Palestine occupée

D’une Intifada à l’autre


Jérusalem. Deux soulèvements palestiniens sont venus répondre à la persécution et aux violations israéliennes.

Mavie Maher - Al-Ahram/hebdo


Mavie Maher
Mercredi 14 Octobre 2009

Sharon sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem le 28 septembre 2000
Sharon sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem le 28 septembre 2000

La première Intifada (surnommée la révolte des pierres) avait éclaté à Gaza le 9 décembre 1987 (quelques mois après le 20e anniversaire de l’occupation israélienne), déclenchée par un accident de circulation, un camion israélien écrase une voiture palestinienne, tuant quatre Palestiniens. Cet accident n’était que la goutte d’eau qui fait déborder le vase, où d’autres raisons plus profondes étaient présentes. Les Palestiniens étant sujets à des humiliations quotidiennes, les conditions de travail se dégradent.

Jérusalem est réunifiée par Israël et est déclarée sa capitale « éternelle et indivisible ». L’accès à l’Esplanade des mosquées et aux lieux saints musulmans est réglementé. Les sources d’eau de la bande de Gaza et de la Cisjordanie sont détournées au profit des colonies israéliennes et au détriment des Palestiniens. Durant cette Intifada, les jeunes avaient un rôle remarquable, et les Palestiniens en général ont réagi directement sans attendre les pays arabes ou même le pouvoir palestinien. Elle était également une révolte fiscale et un essai vers l’autosuffisance économique. En ajoutant à ces éléments la durée de plus de quatre ans, l’étendue à l’ensemble des territoires occupés, les manifestations sous forme de rassemblements massifs, les arrêts de travail généralisés, l’autogestion de la vie quotidienne et les tentatives de désobéissance civile, ainsi que les participants, jeunes et aînés, femmes et hommes, réfugiés, ouvriers, paysans, commerçants et intellectuels, qui se rassemblèrent autour d’un mouvement uni et coordonné, cette Intifada avait une ampleur significative dans l’histoire du conflit israélo-palestinien.

Cette Intifada a créé de nouvelles données changeant le jeu. La naissance du Hamas était l’un de ces changements radicaux. Les disciples du cheikh Ahmad Yassine lui ont demandé de prendre part au mouvement, en adoptant une ligne militante à la place de sa politique de prédilection. Il ne voulait pas participer à des actions armées contre Israël et a interdit ce genre d’actions à ses disciples, car il était convaincu qu’une confrontation avec Israël serait coûteuse. L’Accord d’Oslo, signé en 1993 entre l’OLP et le gouvernement israélien, a mis fin à la première Intifada.

(JPG) La deuxième Intifada est connue sous le nom d’« Intifada d’Al-Aqsa ». Elle éclata le 28 septembre 2000, en réaction à la visite controversée d’Ariel Sharon, à l’époque chef de l’opposition Likoud, sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem. Cette visite provoqua une explosion de colère parmi les Palestiniens, excédés par la stagnation du processus de paix, ainsi que par la poursuite de l’occupation israélienne et de l’expansion des colonies. Le lendemain, les premiers heurts éclatèrent. Plus de 200 morts palestiniens en un mois, dont un tiers de moins de 17 ans. Pour répondre à cette brutalité, l’intifada se militarisa à partir du début novembre 2000. L’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon en février 2001 intensifia considérablement la répression. Celui-ci généralisa la politique de « liquidation » des activistes palestiniens. Les militants palestiniens du Hamas, du Djihad islamique et des Brigades d’Al-Aqsa (proches du Fatah), de leur côté, lancèrent des opérations kamikazes à travers les villes israéliennes.

L’offensive massive du printemps 2002, nommée opération Rempart, amorça la destruction systématique des infrastructures et des cadres de la vie matérielle et sociale des Palestiniens, au moyen notamment de démolitions de maisons, bombardements des camps de réfugiés, pillages, destruction de plantations d’olives, arrestations massives et détentions administratives. L’intifada actuelle a des conséquences extrêmement graves. Les incursions militaires dans les territoires occupés, ainsi que l’imposition de couvre-feux et restrictions de mouvement, dont le blocus des villes et le bouclage des territoires fréquents, ont rendu la vie insupportable pour toute la population civile palestinienne.

Depuis septembre 2000, les affrontements ont fait 5 580 morts, dont 4 458 Palestiniens, 1 045 Israéliens et 77 autres au 30 novembre 2006.



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Al-Ahram/hebdo - Semaine du 14 au 20 octobre 2009, numéro 788 (Evènement)
http://www.info-palestine.net


Mercredi 14 Octobre 2009


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