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Dadis, le cauchemar de la Guinée



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Mardi 13 Octobre 2009

Dadis, le cauchemar de la Guinée
La Guinée n'est « pas une sous-préfecture, ni un arrondissement de la France» : cette phrase émane du capitaine-président Dadis Camara, en réponse à celle du ministre français des affaires étrangères. 
 En effet, le dimanche 4 octobre 2009, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner s'était indigné de l'extrême violence de la répression d'une manifestation, le 28 septembre à Conakry, qui a fait au moins 150 morts selon l'ONU, 56 morts civils selon le bilan officiel.
 Cette réponse du « berger » à la « bergère » est drôle mais ce qui l’est moins, c’est la violence de la barbarie du 28 septembre 2009 dans ce stade mythique. 
 Ce sujet sera passionnément discuté pendant longtemps. Nous n’avons pas l’intention de nous livrer ici à une discussion approfondie, nous voudrions simplement indiquer les questions soulevées par une analyse de cet ordre.
 
 Du coup d’Etat au musellement du peuple
 
 
 Quelques heures après le décès, le 22 décembre 2008, du président Lansana Conté, c’est un capitaine de l’armée, inconnu de la population mais apprécié au sein de la troupe, qui s’est imposé à 44 ans comme le nouvel homme fort du pays. Il s’appelle Dadis Camara, un nom devenu tristement célèbre. Recalé aux portes de l'Académie militaire de Meknès (Maroc), ce sous-officier aux états de service confidentiels orchestrait l'approvisionnement en hydrocarbures de l'armée guinéenne. Il faut dire tout de suite que le camarade Camara n’a jamais été un brillant élève encore moins un élégant étudiant car jeune adulte, il n'a pas laissé le souvenir d'un bon apprenant, selon ses camarades, à la faculté de droit et de sciences économiques de l'université Abdel Nasser. Bref, le capitaine n’est pas intelligent comme le montrent ces actes aujourd’hui. 
 Mais voila  dès le lendemain de la mort de Conté, la junte le choisit pour chef et le voilà qui se fait acclamer par quelques milliers d'habitants de Conakry, aux cris de "Vive la nouvelle Guinée", "Vive le Président". Cette joie de « premier degré » d’africains encore sous la botte de l’ignorance n’a été que de courte durée.
 En effet, dès sa prise de pouvoir, le capitaine-président  avait promis, juré, qu’il n’était en rien intéressé par la permanence au pouvoir. Mais lorsque vous chassez le naturel, il revient au galop. Face aux inquiétudes croissantes d’une population qui voit son rêve partir en lambeaux, elle a commencé par bouder le sieur Camara. Jusque-là, la junte s’était contentée de bander les muscles et de proférer des menaces en termes diplomatiques. 
 Finalement, le capitaine Camara a choisi là où Sékou Touré a dit non au Général de Gaulle le 28 septembre 1958, pour perpétrer son crime. Du coup, cette date  reste et restera à jamais gravée en caractères sombres dans la mémoire de l’histoire guinéenne. La junte a tué, on parle de 150 morts sans compter les violences et autres exactions de toutes sortes : viols, les maltraitances, les pillages, les humiliations. A partir de cet événement, on comprend que Dadis fait passer un message et le code utilisé est la violence, pour dire qu’il n’est pas prêt de quitter le pouvoir volé. 
 Le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN) que j’ai l’insigne honneur de diriger condamne avec la plus grande fermeté cette sauvagerie d’une autre époque et appelle la junte à écouter le peuple guinéen. 
 Le capitaine-président n’est pas l’homme honnête dont il se vantait dès le départ. 
 
