Propagande médiatique, politique, idéologique

Démineurs, la cérémonie des oscars et la réhabilitation de la guerre en Irak



David Walsh
Mercredi 24 Mars 2010

Démineurs, la cérémonie des oscars et la réhabilitation de la guerre en Irak
WSWS : Histoire et culture

Démineurs, la cérémonie des oscars et la réhabilitation de la guerre en Irak

Par David Walsh
24 mars 2010
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La cérémonie des oscars de cette année a été un étalage de banalité et de lâcheté.
Les trois films les plus primés par l'Académie, Démineurs, Precious, et Inglorious Basterds, incarnent dans leur ensemble ce qu'il y a de rétrograde et malsain dans l'industrie du film, et ils avancent tous masqués.
Démineurs, en dépit des déclarations sur son approche « apolitique » ou « non-partisane », se révèle, à sa propre manière sans saveur, être un film favorable à la guerre et à l'impérialisme. Loin d'offrir un point de vue compatissant sur la vie des Afro-américains des centres-villes [pauvres, ndt], Precious se complait dans l'arriération sociale, dont il impute la faute aux opprimés eux-mêmes. Le repoussant Inglorious Basterds de Quentin Tarantino se présente comme un film « anti-nazi », mais offre sa propre version du porno et du sadisme, laquelle reprends à son compte plus d'un élément fasciste.
Trois œuvres franchement abominables.
Il y a sept ans de cela, en mars 2003, quelques jours seulement avant le lancement de l'invasion illégale de l'Irak, le réalisateur de documentaire Michael Moore – recevant l'Oscar pour Bowling for Columbine – dénonçait George W. Bush comme « faux président, » ajoutant, « Nous vivons dans une ère où un homme nous envoie en guerre pour des raisons qui n'existent pas… [Nous] sommes contre cette guerre, M. Bush. Honte à vous. »
Sept ans après cette déclaration intègre de Moore, l'industrie du cinéma a officiellement jeté l'éponge dimanche dernier et de la manière la plus basse qui soit, abandonnant même la prétention à s'opposer aux guerres coloniales du Moyen-Orient et d'Asie centrale. En fait, le choix de Démineurs comme meilleur film fait partie d'une réhabilitation rampante et concertée de la guerre d'Irak, en train de se produire dans l'establishment politique et médiatique libéral.
De la revue The Nation, où Robert Dreyfuss a écrit qu'il voyait des « signes d'espoir » dans les récentes fraudes des élections irakiennes, jusqu'au groupe de réflexion du Parti Démocrate, le Center for American Progress, qui affirme que ces mêmes élections « représentent le dernier pas des irakiens pour reprendre le contrôle de leurs propres affaires, » la gauche officielle et le milieu libéral indiquent leur accord pour la présence permanente des États-Unis en Irak, visant à contrôler les vastes réserves de pétrole du pays.
Les libéraux « anti-guerre » bien en vue d'Hollywood, pour qui l'opposition à l'invasion Irakienne de 2003 avait beaucoup à voir avec une hostilité culturelle et psychologique, envers le gouvernement Bush, en sont là également. L'élection de Barack Obama représentait pour eux, comme pour tout un milieu social, la réalisation complète de leurs aspirations politiques.
La réalisatrice de Démineurs Katrine Bigelow, a saisi l'opportunité dans son discours de remerciement pour le prix de la meilleure réalisation, « de le dédier aux femmes et aux hommes de l'armée qui risquent leur vie chaque jour en Irak et en Afghanistan et partout dans le monde. » Et après cela, en recevant l'Oscar du meilleur film, elle a répété, « peut-être une dédicace de plus, aux hommes et aux femmes partout dans le monde qui portent un uniforme… ils sont là pour nous et nous sommes là pour eux. »
