Economie

Crise économique généralisée et Relativité économique générale



Jeudi 23 Avril 2009

Crise économique généralisée et Relativité économique générale
L'essentiel sur la crise des "subprimes"

L'impact des subprimes sur les systèmes économiques, financiers et les enjeux géostratégiques mondiaux©


Une crise pas comme les autres

Par Jean de Dieu MOSSINGUE
(Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Stratégique, DESS en Ingénierie de l'Innovation, ancien professeur de Sciences Economiques et Sociales dans l'Académie de Versailles).

SOMMAIRE

Remerciements

Image représentative de l'évolution de la crise

C'est la plus grave crise que le monde ait connu depuis la Grande Dépression des années 1930. Une crise d'une nouvelle nature liée à l'émergence d'une forme de financement bien spécifique : la titrisation, qui est une technique financière consistant à transférer à des investisseurs des créances - hypothécaires américaines en l'occurrence - en les transformant en titres financiers émis sur le marché des capitaux pouvant être acquis par n'importe quel investisseur à travers le monde. Elle a abouti à un séisme tsunamique qui se différencie de la grande crise de la dette des pays émergents des années 1980 par le seul fait de ce mode de financement. Du fait de la dissémination internationale des crédits immobiliers américains à haut risque - « subprime » -, il paraît impossible de rassembler autour d'une même table les créanciers pour renégocier un échéancier des intérêts et du principal (source : lesechos).

Présentation

La finance mondiale est entrée dans une nouvelle phase de son histoire, plus rien ne sera comme avant.

La crise des subprimes est l'éclatement d'une gigantesque bulle du crédit, gonflée par des taux d'intérêt bas et surtout par des produits dérivés innovants, évalués pour les dérivés crédits à 26 000 milliards de dollars selon lexpansion.com. A partir de la fin des années 80, Wall Street a trouvé des moyens de transformer les crédits immobiliers en titres à vendre aux investisseurs, qui ont été attirés par le rendement de ces nouveaux produits financiers. Des rendements alléchants autour de 30% et une croissance exponentielle, ont occasionné la cessité des investisseurs qui n'ont pas vu venir l'énorme vague entrainée par une force invisible, le "tsunami financier" ©. Une vague tellement haute que la main invisible d'Adam Smith pourtant si nécessaire, n'a pas su comment l'anticiper. De cette manière, sans prêter attention, la galaxie financière a fait entrer l'univers économique et financier dans un hyper trou noir. Comment faut-il procéder pour en sortir ?

Le quotidien libération fournit une explication synthétique du cheminement de la crise des subprimes et de ses conséquences. Avec retard, l'économie réelle a été sérieusement contaminée et ses bases ont été profondément entamées.

Dans un article intitulé "la révolution dérivée" écrit par Christian Marazzi, qui vantait les mérites des produits dérivés innovants, en montrant la différence qui existe entre valeur notionnelle ou monétaire des produits dérivés échangés journellement sur les marchés, et valeur liquide (replacement cost) des mêmes contrats, et mis en ligne en mai 2000, la valeur notionnelle des produits dérivés était déjà de 40,7 mille milliards de dollars, et, seulement 1,7 était réellement versé à l’échéance, soit 4,3 % du volume total des titres négociés. Sur les 40,7 mille milliards de dollars de produits dérivés échangés en 1995, 65,4 % concernaient des contrats de taux d’intérêt dans la même monnaie, 32,3 % étaient des contrats de taux de change, 1,5 % seulement des actions, et 0,8 % sur marchandises. Sur la somme totale des contrats de taux d’intérêt et taux de change, 55 % des transactions impliquaient des contreparties étrangères, d'où une globalisation intense de ces marchés.

Les archives des Echos fournissent d'autres chiffres ou les complètent. En effet, le quotidien relate que la valeur notionnelle des produits dérivés en circulation, c'est-à-dire leur valeur faciale (tout à fait théorique), avait dépassé les 280.000 milliards de dollars en juin 2006, selon les données fournies par l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA). L'explosion de leur valeur notionnelle a été multipliée par environ cinq depuis 2000, ce qui déjà à l'époque inquiètait certains observateurs, soucieux en particulier des risques systémiques sur les dérivés de crédit. Et ce, même si les marchés avaient depuis le 11 Septembre 2001, bien résisté aux chocs qu'ils ont subi, le dernier en date était les pertes du fonds spéculatif Amaranth Advisors, à qui tous les gestionnaires désiraient confier leurs capitaux, et qui s’était écroulé en septembre 2006, effaçant six milliards de dollars d'un trait de plume détonant, 65% de la valorisation des fonds Amaranth International et Amaranth Partners s'était évaporée en moins d’un mois, pourtant l'outrance de la perte n'inquiéta pas la planète finance, ni ne rameuta le ban et l'arrière-ban des autorités régulatrice. Les dérivés de crédit affichaient la plus forte croissance avec un doublement chaque année, leur valeur notionnelle était estimée à 26.000 milliards (ceux dont parle lexpansion.com), et la proportion des transactions confirmées sur une plate-forme électronique avaient doublé de 80 %. Les dérivés d'actions représentaient en 2006, encore une faible part de l'ensemble, avec une valeur notionnelle de 6.400 milliards (Les Echos n° 19762 du 29 Septembre 2006 • page 35).

