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Dans l'«entité hostile de Gaza», la population se prépare au pire


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Samedi 22 Septembre 2007

Dans l'«entité hostile de Gaza», la population se prépare au pire
Par Adel Zaanoun

Nidal Eslim, chauffeur de taxi, a commencé à stocker des bidons d'essence de crainte de pénuries si Israël venait à durcir les sanctions économiques contre la bande de Gaza après l'avoir décrétée "entité hostile".
"J'ai commencé à stocker de l'essence pour pouvoir travailler si Israël interrompt les fournitures des carburants", dit Eslim, 33 ans, père de sept enfants.

Son taxi bringuebalant est son unique source de revenu. «Je vais essayer de stocker 500 litres qui me suffiront quelques jours. Il faut bien survivre».

Israël a ouvert la voie mercredi à des sanctions économiques contre la bande de Gaza, contrôlée par les islamistes du Hamas en la décrétant «entité hostile».

Outre la poursuite des opérations militaires contre les groupes armés, Israël envisage à la suite de cette décision d'imposer des restrictions au pouvoir issu du Hamas de manière à limiter la circulation de marchandises vers la bande de Gaza ainsi que la fourniture de carburant et d'électricité.

Craignant des coupures, des mères de famille se sont ruées vers des points de vente d'eau potable disséminés dans Gaza. Le réservoir de 500 litres, livré à la maison, coûte l'équivalent de cinq dollars.

«C'est la meilleure chose à faire pour nous préparer aux jours qui nous attendent», dit l'une des femmes, Rima.

La bande de Gaza, où s'entassent 1,5 million de Palestiniens dans des conditions miséreuses, est l'un des territoires les plus pauvres au monde. Soumise déjà à un bouclage quasi total depuis la prise du contrôle par le Hamas en juin, la population s'attend avec fatalisme à une aggravation de la situation.

«C'est une décision inique qui aggrave les souffrances du peuple de Gaza et le met davantage de pression, ce qui menace d'une explosion», confie Ahmad, conférencier à l'université de Gaza, préférant taire son nom de famille.

«Cela ne nous étonne pas. Les Israéliens veulent détruire la bande de Gaza sous prétexte de vouloir détruire le Hamas. Mais que peuvent-ils faire de plus? Nous ne savons pas quoi faire et nous nous en remettons à Dieu», déclare Ayman Abou Assi, un chômeur de 23 ans.

«Nous appelons le président Abbas à plaider auprès de la communauté internationale pour empêcher les massacres qu'Israël veut commettre», dit cet homme, qui a une famille de douze personnes à sa charge.

Pour Ahmad Abou Daloul, un ouvrier de 40 ans, la décision d'Israël, prise en guise de riposte aux roquettes palestiniennes tirées depuis le territoire palestinien «prélude à des bombardements qui transformeront la bande de Gaza en Afghanistan ou en Irak».


Oum Moumen, femme au foyer affirme ne pas avoir peur. Pour elle, «ce sont des menaces creuses. Ils disent depuis un moment qu'ils veulent envahir Gaza mais ils essayent simplement de faire peur au Hamas et le contraindre à renoncer au pouvoir, mais dans la réalité ils ne peuvent rien faire».

Le docteur Mouawiya Hassanin, directeur du service des urgences au ministère de la Santé vit dans «une réelle crainte d'une invasion israélienne».

«Nous appelons les organisations médicales internationales et celles de défense des droits de l'Homme à intervenir pour qu'Israël allège les restrictions, autorise l'arrivée de médicaments et les déplacements des personnes malades», dit-il .

«En cas d'offensive ou de bouclage total, des milliers de malades souffrant de cancer ou d'insuffisance rénale seront en danger de mort», affirme-t-il.

En prévision d'une offensive israélienne, des combattants des groupes armés palestiniens ont érigé des obstacles à l'aide de remblais de terre à l'entrée des localités frontalières d'Israël pour ralentir les blindés israéliens, ont indiqué des témoins.

Source : http://www.cyberpresse.ca/


Samedi 22 Septembre 2007

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