Politique Nationale/Internationale

DES BRIBES DE VERITE SUR L’ENLEVEMENT ET L’ASSASSINAT DE BEN BARKA


L’objectif de Ben Barka, qui, le 16 Novembre 1962, avait fait l’objet d’un attentat consistait à apporter un soutien sans failles aux mouvements de libération, un soutien continuel à Cuba soumis à l’embargo américain et à prôner la liquidation des bases militaires étrangères (au Maroc qui avait été un sujet de discorde et de profondes divergences avec feu Hassan II) et l’apartheid en Afrique du Sud. Si Pour l’historien René Galissot, c’est dans un élan révolutionnaire de la Tricontinentale que se trouve la cause profonde de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka, Il n’en demeure pas moins que ceux qui véhiculent cette thèse et tous les assassins de Ben Barka qui sont donc mis hors de cause dans le complot orchestré par RABAT avec ses connexions à l’étranger pour ne pas être inquiété comme CHTOUKI trouvent leur salut légendaire dans une explication simpliste qui ne peuvent satisfaire que les protagoniste de cette sordide affaire et clore un dossier afin que la justice ne soit plus saisit à nouveau afin de diligenter une enquête exhaustive en procédant à des citations à comparaître de marocains devant la tribunal de grande instance de PARIS, comme : Ahmed Boukhari, Mahjoubi Aherdane, le général Benslimane, Miloud Tounsi, alias Chtouki un agent retraité des services marocains soupçonné d'être l'un des membres du commando ayant participé à l'enlèvement de l'opposant et l'ex-officier du renseignement, Habi Tayeb qui font tout à l’heure actuelle pour accorder ensemble leur violon afin d’enterrer l’affaire Ben Barka que la justice les rattrapera très bientôt, lentement mais sûrement.


SEDDIKALI2007@YAHOO.FR
Mardi 10 Juillet 2007

DES BRIBES DE VERITE SUR L’ENLEVEMENT ET L’ASSASSINAT DE BEN BARKA
DES BRIBES DE VERITE SUR L’ENLEVEMENT ET L’ASSASSINAT DE BEN BARKA


La vie mouvementée, parsemée d’embûche de tous les révolutionnaires qui ont connu un destin tragique, dont l’histoire a toujours été témoin n’a jamais arrêté l’horloge de l’avancée inéluctable des forces éprises de justice et de paix s’opposant viscéralement à l’exploitation et à l’asservissement des peuples. La marche inéluctable de ces figures irremplaçables et emblématiques qui ont œuvré pour un monde plus juste a façonné des hommes d’une dextérité inégalable, des adversaires farouches et obstinés à l’ordre colonial et impérial. Et on comprend pourquoi le recours à l’assassinat politique contre des figures révolutionnaires comme Fidel Castro qui a échappé à une tentative d’assassinat à la Havane le 27 Juillet 1965 et contre les mouvements de libération sont devenus systématiquement le sésame et l’unique alternative afin de préserver un monde impérial, colonial, soucieux d’assurer sa mainmise dans des pays vulnérables, voire déshérités qui ont réussi à se dégager de l’emprise de l’oppresseur cupide impitoyable qu’on disait civilisé.


Patrice Lumumba (1925-1961), le Premier ministre démocratiquement élu du jeune Congo indépendant, assassiné le 17 Janvier 1961, Salvador ALLENDE (1908-1973), défenseur de la démocratie, Mehdi Ben Barka (1920-1965), Che Guevara (1928-1967) demeureront à tout jamais des icônes inaltérables pour les mouvements révolutionnaires et des symboles immuables de la résistance accrue contre les oppresseurs impérialistes et le colonialisme qui a trop longtemps aliéné et asservi des peuples, laissant derrière eux des pays exsangues. Ces figures révolutionnaires incarnant la lutte pour l’indépendance des peuples ont engrangé le processus de décolonisations des pays d’Afrique que des séquelles ne cicatriseront jamais les affres du colonialisme et de l’exploitation des peuples. Ces révolutionnaires de la première heure ont lutté pour l’indépendance de leur pays comme Ben Barka qui s’était clairement prononcé pour l’indépendance du Maroc et refusé le diktat des puissances occupantes. Ben Barka restera gravé dans toutes les mémoires et de celle de l’histoire pour avoir été le chantre des libertés qu’il a défendu et combattu en même temps le nouvel ordre hégémonique impérial préconisé par les Etats-Unis et ses vassaux et son engouement pour la tricontinentale de la Havane qui aura lieu sans lui, en janvier 1966.


Le 29 octobre 1965, le leader de la gauche marocaine Medhi Ben Barka est enlevé en plein Paris, lors d'une opération menée conjointement par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français et la connivence des services secrets français. Il est torturé à mort. Son corps est dissous dans de l’acide et transféré à partir de l’aéroport de Villacoubly, le 31 Octobre, selon les révélations d’Ahmed BOUKHARI à destination du Maroc pour les besoins insipides de délectation macabre de Feu Hassan II. Les témoins de l’affaire ont tous bizarrement disparu à l’exception de quelques uns, comme Boukhari qui sont retenus au Maroc alors que les autorités marocaines pas promptes à coopérer avec la justice française refusent par ces manœuvres dilatoires de répondre aux aspirations de la famille ben barka de pouvoir enfin connaître la vérité et tous les mécanismes qui ont permis au leader de l’opposition marocaine d’être pisté, traqué et pris en filature depuis son arrivée à Orly jusqu’à la villa de Boucheseiche, un truand notoire, proche de Joe Attia et Pierrot le fou, des caïds notoires de la pègre marseillaise. Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp à Paris (VIe) et séquestré dans une villa de la région parisienne ou ses nombreux geôliers français et barbouzes marocains, venus pour la circonstance directement du Maroc, comme Dlimi et Oufkir ont participé à la torture de Ben Barka jusqu’à ce que mort s’en suive.

Cette affaire retentissante n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires. Le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n'ont pas été établies clairement et de façon concise. Le leader de la gauche marocaine est alors pisté, surveillé, mis sous écoutes téléphoniques. Ben Barka se sent menacé depuis que son compagnon Cheikh Arab est assassiné. À Rome, il ne sort que déguisé. À Genève, il trouve refuge dans la résidence du consul d’Algérie. Il croise beaucoup de gens avant de se faire piéger à Paris.


