Politique Nationale/Internationale

Danielle Mitterrand demande le soutien de la France pour le peuple bolivien



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Samedi 3 Mai 2008

Danielle Mitterrand demande le soutien de la France pour le peuple bolivien
Danielle Mitterrand demande le soutien de la France pour le peuple bolivien

La présidente de la Fondation France Libertés et veuve du président français François Mitterrand a appelé la France à intervenir auprès des États-Unis « pour qu’ils ne continuent pas à favoriser la déstabilisation des régimes démocratiques dans le continent sud-américain ».

Dans une lettre ouverte adressée au ministre français des Affaires étrangères, Mme Danielle Mitterrand dénonce les « manœuvres de déstabilisation de la démocratie et de préparation de guerre civile » orchestrées par « la minorité qui a perdu le pouvoir » en Bolivie à la suite de la victoire électorale d’Evo Morales, le premier président amérindien bolivien, élu en 2005.

Dans sa lettre ouverte, la présidente de France Libertés déplore « l’indifférence de la France » et de l’Europe en général face aux agissements des « bandes fascistes » qui cherchent à intimider la population amérindienne en Bolivie et qui « parlent de ‘nettoyage ethnique’ dans un pays ou 65% de la population est indigène ».

Danielle Mitterrand estime que « cette indifférence de la France se double souvent d’ignorance ou de préjugés, dont j’ai pu hélas constater l’écho ».

Mme Mitterrand indique dans son texte que les manœuvres visant au renversement du président bolivien se déroulent « avec le soutien affirmé publiquement des représentants du gouvernement des États-Unis » et demande au ministre français des Affaires étrangères de « manifester fortement le soutien de la France au peuple bolivien et à son représentant légitime contre les tentatives putschistes ».

La présidente de France Libertés appelle aussi les autres Etats d’Europe de rejeter les menées sécessionnistes visant à la mise en place d’autorités autonomes dans certaines régions de la Bolivie.


Bolivie, le moment le plus élevé de la lutte des classes

• Hugo Moldiz, analyste écrit pour l’hebdomadaire La Epoca de Bolivia.
• Traduit par Danielle Bleitrach
• 2/5/08



La dernière ligne droite de l’affrontement entre révolution et contre révolution, entre le futur et le passé. Evo annonce la nationalisation de Entel.


Bolivie le moment le plus élevé de la lutte des classes
Hugo Moldiz Mercado (Visiones Alternativas)


Ce premier mai a été celui où, en Bolivie, on a assisté au paroxysme de la lutte des classes entre un bloc social des indigènes, paysans, travailleurs et pauvres des villes qui ont juré de défendre et d’approfondir le processus révolutionnaire dirigé par Evo Morales- le premier président indigène de l’Amérique latine- et le bloc colonial-bourgeois, qui appuyé par l’impérialisme étasunien, cherche à restaurer son pouvoir politique.

Mais le « jour des travailleurs » a été celui où se sont retrouvés le gouvernements socialiste et le peuple bolivien, unis aux autres gouvernements et peuples d’Amérique latine, devant « l’épreuve du feu », afin de bloquer une plus grande avancée des forces réactionnaires, et aboutir à l’échec d’une processus. Echec dont les conséquences sur le continent seraient complexes, suivant ce qu’il ressort d’une lecture de la dernière réflexion du dirigeant historique de la Révolution cubaine, Fidel castro.

« L’épreuve du feu » est pour les mouvements sociaux du vieux syndicalisme révolutionnaire rassemblé dans la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) et les partis de gauche qui ne sont pas en situation de gouverner pour qu’ils ne répètent pas les erreurs stratégiques des décades 1970 et 1980 – face alors au gouvernements du militaire nationaliste et progressiste Juan Torres et celui du reformiste Hernan Siles respectivement- quand il n’ont pas identifié l’ennemi principal et qu’ils ont aplani le chemin du retour à la droite, mais aussi pour le gouvernement, le MAS et les mouvements sociaux indigènes et paysans qui ont la responsabilité d’impulser un grand rassemblement national et patriotique.

La présence du secrétaire exécutif de la COB, Pedro Montes, dans l’événement de la Place Murillo où Morales a nationalisé l’entreprise des Télécommunications (ENTEL), aux mains de la multinationale italienne Euro Telecom Internationale, et a approfondi le processus de nationalisation du pétrole, est un signal positif d’une alliance stratégique entre la totalité des classes défavorisée et le gouvernement.

