Politique Nationale/Internationale

DINER DE GALADE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCE-ISRAEL:ALLOCUTION DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES


M. PHILIPPE DOUSTE-BLAZY





(Paris, 13 décembre 2005)


Mercredi 14 Décembre 2005




Monsieur le Premier Ministre, (Shimon Pérès)

Madame la Ministre, (Dalia Itzik, ministre des Télécommunications)

Monsieur le Ministre, (François Loos)

Monsieur le Président de la Chambre de Commerce France-Israël,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

C'est pour moi une grande joie de me trouver parmi vous ce soir, à l'occasion d'une soirée qui marque bien la qualité des échanges que nous entretenons, de part et d'autre de la Méditerranée.

Je suis d'autant plus heureux de vous retrouver, à l'initiative du président Henri Cukierman, que M. Shimon Pérès nous fait l'honneur de sa présence à Paris. Je l'en remercie très sincèrement, et mes premiers mots seront pour lui.

Monsieur le Premier Ministre, permettez-moi de vous adresser personnellement, ainsi qu'aux familles des victimes, toute ma sympathie et mes condoléances après l'attentat odieux commis il y a huit jours à Nétanya.

Rien ne saurait justifier de tels actes. Le terrorisme est un fléau, et son seul objectif est d'anéantir les valeurs que nous avons en partage, en alimentant sans cesse le cycle de la violence. La France continuera de le combattre, partout et toujours, avec une détermination sans faille. Dans cette nouvelle épreuve, Monsieur le Premier Ministre, vous savez pouvoir compter sur l'entière solidarité de la France.

* * *

Mesdames et Messieurs,

Je me suis rendu en Israël et dans les Territoires palestiniens en septembre dernier, au moment précis où l'armée israélienne et les colons s'apprêtaient à quitter Gaza.

De ce déplacement, et des entretiens que j'ai eus par la suite avec mes homologues, je retire deux convictions :

- la première, c'est qu'il me semble exister aujourd'hui en Israël, au sein de la population comme de la très grande majorité de la classe politique, un profond désir de mettre fin à ce conflit qui dure depuis trop longtemps. Le moment est venu de reconstruire la confiance. Or, j'en suis convaincu, et je sais que Shimon Pérès partage ce point de vue : le développement des échanges, la meilleure connaissance de nos sociétés respectives, la multiplication des liens entre les femmes et les hommes sont la meilleure façon de donner à cette relation des bases d'avenir nouvelles, à la fois solides et concrètes.

- Ma deuxième conviction, c'est que la relation profonde qui unit la France et Israël doit aujourd'hui franchir une nouvelle étape. Nos deux pays ont fait beaucoup depuis plusieurs années pour renforcer leur coopération, encouragés en cela par une amitié ancienne et profonde. Mais nous devons aller plus loin, et sur le chemin qu'il nous reste à parcourir ensemble, nos milieux d'affaires, nos communautés économiques ont un rôle très important à jouer. Les attentes, de part et d'autre, sont fortes. A nous, à vous, de tirer pleinement parti de nos expériences, de nos visions, de nos connaissances, pour renforcer notre partenariat et concrétiser de nouveaux projets communs.

Aujourd'hui, la plupart des grands groupes français industriels ou financiers sont implantés en Israël. Je pense en particulier à Danone, Schneider, L'Oréal, Aventis, Alcatel, ou encore Dassault Systèmes, France Télécom, Vilmorin, Rhodia, mais aussi Célio, Bnp-Paribas, Cic, Dexia et d'autres encore. Ces entreprises témoignent de ce que nous accomplissons, ensemble, au quotidien et dans l'intérêt de tous.

Mais nous pouvons faire mieux encore. Les réformes ambitieuses, qui ont été menées ces dernières années, ont rendu le marché israélien très attractif. La reprise économique en Israël est une chance, et les entreprises françaises doivent pouvoir s'en saisir. Je les y encourage vivement, non seulement les grands groupes, qui sont déjà fortement internationalisés, mais aussi nos PME et PMI qui sont en mesure de développer leurs activités en Israël et que nous devons soutenir dans ce choix stratégique.

Je pense en particulier aux technologies de pointe, un secteur où nos deux pays ont fait la démonstration de leur expertise. Sylvain Shalom, lors de sa visite en octobre dernier, avait d'ailleurs marqué sa volonté de développer notre coopération dans ce domaine. C'est, à n'en pas douter, une vraie piste d'avenir à explorer pour nos entreprises, et je sais que ceux qui animent la Chambre de Commerce France-Israël avec une très grande compétence sauront les y aider. Par avance, je les en remercie.

Mais rapprocher les entreprises, nous le savons, c'est aussi rapprocher les hommes et les sociétés civiles.

Aujourd'hui, c'est dans cette direction que nos deux pays souhaitent progresser ensemble, en resserrant nos liens dans tous les domaines de la vie économique, mais aussi culturelle, universitaire, scientifique et technologique. Les rencontres politiques et les visites bilatérales qui se sont multipliées ces derniers mois, au plus haut niveau de l'Etat, ont donné maintes occasions d'évoquer ce sujet. Celle du Premier ministre Ariel Sharon, en juillet dernier, a été à cet égard très instructive.

Pour avoir eu la chance de parler longuement avec lui, je peux dire qu'il existe aujourd'hui entre la France et Israël une même volonté : nous voulons mettre en commun nos analyses, faire fructifier nos dynamiques, bref, mobiliser toutes les énergies, publiques et privées, pour que les Français et les Israéliens se connaissent mieux et travaillent davantage ensemble.

La Fondation France-Israël, que nous avons inaugurée le 24 novembre dernier, s'inscrit tout à fait dans cette perspective. Demain, avec la nouvelle politique de voisinage de l'Union européenne, Israël sera encore plus proche de l'Europe. Il est temps que nos jeunes, nos chercheurs, nos hommes d'affaires, s'attachent à bâtir cette proximité et à nourrir ce nouvel élan. Toutes les contributions, toutes les idées, toutes les initiatives sont les bienvenues pour faire vivre cet ambitieux projet.

Naturellement, s'implanter en Israël relève du libre choix de chacun. Mais le fait est qu'il existe aujourd'hui un environnement propice aux échanges : les conditions n'ont jamais été si favorables pour les chefs d'entreprises français qui souhaitent s'installer et prospérer en Israël. Je compte sur la Chambre de commerce franco-israélienne pour les soutenir et les y aider. J'ai confiance dans vos compétences, et je sais que vous saurez communiquer votre dynamisme pour que nos forces vives développent, ici et là-bas, tous leurs talents et leur créativité.

Je vous remercie./.



diplomatie gouv.fr


Jeudi 15 Décembre 2005

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