 Dadis, un vrai faux honnête
 
 Lorsqu’il a été interrogé par le journal « jeune Afrique » juste après sa prise de pouvoir, parlant de lui, il disait ceci : « Je suis un homme ordinaire, mais je me reconnais certaines qualités : l’honnêteté, la franchise, la sincérité… Ces traits de caractère se reflètent dans mes actions comme dans mes relations avec les autres. Je suis déterminé au point de paraître borné. Quand je me fixe un objectif, je ne m’arrête pas avant de l’avoir atteint ». Lorsqu’on lui demande pourquoi il prend le pouvoir, il dit qu’il ne  pouvait pas, en tant que patriote, voir son pays continuer à s’enliser car remettre le pouvoir au président d’une Assemblée nationale périmée [Aboubacar Somparé, NDLR], dont le mandat avait expiré depuis plusieurs mois, aurait été pure supercherie. La raison de cette tuerie en guinée remonte à la malhonnêteté du capitaine-président. Le crime des manifestants du "Forum des Forces vives" est d’avoir osé dénoncer l'ambition du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, de "candidater" lors du scrutin présidentiel du 31 janvier 2010, après avoir juré de n'en rien faire et étendu ce serment à tous les membres de son "Comité national pour la démocratie et le développement"(CNDD).
 Dadis Camara est finalement un vrai faux honnête. C’est là le phénomène le plus simple, le plus immédiatement apparent. Si le capitaine-président était honnête, on l’aurait soutenu dans son bras de fer avec la France, l’ancienne colonie.
 
 La France, toujours la France citée dans TOUT
 
 Le Général De Gaulle a dit que « La France n’a pas d’amis ; elle n’a que des intérêts à défendre ». Ce n’est pas parce que le General De Gaule est mort que cette phrase n’est plus d’actualité. Les officiels français se sont toujours comportés ainsi. Que voulait dire le General De Gaule ?
Simplement, il semble qu’il foule au pied la noblesse de l’amitié au profit de l’égoïsme. La France aime tant les opportunités au point d’oublier cette belle citation de Khalil Gibran (1883-1931), dans Le sable et l'écume qui dit que " L'amitié est toujours une douce responsabilité, jamais une opportunité. ". Pourtant, Cicéron (-106/-43), dans Homme politique et orateur latin, nous apprenait que " L'amitié donne son lustre à la prospérité, et soulage en partageant les fardeaux de l'adversité. ".
 Cette France donneuse de leçons qui se mêle de TOUT et de RIEN se trompe toujours et encore d’époque. Sa politique à « géométrie variable » a fait l’objet de la part des africains d’une grille de lecture lucide. S’il vous plaît, dites à la France qu’on a tout compris. Nous n’avons pas oublié son soutien à Ali Bongo, le fils du père. Pour mémoire, Ali Bongo a remporté les élections avec 41,7% des voix. En dépit des accusations portées par les gabonais contre la France, le gouvernement français est resté droit dans ses bottes malgré la polémique. 
 Après 41 ans de Bongo père, le fils prend à nouveau les rênes du pouvoir.
 Paris est resté muet face à la répression sauvage contre l’opposition. On a pourtant connu les autorités françaises très bavardes, prolifiques et volontaristes pour défendre la démocratie ailleurs lorsque Paris peinait à avoir un candidat docile et corvéable. La raison est simple : au Gabon, les intérêts français sont très importants car 80% des investissements étrangers au Gabon sont français.
 
 Que dire du cas togolais ? Au Togo, la France a soutenu le coup d’Etat électoral de Faure Gnassingbé en 2005, validant de la sorte une succession dynastique de Faure Eyadema après 38 ans d’Eyadema père. 
 Pendant que la France s'acharne sur Dadis Camara, ce qui est sans doute normal pour le pays des droits de l’homme, on peut s’interroger sur le cas de la Mauritanie où il y a le Président Abdelaziz qui, après un coup d'Etat, a été élu et devenu entre-temps fréquentable aujourd'hui. 
 Que dire également de cette «  bourde » du maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), cité par guinee24.com, disant que "La candidature de Moussa Dadis Camara,  ne pose pas de problème. C'est un citoyen guinéen comme les autres. Ce qui est important, c'est le respect de la forme. La régularité. La transparence des élections." L’accentuation d’un contraste de cette sorte entraînerait des conséquences politiques et psychologiques sur lesquelles je ne peux m’étendre mais que chacun de vous est libre d’imaginer.
 Parce que la France propose « divers prix pour la même marchandise », parce qu’elle a un comportement clientéliste, nous disons à notre ancienne colonie que les africains ont grandi ou du moins, ils ont commencé à l’être, laissez-nous donc gérer nos affaires, nous avons l’intelligence pour. 
 