Non, ils ne sont pas là pour « nous ». L'armée américaine est une armée professionnelle, pas une armée de conscription, elle opère à la manière d'une bande de malfrats à l'échelle mondiale au service de l'élite financière américaine. Toutes sortes d'ex-gauchistes et libéraux se rallient actuellement autour de l'effort de guerre impérialiste, souvent par la formule selon laquelle il faut « soutenir les troupes. » C'est un slogan pitoyable et frauduleux. Dans la pratique, il implique un effort pour décourager ou passer sous silence les critiques des causes, de la conduite et des objectifs de ce conflit brutal.
Le succès de la campagne des Oscars en faveur de Démineurs donne la mesure de la banqueroute intellectuelle des critiques et de l'élite hollywoodienne. Ce film n'a pas eu un grand succès auprès du public, mais comme Jeremy Kay, écrivant pour le Guardian, l'a noté, « Ce Thriller est devenu l'égérie des critiques, loué comme le meilleur film sur la guerre en Irak réalisé aux États-Unis, et en fait comme la meilleure tranche de guerre montrée à l'écran depuis des années. » Ce n'est pas vrai, mais de bien meilleurs films comme Battle for Haditha et In the Valley of Elah, ou d'autres, ont été délibérément marginalisés par les médias américains.
La compagnie de relations publiques engagée pour s'occuper de Démineurs, s'est concentrée sur la perspective que Bigelow soit la première réalisatrice à recevoir un Oscar. « L'idée était séduisante, » écrit Kay, « et je peux témoigner de la vitesse à laquelle elle s'est répandue dans les artères d'Hollywood. Un jour avant la nomination, le 2 février, on ne parlait quasiment de rien d'autre. »
En d'autres termes, le fait que la réalisatrice soit une femme a compté plus que tout le reste. Bien sûr, ce n'est pas tout. Les membres de l'Académie ont également encensé Démineurs en raison de ses thèmes.
Sous le couvert de l'objectivité et de « l'authenticité, » le film de Bigelow présente la guerre en Irak du point de vue d'une « tête brûlée, » le sergent William James, expert en désamorçage. La présence des forces américaines en tant qu'armée d'occupation n'est jamais remise en cause, et le travail de cet individu téméraire (et, franchement, psychotique) est présenté comme sauvant héroïquement des milliers de vies.
Les quelques bribes de dialogues insérés entre les diverses scènes de désamorçage sont forcées et ne convainquent pas. Bigelow n'a aucune idée de ce que sont des soldats, ou de la manière dont les êtres humains interagissent. Ses films (the Loveless, Near Dark, Blue Steel, Point Break, Strange Days) ne sont pas faits à partir de la vie, mais à partir de schémas confus et malsains, y compris des morceaux épars de philosophie post-structuraliste et postmoderne.
Dans son premier film, The Set-Up (1978), par exemple, deux hommes se battent dans une ruelle, pendant que, selon le New York Times, « les sémioticiens [qui étudient le langage] Sylvère Lotringer et Marshall Blonsky déconstruisent les images en voix-off. » Bigelow a expliqué à ce propos : « le film se termine avec Sylvère parlant du fait que dans les années 1960 on concevait l'ennemi comme hors de soi, c'est-à-dire, un officier de police, le gouvernement, le système, mais ce n'est pas vraiment le cas en fait, le fascisme est très insidieux, on le reproduit tout le temps. »
On a envie de répondre, à nouveau, parle pour toi ! Bigelow est clairement fascinée par la violence et le pouvoir… et la guerre, qu'elle considère comme séduisante et « excessivement dramatique. » Bigelow adhère à l'idée « qu'il y a probablement une nécessité fondamentale à ce conflit » et qu'elle se trouve attirée par la notion d'une « psychologie de l'accoutumance, de l'attirance, vers le combat. »