- IL Y A QUARANTE DEUX ANS DEBUTAIT L’AFFAIRE BEN BARKA



L’affaire Ben Barka n’est toujours pas élucidée alors qu’on se perd en conjectures et en spéculations sur les responsabilités directes des uns et des autres comme le chef d'escale d'Air France à Orly et indic du Sdece (ancienne DGSE, les services secrets, ndlr), Antoine Lopez, comme les truands Boucheseiche, Figon, Palisse, des seconds couteaux tandis que les vrais commanditaires et donneurs d’ordre se trouvaient indéniablement à RABAT. Et sans oublier que les exécutants du régime marocain, avec la complicité des services français, américains et israéliens ont été prépondérants pour la réussite de cette opération qu’on dit aujourd’hui déclassifiée alors que plusieurs documents clés détenus par la France et les Etats-Unis ont empêché la justice française de progresser. Cependant, alors que certains dossiers ont effectivement été déclassifiés, les renseignements pouvant dévoiler qui a tué Ben Barka, aux ordres de qui et dans quelles circonstances, ou encore le lieu où se trouve son corps, ont été, une fois de plus, refusés à la famille sous le prétexte du "secret-défense" qui constitue une véritable entrave à ce que cet affaire puisse déterminer toute les zones d’ombre et les faits qu’on n’a jamais voulu révéler. Preuve et que le secret défense sur cette affaire n’est toujours pas levé et que la raison d’état prédomine sur l’omerta qui a longtemps prévalu sur cette sordide affaire qui a mobilisé tant de monde. Il est patent de constater que le dossier de la disparition de Mehdi Ben Barka, qui était le principal opposant au roi Hassan II, est toujours sensible en France, où des responsabilités pourraient être recherchées au sein des autorités gaullistes de l'époque. Force est de constater que ce crime d’États a amené Bachir Ben Barka, fils du leader anti-impérialiste, assassiné en octobre 1965, à s’insurger contre les silences de Paris, Rabat et Washington.


Quarante deux ans plus tard, malgré deux procès et une seconde procédure judiciaire, la raison d’État et son cortège de secrets (de la défense, de la police, de la diplomatie...) restent un obstacle à l’établissement de toute la vérité sur le sort de Mehdi Ben Barka et d’une justice qui piétine, en l’absence de témoins, de témoignages fiables et d’éléments nouveaux qui permettrait de réinstruire et de clore une fois pour toute ce dossier encombrant pour PARIS qui ne peut plus occulter sa responsabilité dans l’enlèvement et l’exécution du célèbre leader révolutionnaire et opposant marocain.



- LES AUTORITES MAROCAINES AVAIENT PRIS LA DECISION D’ELIMINER MEHDI BEN BARKA


Né en 1920 à Rabat dans une famille de petits fonctionnaires, Mehdi Ben Barka a fait des études de mathématique à Alger et est devenu professeur de lycée. Proche du Palais, il enseigne aussi au Collège royal. Il a le futur roi Hassan II parmi ses élèves et a dispensé aux fils de Feu HASSAN II des cours de Mathématiques accélérés. Cet agrégé de Mathématiques, principal dirigeant de la gauche marocaine, un des dirigeants emblématiques les plus en vue du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste des années 1960, figure historique du mouvement national marocain sous le protectorat, leader de l'opposition au début du règne d'Hassan II (1920-1965) s’engage en politique contre le « protectorat » français sur le Maroc et dénonce le conflit frontalier qui oppose le Maroc et l’Algérie en Octobre 1963, des hostilités ouvertes unilatéralement par le Maroc dont le seul but était de déposséder l’Algérie de ses terres. Peu de temps après l'indépendance de l'Algérie acquise en 1962, le climat s'envenime entre les deux pays à propos de la délimitation de leurs frontières que Rabat espère modifier contrairement au principe de l’intangibilité des frontières, héritées et scellées par la colonisation, le Maroc attaque en traîtrise, L'armée algérienne riposte et contre-attaque et pour la première fois dans l'histoire du Maroc et de l'Algérie, le sang marocain a coulé et l’ennemi repoussé hors des frontières algériennes. La guerre des sables qui éclate en Octobre 1963 par le Maroc qui avait revendiqué dans un premier temps des territoires algériens s’était soldé par une cuisante défaite, côté marocain. D’ailleurs, Mehdi Ben Barka se sentait proche du régime algérien d’Ahmed Ben Bella en dénonçant le coup de force marocain et son parti, l’union nationale des forces populaires (UNFP) fut décapitée en juillet 1963, sous l’accusation de complot contre la sûreté de l’Etat. Quarante deux ans après la disparition de Mehdi Ben Barka, des pans entiers de l'affaire demeurent dans l'obscurité la plus totale et des interrogations demeurent sans réponse quand aux circonstances ayant conduit le leader de la cause tiers-mondiste à être supprimé alors que son corps n’a jamais été retrouvé. On ne sait toujours pas où est le corps de l'opposant, ni qui a donné l'ordre de l'enlever et de l’exécuter bien que personne ne soit en mesure d’exclure la participation des services secrets marocains dépêchés sur place, à PARIS bien avant la date fatidique du 29 octobre 1965.


Sa capture en plein Paris devant la brasserie Lipp, à Paris le 29 Octobre 1965, et la torture appliquée intensément par des agents du service secret marocain attestent des pratiques de toute une époque, ayant eu pratique courante dans les prisons marocaines durant les décennies de plomb et renseignent particulièrement sur une politique de « fer » et d’excommunication. Tout cela pourrait s’apparenter à un face à face mortel. Nul besoin de revenir ici sur les endurances et les convictions intactes d’un opposant, sur le degré de responsabilité du monarque dans la disparition de Ben Barka d’autant que la participation avérée des services français (officiels et officieux), voire de la CIA et du Mossad dans son enlèvement qui en disent long sur un complot aux ramifications internationales sont avérés aujourd’hui. Mais force est de constater que la torture alimentée par la vengeance était au cœur de l’affaire Ben Barka. Des tentatives d’assassinat au long chemin de torture jusqu’à l’incroyable dissolution de son corps dans une cuve d’acide au sinistre lieu de torture Dar El Mokri. C’est ainsi que les opposants furent traités au cours de ce que la presse marocaine appelle les années de plomb.



- BEN BARKA, FIGURE HISTORIQUE DU NATIONALISME AFRICAIN ET DE LA CAUSE TIERS-MONDISTE.



L’assassinat de Ban BARKA, opposant marocain enlevé et assassiné en France en 1965 par les services chérifiens avec la complicité active de certains membres de l'administration française n’a toujours pas révélé ses nombreuses zones d’ombre en raison de l’implication de plusieurs personnalités politique que la justice française a inculpé les principaux protagonistes, notamment des truands du milieu, tous décédés, à l’exception d’Antoine LOPEZ, ancien membre du Sdece et ancien chef d’escale à air France qui en dépit de certaines révélations, n’a pas pu lever le voile et apporter toute la lumière sur cette affaire qui a longtemps défrayé la chronique. Principal dirigeant de la gauche marocaine, il dénonçait « ce régime médiéval qui tendrait à ressusciter les structures médiévales de la société marocaine », l’opposant marocain est contraint de s’exiler sous d’autres cieux en raison de menaces qui pèsent sur lui au Maroc car de profondes divergences l’opposent avec le roi. Mehdi Ben Barka vit alors entre Genève et Le Caire où il s’impose comme un organisateur actif des luttes du tiers-monde mais sa famille fait l’objet d’une étroite surveillance de la part des services de Feu Hassan II dont leur priorité était de le liquider au Caire ou à Genève. Ben Barka est notamment chargé d'organiser la participation des mouvements révolutionnaires du tiers monde à la conférence tricontinentale qui doit se réunir à La Havane en 1966.