 Dehors les « Hyksôs », les africains sont capables
 
 Si nous sommes d’accord pour reconnaître nos origines égyptiennes (Égypte ancienne), pourquoi désespérer dans la gestion de nos différends ? La société égyptienne était strictement hiérarchisée et gouvernée par de nombreux départements, ministères et administrations, le pouvoir suprême appartenait au roi ou au pharaon, détenteur de la maât, incarnation de la vérité, la moralité, la justice, l’ordre et la stabilité. Mais lorsque nous avons laissé notre destiné entre les mains des « autres », c’est alors que le chaos est devenu le quotidien des africains. Aujourd’hui on parle de la démocratie comme le meilleur régime politique. A notre sens, la démocratie doit s’adapter à nos sociétés et non suivre benoîtement les occidentaux qui n’ont d’ailleurs pas de cours à nous donner en matière de démocratie. 
 
 La Guinée souffre comme bons nombres de pays africains de ses dictateurs.
Après 26 années féroces de Sékou Touré et des 24 années douloureuses du général Conté, Dadis n’a pas encore fait une année au pouvoir mais son bilan ne sera pas certainement glorieux.
 Au niveau international, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les violences en Guinée et appelé le chef de la junte guinéenne à renoncer à la présidentielle. C’est bien tout çà mais, ce qui est souhaitable, c’est que les africains écrivent eux-mêmes les pages de l’histoire de leur continent.  Aujourd’hui, revenu peut-être à de meilleurs sentiments, le capitaine Moussa Dadis Camara propose d'abord la nomination d'un président africain qui ferait office de sage pour mener la médiation en Guinée. Il se dit aussi prêt  à mettre en place une commission d'enquête en collaboration avec l'ONU, pour se pencher sur les événements du 28 Septembre  et  de janvier 2007. 
 La Guinée a besoin de stabilité et le capitaine Dadis doit reformer son armée afin de la rendre républicaine et respectueuse des droits de l’homme, organiser des élections propres et transparentes. C’est ainsi qu’il pourra rentrer dans l’histoire, non par la porte mais cette fois par la fenêtre. 
 


Dr Séraphin PRAO
Président du MLAN
 www.mlan.fr


Mardi 13 Octobre 2009


Commentaires

1.Posté par redk le 13/10/2009 11:40 | Alerter
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Dr Prao, comment se fait il que vous ne mettais pas l'index sur le plus grand mal des pays africains, les manœuvres en coulisse de la franc-maçonnerie, tout ces dictateurs sont soutenue par les diaboliques loges maçonniques, tant que cela sera le qu'a, les peuples Africains n'ont pas fini de souffrir!!

http://www.dailymotion.com/mychannel/Abal_hassan/video/xaqkej_francmaconnerie-et-les-dirigeants-a_shortfilms

2.Posté par AS le 13/10/2009 13:45 | Alerter
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la france et ses reseaux de terroristes dictateurs est responsable de 80 % des guerres et du terrorisme en Afrique, il est normal que les gens lui fasse fermer sa gueule de temps a autre... la france soutient le terrorisme partout ou elle vole et pille des pays, tu lui coupes les vivires la france meurt comme actuellement, les elites votent l'election de sarkosy pour relancer la machine avec les israeliens et les anglo-saxons et unifier l'effort de guerre en afrique et ailleurs, ca marche pas.... resultat des courses, retour au moyen age et guerre civile ou guerre entre pays europeens... j#aime sarkoys c'est une brele qui casse toput sur son passage et qui tous les jours accelere la fin de la france en afrique... si la france veut survivre elle doit livrer le pouvoir aux africioans vivant en france et aux musulmans sinon, qu'elle creve elle et ses pantins

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