Politique Nationale/Internationale

DÉFAITE HISTORIQUE DE TONY BLAIR






Le 9 novembre, 49 députés travaillistes ont lâché le Premier ministre Tony Blair en votant contre la clause la plus controversée de son plan « anti-terreur ». Cette clause, qui prévoyait 90 jours de détention provisoire pour les suspects, a été rejetée par 322 voix contre 291, malgré la majorité de 66 sièges dont disposent les travaillistes. Parmi les 49 députés dissidents, 11 étaient d’anciens ministres.


Mercredi 16 Novembre 2005

DÉFAITE HISTORIQUE DE TONY BLAIR
Avant le vote, Blair a dû faire revenir d’urgence le ministre des Finances Gordon Brown et le ministre des Affaires étrangères Jack Straw, qui étaient respectivement en visite en Israël et en Russie, pour soutenir le gouvernement. Même le président du Parti travailliste, Ian McCartney, qui se remet d’une opération du cœur, a pris la peine d’aller voter. Mais cela n’a pas suffi pour renverser la tendance. Il s’agissait d’un vote « three-line whip », c’est-à-dire d’une telle importance que les clauses du projet de loi sont soulignées trois fois et que la discipline de parti est de rigueur. Les dissidents peuvent même être expulsés du parti s’ils ne soutiennent pas un « three-line whip » - à condition que le dirigeant du parti soit suffisamment fort. Le scrutin du 9 novembre constitue la plus grande défaite de ce type pour un gouvernement depuis 1979.

Les dissidents travaillistes ont déjà fait savoir que Blair peut s’attendre à une opposition encore plus dure s’il tente d’imposer des propositions controversées, telle une plus grande privatisation des secteurs de la santé et de l’éducation. Cette défaite est attribuée au ministre de l’Intérieur Charles Clarke et il pourrait la payer de son poste, mais tout le monde a compris que le véritable perdant était Tony Blair. Clarke avait tenté de négocier un compromis sur une période de détention provisoire plus courte, mais Blair n’en voulait pas. A la fin, une mesure de détention de 28 jours a été adoptée, ce qui représente tout de même 62 jours de moins que ce que demandait le gouvernement.

Par ailleurs, le Glasgow Herald rapportait dans son édition du 13 novembre qu’environ 200 députés - travaillistes, conservateurs, libéraux-démocrates et autres - pourraient soutenir une demande d’ouverture d’enquête sur le comportement de Blair avant la guerre d’Irak. La Chambre des communes pourrait créer une commission d’enquête afin d’examiner les affirmations de Blair sur les prétendues « armes de destruction massive » irakiennes et son engagement prématuré de partir en guerre, en collusion avec l’administration Bush-Cheney, comme le documentent les « Mémos de Downing Street ». Le Sunday Herald citait un député : « Ce serait une occasion en or. Ce serait un retour de bâton pour Blair sur la façon dont il a manipulé le Parlement avant la guerre d’Irak en 2003. La défaite de la semaine dernière a changé l’atmosphère aux Communes. La chasse est ouverte, comme ils disent. »

Solidarité et progrès


Jeudi 24 Novembre 2005

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