Il devient clair aujourd’hui que les connexions avec le "milieu" qui a permis l'enlèvement en France sont multiples et trouvent leur ancrage jusque dans les sphères politiques françaises. C'est une partie du réseau Foccart : le député-avocat-barbouze Pierre Lemarchand, le caïd, proxénète et ex-collaborateur de la Gestapo Georges Boucheseiche, les truands Dubail et Le Ny, soit un échantillon du SAC (Service de l’action civique responsable de la tuerie d’Auriol) qui a permit l’enlèvement et l’exécution de BEN BARKA avec la collaboration indirecte de la CIA et du Mossad et sous la couverture du patron des Renseignements généraux parisiens, Jean Caille, et du Préfet de police Maurice Papon.
Quand les membres du gouvernement français se sont aperçus que les leurs étaient mêlés à l'enlèvement, ils ont pris la décision d'aider les coupables à disparaître, à brouiller les pistes et à banaliser cette affaire pour l’attribuer au régime sanguinaire de feu Hassan II et ses nervis qui avaient pour mission d’effectuer la sale besogne. Cette affaire n’est toujours pas déclassifié dans son intégralité, alors que 42 ans exactement nous séparent de cette sombre affaire qui n’a toujours pas révélé ses secrets en raison de l’obstruction du secret défense qui a tout fait pour que l’enquête « piétine » et n’apporte aucun nouvel élément permettant de faire progresser l’enquête ou la justice elle-même patauge.



- UN CRIME PROTEGE PAR LA RAISON D’ETAT



Mehdi Ben Barka est enlevé le 29 octobre 1965 devant le 151 boulevard Saint-Germain à Paris par des policiers français et conduit dans une villa de Fontenay-le-Vicomte dans l'Essonne ou il sera torturé par Boucheseiche, un truand, ancien tenancier des maisons closes de Casablanca, un proche de Oufkir lequel fera subir les pires sévices corporels à Ben Barka. Il n'est plus réapparu. Après sa mort débutait l'« affaire Ben Barka ». On sait aujourd’hui et cela ne fait plus aucun doute qu’il a été torturé et assassiné par le chef de la police secrète marocaine, Mohammed Oufkir. Son corps ne sera jamais retrouvé, Boucheseiche avouant des années plus tard l’avoir dissous dans une baignoire pleine d’acide. A l’époque, on disait que son corps reposait probablement dans la région parisienne sous une ancienne bâtisse. Aujourd’hui, selon certains dires fiables, son corps aurait été transféré sur ordre de Feu Hassan II au Maroc. On est d’ailleurs offusqué d’apprendre de la bouche du fils d’Oukir, en l’occurrence Raoul OUKIR que son père n’a jamais trempé dans l’enlèvement et l’assassinat de Ben Barka, se basant sur une thèse simpliste que l’enquête n’a jamais pu prouver quoi que ce soit et que son père doit être mis hors de cause puisque la famille Ben Barka s’acharne toujours à trouver l’assassin de leur père. Dans cet imbroglio politico judiciaire, Pourquoi ménager OUKIR en le mettant hors de cause alors qu’il a été condamné par contumace par un jugement de PARIS qui a prouvé son implication directe dans le meurtre de Ben Barka et de son comparse DLIMI, assassiné sous les ordres de Hassan II, cela ne fait plus aucun doute aujourd’hui?


On peut opposer un démenti cinglant aux déclarations de Raoul OUKIR puisque Rabat a toujours attribué à Oufkir la responsabilité ultime de l'enlèvement et du meurtre de Medhi Ben Barka. À ce jour, la famille du leader assassiné continue à tenir pour véritable responsable le roi lui-même, ce que seule la continuation de l'enquête française pourrait prouver, ou au contraire, réfuter, ce qui paraît très improbable.

Et puis, comment expliquer que si pour le général de Gaulle, interrogé par des journalistes en 1966, tendant à relativiser l'implication française qui se limiterait selon ses propres dires à des niveaux subalternes, ses déclarations pour le moins surprenantes ne peuvent par conséquent fournir la moindre explication plausible pour laquelle le dossier Ben Barka n’a jamais révélé les tenants et aboutissants de cette affaire, ou l’obstruction du secret-défense pèse toujours sur les documents détenus par la France et constitue de facto un aveu de l’implication des services secrets français dans cette machination sordide orchestrée contre Ben Barka avec le concours de protagoniste de tout bords.


Lors de sa conférence de presse du 21 février 1966, le général de Gaulle déclare: «Du côté français que s'est-il passé ? Rien que de vulgaire et de subalterne. Rien, absolument rien, n'indique que le contre-espionnage et la police, en tant que tels et dans leur ensemble, aient connu l'opération, a fortiori qu'ils l'aient couverte.» Cette fameuse affirmation sera contredite par les découvertes ultérieures : le SDECE (ancêtre de la DGSE) était bien au courant de l'enlèvement projeté. Dès l'enlèvement du leader tiers-mondiste, cette affirmation péremptoire de De Gaulle est mise en doute :

Comment aurait-on pu transférer un cadavre (ou un homme inconscient) par avion de Paris à Rabat, sans se faire arrêter par la police aux frontières et ceux qui se réfugient derrière cette thèse arguent et attestent que l’aéroport était une passoire à l’époque? En 2006, l'ex-commissaire Lucien Aimé-Blanc publie des écoutes téléphoniques de l'époque montrant clairement que les services français surveillaient tous les hommes ayant pris part à l’enlèvement.

Au moment où le Maroc tente d'exorciser le douloureux passé de ses années de plomb, l’affaire Ben Barka qui a monopolisé toute l’attention ressurgit grâce à son fils Bachir qui refuse que son père puisse sombrer dans l’oubli et soit rayé de l’histoire.
Pourra-on enfin connaître enfin la vérité sur l’Affaire Ben Barka ?. Rien n’est moins sûr puisqu’à la fin de l’année 2005, pour la troisième fois, un juge d'instruction français s’est rendu au Maroc afin d'enquêter sur place, mais s’est trouvé rapidement confronté à l'absence de coopération de la part des autorités marocaines, et cela malgré la fin du règne de Hassan II, remplacé par son fils Mohammed VI et ce juge pourrait-il effectuer des fouilles au PF3, un ancien centre de détention secret à Rabat où pourrait se trouver la tête de Mehdi Ben Barka ?


- FEU HASSAN II EST –IL INNOCENT ?


Plusieurs informations disponibles en 2006 font mention, de la traque de Ben Barka lors de ses déplacements internationaux par le Mossad israélien et la CIA, qui communiquaient ces informations à Rabat et Paris, Rabat qui avait pour but d’échafauder un diabolique plan d’élimination du principal opposant socialiste au roi Hassan II. Pour mémoire, il est bon de rappeler que le 16 novembre 1962, Ben Barka échappait déjà à un attentat fomenté par les services du général Oufkir et du commandant Dlimi. Le 16 juillet 1963, après que le roi Hassan II ait décrété l’état de siège, Ben Barka se réfugie en Algérie, suivi une année plus tard par sa femme et ses enfants, qui ne voulaient pas « être pris en otages » par la mégalomanie de Hassan II.

