ALTER INFO

De la légitimité de la violence politique


Dans la même rubrique:
< >


emrahkaynak@hotmail.com
Mercredi 7 Mars 2007

Bien que la violence politique existe depuis que la politique existe, il y a une indéniable tendance à la mettre en marge de l’histoire. Le capitalisme se voulant un horizon indépassable, la violence aurait perdu toute raison d’être.

L’Etat veille constamment à préserver le monopole de la violence légale et à toujours déclarer illégitime la violence qui lui fait face. Il n’existerait que deux types de violence : la bonne issue du pouvoir et la mauvaise qui émane des forces d’opposition. La mystification consiste à proclamer le caractère naturel de la structure existante et en contrepoint l’impraticabilité de toute autre. La violence aurait perdu sa pertinence puisque l’histoire aurait atteint son point culminant. Il faut se défaire du corset de la rhétorique idéologique pour dévoiler les mécanismes du pouvoir.

Le paradigme violence/contre-violence doit être interrogé pour savoir laquelle inspire l’autre. La domination d’une classe sociale est la violence initiale. Tout Etat est l’instrument par lequel la classe dominante séquestre le pouvoir. L’Etat a pour fonction principale d’assurer le cadre de la valorisation du capital et de canaliser les conflits sociaux afférents. Selon la forme sociale, le conformisme sera induit tantôt par la menace et la force tantôt par l’habitude et la suggestion. Toute pratique marginale est irrémédiablement sanctionnée par la déchéance sociale. Le chômage et le bannissement qui en résulte sont le goulag de la société capitaliste. Le système hégémonique est défini par le degré de consentement obtenu auprès des masses. De celui-ci dépendra une utilisation réduite ou croissante des moyens de coercition. Les mécanismes de contrôle pour s’assurer un consensus résident dans un faisceau d’institutions culturelles – école, église, media, parti, syndicat,…- inculquant la subordination.
La critique pratique contraint le système à dévoiler sa nature intime à savoir un rapport de domination intolérable. Dès qu’il se sent ébranlé, le pouvoir est prêt à user de tous les moyens dont il dispose. On ne peut subvertir un ordre par la seule force mais bien par la mise en place d’une pratique sociale alternative. Des relations sociales émergeantes désagrègent petit à petit l’ancien ordre pour le remplacer définitivement. La violence en soi n’est jamais le levier fondamental du changement mais un puissant moyen de coagulation des déterminations, incontournable dans certains contextes d’oppression. Elle ne peut dès lors être condamnée de façon absolue ; sa légitimité se trouve dans les motivations.

Le terme « terrorisme » est devenu le talisman des impérialistes sans être pour autant un concept d’interprétation opératoire. Il appauvrit la réalité et n’aide pas à sa compréhension. Il ne permet pas de distinguer des phénomènes qui procèdent de logiques particulières. Il englobe abusivement toute la typologie de la violence politique (résistance armée, guerre civile, guérilla, insurrection urbaine,…) alors qu’il ne représente qu’une méthode d’action parmi d’autres. L’instrumentalisation récurrente de ce concept aux contours extensibles est sujet à caution. Le terrorisme, c’est la violence de l’autre. Ce procédé a le double avantage de jeter le voile sur le fond du sujet et de justifier la répression. Le système prétend se prémunir en renforçant ses moyens de coercition et de contrôle jusqu’à escamoter dangereusement les libertés individuelles. Le terrorisme assure une cohésion sociale contra natura entre des classes antagonistes. Son invocation permet aussi de dissimuler l’arrière-fond économique, politique et social qui génère la violence.

On ne résout rien par cette incantation ; on ne fait qu’accumuler les problèmes. La Palestine et l’Irak en témoignent à suffisance.





Mercredi 7 Mars 2007


Commentaires

1.Posté par tsanga olivier thierry le 06/08/2008 14:51 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

votre porte un titre vide. j'aurais cru que vous vous vraiment légitimé la violence étatique ce qui n'a pas été le cas. votre article est resté très sommaire. pour moi j'aurais attendu un exposé vraiment scientifique.

2.Posté par Arnaud Djemo le 02/02/2009 18:28 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

votre questionnement m'est fort intéressant surtout que je compte pour mon mémoire de Master soutenir sur ce thème de la violence étatique légitime et celle sociale toujours taxée d'illégitime, il me plaîrait d'avoir une large bibliographie par vous proposé.
Merci d'avance

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires