclaration de Cossiga n'a été rapportée ni par les journaux, ni par les chaînes de télévision étasuniens. Susciter des doutes chez les Étasuniens à propos du gouvernement n'est pas un point fort de la corporation des médias. Les Étasuniens vivent dans un monde de propagande -- destiné à assurer leur approbation aux crimes de guerre, à la torture, aux perquisitions et aux mesures d'État policier, à l'agression militaire, à l'hégémonie et à l'oppression -- les décrivant (ainsi que les Israéliens) comme le sel de la terre menacés par les Musulmans qui haïssent leur « liberté et leur démocratie. »


​​​​Les Étasuniens se cramponnent à cette « vérité » pendant que le régime Bush et le Congrès complices détruisent la Déclaration des Droits et manigancent le vol des élections.


​​​​Aux Etats-Unis, la liberté et la démocratie ont été réduites à des listes d'interdits de vol, à l'espionnage sans procuration, aux arrestations sans mandat d'arrêt ni preuve, à la détention perpétuelle malgré la protection constitutionnelle de l'habeas corpus, à la torture en dépit de l'interdiction de s'incriminer soi-même ... la liste est longue. (Voir Bill of Rights Under Bush: A Timeline -- Projet de loi sur les Droits sous Bush : Un programme pour notre temps.)


​​​​Dans les États-Unis craintifs d'aujourd'hui, un sénateur, dont les frères aînés étaient (1) un héros militaire tué en action, (2) un Président assassiné en fonction, (3) un ministre de la Justice, probablement futur Président sauf qu'il a été assassiné comme son frère, peuvent se trouver sur la liste des interdits de vol. De hauts fonctionnaires du gouvernement actuels et anciens, avec habilitation top secret, ne peuvent s'envoler avec un tube de dentifrice ou une bouteille d'eau en dépit de l'absence de toute preuve que ces mesures extrêmes imposées par la « sécurité des aéroports » rendent les vols plus sûrs. (No proof airport security makes flying safer:study -- Pas de preuve que la sécurité des aéroports rende les vols plus sûrs : étude, Reuters, 20 décembre 2007) [**]


​​​​Les citoyens âgés étasuniens, les promeneurs et les jeunes mères avec des enfants, sont méticuleusement fouillés parce le Homeland Security ne fait pas de différence entre un citoyen étasunien et un terroriste.


​​​​Tous les Étasuniens devraient prendre note des implications inquiétantes de l'incapacité du Homeland Security à différencier un citoyen étasunien d'un terroriste.


​​​​Quand la sécurité des aéroports ne peut différencier un général de Marine détenteur de la Médaille d'Honneur d'un terroriste, les Étasuniens ont toutes les informations qu'ils ont besoin de savoir.


​​​​Chaque Étasunien peut être arrêté par une autorité n'ayant de compte à rendre à personne, détenu indéfiniment sans chef d'accusation, et torturé jusqu'à ce qu'il ne puisse plus tolérer les mauvais traitement et avoue.


​​​​Cette situation difficile, pouvant maintenant frapper tout Étasunien, est notre récompense pour notre bêtise, notre indifférence, notre crédulité, et notre absence de compassion envers tout le monde, sauf nous-mêmes.


​​​​Quelques Étasuniens commencent à comprendre l'immense coût financier de la « guerre contre le terrorisme. » Mais peu comprennent le prix de la liberté étasunienne. En octobre dernier, un projet de loi parrainé par les démocrates, « Prévention contre le radicalisme violent et le terrorisme intérieur, » a été entériné par la Chambre des Députés par 404 voix contre 6.


​​​​Six députés seulement ont voté contre l'élaboration d'une loi tyrannique qui détruit la liberté d'expression et de réunion, et mandatera 18 mois d'audience au Congrès pour découvrir les Étasuniens ayant des vues « extrêmes » qui peuvent être arrêtés préventivement.


​​​​Quel est le meilleur indice du fait que la Constitution des États-Unis a perdu son autorité, quand les députés élus, les plus proches des populations, adoptent un projet de loi permettant de renverser la Déclaration des Droits en fonction de l'opinion subjective des membres d'une « Commission des croyances extrémistes » et des bureaucrates du Homeland Security ? À l'évidence, nulle menace plus grande que le gouvernement de Washington ne fait face aux Étasuniens.



​​​​Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington, Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l'entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d'inconduite des procureurs.



Original : http://www.vdare.com/roberts/071226_prisoners.htm
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info



​​​​* NDT Criminal justice : littéralement justice criminelle. D'où le (sic) rajouté par Roberts pour sans doute montrer que les décisions (très) souvent honteuses de la justice étasunienne ne sont pas tout à fait un hasard. Il suffit de voir le nombre de condamnés à morts récemment innocentés par des preuves génétiques, nombre si important que de plus en plus d'États abolissent la peine de mort. Criminal justice se traduit généralement par justice pénale.


​​​​** NDT : Aux Etats-Unis, la sécurité des aéroports internationaux est assurée par des sociétés israéliennes. Cette fonction sécuritaire est traitée comme un service privé dans le cadre de la mondialisation. Un article anglais récent a signalé la création d'une police israélienne internationale, dont le rôle sera de tuer les « terroristes » dans n'importe quel pays, en court-circuitant bien entendu les lois du pays. Mais cela ne fait qu'officialiser ce qui se pratique déjà couramment.




Lundi 31 Décembre 2007

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