Ses admirateurs déclarent que Bigelow se plaint, ou critique, un tel état de fait. Au contraire, Démineurs, glorifie et embellit la violence, que la réalisatrice associe à « des réactions émotionnelles intenses. » Tout cela, avec une dose de Nietzsche mal digéré, est assez malsain et même sinistre, mais il correspond à un état d'esprit bien défini parmi certaines couches considérées comme l'intelligentsia « radicale » aux États-Unis.
Le film de Bigelow, réalisé d'après un scénario du journaliste "embedded" Mark Boal, n'est pas un film anti-guerre. Il se contente de faire une pause de temps en temps pour méditer sur le coût élevé payé par les soldats américains pour le massacre des insurgés et des civils irakiens. En ce qui concerne Bigelow, tant qu'ils n'ont pas l'air de s'amuser et qu'ils montrent des signes de fatigue et de stress, les soldats américains peuvent continuer à tuer et à semer la destruction.
Comme l'a noté la chronique du WSWS en août dernier, « la plus grande erreur du film est que ses réalisateurs croient apparemment qu'il est possible de dépeindre correctement l'état moral et psychologique des soldats américains sans parler de la nature de l'aventure irakienne dans son ensemble, comme si cela ne changeait pas la manière dont les soldats agissent et pensent. »
Démineurs a plu aux votants d'Hollywood, comme l'a noté avec satisfaction un commentateur, parce qu'il « ne force pas les spectateurs à faire un jugement politique sur la guerre, » c'est-à-dire qu'il est compatible avec l'ultra-droite, le pentagone et le gouvernement Obama.
La cérémonie annuelle des Oscars est plus qu'une simple occasion pour Hollywood de s'autocélébrer. La diffusion (vue cette année par 40 millions de gens aux États-Unis.) est devenue un rituel de la vie publique américaine, une manière de plus de forger, de manipuler l'opinion publique.
Ainsi, comme dans toutes les occasions de ce genre, la cérémonie est maintenant un événement complètement préparé et stérile du début à la fin. Personne n'a le droit – ou n'aurait l'idée – de sortir du rang, il n'y a pratiquement aucun moment qui ne soit écrit à l'avance. Même si cette cérémonie n'a probablement jamais eu son âge d'or, il y a eu une époque où elle conservait la possibilité pour des sentiments sincères, et même une opposition, de s'exprimer.
Même l'Oscar du documentaire, que Moore avait remporté en 2003, a été contrôlé de près. Judith Ehrlich et Rick Goldsmith étaient en compétition dans la même catégorie cette année avec leur film The Most Dangerous Man In America: Daniel Ellsberg and the Pentagon Papers. Ellsberg est l'homme qui a rendu publique l'histoire secrète du Pentagone dans la guerre du Vietnam en 1971, portant un coup à la version des événements présentés par le gouvernement. Il était présent à la cérémonie dimanche dernier. Dans l'atmosphère actuelle dominée par la corruption et la peur, il aurait été bien trop embarrassant de se souvenir de quelqu'un qui s'est opposé aux autorités!
À la place, The Cove, un documentaire sur un village de pêcheurs japonais où des milliers de dauphins et de tortues sont péchés chaque année, a reçu le prix. Ce sujet peut être bon, mais il est considérablement moins important que l'arrêt du bain de sang au Vietnam, ou de ses équivalents actuels, en Irak et en Afghanistan.
Bref, la cérémonie des Oscars de cette année a atteint encore une fois un niveau bien bas. Les réalisateurs, scénaristes et acteurs honnêtes d'Hollywood devront se faire connaître et agir. La situation actuelle est tout simplement intenable du point de vue du cinéma comme de la société dans son ensemble.

