Néolibéralisme et conséquences

De la légitimité des séquestrations de dirigeants d’entreprises



Mercredi 29 Avril 2009

De la légitimité des séquestrations de dirigeants d’entreprises
Hier soir était programmée sur <em>France 2</em> l’émission <a href="http://mots-croises.france2.fr/53770708-fr.php" target="_blank"><em>Mots croisés</em></a>, présentée par <strong>Yves Calvi</strong>. Le deuxième débat proposé était résumé par la question suivante&nbsp;: <em>Patrons séquestrés&nbsp;: jusqu’où&nbsp;?</em> Et comme à chaque fois que le sujet est abordé par les médias et qu’un syndicaliste ou un politique de gauche pointe le bout de son nez, il fait l’objet de harcèlement pour savoir si, oui ou non, il condamne le procédé. Quitte à lui poser la question à plusieurs reprises, comme si c’était là le seul élément du débat qui vaille et qu’il fallait forcer coûte que coûte l’interlocuteur à dénoncer la pratique. Parce que, bien sûr, la droite pousse des cris d’orfraies. "<em>Inadmissible, inacceptable, intolérable&nbsp;!</em>", braille dans un bel ensemble le choeur des <em>UMP</em>istes. Ils avouent bien, contraints et forcés, "<em>comprendre la colère</em>" des salariés, mais de là à ne pas respecter la loi, pensez donc, rien ne saurait le justifier. Et ils n’ont que le mot "<em>violence</em>" à la bouche. Pourtant les dirigeants d’entreprises ne sont pas molestés, on leur apporte à manger et des matelas pour dormir. Ils sont juste retenus pour les forcer à négocier. Quelle est la plus grande violence&nbsp;? N’est-elle pas plutôt de fermer une usine et de jeter à la rue des centaines d’hommes et de femmes, qui ne pourront plus faire vivre leur famille&nbsp;? Au lieu, comme Arlette Chabot également quelques jours plus tôt, de sans cesse exiger de la gauche qu’elle désapprouve les séquestrations, pourquoi ne pas demander aux représentants de la majorité et du patronat, à nos vierges effarouchées&nbsp;devant la "violence" des salariés, s’ils trouvent acceptable de licencier juste pour augmenter les dividendes des actionnaires, y compris lorsque les entreprises réalisent des bénéfices&nbsp;? <p class="spip"><img src="http://www.plumedepresse.com/local/cache-vignettes/L94xH150/LA_guerre_de8def-40ebb.jpg" alt="couv" style="height: 150px; width: 94px;" class="" width="94" align="right" border="0" height="150">Après avoir séquestré des dirigeants de leurs entreprises, les salariés de Sony ont obtenu 100 000 euros supplémentaires pour financer la formation et un allongement du congé de reclassement&nbsp;; chez Caterpillar, le paiement des jours de grève, 1,5 millions d’euros en plus pour le plan social et un nombre de suppression de postes ramené de 733 à 600&nbsp;; chez Scapa enfin, la prime de départ s’élèvera à 1,7 millions d’euros, c’est-à-dire pratiquement le double de ce qui était prévu avant le coup de force des salariés. C’est donc que ces entreprises peuvent se le permettre. Mais qu’elles ne le voulaient pas. Et que les formes traditionnelles de luttes - celles qui sont légales - étaient impuissantes à les y conduire. Les salariés devaient-ils donc laisser leurs employeurs détruire leurs vies sans se battre&nbsp;? La preuve est faite qu’il faut sérieusement se fâcher pour obtenir enfin quelque chose. Dans ces conditions, même si les syndicalistes et les politiques authentiquement de gauche n’osent pas l’avouer ouvertement, quoi qu’en disent les représentants du parti de l’argent et des patrons - "<em>Qu’est-ce que c’est que cette histoire d’aller séquestrer des gens&nbsp;!</em>", s’est indigné Sarkozy lui-même - et même si ça embête nos sociaux-libéraux en peau de lapin du <em>PS</em>, assumons pour notre part notre statut d’abominable blog d’ultra gauche et affirmons-le sabre au clair&nbsp;: oui, séquestrer les dirigeants d’entreprises qui mènent contre les salariés une véritable guerre des classes est parfaitement légitime.</p> <p class="spip">&nbsp;</p> <p class="spip">Illustration&nbsp;: <em>La guerre des classes</em> de François Ruffin (Fayard, 2008)&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter</em>.&nbsp;» C’est Warren Buffett qui a formulé ce jugement. La première fortune mondiale. Jamais nous n’aurions osé, nous, prononcer ces mots, «&nbsp;guerre de classe&nbsp;»&nbsp;: par crainte de paraître «&nbsp;archaïques&nbsp;», «&nbsp;simplistes&nbsp;», «&nbsp;manichéens&nbsp;». Et, avec nous, c’est toute une gauche qui s’enlise dans le salmigondis de la «&nbsp;complexité&nbsp;».</p><p class="spip"><br></p><p class="spip">Olivier Bonnet</p><p class="spip"><a href="http://www.plumedepresse.info/" target="_self">http://www.plumedepresse.info/</a></p>


Mercredi 29 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par soakely le 29/04/2009 12:13 | Alerter
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On verra comment reagiront nos journaleux quand le chomage viendra tapper à leur porte avec une indemnité de merde

2.Posté par Les culs de pyramide le 29/04/2009 13:23 | Alerter
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Peut-être se séquestreront-ils eux-mêmes dans les cabinets de Sarkozy de Nagy Bocsa ?

3.Posté par Les culs de pyramide le 29/04/2009 13:27 | Alerter
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Et si vous tiriez la chaîne ?

4.Posté par Thanatos le 29/04/2009 15:04 | Alerter
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Puisque des actes inadmissibles comme l'impunité des patrons voyous, comment veut-on que dans l'esprit des salariés ils ne soient pas légitimes de les séquestrer. Quand la justice ne fait pas son travail, une autre justice prend le relai...

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