Cet authentique révolutionnaire marocain que le Maroc n’est jamais eu à connaître en dehors de lui dénoncait ensuite la "guerre d'agression" du Maroc contre l'Algérie lorsque éclatait la "guerre des sables" en automne 1963 et prônait fermement la solidarité avec "la révolution algérienne".

Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que le complot fomenté contre Mehdi Ben Barka a été décidé au plus haut niveau dès le 25 mars 1965, deux jours après les émeutes de Casablanca écrasées dans le sang par Oufkir. L’assassinat de Ben Barka et l’innocence présumée de feu Hassan II sont difficilement crédibles et paraissent sûrement inconciliables, Bref un écran de fumée afin de ne pas compromettre les vrais coupables et les complicités dans l’assassinat de Ben Barka .
Un des procédés favoris des nervis de Feu Hassan II, féru d’un système à la fois autocratique, féodal et cruel consistait à faire dissoudre dans des cuves remplies d’acide les opposants à Feu HASSAN II.


Divers courants favorables à l’ancien monarque défunt essaient de le dédouaner de toute responsabilité dans l’enlèvement et l’exécution de Ben Barka alors qu’on sait dans quelle liesse indescriptible il a savouré le trophée (il s’agissait de la tête de Ben Barka) remis au Roi, lors du transfert de la dépouille par avion du supplicié à RABAT. Les anciens nostalgiques des décennies des années de plomb affirment que l’ancien bourreau du Maroc n’aurait strictement rien avoir de près ou de loin avec l’opération commandité et mise au point depuis RABAT avec ses ramifications internationales. Ils se réfugient derrière le fait que l’assassinat de Ben Barka trouve ses origines dans un complot international ou le Maroc n’est pas concerné.

En dépit des enquêtes judiciaires qui se sont succédé, de la raison d’état, toutes se sont enlisés et embourbés en raison de pressions émanant des sphères politiques et du secret défense levé partiellement mais qui n’apporte rien de nouveau sur l’affaire Ben Barka, ou le général Oufkir s’est illustré par une sale besogne dans la cave d’une villa d’Ormoy et qui puisse satisfaire la famille de Ben Barka. On peut ajouter sans se méprendre que la mort horrible du leader de l’opposition marocaine n’est pas restée impunie car en dépit d’une justice défaillante, plusieurs exécutants et têtes pensantes qui ont participé activement à l’assassinat de Ben Barka sont tous pour la plupart décédés ou morts mystérieusement. Peut-on dire que ces témoins gênants ont été liquidés ou sont-ils décédés de mort naturelle. Ahmed Boukhari révèle que la guerre de l’ombre menée par les services contre « la subversion », et leurs accointances avec la CIA et le Mossad israélien pourrait expliquer la neutralisation du leader Ben Barka. Il ne cache rien des tortures et des assassinats pratiqués dans les lieux de détention secrets où tant de séquestrés ont disparu durant les années de plomb. Quand à Chtouki qui fait l’apologie du crime, il n’apporte rien de nouveau sur le dossier Ben Barka qui puisse donner des éclaircissements à la justice française et à la famille puisque cet ancien fonctionnaire de l’état marocain se fait l’avocat d’OUFKIR et de HASSAN II ou dit-il, ils n’ont rien avoir et tout en surenchérissant, le jour de la disparition de Ben Barka, OUKIR ne se trouvait pas sur le sol français. Qui cherche-t-il à protéger et de par son comportement pour le moins troublant, la piste faisant état des multiples documents en possession par la France et la CIA s’avèrent être des manœuvres de diversion car la clé qui permet de comprendre et de résoudre enfin l’affaire Ben Barka se trouve à RABAT, et pour peu que les principaux concernés vivants daignent bien parler, tout le monde aurait à gagner sauf les tortionnaires retraités qui ne veulent pas être inquiété par la justice française.


Le destin tragique de Mehdi Ben Barka illustre enfin, le drame vécu par de nombreux leaders tiers-mondistes et de révolutionnaires exemplaires d'une époque qui se clôt à La Havane en 1966, où les solidarités révolutionnaires et le combat politique finiront, peu à peu, par céder la place à la raison d'Etat, aux enjeux des politiciens conservateurs soucieux de conserver et d’élargir leur zone d’influence dans le monde et à d’autre assassinats, comme Che Guevarra, sauvagement assassiné par la CIA en 1967, en Bolivie et Mohamed BOUDIA (1932-1973) militant algérien de la révolution palestinienne assassiné par le Mossad.

Avant même d'avoir entamé son enquête, la police et la presse répandait aussitôt la thèse de l'accident : Mohamed BOUDIA a été tué en déposant la bombe qu'il transportait sur le siège arrière de sa voiture. Un geste maladroit a déclenché l'explosion. Il venait de prendre possession de l'engin dans un des nombreux laboratoires du quartier.

Quand un militant arabe est assassiné, il ne s'agit jamais d'un attentat, il s'agit toujours d'un « terroriste » victime de sa maladresse. A l’époque, le SDECE étant à cours d’idées aurait eu tout intérêt à privilégier la thèse d’un suicide ou d’un accident de voiture dans le but de protéger les responsabilités de la hiérarchie gaulliste ayant trempé dans l’opération de l’enlèvement de Ben Barka orchestré et planifié minutieusement depuis RABAT, ou les plus hautes sphères politiques françaises savaient pertinemment ce qui se tramait sur leur territoire bien avant la date fatidique du 29 octobre 1965 et n’avait envisagé de prendre aucune mesure pour faire avorter le contrat.





Minou99
Militant des droits
de l'homme
Pour Alterinfo
Le 10 Juillet 2007



Mardi 10 Juillet 2007


Commentaires

1.Posté par Anaxagore de samos le 11/07/2007 22:36 | Alerter
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Je suis désolé mais vous avez mélangé dans votre article plusieurs faits.
De plus, vous injuriez les marocains comme étant des traîtres et des lâches.
Comment osez vous écrire ceci. Et plutôt que de radoter, amener des faits précis. Vous restez vaseux et évasifs.
De plus, je vous trouve insultant.
Mais pour juger l'histoire ainsi c'est que vous êtes algérien, je suppose. Arrêter vos bêtises et instruisez vous plutôt que de proférér des insultes.
L'algérie a gardé à tindouf des soldats en travail obligatoire pendant plus de 30 ans, les nourrissant d'eau et de pain. ça c l'algérie qui le fait et c vrai, voir règlement du conflit saharaouis par les nations unies. Donc, vous êtes tous des tortionnaires, des criminels de guerres. Alors assez de conneries.


Voilà un article tiré du site http://www.algerie-dz.com/forums/archive/index.php/t-2346.html
édité par toubkal.

J’ai numérisé un chapitre concernant le conflit frontalier entre l’Algérie et le Maroc.
Source : Histoire des Alaouites
Auteur : BENOIT-Méchin
Éditeur : Librairie Académique PERRIN 1994


LES FRONTIÈRES ALGÉRO-MAROCAINES
Bien que nous nous soyons efforcés dans ces pages de nous placer avant tout d'un point de vue psychologique et moral, dépeindre l'action de Hassan II sans parler de sa politique étrangère serait l'amputer de ce qu'elle offre de plus intéressant.
Décidé à pratiquer une politique de « non-engagement », Hassan II a effectué de nombreux voyages à l'étranger, soit pour y régler des contentieux consécutifs à la décolonisation, soit pour y obtenir une aide économique susceptible d'accélérer le développement du pays, soit encore pour expliquer aux gouvernements étrangers les raisons pour lesquelles le Maroc ne tenait pas à s'associer à une « politique de blocs » : voyage à Washington, voyage à Bruxelles où il a été l'hôte du roi Baudouin et de la reine Fabiola; voyage à Moscou où il a établi des contacts fructueux avec MM. Podgorny, Brejnev et Kossyguine ; voyage à Madrid; enfin voyage à Paris.
Mais c'est surtout dans le domaine de la politique africaine que son action s'est manifestée avec le plus de bonheur.
Mohammed V, comme nous l'avons vu, était mort sans avoir pu régler le problème des frontières méridionales du royaume. Il avait refusé, à plusieurs reprises l, de discuter cette question avec les autorités françaises (Pour plus de détail voir l’annexe à la fin de cet article) en déclarant qu'à ses yeux elle relevait exclusivement de l'Algérie et qu'il attendrait que celle-ci ait accédé à l'indépendance pour fixer par des conversations directes les limites définitives entre les deux pays. La mort prématurée de Mohamrned V et le prolongement de la guerre d'Algérie n'avaient pas permis de pousser les choses plus loin. Le 6 juillet 1961, c'est-à-dire quatre mois après son accession au trône, Hassan II avait conclu un accord avec Ferhat Abbas, alors président du gouvernement provisoire de la République algérienne. Par une lettre ; adressée au roi du Maroc, le représentant de l'Algérie reconnaissait « le caractère arbitraire de la délimitation imposée par la France aux deux pays » et spécifiait que « les accords qui pourraient intervenir à la suite de négociations franco-algériennes ne sauraient être opposables au Maroc, quant aux délimitations territoriales algéro-marocaines ». L'accord stipulait en outre que la question serait résolue par voie de négociations et qu'une commission paritaire serait constituée à cet effet, dès que l'Algérie aurait accédé à l'indé-
Ipendance.
En juillet 1962, au lendemain de la signature des accords d'Évian qui faisaient de l'Algérie un État indépendant, Ferhat Abbas avait été évincé du pouvoir et tous les engagements pris antérieurement par lui considérés comme nuls et non avenus. Lorsque le gouvernement marocain s'était tourné vers Alger pour demander la constitution de la commission chargée de régler le problème des frontières, il s'était vu opposer une fin de non-recevoir catégorique. Ben Bella, qui avait succédé à Ferhat Abbas, et les chefs du nouveau gouvernement algérien affirmaient:
1) Qu'au vu des traités internationaux conclus avant l'instauration du protectorat et dont le plus ancien remontait à 1767, jamais aucun souverain chérifien n'avait prétendu exercer sa souveraineté au-delà de ;"!'Oued Noun, situé bien au nord de la ligne frontalière «actuelle».
2) Que l'Algérie aurait pu mettre fin beaucoup plus tôt aux combats qui l'avaient ensanglantée pendant six ans si elle s'était contentée de la partie septentrionale du territoire et avait renoncé au Sahara.
3) Que c'était seulement lorsque la France avait consenti à inclure le Sahara dans son territoire national que l'Algérie avait déposé les armes et qu'en conséquence de nombreux Algériens étaient morts pour atteindre cet objectif.
4) Que la République algérienne étant « une et indivisible » il n'était pas question de céder un seul pouce de son territoire et que, au surplus, le chef de l'État algérien ayant juré sur le Coran - c'est-à-dire sur ce que les Arabes avaient de plus sacré - de maintenir envers et contre tout l'intégrité du patrimoine national, il était impossible de violer cet engagement sans commettre un parjure.
Comme on le voit, les successeurs de Ferhat Abbas faisaient montre d'une intransigeance inentamable et fermaient résolument la porte à tout règlement négocié. « Quand a-t-on jamais vu un État faire don d'une partie de son territoire à un autre État? demandaient-ils. Le Maroc veut s'annexer une portion de l'Algérie ? Eh bien, qu'il vienne la prendre ! Il verra comment il y sera reçu... »
Ulcéré par cette attitude si peu conforme aux scrupules qui avaient empêché son père de régler le problème avec le gouvernement français, Hassan II crut pouvoir trancher la question par lui-même. Dans la dernière quinzaine d'octobre 1963, il fit occuper par de petits détachements symboliques des Forces armées royales certains points de garde situés dans la zone désertique qui s'étendait entre la Hamada du Draa et Colomb-Béchar. Comme cette région avait été de tout temps dans la mouvance de l'Empire chérifien, il n'avait nullement l'impression de pénétrer dans un pays étranger. L'opération s'effectua sans difficulté, car les postes étaient vides et il n'y avait aucune unité algérienne dans les parages.
Lorsque le gouvernement algérien apprit cette nouvelle, sa réaction fut immédiate. Il ameuta son opinion publique en annonçant à la radio que l'armée maro*caine avait franchi la frontière et occupait indûment une portion du territoire national. Quarante-huit heures plus tard, des formations de l'ALN3 débou*chaient dans la région. Au lieu de rester l'arme au pied en face des postes marocains, en attendant un arbi*trage, elles les attaquèrent nuitamment et massa*crèrent leurs chefs. Les soldats répliquèrent par un feu nourri. Le sang commença à couler de part et d'autre. De nouvelles formations de l'ALN accoururent à la res*cousse. Durant toute la journée suivante et le surlende*main, les Algériens renouvelèrent leurs attaques, mais sans pouvoir entamer la ligne de défense des Maro*cains, qui avaient reçu eux aussi des renforts. Finale*ment, ils s'essoufflèrent. L'ALN était constituée de groupes de volontaires habitués à la guérilla. Elle était insuffisamment rompue à la guerre classique pour pouvoir tenir tête à l'armée marocaine, bien encadrée et dotée d'un armement supérieur. Lorsque les Forces armées royales passèrent à la contre-attaque, elles culbutèrent les formations algériennes, qui se disper*sèrent dans toutes les directions. « II n'y avait plus rien devant nous, devait déclarer plus tard un officier maro*cain. La voie était libre. Si Sa Majesté nous avait donné l'ordre d'aller de l'avant, nous aurions pu marcher sur Alger sans rencontrer d'obstacle. »
Mais cet ordre, le roi ne le donna pas. Il n'avait jamais été dans ses intentions de déclencher une guerre algéro-marocaine. Il avait simplement voulu occuper une position favorable pour amener les Algé*riens à accepter la négociation. Il savait que la partie était loin d'être gagnée. Les meilleures unités algé*riennes étaient retenues en Kabylie, où l'opposition à Ben Bella avait voulu profiter de la situation pour fomenter une révolte. Lorsque ce soulèvement aurait été maté - ce qui ne tarderait guère -, ces unités se retourneraient vers l'ouest pour affronter les Marcains. Comme leurs effectifs étaient très supérieurs à ceux des Forces armées royales, celles-ci risquaient d'être écrasées sous le nombre.
De plus, cet affrontement armé entre deux pays frères avait soulevé une émotion intense dans toutes les capitales arabes. La situation était si tendue que la Mauritanie se sentit en danger et se tourna vers Alger pour lui demander son assistance. En quelques jours, Hassan II se trouva isolé. C'est pourquoi il trouva préférable de ne pas exploiter à fond l'avantage initial qu'il avait remporté sur le terrain. Toute nouvelle avance de ses troupes aurait débouché sur le chaos.
Convoquée d'urgence par l'empereur d'Ethiopie, agissant en tant que président de l'Organisation de l'unité africaine, une conférence quadripartite se réunit à Bamako (29-30 octobre 1963). Elle comprenait, outre Haïlé Sélassié, le roi du Maroc, le président Ben Bella et M. Modibo Keita, président de la République du Mali. A l'issue des entretiens qui prirent par moments un caractère orageux, les quatre chefs d'État africains décidèrent :
1) L'arrêt effectif des hostilités et l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, à compter du 2 novembre, à zéro heure.
2) La constitution d'une commission composée d'officiers marocains, algériens, éthiopiens et maliens, qui déterminerait une zone au-delà de laquelle les troupes engagées seraient retirées.
3) La constitution d'un corps d'observateurs maliens et éthiopiens chargés de veiller à la sécurité et à la neutralité de la zone démilitarisée.
4) La réunion, dans les plus brefs délais, des ministres des Affaires étrangères des États-membres de l'Organisation de l'unité africaine, afin de constituer une commission spéciale qui aurait pour mission :
a) de situer les responsabilités dans le déclenchement des hostilités4;
b) d'étudier le problème des frontières et de soumettre aux deux parties des propositions concrètes pour le règlement définitif de cette affaire.
Les quatre chefs d'État décidèrent en outre :
1) La cessation par l'Algérie et par le Maroc de toute attaque publique, par voie de presse ou de radio, à compter du 1er novembre 1963, à zéro heure.
2) L'observation stricte du principe de non-ingérence dans les affaires des autres États;
3) Le règlement par voie de négociation de tout différend susceptible de survenir entre États africains.
Pour bien marquer qu'il n'y avait ni vainqueurs ni vaincus, le protocole final tint à souligner que les conversations s'étaient déroulées « dans une atmosphère amicale ».
Mais lorsque la commission spéciale prévue à Bamako voulut se réunir pour apporter un règlement définitif au problème frontalier, elle n'aboutit à rien. Les avis se partagèrent et le litige demeura entier. L'opération militaire avait failli déboucher sur le chaos; l'action diplomatique débouchait sur le vide.
Alors Hassan II se dit que, pour sortir de cette impasse, il fallait repenser le problème de fond en comble et le transposer sur un autre plan. On ne peut qu'admirer la largeur de vues avec laquelle il procéda à cette révision. Il paria que l'intelligence et la raison finiraient par l'emporter sur l'esprit de revendication territoriale et que les nécessités de la coopération économique remplaceraient « les vieux rêves de grandeur et de sable ». C'était un pari risqué et d'autant plus méritoire que le jugement que l'Histoire porterait sur son règne dépendrait, en fin de compte, de son échec ou de sa réussite. Pourtant, il n'hésita pas. Il avait pris conscience des dimensions du problème. De par sa nature et sa complexité, il n'était pas un de ceux que l'on pouvait résoudre à coups de canon. En revanche, lui apporter une solution durable assurerait à l'Algérie et au Maroc un avenir lumineux.
Réduit à l'essentiel, il pouvait se formuler comme suit : nul ne pouvait contester que le territoire revendiqué à la fois par le Maroc et l'Algérie n'ait entretenu depuis le XIe siècle des liens beaucoup plus étroits avec l'Empire chérifien qu'avec l'Algérie, ne serait-ce que parce qu'à cette époque l'Algérie ne formait pas encore un État organisé. Mais il était non moins indéniable que le partage des territoires pratiqué par la puissance colonisatrice - et qui se trouvait concrétisé par les accords d'Évian - avait placé cette région à l'intérieur des frontières algériennes. Modifier cet état de choses par la force était impensable. Chaque fois qu'on le tenterait, les instances internationales interviendraient pour imposer un cessez-le-feu aux belligérants. Qu'en recueillerait-on pour finir? Rien que des ressentiments supplémentaires et des morts inutiles...
À côté de ces ombres, les éléments positifs : le bassin de Tindouf contenait dans son sous-sol d'énormes richesses minières. On y trouvait du fer d'excellente qualité, notamment le gisement de Gara-Djebilet, un des plus riches du monde, puisque les experts évaluent ses réserves à deux milliards de tonnes et que la teneur en fer du minerai est de 65 pour cent (contre 35 pour cent pour le minerai de Lorraine). Ce gisement était suffisant, à lui seul, pour assurer la prospérité de l'Algérie et du Maroc, à condition d'être exploité d'une façon rationnelle. Les techniciens voyaient déjà surgir, aux lisières du Sahara, une « Ruhr nord-africaine » susceptible de fournir du travail à plusieurs générations.
Ces projets ne relevaient pas de la fantasmagorie. On pouvait en chiffrer les résultats sur le papier. Comme le volume de ces minerais était beaucoup trop élevé pour pouvoir être consommé sur place, il fallait en prévoir l'exportation. Ceci posait le problème d'un débouché sur la mer. Or les ports algériens les plus proches, Arzew et Ghazaouet ', étaient à 1 300 kilomètres, Port-Étienne 2, en Mauritanie 3, à 1 400 kilomètres, alors que les ports marocains de La Gazelle et de Tarfaya4 se trouvaient respectivement à 400 et 515 kilomètres. (Une voie rejoignant directement la côte en traversant le territoire d'Ifni serait encore plus courte, mais elle posait le problème de l'enclave espagnole 5.) Or le coût du transport de la tonne de minerai de fer avait une incidence directe sur son prix de revient. En comparant ces diverses données, on obtenait le tableau suivant :
_____________
COÛT DE PRODUCTION PAR TONNE, SUR LA BASE DE 15 MILLIONS DE TONNES/AN