Un point positif pour le futur.

La confrontation de classe est hors de doute. De fait, la montée ultime de l’affrontement entre révolutions et contrerevolution, entre le futur et le passé, est apparu dans toute sa clarté entre août et décembre 2007, quand la pression des classes défavorisées a ouvert un passage, avec le plein appui du gouvernement, pour débloquer l’Assemblée constituante qui pendant un an avait été virtuellement paralysée par les forces de droite.

Si la situation bolivienne actuelle devait avoir un précédant ce serait ce moment de février et octobre 2003, quand un puissant soulèvement national et populaire a chassé le président Gonzalo Sánchez de Lozada, l’emblème du néolibéralisme, là l’épreuve du feu a permis de mesurer ce que la mobilisation que les pauvres des villes et des champ est capable de déployer pour battre, en un court moment, les plans de déstabilisation de la droite et de l’impérialisme.

Le bloc indigène –populaire, constitué dans les décades de résistance anticoloniale et anticapitaliste, est obligé, pour garantir sa présence et son pouvoir, à serrer les rangs autour d'un un gouvernement qui en deux ans et quatre mois leur a donné plus qu’en 182 ans d’histoire républicaine les classes dominantes lui ont refusé : l’accès à la santé, à l’éducation, et aussi à la sécurité sociale.

Grâce à l’a solidarité révolutionnaire internationale de Cuba et du Venezuela, la Bolivie, avec sa population de 9 millions d’habitants, a reçu plus de 12 millions d’actes médicaux, ont été opérées plus de 250 mille personnes de la vue et plus de 12.000 personnes ont été sauvées de la mort, en plus d’avoir été arrachées à l’obscurité de l’analphabétisme plus de 515.000 hommes et femmes.

A ces conquêtes, dont seuls peuvent se rendre compte ceux qui vient dans un pays comme la Bolivie – le plus pauvre après Haïti en Amérique latine- ou le connaissent en profondeur, il faut encore ajouter la Rente de la Dignité, qui a bénéficié à plus de 700.000 anciens, et le Bon Juancito Pinto pour les enfants en âge d’aller à l’école jusqu’au septième grade et que le président Evo Morales a promis d’augmenter les prochaines années jusqu'au huitième grade.

Mais , la récupération par l’Etat de ENTEL, ce premier mai enjoint aux classes défavorisées face à un tel défi d’appuyer le gouvernement dans sa volonté de poursuivre la nationalisation des hydrocarbures, réalisées le premier mai 2006, à travers le contrôle majoritaire de quatre entreprises – Chaco, Andina, Transredes et CLHB- que le néolibéral Sánchez de Lozada avait livré aux transnationales .
Compartir, ni lo más mínimo

Ils ne veulent pas partager, même pas le minimum

En face, les classes dominantes, qui se sont assuré dans les organisations civiques le soutien de leur débilité et aussi de partis inexistants, sont en pleine offensive, sous la bannière des autonomies, pour liquider toute possibilité de construire une société non capitaliste, "socialiste communautaire », comme l’a dit Evo Morales dans les nations Unies il y a peu.

La contre offensive contre le processus bolivien est dirigée par une bourgeoisie agroexportatrice située dans le département oriental de Santa cruz, à l’Est de La paz, et par un groupe réduit de famille, autour d’une quarantaine, qui concentrent plus de 75% de terre productives de ce département dans leurs mains

La droite, qui ne reconnaît pas la théorie de la lutte des classes mais qui l’applique à la perfection, sent avoir en main la queue de la poêle et avance avec détermination, y compris jusqu’à la partition du pays, déjà elle sait comment aggraver la crise ou comment manœuvrer pour retourner les FFAA contre le gouvernement, et elle s’est refusé à entamer le dialogue que les autorités ont proposé sous toutes les formes possibles.

Les motivations contrerévolutionnaires de la débile et dépendante bourgeoisie constituent, comme on le voit, une totalité qui mêle les ambitions politico-symboliques aux intérêts économiques.

