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Demandons-nous de quoi les habitants de la planète ont vraiment besoin et comment nous allons organiser l’avenir


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Jeudi 1 Janvier 2009

Demandons-nous de quoi les habitants de la planète ont vraiment besoin et comment nous allons organiser l’avenir

par Karl Müller

La campagne présidentielle puis l’élection du président des Etats-Unis Barack Obama ont amené, dans le monde, de nombreuses personnes amèrement déçues par 8 années de gouvernement George W. Bush à trouver dans les deux mots slogans d’Obama – «change» (changement) et «hope» (espoir) – la promesse d’un monde meilleur. A cela s’ajoute le fait que pour la première fois dans l’histoire, un Afro-américain, c’est-à-dire un membre d’un groupe de population qui avait été défavorisé pendant des siècles, s’est présenté et a été élu.
Cependant ces promesses suffiront-elles à améliorer le monde dans lequel nous vivons? N’est-il pas urgent, quelques semaines avant son entrée en fonctions, de marquer un temps d’arrêt, de regarder sincèrement en arrière et de nous demander à quels défis le monde va devoir faire face ces prochains mois et ces prochaines années. Que faut-il faire pour que la situation s’améliore?
Nous ne pouvons pas abandonner cette question essentielle aux think tanks des grandes puissances, des partis et des lobbys car il faut supposer, malheureusement, qu’ils s’intéressent généralement moins au bien commun qu’aux intérêts de leurs commanditaires et de leurs financiers.
Or le droit international est valable pour tous et doit être respecté par tous. A notre époque d’armes de destruction massive nucléaires, biologiques, chimiques et autres, la raison du plus fort doit, au niveau international, faire place au droit, sinon l’existence même de l’humanité sera menacée.
Les crimes de guerre, la détresse et la misère que le monde a subis au cours des dernières années au nom de la «démocratie» nécessitent une réparation qui ne peut aboutir que si toutes les cultures se respectent mutuellement. C’est uniquement sur cette base que les peuples du monde pourront créer des structures fondées sur l’égalité et dans lesquelles chaque peuple sera libre d’organiser et de développer son économie et sa culture ainsi que de coopérer au plan international.
Personne ne peut ni ne doit dire qu’il connaît la solution aux problèmes à régler, mais il existe des débuts d’approche. On y trouve des principes pour la recherche d’un nouveau système économique qui, dans le contexte de l’actuelle crise financière, ont été proposés de divers côtés, par exemple par des économies importantes comme celles du Japon, de la Chine et de la Russie.
Dans son discours sur l’état de la nation du 5 novembre, jour de l’élection d’Obama, le président russe Medvedev a montré que le monde n’est plus disposé à accepter qu’une seule grande puissance détermine un unique mode de vie et un unique système économique. Au début de son discours, il a établi un parallèle entre la guerre en Géorgie, qui a été imposée à la Russie, et la crise financière mondiale. Pour Medvedev, il est nécessaire de créer des mécanismes destinés à bloquer les décisions erronées, égoïstes et parfois tout simplement dangereuses de quelques membres de la communauté internationale. En effet, aussi bien la crise du Caucase que la crise financière sont la conséquence de la politique menée par le gouvernement américain fondée sur des décisions unilatérales et ne supportant aucune critique.
Toujours selon Medvedev, après l’effon­drement de l’Union soviétique, la conviction des dirigeants américains que leur politique était incontestablement la seule qui soit juste a conduit à de très graves erreurs de calcul. La crise financière mondiale résulte du fait que les Etats-Unis ont négligé de prendre leurs décisions en concertation avec les autres acteurs des marchés globaux et qu’ils ont perdu tout sens de la mesure.
A la fin de son discours, le président russe est revenu sur ses réflexions initiales. Il a réclamé un nouveau système sécuritaire mondial ainsi qu’une nouvelle architecture financière et a présenté des suggestions à ce sujet: renforcer les fondements juridiques des relations internationales afin que les prin­cipes universellement reconnus du droit international déterminent les règles du jeu dans l’arène internationale; créer un système international multipolaire; se mettre d’accord sur des procédures diplomatiques universelles visant à résoudre les crises; engager un dialogue international afin de mettre au point le plus vite possible les règles d’un système financier mondial libéré de l’actuel monopole américain. (Le discours complet est documenté dans Horizons et débats no 50 du 15/12/08.)
Medvedev n’est pas le seul à réfléchir sérieusement à l’avenir de la politique mondiale. Dans un ouvrage paru récemment, «Le Défi asiatique» (Fayard, 2008), Kishore Mahbubani montre que les Etats asiatiques ne sont plus disposés à se soumettre à l’occident, qu’ils agissent dans le monde avec de plus en plus d’assurance, qu’ils ont leur propre idée du monde de demain et qu’ils n’acceptent plus l’hypocrisie que l’occident manifeste dans ses exigences concernant la démocratie et les droits humains.
Nous autres Européens devons apprendre à écouter attentivement les nombreuses autres voix dans le monde et comprendre que le principe de l’égalité des droits implique que nous ne pouvons plus revendiquer le droit à la conduite spirituelle du monde.
Cela ne veut pas dire que nous man­quions de critères fondamentaux. En 1945, après des années de lutte et sous la pression d’expériences amères, de nombreux représentants des Etats du monde ont créé l’Organisation des Nations Unies et se sont imposé des règles énoncées dans la Charte des Nations Unies. Nous devons nous souvenir que celle-ci stipule que les membres des Nations Unies sont «résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre» et «à proclamer à nouveau [leur] foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes ainsi que des nations, grandes et petites».
Les Nations Unies se sont fixé les objectifs suivants:

  •     Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin: prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;
  •     Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;
  •     Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamen­tales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion;
  •     Etre un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

Aujourd’hui, 60 ans plus tard, ces objectifs sont loin d’être réalisés et les responsables sont avant tout les Etats-Unis qui n’ont pas voulu jusqu’ici soumettre leur politique à ces principes. Ils ne l’ont pas fait au cours des décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale et encore moins depuis la fin de la guerre froide, il y a 18 ans, années de mensonges d’Etat et d’une politique de puissance foulant aux pieds le droit international.
Il y a eu le mensonge sur les soldats irakiens censés retirer des prématurés de leurs couveuses, mensonge destiné à mieux justifier la guerre du Golfe de 1991, les mensonges destinés à justifier la guerre en Yougoslavie (cf. Jörg Becker, Mira Beham, Operation Balkan: Werbung für Krieg und Tod, 2. Auflage, Nomos, 2008), le mensonge du 11-Septembre visant à justifier la guerre en Afghanistan en 2001, opération planifiée depuis longtemps, le mensonge sur les armes de destruction massive destiné à justifier la guerre du Golfe de 2003 et le mensonge du gouvernement américain consistant à prétendre qu’il cherche à améliorer la situation des Palestiniens alors qu’en même temps le lobby pro-israélien (cf. John J. Mearsheimer, Stephen M. Walt , Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, la Découverte, 2007) ne cesse d’exercer son influence et que, par exemple, on fait pression sur le gouvernement égyptien pour qu’il maintienne fermée la frontière avec la bande de Gaza afin que les Palestiniens continuent d’y végéter et d’y souffrir comme dans un ghetto («Neue Zürcher Zeitung» du 20/12/08).
La politique américaine a versé beaucoup de sang, elle a commis une quantité énorme de crimes de guerre et de crimes
contre l’humanité et même là où elle exerce un «soft power», on constate un système de soumission et d’exploitation inhumain qui glisse imperceptiblement vers l’assassinat individuel ou de masse. D’anciennes personnes de l’intérieur comme John Perkins (cf. Les confessions d’un assassin financier. Révélations sur la manipulation des économies du monde par les Etats-Unis, Ariane, 2005 ou L’histoire secrète de l’Empire américain. Assassins financiers, chacals et la vérité sur la corruption à l’échelle globale, Alterre Editions, 2008) l’ont bien montré.
Il apparaît clairement que les violations du droit international commises par la politique américaine vont au-delà des intérêts du complexe militaro-industriel. Elles sont dues à une rapacité sans bornes et à la quête de suprématie de très puissants milieux financiers américains et autres qui tentent non seulement de contrôler le système financier mondial mais qui ont mis le grappin sur l’économie réelle et ne reculent devant aucun crime pour parvenir à leurs fins. Leur stratégie vise à s’assurer la domination financière mondiale. Dans son livre «La stratégie du choc. Montée d’un capitalisme du désastre» (Actes Sud, 2008), Naomi Klein l’a démontré pour de nombreux pays qui ont subi guerres et catastrophes: le but unique était de faire régner un capitalisme sauvage de la pire espèce.
