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Des « Chasseurs nocturnes » pour la Turquie


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Mardi 16 Juin 2009

Des « Chasseurs nocturnes » pour la Turquie

Une délégation militaire turque est arrivée en Russie pour discuter de l'éventuelle acquisition d'hélicoptères de combat Mi-28. La possibilité de livrer à la Turquie un lot d'hélicoptères russes modernes d'appui au combat est d'autant plus intéressante que ce thème de la coopération bilatérale n'est pas nouveau.


Par Ilia Kramnik, RIA Novosti


L'histoire de l'appel d'offres concernant un nouvel hélicoptère de combat pour l'armée turque est vieille de plus de dix ans. Dans les années 70 et au début des années 80, la Turquie avait acheté aux Etats-Unis 32 hélicoptères de combat AN-1 P/S Cobra, 23 d'entre eux étant toujours en service. Au milieu des années 90, les militaires turcs ont songé à les remplacer.
Au cours de l'appel d'offres, les forces armées turques ont étudié de nombreuses versions d'hélicoptères de combat. L'hélicoptère Ka-50, spécialement adapté aux exigences turques et surnommé Ka-50-2 Erdogan, avait alors de bonnes chances de l'emporter. Il se distinguait du Ka-50 standard par une cabine biplace, mais si, dans le Ka-52 russe, également biplace, les pilotes sont assis côté à côte, dans la version Erdogan, ils se trouvent en tandem, comme à bord du Cobra que les Turcs connaissent bien.
Le succès n'a pas souri à l'appareil de la société Kamov en raison de circonstances défavorables sur le plan tant politique (l'influence assez sérieuse des Etats-Unis sur la Turquie et l'absence totale d'influence de la Russie sur ce pays) qu'économique (à cette époque-là, la Russie ne pouvait ni garantir qu'elle produirait en quantité suffisante ces hélicoptères foncièrement nouveaux, ni qu'elle en assurerait le service après vente). Un autre facteur a également pesé : le Ka-50 n'était pas fabriqué en série pour l'armée russe.
L'hélicoptère Cobra, naturellement modernisé, doté d'armements et d'équipements nouveaux, restait le candidat le plus probable à la victoire dans l'appel d'offres turc. Mais le contrat a été cependant remporté par un producteur européen : le consortium anglo-italien Augusta-Westland, qui s'est dit prêt à organiser sur le territoire de la Turquie la coproduction de 50 hélicoptères T-129.
Le problème de l'équipement de l'armée turque en hélicoptères de combat n'est pas réglé pour autant : le premier hélicoptère européen ne doit sortir des chaînes qu'en 2015, alors que les forces armées turques continuent à combattre les rebelles kurdes.
L'achat de 7 SuperCobra d'occasion AN-1W aux Etats-Unis en 2008 n'a pas réglé non plus le problème. Les militaires turcs ont besoin d'hélicoptères de combat modernes pouvant combler cette lacune d'ici 2015 et les années suivantes, quand l'armée turque en sera à l'apprentissage du maniement des nouveaux appareils de conception anglo-italienne.
Si bien que l'une des solutions qui est apparue est, une nouvelle fois, l'achat d'hélicoptères russes, mais cette fois-ci du type Mi-28N, Chasseur nocturne. Ces machines, à la différence des Ka-50 des années 90, sont fabriquées en série et équipent les forces armées russes.
Le nombre exact d'hélicoptères que les Turcs prévoient d'acheter n'est pas encore connu : on parle de 12 à 32 hélicoptères à livrer dans les 2 ou 3 prochaines années. Tout n'est pas clair, non plus, en ce qui concerne les composants : on ignore si les militaires turcs ont besoin de Chasseurs nocturnes au radar embarqué, installé au-dessus de l'hélice, ou bien ils sont prêts à renoncer à cet équipement onéreux.
Les appareils de l'usine russe Mil (nom de l'ingénieur russe qui fonda son bureau d'études) ne sont pas inconnus du côté d'Ankara. Les militaires turcs avaient étudié l'ancêtre du Mi-28, le Mi-4 Crocodile, qui ressemble beaucoup au nouveau modèle par plusieurs éléments de sa construction. Par ailleurs, des hélicoptères Mi-17, d'une conception à peu près similaire à celle du Mi-24, sont exploités en Turquie à des fins militaires, policières et civiles.
En outre, ce choix est favorisé par de nombreuses années d'exploitation des hélicoptères de l'usine Mil dans des conditions semblables à celles de la Turquie : Caucase, Asie centrale, Proche-Orient. Il y a aussi un autre facteur favorable : l'influence de la Russie s'est considérablement accrue ces dernières années, ses liens avec la Turquie se sont nettement resserrés et de nombreuses contradictions ont été aplanies.
Bref, le Mi-28 a des chances réelles d'intégrer l'aviation militaire turque. Les performances élevées de cet hélicoptère de combat, testé pendant de nombreuses années (plus de 20 ans !) et durant ses premières années d'exploitation lui permettront de rester en service après le lancement de la production du Tu-129 qui, soit dit en passant, est inférieur au Mi-28 en ce qui concerne le niveau de protection et les capacités de combat.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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Mardi 16 Juin 2009


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