Dans un pays, où la constitution des classes sociales a été marquée par son fort contenu raciste, les classes dominante – blanches dans leur fondement et leur vision du monde- se refusent à accepter que la Bolivie, un pays pour lequel ils éprouvent un sentiment patrimonial, soit conduit par un indien. Le refus de Evo Morales, est aussi sur le fond, le refus de la classe et de l’identité qu’elle porte.

Politiquement, le drapeau de l’autonomie, qui occulte les intentions cachées séparatistes cherche à faire approuver un état autonomiste qui s’attribuerait les compétences nationales pour les donner aux classes dominantes, qui se sont constituées historiquement par le centralisme étatique, il leur serait restitué le pouvoir politique qu’ils ont perdu partiellement depuis le moment où Morales a pris ses fonctions dans le Palacio Quemado.

Le gouvernement bolivien n’a pas refusé la demande de plus d’autonomie aux côté du pouvoir municipal qui existe déjà, et a été amplifié par l’Assemblée Constituante, pour les trois autres (régional, provincial et indigène), alors que le discours de l’opposition, amplifié par les moyens de communication, exacerbait le mensonge dans une espèce de guerre ou , comme dans toutes les guerres la première victime est la vérité.

Economiquement, la rachitique bourgeoisie bolivienne, voit avec préoccupation le processus de récupération étatique des ressources naturelles et les avancées que, à chaque fois contradictoirement, le président Morales fait avancer pour à la fois ré-impulser le rôle de l’Etat dans l’économie et asseoir les bases d’une économie communautaire qui se caractérise par le dépassement de l’aliénation du travail.

Le programme gouvernemental, qui s’est mis en place dans le peu de temps depuis l’arrivée de Morales au gouvernement et que l’on trouve décrit dans le texte constitutionnel approuvé à Oruro, reconnaît quatre types de propriétés : d’Etat, privée, communautaire et coppérative.

La Bourgeoisie installée en Bolivie, hautement dépendante du Capital transnational, n’est pas disposée à faire des concessions et se refuse y compris à admettre la possibilité de partager le pouvoir avec les classes défavorisées qu’elle exploite, comme toute bourgeoisie, pour se reproduire, mais qu’elle méprise aussi pour la couleur de sa peau et la nature de ses noms de famille.

Il ne faut pas être très soupçonneux pour se rendre compte que derrière cette offensive de classe, de dimensions internationales, on retrouve les Etats-Unis qui ne tolèrent pas la dignité et la souveraineté de « l’Indien Morales » a donné à son peuple, qui aujourd’hui est appelé à faire preuve de sa grandeur et de son esprit indomptable.



Samedi 3 Mai 2008


Commentaires

1.Posté par dindane le 04/05/2008 10:27 | Alerter
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bravo et merci danielle pour tes initiatives . je suis d'accord meme si l'on organiser des conferences et des manifestations contre ces tentatives cessesionnistes .

2.Posté par Zorro m.d.s le 05/05/2008 00:39 | Alerter
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Ca fait déjà plusieurs fois que je la vois tenter de redonner des ambitions en politique étrangère à ce qu on appelle la gauche dans notre pays...Sur ce sujet elle a totalement raison de dénoncer cette mafia oligarchique fascisante qui dans de nombreux pays comme en Bolivie tente de s approprier si ce n est le pouvoir du moins les richesse.
Cette mafia se cache la plupart du temps derrière les institutions démocratiques et les valeurs républicaines qu elle ronge petit a petit de l intérieur.C est un signal pour la gauche si celle ci veut reconquérir le terrain politique des valeurs qui sont traditionnellement les siennes...face à la mascarade mafieuse qui donne en général un gout de république bananière partout où celle ci est au pouvoir...
C est facile là où se trouve la mafia oligarchique, les politiques ne peuvent être qu anti-publiques.

3.Posté par Aigle le 05/05/2008 13:55 | Alerter
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LES CRETINS DE LA MAISON BLANCHE VIENNENT DE SE FENDRE D'UN COMMUNIQUE TOUT A FAIT SERIEUX OU ILS ACCUSENT L'IRAN D'ETRE DERRIERE LA DESTABILISATION DE LA BOLIVIE .........DANS 2 : 3 JOURS UN AUTRE CRETIN , EN FRANCE CETTE FOIS CI , FRANCHIRA LE .........

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