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Mercredi 24 Mars 2010


Commentaires

1.Posté par ABC le 24/03/2010 16:58 | Alerter
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" Dans la vie politique maricaine,il y a peu de routes aussi frequentées que celle qui méne de Washington à Hollywood " Ronald Browenstein.

Hollywood etait toujours au service de la guerre et a participé en grande parti à l'emprise psychologique que les americains ont sur les ROW,Rest Of the World,comme ils nous appellent. Hollywood est un outil indispensable à la Propagande pour la sainte Amérique et son héroïsme factice.Le meilleur moyen pour combattre cette conglomerat de professionels de lavage des cerveux est de ne pas regarder leurs films pourris.

Voici le lien d'une etude trés detaillé sur le sujet "Cinéma et propagande aux etats unis" :

2.Posté par TS le 24/03/2010 17:18 | Alerter
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Excellent article

3.Posté par visiteur le 24/03/2010 17:46 | Alerter
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En plus ce film (démineurs) comporte plein d'inexactitudes et d'idées sadiques ou corrompues.
On voit par exemple dans certaines scènes (liste non exhaustive) :
- Des IED en pleine ville alors qu'il sont censés viser des patrouilles américaines sur des zones rurales.
- des snipers embusqués hors des villes alors qu'ils font principalement de la guerre urbaine (plus organisés et efficaces qu'on veuille nous faire croire d'ailleurs).
- Un simple boucher actionnant (à très courte distance) une bombe avec un portable alors qu'il pouvait le faire à mille lieues sans être détecte.
- Un soldat s'apitoyant sur le sort de son camarade car il avait hésité à tirer sur ce même boucher (justification et banalisation de la tuerie des civils)
- Un enfant irakien vendant des films X.
- Ce même enfant se faisant assassiner puis bourrer (littéralement) d'explosifs.
- etc...

Bref un ramassis de propagande de mauvais goût qui dénigre et dénature le noble combat de la résistance irakienne contre l'armée de terroristes américains. Une propagande qui a pourtant mérité des oscars pour les beaux yeux du pentagone et d'une femme réalisatrice à affiliation politique impérialiste.

4.Posté par dik le 24/03/2010 23:37 | Alerter
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La propagande américaine à travers son cinéma peut causer à l'ennemi autant de dégâts, sinon plus qu'une vraie guerre! Et cela lui réussit parfaitement, grâce au summum de la compétence de tous les intervenants dans le film, qui peuvent faire avaler n'importe quoi! Une perfection satanique!

L'arme de la culture est encore des plus redoutables.

5.Posté par Romana le 25/03/2010 00:34 | Alerter
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@ modération

Expliquez-vous sur cette censure, c'est trop facile d' effacer sans explication.

Modération : la nature de vos affirmations risque de nous porter préjudice vis à vis des lois en vigueur.

6.Posté par Afterhuman le 25/03/2010 01:44 | Alerter
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Pour ma part ce n’est pas «Démineurs», énième film sur l’armée américaine qui m’interpelle
mais le plébiscite de films axés sur la fantasmagorie, pour n’en citer que deux: Avatar et le dernier en date, Alice au pays des merveilles. J’ai le sentiment que cette évasion vers des mondes complètement fantasmés révèlent une distorsion du présent, qui n’est pas de bon augure, il y a dans cette représentation d’univers artificiels, éxubérants et colorés une sorte
de saturation qui transparait et me laisse entrevoir, du moins pressentir quelque chose de menaçant et négatif, je n’arrive pas à bien le définir; mais ça agit sur moi comme une sorte
de décor en trompe l’oeil, ou ce que l’on montre n’est pas forcément visible,mais caché là
quelque part et ce qui s’y cache ne me dit rien de bon..

7.Posté par dik le 25/03/2010 09:40 | Alerter
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@Afterhuman

Ce que vous venez d'écrire me ramène à un post que je venais d'envoyer à l'instant pour un autre sujet actuellement sur alterinfo "Les amis créateurs d'Israël en prennent plein la gueule" :

Bafouer de la sorte les institutions internationales sans le moindre scrupule, envers amis et ennemis, grands ou moins grands, maîtres et apprentis, est, le moins qu'on puisse dire, anormal. Même cette Nancy Pellosi qui aurait fait part à Natanyahu de son appui total sait bien qu'elle est son obligée, sinon elle pourrait être traitée de chienne elle aussi. Mais où est l'aveuglement, en Israël ou ailleurs? Et pourquoi? Comme si quelque chose de gravissime est cachée aux communs des mortels! Dieu sait quoi.

