Géopolitique et stratégie

Début de mea culpa américain: il faut changer de langage avec l'Iran


Un début de mea culpa se profile chez l'oncle Sam, concernant la politique qu'il a suivie à l'encontre de la république islamique d'Iran, depuis la révolution en 1979.


Mercredi 11 Mars 2009

Début de mea culpa américain: il faut changer de langage avec l'Iran
Leila Mazboudi


S'exprimant sur la nouvelle approche à l'égard de l'Iran du président Barack Obama, Le quotidien américain de grande diffusion le Washington Post a osé l'interdit.

Plus qu'un dialogue, ce journal exige un changement de comportement de la part des Etats Unis à l'égard de l'Iran, en vue de rétablir les relations interrompues au début des années 80 du siècle dernier: " les relations américano-iraniennes sont fondées sur l'animosité et l'absence de confiance" a-t-il déploré dans son numéro paru le lundi dernier et rapporté par l'agence de presse iranienne Fars.

Le journal a opéré un retour vers les origines historiques de la détérioration des relations entre les deux pays pour étoffer son mea culpa.

S'arrêtant dans les années cinquante du vingtième siècle, il stigmatise la contribution américaine à la chute du gouvernement de Mossadegh, élu démocratiquement, pour le remplacer par Ali Reza Shah.
Dès lors, ce dernier reçut un appui inconditionnel pendants trois décennies: " ce dictateur a changé le parcours de la démocratie en Iran" a reconnu ce journal en allusion au Shah qui était pourtant l'allié numéro un de Washington, voire son policier dans la région.

Le Washington post a également observé que la tension entre les deux pays avait été exacerbée "par l'agression du régime de Saddam imposé contre l'Iran pendant 8 années" en allusion à la guerre déclenchée par le régime irakien en 1980.
Le choix des mots est certes expressif: c'est peut-être la première fois que des sources américaines aussi haut placées incombent au régime irakien déchu la responsabilité de cette guerre.

Mais le journal évite d'évoquer l'aide logistique militaire que son pays avait offert à l'Irak durant la guerre. Ni les feux verts qu'il avait donnés aux autres états de la région en faveur de son soutien financier.

Ni tous les autres dossiers litigieux entre les deux pays, à savoir la somme de plusieurs milliards de dollars bloquée par les Américains …
Il est vrai que ce mea culpa n'en est qu'à ses débuts.
Seuls ses résultats révèleront s'il en est un bon…

"Israël" se rend compte de son échec contre le programme nucléaire iranien

L'entité sioniste se rend compte de son échec dans ses tentatives de faire avorter le programme nucléaire iranien. Sans pour autant baisser les bras, discutant d'autres alternatives.

Ceci s'entrevoit de plus en plus dans les déclarations des responsables israéliens. S'exprimant lors de la séance gouvernementale du dimanche dernier, le chef de services secrets militaires israéliens Amos Yeldine a affirmé que " la décision de la bombe atomique iranienne revenait désormais aux dirigeants iraniens".

S'expliquant, Yeldine affirme que "l'Iran a franchi le seuil technologique de son projet nucléaire, parvenant à produire des centaines de kilogrammes d'uranium enrichi à bas degré": " il lui suffit de l'enrichir à haut degré pour fabriquer sa première bombe atomique dans un temps court" a-t-il précisé.


Or et selon l'analyste du quotidien israélien Haaretz, Youssi Melmann, les propos de Yeldine sont indubitablement un aveu d'échec. Il rappelle dans ce cadre les promesses d'un autre responsable des renseignements israéliens, le chef du Mossad Meir Dagan qui avait lancé comme mot d'ordre lors de sa désignation de faire avorter ce programme, promesses qu'il n'a pu tenir.

Melmann révèle entre autre que le terme de "seuil technologique" a été inventé par les Israéliens pour remplacer celui du "point de non retour", qui laisse présager une situation de force: " mais ceci veut dire en tout cas que l'Iran a atteint de niveau de connaissance lui permettant de fabriquer la bombe atomique."


Cette question n'est certes pas sans inquiéter les généraux en réserve de Tsahal, dont l'un d'eux, le général Oded Tira craint "au cas où l'Iran devient une puissance nucléaire, un retour de dix ans en arrière pour Israël: "l'Iran deviendra une grande puissance régionale" a-t-il conclu, préconisant lui et les autres généraux de confier ce dossier aux travaillistes, exigeant la participation d'Ehud Barak au gouvernement de Netanyahou.

Contre l'Iran, les travaillistes optent de plus en plus pour la politique de briser son alliance avec la Syrie, voire d'aller de l'avant dans le processus de paix avec les Arabes" comme l'a rapporté Ovir Biness , membre de la Knesset.

Ce qui passe principalement par la restitution des territoires arabes (syriens, palestiniens et libanais) occupés en 1967. Question encore inadmissible pour la majeure partie des Israéliens, et encore moins pour la droite et la droite ultra nationaliste qui se prépare à former le nouveau cabinet israélien.


En parallèle, les Israéliens gardent l'œil sur les tractations qui devraient avoir lieu entre Washington et Téhéran. Toujours selon l'analyste du Haaretz, le président américain qui est bien conscient de l'inefficacité du langage des menaces, va proposer à Téhéran en contre partie de la suspension de l'enrichissement nucléaire un marché à conclure : un compromis en Irak, une lutte commune contre les talibans en Afghanistan, la reconnaissance de la position de l'Iran dans la région, en plus de quelques atouts économiques. Sinon un renforcement des sanctions contre Téhéran, avec le consentement de la Russie et de la Chine est prévu.

Or, l'efficacité de ces propositions n'est pas garantie: selon certains observateurs, elles ne sont pas si aguichantes pour les Iraniens, et semblent être plus des tentatives d'impliquer les Iraniens dans les problèmes américains et occidentaux dans la région.


Melmann s'inquiète que l'Iran ne jouisse déjà de tous les avantages que confère la puissance nucléaire, sans pour autant fabriquer la bombe atomique. "Téhéran pourrait quand bon lui semble rappeler détenir le savoir-faire de la bombe atomique. C'est comme si la bombe était au dépôt".

Cela s'appelle la politique du brouillard, celle que l'entité sioniste a longtemps nourri contre les Arabes concernant son nucléaire. Il semble que son tour soit venu pour la subir…

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Mercredi 11 Mars 2009


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