Propagande médiatique, politique, idéologique

Dear father: Quiet, we’re shooting. 'Silence, on tire'


"A 15 ans, j’ai commencé à travailler avec des Palestiniens de mon âge dans des boulots au noir, dans des restaurants. C’est là que j’ai pris conscience du problème palestinien. J’ai vu l’humiliation subie par mes amis de fortune."


Samir MEHALLA
Jeudi 26 Octobre 2006

L'impunité du Crime israélien
L'impunité du Crime israélien
Cinéaste, maître de conférences à l’Université de Tel-Aviv - formateur de plus d’une centaine de jeunes cinéastes palestiniens-, David Benchetrit a signé de nombreux films sur les questions sociales, dont certains ont été primés dans les festivals en Israël, au Maroc, en Suisse et aux États-Unis. Solidaire des droits du peuple palestinien, David a été physiquement battu par des vigiles du Ministère de la Défense à Tel-Aviv l’année dernière dans le cadre de la réalisation de son dernier film, « Dear father: Quiet, we’re shooting ».
Bien qu’il en garde les séquelles, il n’a pas baissé les bras.
Ce film, une critique sévère de l’engagement militaire israélien, traite les thèmes de crimes de guerre et de l’objection de conscience.
Y a-t-il des limites aux lois promulguées, aux ordres donnés ?
Un dilemme à la fois israélien et universel. Commençant avec l’invasion israélienne du Liban –dès 1982 !-, ce document trace les « délits » de la militarisation de la société israélienne tant sur ses voisins arabes que sur ses propres citoyens.
Pour l’histoire, ce journaliste et cinéaste se est passé, suite à ses engagements, par des états de santé inquiétants dans hôpital de Tel-Aviv après avoir été sévèrement passé à tabac en plein jour par des hommes des services israéliens de sécurité. Le 21 avril, David Bechetrit, qui préparait un documentaire sur les refuzniks - ces jeunes appelés et réservistes israéliens qui refusent de servir dans les territoires palestiniens occupés - s’est présenté au ministère de la Défense à Tel-Aviv où il avait un rendez-vous avec la porte-parole du ministre, Ruth Yaron. Sur le trottoir, un vigile lui a demandé ses papiers et, avant qu’il ait eu le temps de réagir, s’est mis à le frapper. Trois autres nervis sont arrivés à la rescousse et l’ont roué de coups. Frappé à coups de pieds, de poings et de crosses, il a du être hospitalisé pour subir une opération de plus de quatre heures à la jambe. Aujourd’hui, David Benchetrit continue de souffrir de vertiges et ne sait pas s’il remarchera un jour. " En trente ans de couverture de guerre, j’ai été blessé plusieurs fois mais jamais je n’ai aussi peur qu’ici, à côté de chez moi ", a déclaré le journaliste franco-israélien. " Je ne sais pas si les vigiles voulaient me punir pour mes documentaires ou s’ils m’ont pris pour un Arabe. " L’organisation Reporters sans frontières a écrit au ministre de la Défense, Shaul Mofaz, pour demander " une enquête et des sanctions contre les auteurs de ces faits inadmissibles". "Qu’il s’agisse d’une agression raciste ou pour des motifs politiques - les documentaires de M. Benchetrit abordant de façon engagée des sujets polémiques au sein de la société israélienne -, la gravité des faits impose une réaction ferme et publique.
Né à Casablanca en 1954 et émigré seul en 1967, Benchetrit fut d’abord placé dans un internat haredi [ultra-orthodoxe] lituanien de Bnei-Brak, avant de s’enfuir quelques mois plus tard. "A 15 ans, j’ai commencé à travailler avec des Palestiniens de mon âge dans des boulots au noir, dans des restaurants. C’est là que j’ai pris conscience du problème palestinien. J’ai vu l’humiliation subie par mes amis de fortune." C’est ce qui a forgé son identité politique et l’a conduit à refuser de prester son service militaire dans les Territoires dans les années 70. Il a étudié le cinéma à Beit Tzvi et s’est très vite spécialisé dans les sujets de société. Son plus fameux reportage reste "Le Voile et l’Exil", qui racontent la vie de trois femmes palestiniennes dans les Territoires. Ce documentaire a été primé aux festivals de San Francisco et de Tanger. Dans les années 90, il a réalisé les documentaires "Samir"" sur la vie de l’écrivain [juif irakien] Sami Mikhaël, "Le quartier de la Gare de Lod", "Acre rêve entre les murailles" et enfin un documentaire sur [le poète palestinien] Mahmoud Darwish.
On aura certainement beaucoup de raisons de discuter avec ce cinéaste, le lundi 6 novembre prochain, à l’occasion de la projection de son documentaire à Paris.


Samedi 28 Octobre 2006

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