Sciences et croyances

De Ptolémée à la matière mystérieuse



Dimanche 9 Août 2009

De Ptolémée à la matière mystérieuse

Carte des grandes galaxies entourant la Voie Lactée.
Crédit : J. Bullock, M. Geha, R. Powell


Thunderbolts, Thomas Wilson, 7 août 2009


      Les postulats fondamentaux influencent inexorablement notre manière d’interpréter les nouvelles observations et d’en débattre.


      Parmi ceux qui façonnent notre regard sur l'Univers, il y a le postulat de la gravité dominant sur la dynamique des galaxies.


      Il est difficile de changer ce type de système de convictions basiques. Ainsi, au temps de l'astronome grec Claude Ptolémée, une supposition largement répandue plaçait la Terre au centre du Cosmos. Et il y avait en fait beaucoup de bonnes raisons de penser cela. Les étoiles, le Soleil et les planètes se déplacent indéniablement dans le ciel, et la Terre semble manifestement très solide et fixe.


      Selon les meilleurs penseurs de l'époque, les corps célestes chevauchaient des sphères invisibles, chaque planète ayant jusqu’à cinq sphères. En admettant des sphères à l’intérieur des sphères, on pouvait expliquer le mouvement rétrograde des planètes. Pour son crédit, beaucoup fut expliqué grâce à cette vision du monde. Grâce à l’utilisation sophistiquée des épicycles de Ptolémée, aux déférents, et à l'introduction novatrice de l’équant (Punctum aequans), le système de Ptolémée réussi parfaitement à prédire des choses comme la précession des équinoxes et le mouvement planétaire (mieux que le système de Copernic quand il fut exposé pour la première fois).


      Malgré cela, au XVIème siècle, les phases de Vénus observées par Galilée étaient absolument incompatibles avec le système de Ptolémée. Plus tard, en 1631, la prévision par Kepler du transit de Vénus fut une grande réussite en faveur de la vision copernicienne du Système Solaire, l'héliocentrisme.


      Sans vouloir être inutilement provocateur, il existe des similitudes intéressantes entre le paradigme de Ptolémée et les théories actuelles autour de la matière mystérieuse et des galaxies. Tout comme il y avait de bonnes raisons de croire en des sphères célestes invisibles faisant marcher le modèle géocentrique, il existe des raisons de croire en des sphères invisibles (appelées « nimbes ») de matière mystérieuse entourant les galaxies.


      Tout cela a à voir avec la façon de mesurer la masse d'une galaxie. Une approche à la portée de tous, permettant de calculer la masse galactique, consiste en la méthode orbitale. Dans la méthode orbitale, la vitesse de rotation des étoiles (du redshift des ondes radio provenant de l’hydrogène gazeux autour des étoiles) sert à déduire la masse de la galaxie. Le calcul est relativement simple : dès que la vitesse orbitale stellaire (ou « vitesse de dispersion » de la galaxie) et la distance du centre de la galaxie qui contient la masse en question sont mesurées, il est ensuite facile de trouver la masse. Cependant, le calcul compte seulement sur la gravité comme source d'énergie potentielle du système.


      Le problème qui engendra la matière mystérieuse est le suivant. Quand, uniquement dans l’approche gravifique, la masse d'une galaxie est déterminée, le calcul indique plus de masse que de matière visible. C'est-à-dire, la somme des masses de toutes les étoiles et de la poussière visible dans la galaxie est de loin inférieure à la masse calculée avec la Méthode Orbitale. Si la gravité entraîne la vitesse de rotation des étoiles dans la galaxie, alors il doit exister quelque masse cachée sous forme de matière obscure, invisible. Et si la gravité n'était pas la force dominante entraînant la rotation des galaxies ?


      Aujourd'hui, poser cette question, serait comme demander à un savant astronome en 1550, « Et si la Terre n'était pas au centre de l'Univers ? » Affirmer que la gravité n'est pas la force dominante dans la dynamique du mouvement galactique est tout aussi choquant pour les astronomes de notre temps. En attendant, il existe de bons indices appuyant l'idée que les forces électromagnétiques au sein du plasma agissent à l’échelle cosmique.


      Hannes Alfvén (Prix Nobel pour ses travaux en physique du plasma), a proposé que les galaxies résident dans d’immenses courants de Birkeland tournoyants, qui convertissent à grande échelle les forces électromagnétiques en dynamique rotatoire dans les systèmes galactiques. À leur tour, les courants de fuite dans la galaxie sont convertis en force rotatoire dans les systèmes stellaires. Les fructueux travaux d'Anthony Peratt (voir, par exemple, Snell et Peratt, 1995) ont montré que la courbe plate en rotation des galaxies est bien modélisée par les simulations plasmatiques, sans nécessiter de matière mystérieuse. Toutes les observations dans les noyaux galactiques, les intenses rayons X, gamma, et la dynamique rotatoire, peuvent être expliquées par une densité de courant suffisante pour actionner le système galactique (Peratt, 1986).


      La courbe plate, typique d'une galaxie en rotation, ne révèle aucunement quelque masse de matière mystérieuse cachée, elle indique qu’une force différente est à l’œuvre. C'est pourquoi, calculer la masse d'une galaxie à l’aide des équations qui ne comptent que sur la gravité comme source d'énergie potentielle, engendre des problèmes. Des forces électromagnétiques additionnelles sont à l'œuvre, entraînant la galaxie comme un moteur électrique homopolaire* (voir le résumé dans le livre de Donald Scott « The Electric Sky »).


(À suivre)



Original : thunderbolts.info/tpod/2009/arch09/090807ptolemy.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info



* Ndt : Le principe moteur des galaxies ressemble à celui de la plus simple des machines électriques : la roue de Barlow. Le courant cosmique circule entre les bras et l'axe de la galaxie.




Lundi 10 Août 2009


Commentaires

1.Posté par Fadge le 10/08/2009 12:11 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Existe t-il des bouqiens en francais sur l'univers electrique, la physique du plasma etc...
Parce que j'ai cherché ... sans succèes.
Dommage je ne suis bilingue

2.Posté par Terrien le 11/08/2009 22:52 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

" Hannes Alfvén (Prix Nobel pour ses travaux en physique du plasma), a proposé que les galaxies résident dans d’immenses courants de Birkeland tournoyants, qui convertissent à grande échelle les forces électromagnétiques en dynamique rotatoire dans les systèmes galactiques. À leur tour, les courants de fuite dans la galaxie sont convertis en force rotatoire dans les systèmes stellaires. Les fructueux travaux d'Anthony Peratt (voir, par exemple, Snell et Peratt, 1995) ont montré que la courbe plate en rotation des galaxies est bien modélisée par les simulations plasmatiques, sans nécessiter de matière mystérieuse. Toutes les observations dans les noyaux galactiques, les intenses rayons X, gamma, et la dynamique rotatoire, peuvent être expliquées par une densité de courant suffisante pour actionner le système galactique (Peratt, 1986)."
____________
lol et comment expliques-ils les fort effets de lentille gravitationnelle? Prenons un cappuccino et tournons avec une petite cuillère, ensuite imaginons ensuite qu'il existe loin de notre perception une masse négative, Observez bien vos cappuccino:"Ça fait tourner la tête euh! [...]" . La matière sombre n'existe pas effectivement mais une masse négative OUI, ça explique beaucoup de chose...





Nouveau commentaire :

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances


Publicité

Brèves



Commentaires