Et il ne faut pas se leurrer: la population américaine elle-même est touchée ou va l’être. Aux Etats-Unis, 40 millions de personnes souffrent de la faim, des centaines de milliers d’anciens combattants sont tombés gravement malades des suites de la guerre, de l’utilisation illégale des armes à l’uranium en Irak, en Yougoslavie, en Afghanistan, tout comme les habitants de ces pays mais les politiques et l’Etat ne se préoccupent pas du sort de ces victimes américaines. On est prêt à sacrifier des milliers de compatriotes. Les doutes sur la version officielle des événements du 11 septembre 2001 sont de plus en plus solides.
Les pays d’Europe qui se sont associés à la politique américaine ou ont élaboré leurs propres projets dans le sillage des Etats-Unis sont également concernés; la nouvelle Allemagne, par exemple qui, depuis 1990, s’est détournée de nombreux acquis positifs de la RFA et de la RDA si bien qu’aujourd’hui, il y dans le monde non seulement de plus en plus d’engagements militaires mais de plus en plus de misère sociale, de plus en plus d’enfants qui souffrent de la pauvreté, voire de la faim.
Des députés au Bundestag allemand ont même qualifié d’«incendiaires» les milieux responsables de la crise financière mondiale. Mais cela a l’air presque anodin en regard du mal qui a été fait dans le monde entier.
Et maintenant, allons-nous oublier et nous satisfaire de la promesse de «changement» et d’«espoir», de celle du «nouveau visage» de la politique américaine dont parle celui qui tire les ficelles derrière Obama, Zbigniew Brzezinski, auteur du livre «Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du monde» (Hachette littératures, 2000) et de la nature inchangée de cette effroyable puissance?
Brzezinski vient d’écrire une suite: «Second Chance: Three Presidents and the Crisis of American Superpower» (The Perseus Books Group, 2008), dans laquelle il évoque les «erreurs» des 20 dernières années pendant lesquelles les Etats-Unis ont perdu la face dans le monde et n’ont plus été ca­pables de pratiquer leur politique de suprématie mon­diale sans rencontrer contestations et obstacles, ce qui peut et doit changer grâce à un «nouveau visage»!
Ce qu’on apprend sur l’équipe entourant le nouveau président des Etats-Unis est également alarmant. Horizons et débats en a parlé dans des numéros précédents (cf. Paul Craig Roberts, Obama a trompé ses électeurs en choisissant ses conseillers, no 47 du 24/11/08 et Michel Chossudovsky, Les artisans de la débâcle économique continuent leur besogne au sein du gouvernement Obama, no 49 du 8/12/08).
On peut prévoir dès maintenant que cette équipe ne va rien apporter de bon au monde tant qu’Obama ne réalisera pas une véritable coupure et ne basera pas sa politique de relations internationales sur le droit international ainsi que sur la Charte des Nations Unies, et ne poursuivra pas systématiquement tous les crimes de guerre et les crimes
contre l’humanité commis par les gouvernements précédents (dont ceux des présidents Clinton et Bush père), tant qu’il ne travaillera pas à l’élaboration d’un système financier et économique mondial destiné à répondre aux besoins des hommes et non à satisfaire l’avidité d’un petit nombre d’individus.
De quoi l’humanité a-t-elle besoin? Quels sont les problèmes auxquels nous devons réfléchir ensemble et apporter des solutions satisfaisantes?    