Variante de tracé
Distance en km
Coût Coût d'extraction du transport en dollars en dollars
Coût total en dollars

Arzew
1300
1,10 4,40
7,05

(Algérie)




Ghazaouet
1300
3,30
5,60

(Algérie)




La Gazelle
400
2,00
4,40

(Maroc)




Tarfaya (Maroc)
515
1,75
4,05

Port-




Étienne (Maurita*nie)
1400
NOP
5,15

D'où il résulterait que le coût du transport représente*rait :
- 4 fois le coût de l'extraction, en passant par Arzew;
- 3,3 fois le coût de l'extraction, en passant par Gha*zaouet;
- 2 fois le coût de l'extraction, en passant par La Gazelle ;
- 1, 75 fois le coût de l'extraction, en passant par Tar*faya.
En le faisant transiter par les ports algériens, le minerai de Tindouf n'était plus compétitif, alors qu'il le demeurait largement en transitant par les ports marocains. Pour tenter d'échapper à cette obligation, la Sonarem, ou « Société nationale de recherches et d'exploitations minières », dépendant du ministère algérien de l'Industrie et de l'Énergie, avait étudié quatre-vingt-quatre variantes du tracé, portant sur toutes les possibilités d'évacuation. Or toutes avaient abouti à la même conclusion; l'exploitation des richesses de Tindouf n'était rentable qu'à condition d'emprunter le territoire marocain. L'avenir n'était-il pas clairement inscrit dans ces chiffres?
Puisqu'il en est ainsi, s'était dit Hassan II, pourquoi continuer à nous disputer des richesses qu'aucun de nous n'est capable d'exploiter à lui seul ? Pourquoi ne pas nous mettre d'accord pour constituer un orga*nisme équivalant à ce qu'est pour l'Europe la Commu*nauté du charbon et de l'acier? Au lieu de nous épuiser dans des luttes stériles, pourquoi ne pas faire de ces territoires une sorte de condominium économique algéro-marocain, auquel on pourrait associer par la suite la Mauritanie6 et le Rio de Oro 7, le jour où il aurait été évacué par les Espagnols ? Ainsi se constitue*rait au nord-ouest de l'Afrique une vaste zone de coprospérité trois fois grande comme la France, au regard de laquelle les problèmes posés par le tracé des frontières perdrait, sinon toute signification, du moins beaucoup de leur acuité.
Reléguer à l'arrière-plan les litiges territoriaux, les laisser se dissoudre au fil des années ; donner, pendant une période à déterminer, la primauté à la coopération économique ; imprimer à cette coopération une impul*sion assez forte pour qu'elle puisse porter des fruits avant l'achèvement de la période prévue, telles furent les grandes lignes du plan que se traça Hassan II ; et à la mise en œuvre duquel il décida de consacrer tous ses efforts. Mais pour pouvoir se concrétiser, ces prin*cipes directeurs avaient besoin de l'accord de tous. D'où une question préalable : les autres chefs d'État seraient-ils assez clairvoyants pour comprendre à quel point ces conceptions répondaient aux exigences de notre époque, à son besoin de faire peau neuve, à son refus de se laisser enfermer dans les cadres trop étroits légués par le passé? Rien n'était moins certain, car les relations entre Rabat et Alger étaient restées tendues. L'affrontement d'octobre 1963 avait laissé de part et d'autre des séquelles douloureuses. Il y avait une pente difficile à remonter. Mais, là encore, les événements favorisèrent le jeune roi et montrèrent à quel point la chance était de son côté. Avec Ben Bella, un rapprochement eut été impos*sible. Celui-ci n'avait pas digéré les circonstances dans lesquelles son avion avait été détourné, ni la facilité avec laquelle Mohammed V s'était accommodé de sa longue détention 8. Durant la durée de son incarcéra*tion à l'île d'Aix et à Aulnoye, Khider, qui était son compagnon de cellule, n'avait cessé d'attiser sa méfiance envers Mohammed V et la dynastie alaouite.
Or, le 19 juin 1965, un coup d'État militaire avait évincé Ben Bella du pouvoir. Un homme nouveau l'avait remplacé à la tête du gouvernement algérien : le colonel Houari Boumédienne. Tempérament éner*gique et réalisateur, dont le laconisme tranchait sur le verbalisme démagogique de son prédécesseur, l'ancien commandant de la Wilaya V était bien trop perspicace pour ne pas voir tous les avantages qu'apporteraient à son pays un désamorçage du différend algéro-marocain et son remplacement par une formule de coopération économique. Ayant étudié le problème sous tous ses aspects, il était parvenu à des conclusions qui rejoignaient celles de Hassan IL Dès lors, il ne res*tait plus qu'à les mettre en pratique.
Aussitôt, les ambassadeurs se mirent au travail pour créer une atmosphère favorable à la détente. Ces efforts convergents reçurent une première consécra*tion le 15 janvier 1969, quand fut signé à Ifrane, dans la résidence d'hiver du roi, un traité de fraternité, de bon voisinage et de coopération entre le royaume du Maroc et la République algérienne. Date capitale dans l'his*toire du Maghreb! Un esprit amical, annonciateur du renouveau, semblait avoir balayé jusqu'au souvenir de la discorde. Pour apprécier l'importance de ce rap*prochement, il faut se référer au texte même du traité :
Art. I : Une paix permanente, une amitié solide et un voisinage fructueux, découlant naturellement de la fraternité séculaire liant les deux peuples frères, régne*ront entre la République algérienne démocratique et populaire et le royaume du Maroc, et viseront à l'édifi*cation d'un avenir commun et prospère.
Art. II : Les Parties contractantes s'engagent à renfor*cer leurs relations communes dans tous les domaines et notamment dans les domaines économique et cultu*rel, afin de contribuer à l'élargissement du champ de la compréhension mutuelle entre les peuples frères d'Algérie et du Maroc et au renforcement de l'amitié et du bon voisinage entre eux.
Art. III : Considérant que la coopération économique constitue une base solide pour leurs relations paci*fiques et amicales et vise à la promotion de leurs pays, les Parties contractantes apporteront leur participation réciproque au développement de cette coopération dans tous les domaines.
Art. IV : En cas de litige ou de différend, sous quel*que forme que ce soit, les Parties contractantes s'inter*disent de recourir à l'emploi de la violence entre elles et s'emploieront à régler leur différend par des moyens pacifiques [...], en application des principes et des résolutions de l'Organisation des Nations Unies, de la Ligue des États arabes et de l'Organisation de l'Unité africaine.
Art. VIII : Le présent traité restera en vigueur pen*dant une durée de vingt ans à compter de la date de sa mise en exécution9. Il est renouvelable, par tacite reconduction, pour une période de vingt ans, tant qu'il n'est pas dénoncé par l'une des Parties contractantes, par écrit, un an avant son expiration.
Pour le Royaume du Maroc
Le Ministre des Affaires étrangères
Ahmed laraki
Pour la République algérienne
Le Ministre des Affaires étrangères
Abdelaziz bouteflika
Je voudrais souligner deux points qui donnent à ce traité une signification particulière, devait dire Hassan II peu de temps après sa signature. D'abord, il a été contracté pour vingt ans - ce qui est un délai inhabi*tuel pour une convention de ce genre ; ensuite, il asso*cie étroitement la coopération culturelle à la coopéra*tion économique. Pourquoi? Parce qu'il est vain de vouloir faire avancer les choses si l'on ne s'occupe pas, en même temps, de faire progresser les esprits. J'ai souhaité que les écoles marocaines, algériennes - et pourquoi pas tunisiennes ? - dispensent à nos enfants un enseignement qui les rende plus conscients de leurs liens de parenté et leur apprenne à voir les choses sous un angle plus large que cela n'a été le cas jusqu'ici. Dans vingt ans, une nouvelle génération aura grandi, pour laquelle les problèmes de frontières n'existeront plus, ou, du moins, s'ils se posent, ce sera dans des termes très différents d'aujourd'hui. Entre-temps, le traité d'Ifrane aura fait ses preuves et sa reconduction ne soulèvera aucun problème, car chacun aura compris que le Maghreb tout entier est le plus petit espace géographique dans lequel nous puissions vivre. Songez qu'en l'an 2000 le Maroc, l'Algérie et la Tunisie auront, à eux trois, quatre-vingts millions d'habitants. Ces conceptions sont caractéristiques de la manière de penser de Hassan II. Ce n'est pas à lui qu'il faut apprendre que ce qui paralyse la vie, ce ne sont pas les contraintes, c'est le manque de hardiesse.
Fin
Annexe:
Durant les négociations de Paris, les autorités françaises ont proposé au roi Mohamed V de fixer le tracé des frontières dans les confins sahariens, afin d’éviter toute contestation ultérieur. Elles se sont même déclarées prêtes à inclure la région de Tindouf et la Hamada du Draa dans le territoire marocain. Mais Mohamed V leur a opposé un refus catégorique. A ses yeux, la question des frontières méridionales du royaume relève exclusivement du Maroc et de l’Algérie : elle doit être réglée d’un commun accord entre les deux pays. Or l’Algérie, dans l’état actuel, n’a pas voix au chapitre. Elle est engagée dans des combats dont dépend son avenir. Le roi répugne à profiter de cette situation pour lui porter un coup bas.« Aucun avantage moral ou matériel, déclare-t-il, ne saurait justifier un acte de félonie. Nous réglerons cette affaire plus tard, entre voisins. Je n’ai pas voulu accabler la France lorsqu’elle était à terre ce n’est pas pour frapper un pays frère lorsqu’il se trouve en difficulté.»
Chacun rend hommage à son élévation morale. Mais comme ses interlocuteurs français lui font observer que la France n’a nullement l’intention de quitter l’Algérie et que cette situation risque de se prolonger longtemps, il répond, imperturbable :« Eh bien!nous attendrons!»
Source : Histoire des Alaouites
Auteur : BENOIT-Méchin
Éditeur : Librairie Académique PERRIN 1994
Page 165