8.Posté par Censored31 le 25/03/2010 15:14 | Alerter
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Par contre le nouveau film avec Matt Damon qui s'intitule "GREEN ZONE" remet en questions les services de renseignements et l’invasion illégale basée sur des faux prétextes (armes de destructions massives). Le film démontre également une lutte interne entre le Pentagone et la CIA. Ensuite il démontre que les médias traditionnels ne sont que des perroquets du Département de la Défense.
Je trouve même que ce film démontrera que le Pentagone a tout fait afin que la région explose et que l'armée Américaine en subira les conséquences jusqu'à aujourd'hui car je vous signale qu'un véhicule blindé a été détruit aujourd'hui dans le district de Badeer à Diwaniyah tuant ou blessant les occupants.
Ensuite, il y a une mine qui a explosé en dessous d'un véhicule de démineurs à Kuwayr près du pont d'al Kanhashin à Mosul City causant de pertes de vies américaines.
Bien sur, des gars comme @Boris Ivanov vous diront que ce n'est que de la propagande Islamiste...

9.Posté par Romana le 25/03/2010 19:41 | Alerter
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@ Modération

OK.
Alors je pose une question.

Qui se cache derrière les productions cinématographique et télévisuel en Amérique du nord dénigrant et ce depuis longtemps, les populations arabo-musulmane et faisant l' apologie de leur massacre.

10.Posté par HABIB le 25/03/2010 22:10 | Alerter
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i[Bonsoir,
quand on voit le tollé qu'à créé le film AVATAR... une belle parabole aux résistants palestiniens... Tout le monde pensait que ce film allait raflé les oscars.. nominés neuf fois je crois.. Ils à bousculé à lui seul les goldens globes..Meilleurs film dramatique et meilleurs réalisateur. D'habitude les goldens globes sont le reflet des oscars..

" Le film de Kathryn Bigelow sur une équipe de démineurs américains en Irak a remporté six récompenses dont celles du meilleur film, du meilleur scénario et de la meilleure réalisation. Nommé dans la catégorie meilleur film étranger, Un Prophète, est reparti les mains vides.

James Cameron n'a pas réitéré son exploit de 1998 quand Titanic avait raflé 11 Oscars. Le match Démineurs-Avatar a tourné à son désavantage, dimanche à Los Angeles lors de la 82e cérémonie des Academy Awards. Le film de Kathryn Bigelow sur une équipe de démineurs américains en Irak a écrasé Avatar, remportant six des neuf Oscars pour lesquels il était en lice, dont les plus importants : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario original. En décrochant la statuette du meilleur réalisateur, Kathryn Bigelow devient la première femme de l'histoire du cinéma américain à être récompensée. «Il n'y a pas d'autre moyen de le décrire, c'est l'apogée d'une vie. C'est extraordinaire d'être au coté de James Cameron, Quentin Tarantino, Lee Daniels et Jason Reitman (les autres candidats au titre de meilleurs réalisateurs, ndlr). Ce sont des cinéastes puissants que j'admire et qui m'ont inspirée», a déclaré la Californienne de 58 ans. Elle a dédié son prix «aux militaires qui risquent leur vie en Irak et en Afghanistan».

Sa victoire a été accueillie par une longue ovation à laquelle s'est joint son ex-mari et concurrent pour la nuit, James Cameron. Visiblement pas rancunier, le réalisateur d'Avatar a crié «oui, oui !», quand le nom de son ancienne épouse a été annoncé.

Démineurs est le film le moins rentable de l'histoire des Academy Awards à être couronné. Avec un budget estimé de 11 millions de dollars - très modeste, selon les normes hollywoodiennes - le film a été un échec commercial, avec des recettes mondiales d'un peu plus de 16 millions de dollars - 150 fois moins qu'Avatar.

Mais il a néanmoins su convaincre les professionnels d'Hollywood. Démineurs (The Hurt locker, en version originale) a ainsi reçu à Los Angeles les prix du Syndicat des producteurs (PGA) et du Syndicat des réalisateurs (DGA). James Cameron n'est cependant pas reparti de la soirée les mains vides. Cité neuf fois, comme Démineurs, son œuvre de science-fiction est repartie avec trois prix : meilleurs effets spéciaux, meilleur direction artistique et meilleure photographie."

CQFD...

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