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Des insurgés irakiens proposent la paix contre des concessions des Etats-Unis


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Robert Fisk
Dimanche 11 Février 2007

Des insurgés irakiens proposent la paix contre des concessions des Etats-Unis

Des insurgés irakiens proposent la paix contre des concessions des Etats-Unis



Par Robert Fisk, The Indépendant, le 10 février 2007


Pour la première fois, les insurgés sunnites révèlent leurs conditions pour le cessez-le-feu en Irak. La balle est maintenant dans le camps de Bush.


Pour la première fois, l'un des principaux groupes insurgés de l'Irak a exposé les clauses d'un cessez-le-feu qui permettrait aux forces US et UK (britanniques) de partir du pays qu'elles ont envahi il y a presque quatre ans.


Les conditions actuelles seraient impossibles à satisfaire pour toute administration US -- mais les mots d'Abu Salih Al-Jeelani, l'un des chefs militaires du Mouvement de Résistance Islamique Irakienne Sunnite, montre que les groupes qui ont prise plus de 3.000 vies étasuniennes discutent activement de l'ouverture de contacts avec l'armée d'occupation.


Le groupe Al-Jeelani, qui s'appelle aussi la « 20ème Brigade de la Révolution », est l'aile militaire de l'organisation insurgée originale qui a commencé ses redoutables attaques contre les forces US peu de temps après l'invasion en 2003. La déclaration est, donc, potentiellement de grande importance, bien qu'elle représente manifestement uniquement les vues des combattants musulmans sunnites.


Les milices chiites ne sont nulle part mentionnées. Les exigences incluent l'annulation de la Constitution irakienne entière -- presque certainement parce que le document attribue, en réalité, des régions pétrolières de l'Irak aux chiites et aux kurdes, mais pas à la communauté de minorité sunnite. Pourtant les sunnite demeurent les principaux ennemis de Washington dans la guerre irakienne.


« Les discussions et les négociations sont un principe que nous croyons capable de venir à bout de la situation par laquelle se perpétue l'effusion de sang irakienne, » a dit Al-Jeelani lors d'une déclaration qui a été remise à The Indépendent. « Si les USA souhaitent négocier leur retrait de notre pays et laisser notre peuple vivre en paix, alors nous négocierons au sujet des conditions et des circonstances spécifiques. »


Al-Jeelani suggère que les Nations Unies, la Ligue Arabe ou la Conférence Islamique pourraient conduire de telles négociations et auraient à garantir la sécurité des participants.


Ensuite viennent les conditions :


  • La libération de 5.000 prisonniers détenus dans les prisons irakiennes comme « preuve de bonne volonté. »

  • La reconnaissance « de la légitimité de la résistance et de son rôle dans la représentativité de la volonté des irakiens. »

  • Un calendrier internationalement garanti pour tous les accords.

  • Le déroulement public des négociations.

  • La résistance « doit être représentée par un comité comportant des représentants de toutes les brigades jihadistes.

  • Les USA doivent être représentés par leur ambassadeur en Irak et par le commandant le plus haut placé.

Il n'est pas difficile de voir pourquoi les étasuniens s'opposeront à ces clauses. Ils ne voudront pas parler aux hommes qu'ils ont décrits comme des « terroristes » pendant les quatre années passées. Et s'ils ne devaient jamais concéder que la « résistance » représente « la volonté du peuple irakien » car leur soutien au gouvernement irakien élu aurait alors été sans valeur.


À vrai dire, le chef insurgé exige précisément la « dissolution du gouvernement actuel et l'abrogation des fausses élections et de la Constitution… »


Il insiste aussi pour que tous les accords précédemment conclus par les autorités irakiennes ou les forces US devront être déclarés nuls et non avenus.


Mais il y a d'autres points qui montrent que d'importantes discussions doivent avoir continué dans le mouvement d'insurrection -- impliquant peut-être le rival du groupe, l'Armée Islamique Irakienne.


Ils exigent, par exemple, la dissolution des milices et la mise hors la loi des organisations miliciennes -- quelque chose que le gouvernement US avait conseillé vivement de faire pendant des mois au premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki.


Les clauses incluent aussi la légalisation de l'ancienne armée irakienne, un « engagement anglo-US pour reconstruire l'Irak et pour réparer tous les dommages de guerre » -- quelque chose que la puissance occupante prétend avoir essayé de faire depuis longtemps -- et intégrer « les combattants de la résistance » dans l'armée recomposée.


Al-Jeelani a décrit les nouveaux plans du président George Bush pour contrecarrer les insurgés comme une « manœuvre politique » et il a ajouté que « sur le champ de bataille, nous ne croyons pas les USA capables de diminuer les capacités des combattants de la résistance à continuer la lutte pour libérer l'Irak de l'occupation. … Les groupes de résistance ne commettent pas de crimes pour se faire accorder un pardon par les USA, nous ne recherchons pas des prétextes pour cesser notre jihad… nous combattons pour un dessein divin et l'un de nos droits est la libération et l'indépendance de notre terre l'Irak. »


Le groupe dit qu'il n'y aura aucune négociation avec le gouvernement de M. Maliki parce qu'ils le considèrent « complice du massacre des Irakiens par les milices, l'appareil de sécurité et des pelotons de la mort. » Mais ils exigent l'unité de l'Irak et disent qu'ils « n'admettent aucune divisions parmi les irakiens ».


Il n'est pas difficile de deviner [qu'il n'y aura] aucune réponse américaine à ces propositions. Mais les contacts du FLN (Front National de Libération algérien) avec la France, pendant la guerre d'indépendance de l'Algérie de 1954 à 1962, ont commencé par des séries de demandes semblables -- également impossibles à satisfaire, mais qui ont été par la suite développées en vraies propositions pour le retrait français.


Ce qui est vague, bien entendu, c'est le degré de représentation des idées collectives des insurgés sunnites de la déclaration d'Al-Jeelani. Et, ne présageant rien de bon, aucune mention d'Al-Qa'ida n'est faite.



http://www.alternet.org/waroniraq/47857/

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info





Lundi 12 Février 2007


Commentaires

1.Posté par al akl le 12/02/2007 01:45 | Alerter
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Comment accorder un tant soit peu de crédit à un menteur professionnel ? Rien que le fait qu’il remette ça avec le mythe d’al Qaida prouve de quel coté de la barrière il est. répété sans arret le plus gros des bobars ne devient une vérité que pour un shtroumph.

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