  • Avant tout, il faut cesser immédiatement de tuer sur cette planète. «La paix n’est pas tout mais sans elle, rien n’est possible», a déclaré très justement l’ancien chancelier fédéral allemand et prix Nobel de la paix Willy Brandt. Il faut à nouveau condamner la guerre. Les responsables des guerres d’agression doivent faire l’objet de poursuites pénales. Les dommages occasionnés doivent être réparés dans la mesure du possible et les infrastructures détruites doivent être reconstruites. Les proches des innocents tués doivent être indemnisés.
  • Il faut respecter l’égalité de droits et la souveraineté de tous les Etats. Cette souveraineté implique également ce que stipule l’article premier du Pacte international des droits civils et politique de 1966: «1. Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.
  • 2. Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, sans préjudice des obligations qui découlent de la coopération économique internationale, fondée sur le principe de l‘intérêt mutuel, et du droit international. En aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance.»
  • Comment réaliser un système économique et financier global qui fasse que plus personne dans le monde ne vive dans la pauvreté ni ne souffre de la faim?
  • Sur cette planète, un milliard de personnes souffrant de la faim et 2 milliards – c’est-à-dire 1/3 de l’humanité – vivant avec moins de 2 dollars par jour sont comme une tumeur dans notre conscience à tous. Comment faire pour que tous les habitants de la Terre aient un toit, suffisamment d’eau et de nourriture et soient à l’abri des persécutions et de l’oppression?
  • Que faut-il faire pour que tous les hommes jouissent pleinement de leur droit aux meilleurs soins médicaux possibles et pour que des millions de personnes cessent de souffrir et de mourir de maladies faciles à guérir et d’épidémies évitables?
  • Comment faire pour mettre fin à toutes les formes de colonialisme et d’impérialisme afin que les gouvernements, les Etats et les hommes jouissent des mêmes droits, se traitent mutuellement d’égal à égal, concluent honnêtement tous les traités nécessaires et soient obligés de renoncer à l’usage de la force?
  • Comment pouvons-nous apprendre que nous ne sommes pas seulement là pour agir sur la nature mais que nous en faisons partie, que nous avons une responsabilité à son égard, à l’égard de ses richesses ainsi qu’envers les générations futures?
  • Comment ouvrir à tous les enfants et à tous les jeunes l’accès à la meilleure éducation possible afin qu’ils aient de bonnes perspectives d’avenir? Comment mettre un frein à la privatisation du système éducatif qui accentue les inégalités sociales?
  • Que faire pour que la dignité de l’homme soit mieux respectée et que chacun trouve un sens authentique à sa vie afin de renoncer à l’égoïsme et apporte sa contribution au bien commun?

Autant de questions auxquelles on ne peut pas répondre du jour au lendemain. Mais si nous ne commençons pas à y réfléchir ensemble dans notre pays et ailleurs dans le monde, nous passerons à côté du changement radical nécessaire et de l’occasion qui s’offre à nous de réaliser notre humanité.    •

Le plan Brzezinski

Vassaux et tributaires

«Ses vassaux et ses tributaires, dont certains poussent les marques d’allégeance jusqu’à souhaiter des liens encore plus étroits avec Washington, sont répartis sur l’ensemble des continents.» (cf. carte p. 48: «La suprématie mondiale américaine»). (p. 47)

Exercice apparemment consensuel de l’hégémonie américaine

«La domination culturelle des Etats-Unis a jusqu’à présent été un aspect sous-estimé de sa puissance globale.» [...] Elle «crée un contexte propice à l’exercice indirect et apparemment consensuel de l’hégémonie américaine». (p. 51/53)
«Qui gouverne l’Europe de
l’Est domine le heartland»

«Qui gouverne le heartland (cœur continental) domine l’île-monde;

Qui gouverne l’île-monde domine le monde.» (p.66)

L’Europe – tête de pont géostratégique des Etats-Unis

«Surtout, l’Europe est la tête de pont géostratégique fondamentale de l’Amérique.[...] L’Alliance atlantique lui permet d’exercer une influence politique et d’avoir un poids militaire directement sur le continent.[...] Si l’Europe s’élargissait, cela accroîtrait automatiquement l’influence directe des Etats-Unis.» (p. 88)

L’Europe de l’Ouest et l’Europe centrale – protectorats américains

«Pour le dire sans détour, l’Europe de l’Ouest reste dans une large mesure un protectorat américain et ses Etats rappellent ce qu’étaient jadis les vassaux et les tributaires des anciens empires.» (p. 88)

