Actualité nationale

Des zones noires, presque grises, pas tout-à-fait blanches



Gilles Devers
Vendredi 16 Avril 2010

Des zones noires, presque grises, pas tout-à-fait blanches
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. De ce point de vue, le dossier Xynthia tend à nous convaincre que nous sommes gouvernés par de purs génies...

28 février. La tempête Xynthia laisse les côtes de Vendée en lambeaux : 53 morts, 1,5 milliard d’euros de dégâts et des images de désolation.


16 mars.  Nicolas Sarkozy est sur place, et après une visite des lieux sinistrés, il annonce tout un plan à La Rochelle, avec cette déclaration qui fonde les choix du gouvernent : « Nous ne laisserons pas se réinstaller des gens dans des maisons situées dans des lieux où il y a des risques mortels », soulignant que « les pouvoirs publics ne laisseraient pas les conditions ayant conduit à ce désastre se réunir à nouveau ».


3 semaines plus tard, la sentence tombe. Définition de « zones noires », emportant la destruction irrémédiable de 1.400 logements. Pour le reste, maintes mesures dont on peut discuter, mais pour les zones noires, pas touche : « risque mortel », le Monsieur a dit.


12 avril. Comme ça commence à râler, Nicolas Sarkozy réaffirme sa volonté d'interdire la réinstallation des victimes de la tempête Xynthia dans les zones où elles seraient exposées à un « risque mortel », et demandé au Premier ministre de réunir « rapidement » les ministres concernés afin de « vérifier la mobilisation effective des services de l'Etat aux côtés des sinistrés et le respect de ces principes ».


13 avril. François Fillon explique que le gouvernement sera inflexible sur le caractère définitif de la délimitation des « zones noires » fixant les habitations à détruire après la tempête.


15 avril. Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, explique qu’il y a eu un « malentendu ». Les zones noires sont en réalité de « zones de solidarité » et « non de destruction massive ». En clair, les habitants pourront demander à rester dans leur habitation. Le député du coin, Didier Quentin (UMP) confirme : « Les habitations présentes en zones noires ne vont pas automatiquement être détruites. Au contraire, les propriétaires de ces maisons vont enfin avoir des droits. » Un communiqué nous explique que la priorité du gouvernement était de « sécuriser les habitants menacés de danger mortel, et non de les délocaliser et de détruire leur maison dès lors qu'on peut les protéger ».


 


Donc, les zones noires sont presque grises, pas tout-à-fait blanches.


 


Et notre gouvernement, il est … dans les choux où, chacun le sait, il n’encourt, aucun risque mortel. En attendant, j’offre ma tournée pour l’avenir de ces maisons sécurisées en zone de solidarité.


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Vendredi 16 Avril 2010


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