Tribune libre

Des Poulets carburant à l’Antibio



Georges Zeter
Mercredi 11 Juillet 2018

Aujourd’hui nous allons parler poulet ; Non pas celui qui par accident comme à Nantes tira sur un ado - surnommé parfois « jeune poulet monté en grain », non pas ce « mon poulet d’amour » que prononcerait madame en fin de coït orgasmique, qui d’ailleurs ferait suite à l’envoi d’un « poulet » ou message amoureux, non, non ! Mais bien du poulet Gallus gallus domesticus qui était servit jadis chaque dimanche midi aux temps où ces braves petites bestioles picoraient dans des basses-cours fleuries, et non pas comme aujourd’hui, dans des culs de basses-fosses pourris.
Le poulailler industriel, oui, dans un cul de basse-fosse pourri où des milliers de congénères s’entassent, et comme il est malsain de faire survivre 17 à 22 poulets/m², soit moins d’une feuille A4 par bestiole, faut les « soigner » ; Pour que ces « poulets de chair » arrivent à terme bien « dodus » afin d’être occis sur l’autel de la grande distribution/consommation/discount-discount. Le soin magique ? L’antibiotique ou l’antibio qu’à rien de bien bio. Sous couvert de combattre les maladies dans ces usines à viande, l’antibio est distribué mélangé à la bouffe. Ce médoc à l’avantage d’être aussi un stimulateur de croissance, qui booste la pousse viandarde de 3 à 5 % et surtout de gommer les différences sur la balance entre le 1er et le dernier de la couvée. Tous les animaux d’un même lot arrivent avec le même poids optimal à l’abattoir ; c’est le principe des fruits et légumes : tout doit être calibré caramba ! j’veux pas voir une crête qui dépasse!
Un grand pas pour la santé public
A Bruxelles, le 21 juin 2018 a été adopté un règlement portant sur la diminution de l’utilisation des antibiotique dans les élevages, vous remarquerez « diminution » et non pas interdiction. Pourtant il en va de la santé public de 500 millions d’européens. A force de donner des antibios, les viandes/bidoches dans nos assiettes sont remplies de bactéries résistantes, ce qui a pour effets de rendre antibiorésistant un nombre de gens en constante évolution depuis 30 ans. Et plus vous êtes djeune et moins ces médicaments miracle ne fonctionnent, car cette génération a biberonnée dès sa sevrée les « petits pots » plein de merdasse.
L’apparition de l’antibiorésistance est un phénomène naturel de défense des bactéries vis-à-vis de l’action exercée par l’antibiotique qui est là pour détruire ou arrêter leur multiplication. Certaines bactéries auparavant sensibles à l’antibio ne sont plus détruites ou leur multiplication n’est plus arrêtée. C’est la bactérie qui devient résistante et non pas l’Homme ou l’animal. Le développement de la résistance aux antibiotiques est devenu une préoccupation majeure en termes de santé humaine et animale. Mais « l’Europe » veille sur nous consommateurs... Donc en « limiter l’utilisation »... Mais l’industrie qui a toujours deux coups de lobbyistes d’avance profite d’une dérogation qui permet de mélanger les médocs à la pitance. Il y avait bien il y a 12 ans une circulaire interdisant cela, mais, le lobby des volailles à réussie à faire classer certains antibiotiques comme additifs alimentaires. Ce qui fait que la majorité des poulets se régale à coups d’anticoccidiens. La Coccidiose est une maladie parasitaire qui donne des diarrhées mortelles aux gallinacées. Pour rassurer, l’industrie argue que cette molécule n’a pas d’utilisation en médecine humaine et que donc tout va bien en Poulardie.
Pour la médecine, il y a urgence : il n'y a pas eu de nouvelle classe d'antibiotique depuis plus de trente ans. Les labos dépenses des fortunes à mettre au point des molécules contre la chute des cheveux ou le jackpot Viagra ; par contre les antibiotiques... Un très mauvais business, car il engloutie des dizaines de milliards et rapporte que des centaines de millions, alors, chauve qui peut ! Quant aux pauvres poulets ? Tout le monde s’en tamponne le croupion.
Imaginez si un jour un scénariste écrivait au lieu de La Planète des Singes la planète des poulets ? Nous-nous retrouverions après le contrôle total de la terre par la volaille parqués dans des cages bétonnées, avec son petit balcon mouchoir de poche ; avec pour chacun que quelques mètres carrés pour se laver, cuisiner et dormir, vivre et mourir. Dans un environnement encerclé par des bretelles d’autoroute et quelques superettes. Ces poulaillers pourraient être nommés « les quartiers » par exemple ? Mais bon je raconte des histoires, car les humains volent très bien de leurs propres ailes... En somme, aussi bien qu’un poulet.
Mes poulbots ! On m’a caqueté chez Dodu d’Hollywood qu’il fallait toujours terminer une mauvaise histoire par une « happy end ». Alors honneur pour Marc Escayrol, humoriste, et son dictionnaire « Mots et Grumots » :
« Pour faire cuire un poulet, prévoir deux heures... Trois, si vous le mettez tout vivant dans le four ».

Georges Zeter/juillet 2018

Petit film éducatif sur la croissance des poulets

https://www.youtube.com/watch?time_continue=21&v=3qy7dHwy198



Mercredi 11 Juillet 2018


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