2.Posté par MINOU99 le 12/07/2007 19:23 | Alerter
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Vous ne faites que du copier et coller sans apporter la moindre argumentation à vos propos qui ne sont pas les vôtres et qui n’ont aucun rapport avec le sujet en question. Et cela vous dérange si j’affirme que le complot orchestré à partir de RABAT implique Hassan II et sa bande de tueurs invétérés et que si Rabat ne bloquait par ses entraves inadmissibles des témoins essentiels à l’affaire, la vérité aurait jailli dans toute sa splendeur et la justice aurait abouti. La thèse faisant état de ramifications associant les Etats-Unis et le Mossad est battue en brèche tout comme les assertions farfelues tendant à montrer que ben Barka aurait été un agent de l’est (et puis après, ou est le problème ?) est un enrobage bien construit de contournement du dossier Ben Barka pour détourner la question afin de disculper la piste marocaine et de brouiller les pistes.

3.Posté par lui01 le 20/03/2009 00:01 | Alerter
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il est remarqué que les marocains ne s´ aime pas etre eux.
durant la periode de lutte contre les francais le piege consistait a faire comprendre aux marocins sous la dominance que les citoiyens vont gouverner le Maroc promis.
Des que les Francais se retournaient a cultiver leurs propres chanps et a redemarrer leurs usines.
Les marocains se rtrouvent en servise de paysans Francais a Marseil! et les promesses de la lutte?
l'explosion commence.Tu remarques meme la mefiances des Marocais entre eux chez eux ou au travail.
on travail mais on veut aussi devenir superieur en denoncant ....

les officiers aux pouvoires qui éxploitent les richesses de terres et de mines n'echappet pas aux maneuvres
de mefiances et de regler les comptes por devenir plus haut. mais jamais comme un Francais.
Les Francais se respecten entre eux.Les Marocains jamais, sauf pour un but personnel.
Abus de pouvoires, mefiances, peures, terorrisme,...? tous aboutis a la disparitions de Ben barka.
Tout le monde veut un chef Francais a l'usine a Paris ou a Marseil.
Hassa II était avant tous un MAROCAINS qui a pu echappé a plusieures tentatives les plus déchirantes.
Les mersenaires sont tués .Mais Hassan deux est toujours vivants.J' aime mon roi.
Les Marocains doivent aprendre a faire la differences entre le fait d'etre un opposant politique qui respect un autre marocain qui s´ appele le roi sa famille inclu, et un autre opposant qui se deteste lui meme car il est un marocain qui ne sait respecter un autre Marocain qui est de tute facon un roi ou un ouvrier.
Commencer a changer vos programmes, a éduquer vos enfants pourque la famille royale se derigent vers la solutions de problemes fondamenteaux.
Mehdi Ben barka, les derigeants de lutte pour l'independance comme Hassan deux et Mohammed 5 ont étaient éxilés,mais ils ne sont pas disparus!!!! Apres l'idependances plusieurs se sont au maroc ou ailleurs
sont partis brusquement vers l'autre monde.
Mehdi ben barka a particippait á l'independance de la patrie.D'ou son respect metité.
Hassan II a pu enfin aprés un fatiguant combat contres de gens qui ne comprenaient pas que leurs actions etaient contre eux meme et contre le Maroc.
aprenenez á se respecter entre vous et comprendre certains simples principe d'éxistances humaines.
Sans sa lutte acharnée Hassan II aurait du etre tués par des Marocains! Et sa famille a sevecu.
Respectez votre roi mort ou vivant.Respectez tou autre Marocain afin de laisser votr roi dormir tranquilement,
Il en a eu suffisament avec Ouhkir et les autre assissins.

Le crime s'est produit en France .D'oú sa responsabilité.
pouvez vous a faire pressions et a condamner l'occuppant Francais?
La justice Francaise éxiste toujours, mais pour les Francais entr eux.
Vou etes exclus et condamnés par cette justice meme.
Cependant vous etes toujours vivants.Diux merci!
Peut etre , mais il est trop tard aprés 40 ans deja!
Vou pensez le cotraire ?aprovez votre action.Jamais, jamai, jamais.

Laisser l éleve et son professeur se reposer car ils ont fait leur possible pour liberer le pays et de nous instruiser a lire et a écrir et d'ápprendre a etre Marocins.
chacun est resposable de ses actes.
J'ai etais aussi prisonier au Maroc!
La vraie prison est la condanation Francaise.
Vive le roi.












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