Géopolitique et stratégie

Dans le Caucase, Ankara fait de l'ombre à Moscou (Vremia novosteï / Kommersant)



Vendredi 24 Avril 2009

Dans le Caucase, Ankara fait de l'ombre à Moscou (Vremia novosteï / Kommersant)
L'Arménie et la Turquie ont annoncé hier l'élaboration d'un plan de normalisation des relations prévoyant l'ouverture de leur frontière, lit-on vendredi dans les quotidiens Vremia novosteï et Kommersant.

La mise en oeuvre de cette idée pourrait considérablement réduire l'influence de Moscou sur Erevan.

La plus longue frontière arménienne, avec l'Azerbaïdjan, rappelle un front militaire en raison du Haut-Karabakh, le plus ancien "conflit gelé" dans le Caucase du Sud. La frontière arméno-turque n'est guère plus transparente: après la chute de l'URSS, Ankara a considéré Bakou comme son principal partenaire caucasien, soutenant ses velléités de rétablissement de l'intégrité territoriale. Outre une petite "fenêtre" donnant sur l'Iran, la seule frontière ouverte de l'Arménie reste celle avec la Géorgie. Cette dernière a pourtant des relations tendues avec la Russie.

La Russie et l'Iran sont devenus dès 1993 les principaux partenaires économiques de l'Arménie (les volumes d'échanges se chiffrant respectivement à 700 millions de dollars par an et à 200 millions). Le commerce avec la Turquie a persisté au cours de cette période, mais était relégué à l'économie de l'ombre (pour atteindre, selon des données non-officielles, 25% du commerce extérieur arménien).

Si la frontière avec la Turquie est ouverte, l'Arménie n'aura plus aucune raison valable d'orienter sa politique extérieure exclusivement vers la Russie.

La possible ouverture de la frontière constitue une prime proposée par Ankara à Erevan dans le cadre du grand marchandage autour du Haut-Karabakh, forçant ainsi la Russie à abdiquer sa position de "patron" dans le règlement du conflit. Quant à Moscou, il ne peut offrir aucune prime de ce type, ce qui est crucial compte tenu de la guerre d'août, qui a sans doute intimidé Bakou, Erevan et Ankara.

Les rencontres du président russe Dmitri Medvedev avec ses homologues azerbaïdjanais et arménien Ilham Aliev et Serj Sargsian rappellent dans ce contexte une tentative de saisir l'initiative et de monter sur le marchepied du train en partance pour Ankara. Le Haut-Karabakh, que Moscou s'est habitué à considérer comme un levier permettant de contraindre Bakou et Erevan à suivre sa politique extérieure, empêche toujours le Kremlin de formuler une position susceptible de satisfaire les deux pays caucasiens. Si la Turquie y parvient, l'influence de la Russie dans le Caucase du Sud sera pour longtemps reléguée aux territoires en tutelle que sont l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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Vendredi 24 Avril 2009


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