Manipuler les acteurs sur l’échiquier eurasien

«La longévité et la stabilité de la suprématie américaine sur le monde dépendront entièrement de la façon dont ils manipuleront ou sauront satisfaire les principaux acteurs géostratégiques présents sur l’échiquier eurasien et dont ils parviendront à gérer les pivots géopolitiques clés de cette région.» (p. 250)
«A l’image de la stratégie du jeu d’échecs, les responsables de la politique internationale américaine doivent avoir plusieurs coups d’avance en tête, de manière à prévoir les contre-attaques possibles.»
(p. 253)
«A court terme, il y va de l’intérêt des Etats-Unis de consolider et de préserver le pluralisme géopolitique qui prévaut sur la carte d’Eurasie. Par le biais de manœuvres politiques et de manipulations, on pourra ainsi prévenir l’émergence d’une coalition hostile.» (p. 253)

Zbigniew Brzezinski: Le grand échiquier – L’Amérique et le reste du monde. 1997. ISBN 2-227-13519-0.
Version originale: The Grand Chessboard. American Primary and Its Geostrategic
Imperatives. New York 1997.

Zbigniew Brzezinski a été conseiller à la sécurité du président Carter entre 1977 et 1981. A la suite il a été professeur de politique étrangère des Etats-Unis à l’Université Johns Hopkins de Baltimore et conseiller au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington D.C.


WTC 7

«Quand on se plonge dans ce sujet, on s’aperçoit d’emblée qu’il y a un grand débat planétaire autour de ce qui s’est réellement passé le 11 septembre 2001. L’information que nous avons n’est pas très précise. Ce qui pose question dans ce rapport de 600 pages est que la troisième tour qui s’est effondrée ce jour là, n’est même pas mentionnée. La commission ne parle que de l’effondrement de deux tours, les «Twin Towers». Alors qu’il y a une troisième tour, haute de 170 mètres, qui s’est effondrée; la tour appelée WTC 7. On parle d’un petit incendie dans son cas. J’ai parlé avec des professeurs qui connaissent bien la structure des bâtiments; ils disent qu’un petit incendie ne peut pas détruire une structure d’une pareille dimension.»

Source: Entretien avec Daniele Ganser,
réalisé par Silvia Cattori. «La stratégie de la tension – Le terrorisme non revendiqué de l’OTAN». www.danieleganser.ch/assets/files/Inhalte/Interviews/Zeitungsinterviews/pdf_06/GanserInterviewVoltairenet29dez06.pdf


«Cet avion n’a pas pu passer par ce trou»

«Une de mes activités dans l’armée était la surveillance de l’interprétation des images pour les divisions scientifiques et techniques des Services secrets pendant la guerre froide. Je mesurais des
pièces d’équipement soviétique. C’était ma tâche. Je regarde le trou dans le Pentagone. Et je regarde la taille d’un avion censé avoir touché le Pentagone. Et je me dis: «Cet – avion – n’a – pas – pu – passer – par – ce – trou.» Mais alors, qu’est-ce qui a touché le Pentagone? Où est l’engin? Qu’est-ce qui se passe ici?»

Source: Général de division Stubblebine, United States Army Intelligence and Security Command de 1981 à 1984; http://de.youtube.com/watch?v=-9CNToaP2Ew


«Les crises sont, d’une certaine façon, les zones franches de la démocratie»

«Seule une crise – réelle ou supposée – peut produire des changements. Lorsqu’elle se produit, les mesures à prendre dépendent des idées alors en vigueur. Telle est, me semble-t-il, notre véritable fonction: trouver des solutions de rechange aux politiques existantes et les entretenir jusqu’à ce que des notions politiquement impossibles deviennent politiquement inévitables.»

Source: Milton Friedman, Capitalisme et liberté. In: Naomi Klein,
La stratégie du choc, p. 15

«Le genre de crise que Friedman avait en tête était une crise économique et non militaire. Il avait compris que, en temps normal, les travailleurs veulent des emplois et des augmentations de salaire, les propriétaires revendiquent des impôts peu élevés et une régulation réduite au minimum, et que c’est aux politiciens qu’il incombe d’établir un équilibre entre ces forces contradictoires. En revanche, lorsque survient une crise économique suffisamment grave – dépréciation marquée d’une devise, effondrement du marché, forte récession –, tout vole en éclats, et les dirigeants sont libre de faire le nécessaire (ou ce qu’ils considèrent comme tel) pour résoudre la crise dans laquelle est plongé le pays. Les crises sont, d’une certaine façon, les zones franches de la démocratie – des «moments vacants» au cours desquels les règles habituelles touchant le consentement et le consensus ne semblent pas s’appliquer.»

Source: Naomi Klein, La stratégie du choc – la montée d’un capitalisme du désastre, 2008, p. 174, ISBN 978-2-7427-7544-6


«Obama a battu tous les records de servilité»

Après des mois de courses ardues et amères et un combat impitoyable, Barack Obama a vaincu sa rivale impressionnante, Hillary Clinton.
Et Obama, qu’a-t-il fait en premier après son étonnante victoire? Il a couru à l’assemblée du lobby d’Israël (AIPAC) et a prononcé un discours qui a battu tous les records de servilité et de basse flatterie. [...]
La basse flatterie d’Obama devant le lobby israélien est facile à déceler et ressort plus que les efforts semblables des autres candidats.
Pourquoi? Parce que son succès vertigineux aux élections primaires est dû uniquement et exclusivement à ses promesses d’apporter un changement, un «change», c’est-à-dire de mettre un terme aux pratiques infâmes de Washington et de remplacer le vieux cynique par une jeune personne courageuse qui ne trahirait pas ses principes.
Et voilà! La toute première chose qu’il entreprend après sa nomination assurée par son parti: il compromet ses principes. Et comment!
Eh bien, il a promis de protéger la sécurité d’Israël par tous les moyens. C’est la coutume. Eh bien, il a prononcé de
sombres menaces contre l’Iran bien qu’il ait promis de rencontrer le dirigeant iranien et de résoudre tous les problèmes d’une manière pacifique. Eh bien, il a promis de ramener nos trois soldats capturés, (par erreur, il croit que les trois sont des prisonniers du Hezbollah – cette erreur montre d’ailleurs que ses connaissances de nos affaires sont très superficielles).
Mais, sa déclaration sur Jérusalem dépasse toutes les bornes. Il n’est pas exagéré de l’appeler un scandale.
Aucun Palestinien, aucun Arabe, aucun musulman ne fera la paix avec Israël, si le Haram-al-Sharif (appelé aussi Esplanade des mosquées), l’un des trois lieux les plus sacrés de l’Islam et le symbole prééminent du nationalisme palestinien, n’est pas mis sous l’autorité palestinienne. C’est un des problèmes-clés du conflit. C’est précisément pour cette raison que la conférence de Camp David a été annulée bien que l’ancien Premier ministre Ehud Barak ait été prêt à partager Jérusalem, et n’importe comment.
Aujourd’hui, Obama arrive et va chercher à la décharge le slogan rabâché du «Jérusalem non partagé, capitale d’Israël pour l’éternité». Depuis Camp David, tous les gouvernements israéliens ont compris que ce mantra est un obstacle insurmontable pour un processus de paix. C’est pourquoi il a disparu de l’arsenal des slogans officiels – en silence, presque en secret. Seule la droite israélienne (et juive américaine) y tient, et cela pour le même motif, afin d’étouffer dans l’œuf toute chance de paix qui nécessiterait un démontage des colonies. [...]
Je suis sûr en tout cas d’une chose: les déclarations d’Obama à la conférence de l’AIPAC sont très, très mauvaises pour la paix. Et ce qui est mauvais pour la paix, l’est aussi pour Israël, pour le monde et pour le peuple palestinien.

