Conformément aux propos d'un quatrième témoin, les soldats français diligentés au Rwanda, pour acheminer des aides humanitaires aux Rwandais, auraient livré des milliers de Tutsis aux milices extrémistes Hutus. Selon les révélations, faites, par ce quatrième témoin, le lundi 18 décembre, les militaires français, en trompant, en 1994, les Tutsis, et en donnant des renseignements aux extrémistes hutus sur l'endroit où ils se cachaient, dans la région montagneuse de Bisesero, auraient, donc, été à l'origine du massacre de cette minorité rwandaise, massacre, qui a duré du 6 Avril au 10 juillet. Rappelons que les forces françaises avaient été envoyées, en 1994, dans la région montagneuse de Bisesero, située, au sud-ouest du Rwanda, pour aider les Rwandais et créer une zone tampon entre les deux ethnies en lice, à savoir, les Tutsis et les Hutus. Par ailleurs, les soldats français avaient promis aux Tutsis de revenir au Rwanda avec des armes et des renforts, promesse qu'ils n'ont jamais tenu, comme l'a fait remarquer le 4ème témoin. Un ancien enseignant, qui accompagnait, en tant que traducteur, les militaires français, diligentés vers Bisesero, a confirmé les déclarations du 4ème témoin.
Notons que les sessions de la Commission d'enquête rwandaise, sur le rôle de la France, dans le génocide du Rwanda, ont entamé leurs travaux, depuis le mois d'octobre. Ladite Commission est chargée d'examiner divers chefs d'accusations qui concernent les militaires français, expédiés, durant le mandat présidentiel de François Mitterrand. Parmi ces chefs d'accusation, on peut relever la formation des groupes paramilitaires de la majorité Hutue, qui a commis des crimes, à l'encontre des Tutsis. Cependant, le gouvernement français a rejeté en bloc les accusations proférées, à l'encontre des effectifs de l'armée française. Le vendredi 15 décembre, le Porte-parole du Ministère français de la défense a estimé que la Commission en question faisait tout son possible, pour prouver les accusations formulées contre l'armée française. Rappelons que, lors du génocide des Rwandais, quelque 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés par les Hutus extrémistes.
Ces événements, qui ont contraint une partie de la population rwandaise à se réfugier dans les pays voisins, se sont, également, traduits par une recrudescence de la pauvreté et des tensions ethniques entre les Hutus et les Tutsis, dans la région des grands lacs de l'Afrique centrale, tandis que les Rwandais subissent, encore, les séquelles de cette tragédie humaine.