Source: Uri Avnery. No, I Can’t!
http://zope.gush-shalom.org/home/en/channels/avnery/1212871846


Les coûts de la guerre depuis le 11 septembre 2001 (chiffres officiels)

Avec le vote de finances rectificatives pour l’année fiscale 2008 et pour le crédit relais (H.R. 2642/P.L. 110-252) pour l’année fiscale 2009 du 30 juin 2008, le Congrès des Etats-Unis a donné son accord pour des dépenses de 864 milliards de dollars pour des engagements militaires, la sécurisation des bases militaires, la reconstruction, l’assistance, les coûts des ambassades des USA et pour le système de santé des vétérans, suite aux trois opérations commencées le 11 septembre 2001: Operation Enduring Freedom (OEF) contre l’Afghanistan et d’autres opérations de la guerre contre le terrorisme, Operation Noble Eagle (ONE) pour l’amélioration de la sécurité des bases militaires et Operation Iraqi Freedom (OIF).
Cette somme de 864 milliards de dollars couvre toutes les dépenses relatives à la guerre depuis l’année fiscale 2001 en partie jusqu’à 2009, pour des livraisons de tiers, pour le budget normal moyen et les dépenses courantes. Le service de recherche du Congrès des USA estime que 657 milliards de dollars (76%) en sont dépensés pour l’Irak, 173 milliards de dollars (20%) pour l’Afghanistan et 28 milliards (3%) pour l’amélioration de la sécurité des bases militaires, l’utilisation de 5 milliards de dollars ne pouvant pas être vérifiée. Environ 94% des moyens vont au ministère de la Défense, 6% sont utilisés pour les programmes d’assistance et les ambassades des USA et moins de 1% pour les vétérans. En juillet 2008, les mensualités du ministère de la Défense seulement pour des contrats de tiers et des coûts du personnel s’élevaient à environ 12,3 milliards de dollars, y compris 9,9 milliards de dollars pour l’Irak et 2,4 milliards de dollars pour l’Afghanistan.

Source: Congressional Research Service,
Report for Congress, Order Code RL33110 du 15/10/08.

Avec les 657 milliards de dollars déboursé pour la guerre en Irak 10 777 823 instituteurs auraient pu être payés aux USA pendant une année, ou bien on aurait pu construire 5 103 740 logements sociaux.

Source: www.nationalpriorities.org


Trois millions d’enfants directement menacés

«Trois millions d’enfants ont été directement menacés par les bombardements arbitraires des agresseurs de l’OTAN. Depuis le début de l’agression, beaucoup d’enfants ont été blessés et tués. Presque 250 000 enfants réfugiés des anciennes républiques yougoslaves, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, qui avaient trouvé un refuge dans la République fédérale de Yougoslavie, ont été encore une fois exposés aux horreurs de la guerre. Depuis le début de l’agression, les enfants n’ont pas la possibilité d’aller à l’école, et on estime que presque 100 000 enfants ne pourrons pas commencer l’école cet automne parce que de nombreuses écoles de la maternelle et du primaire ont été détruites par les bombes de l’OTAN.»

Source: Yugoslav Daily Survey, no 2402, Special Issue, 8/6/1999
(Traduction Horizons et débats)


Doug Rokke* demande que les victimes de la guerre soient indemnisées

Les armes à l’UA utilisées par le passé et actuellement, les composants radioactifs du matériel américain et étranger détruit et les matériels radioactifs industriels, médicaux et de recherche ont engendré une contamination inacceptable. Aussi faut-il procéder à la décontamination demandée par l’U.S. Army Regulation 700-48. Elle devrait inclure celle de tous les matériels radioactifs résultant d’opérations militaires. [...] En conclusion, le Président des Etats-Unis George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair et le Premier ministre israélien Ehud Olmert doivent reconnaître qu’ils sont responsables de l’utilisation délibérée de munitions à l’UA illégales – leurs propres «bombes sales» – qui causent des dommages sanitaires et environnementaux.
Ces trois hommes politiques devraient ordonner:
1. des soins médicaux pour toutes les victimes,
2. une décontamination complète de l’environnement,
3. l’arrêt immédiat de toutes mesures de représailles à l’encontre de ceux d’entre nous qui réclament le respect des directives relatives aux soins médicaux et à la décontamination,
4. l’arrêt de l’utilisation des munitions à l’UA que les Nations Unies ont déclarées illégales.

Source: www.uruknet.info du 24/7/06   
(Traduction Horizons et débats)


* Doug Rokke a été directeur de l’US-Army Depleted Uranium Project.


Jeudi 1 Janvier 2009


Commentaires

1.Posté par UN chouka le 01/01/2009 16:12 | Alerter
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Aussi longtemps que les "agresseurs humanistes " ( riches bandits supèrieurement armés ) trouveront de l'intéret a aller toutes casser les infrastructures sociales et productrices de richesses,sans oublier d' assugétir des populations ainsi déstabilisées qui n'auront pas ete tuées , pour les plier aux diktats de la "supèrpuissance et ses sbirs "dans des régions du monde, cela rèstera du domaine du rêve,il me semble ?
Les tueries,les pillages ,les dictatures et les spoliations ,rèsteront LE comportement attendu de " l'humain naturel ",je crois ?
A partir de là, comment peut 'on "honètement " parler de morale, de lois ,de rèspèct,et de tout ce que vous voudrez ,sans passer pour hypocrite pèrfide ?(rhéteurs )
C'est tout simplement la loi du plus fort ( le mieux armé )qui impose ses lois ? ;-)
Bonne année a vous .

2.Posté par diessfj le 01/01/2009 22:58 | Alerter
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Quel bel article ! mais quelle naïveté dans vos propos ! Obama qui s'allie avec hillary Clinton ! !
Quand on a vu ce que le clan : Clinton-Bush-Rockfeller et tous les autres ont fait de la paix dans le monde depuis des décennies ! ! Obama est un serviteur de plus au service des sociètes secretes sataniques qui sont à la tête du N.O.M. et qui sont actifs pour rendre à l'esclavage une énorme proportion de la population humaine ... mais pour qui sait et qui le veux ... : l'échec de ce plan est annoncé et réalisable ...

3.Posté par faucon de la résistance le 02/01/2009 12:59 | Alerter
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Le carnage que l’armée des barbares est entrain de perpétrer contre les populations civiles palestiniennes de Gaza a déjà causé ce vendredi près de 430 morts et plus de 2 200 blessés. Le plus grand bain de sang commis par Israël depuis 1967. Hallucinante réaction complice de Mr Sarkozy qui tout sourire sert la main de la chef de guerre Livni ; ce même Sarkzy qui disait pourtant lors du dîner du CRIF 2008: "Il n’y a pas de solution militaire au conflit avec les Palestiniens et c’est l’ami d’Israël qui le dit."

Nous savions mais aujourd'hui nous savons encore mieux comment "La France entend accompagner pleinement Israël dans son chemin vers une paix juste et durable dans la région" (sic) en laissant faire le génocide sûrement!!!...

Nous n'assisterons pas en silence à l'agonie du peuple palestinien; notre conscience d'hommes libres nous l'interdit!

C'est pourquoi nous vous demandons de venir très nombreux dénoncer l'horreur.



Le samedi 3 janvier 2009

à la place de la République (Paris)

départ

à 15h






Faites passer l’information par téléphone, par SMS, par mail et par tous les moyens

Venez en famille


4.Posté par TABLERASE le 02/01/2009 16:22 | Alerter
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@diessfj

Quand on a vu ce que le clan : Clinton-Bush-Rockfeller et tous les autres ont fait de la paix dans le monde depuis des décennies ! ! Obama est un serviteur de plus au service des sociètes secretes sataniques qui sont à la tête du N.O.M. et qui sont actifs pour rendre à l'esclavage une énorme proportion de la population humaine ... mais pour qui sait et qui le veux ... : l'échec de ce plan est annoncé et réalisable ...

D'où tenez-vous ces FRACASSANTES informations? Votre objectivité et lucidité m'impressionnent grandement. Et si vous aviez raison? Et si cette pieuvre pourrie et tentaculaire se voyait amputée "ENFIN" de ses monstrueuses tentacules? Sinon, gare à nous, amputés de nos libertés et assujettis à l'esclavage définitif comme cheptel humain au cerveau manipulé scientifiquement afin d'abolir jusqu'à notre conscience.... HORREUR DE LA SOLITUDE, MALHEUR À NOUS!....

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