Les produits dérivés représentent l’essentiel de la masse monétaire, 630 000 milliards de dollars, c'est à dire 13 fois le PIB mondial. Les CDS (Credit default swap) qui sont au cœur de la tempête représentent 62 000 milliards de dollars dans le monde. Les CDS sont des contrats financiers entre acheteurs et vendeurs de protection. Il n’y a aucun fond pour garantir ces contrats et en cas de difficultés, le vendeur de protection est obligé de fournir de l’argent bien réel. Ces opération n’apparaissent pas dans le bilan des organismes financiers (on appelle cela une « exposition hors bilan ») et c’est pour cela que le pire est à venir ! L’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques a déclaré le 30 juin 2008 que les banques commerciales US possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés. Son dernier rapport (30 septembre 2008) précise que JP Morgan Chase détiendrait 43 000 milliards de dollars en produits dérivés et Citigroup 17 500 milliards soit plus que le PIB mondial. Les sommes en jeu sont colossales et, pour rappel, les entreprises sont interconnectées à l’aide de CDS pour un montant de 62 000 milliards de dollars. (alterinfo.net du 30/11/08).

La crise des subprimes, muée en crise économique et financière globale, semble ne pas être une surprise pour les professionnels de la finance. C'est pourquoi au regard de l'ampleur des effets directs ou collatéraux et de l'absence de réalisme, d'objectivité et de subjectivité anticipative, de veille, d'intelligence économique, de communication et de stratégie anticipante sérieuses, nous avons été aménés à nous poser un certain nombre de questions.

Que pouvaient-elles faire ?

Principales instances mondiales de régulation

Source : lesechos

Etait-il possible d’anticiper la crise des subprimes ? Existerait-t-il d’autres "tsunamis" du genre susceptibles d’entamer les fondations du système ou de mettre à mal les acteurs concernés ? Dans l’affirmative quels remèdes faut-il pour s’en prémunir ?

Les Banques centrales joueront-elles toujours le rôle de "pompiers" en dernier ressort pour les acteurs financiers (banques, fonds d'investissements, hedge funds, assurances...) ?

Quelles auraient été les conséquences sur le système global d'une contagion généralisée ?

Malgré tout une récession peut -elle pointer à l'horizon (effet domino)? Quel est l'impact sur les entreprises, les autres organisations ou les particuliers ?

Le saviez-vous ?

Aux Etats-Unis, le déficit public a atteint 9 500 milliards de dollars (lemonde.fr du 14/07/08), 8% du PNB américain (1000 milliards de dollars) vient d’emprunts, ce qui représente les deux tiers de toutes les liquidités disponibles (alterinfo.net du 05/08/08), de nombreuses branches industrielles souffrent, comme les banques, qui ont été très imprudentes, l'immobilier, la construction, etc. La croissance ralentit, le chômage grimpe et l'inflation resurgit. Les cours du pétrole ont atteint des niveaux records, le dollar est en chute libre et le marché du crédit immobilier est en pleine déliquescence. La première économie mondiale court le risque d'entrer en récession et d'entraîner dans sa chute ses partenaires commerciaux, l'Europe et l'Asie. Les craintes d’un scénario alliant croissance faible et forte inflation pèsent sur les Bourses mondiales.

L'inflation n'est plus un épouvantail, elle constitue une menace réelle puisqu'elle a atteint 5 % en juin 2008 en rythme annuel aux Etats-Unis, son plus haut niveau depuis 1991, et qu'elle frise les 4 % dans la zone euro. Pour les marchés financiers, la menace inflationniste est la mère de tous les maux. Elle est tout d'abord directement responsable de la hausse des taux d'intérêt à court et long terme, ce qui a pour effet de renchérir le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers, pesant sur le niveau d'activité économique en limitant le pouvoir d'achat des ménages et l'investissement. Elle conduit aussi à une concurrence frontale entre les placements obligataires qui offrent des rémunérations de plus en plus attrayantes et les actions pour lesquelles les investisseurs attendent des rendements toujours plus élevés. Comme les capacités de distribution de dividendes sont limitées, voire orientées à la baisse en période de crise, l'ajustement se fait par une baisse du cours de Bourse. L'inflation provoquée par la hausse des coûts de production en raison de l'envolée du prix des matières premières et des tensions qu'elle créée au niveau des salaires, pèse aussi sur les marges des entreprises. Leurs perspectives bénéficiaires s'en trouvent dégradées et les niveaux de valorisation sont revus à la baisse. L'engrenage est redoutable, surtout s'il conduit à la stagflation, combinant hausse des prix et ralentissement de l'activité (source : jdf.com).

Indicateurs représentatifs du climat économique et financier mondial

Depuis le début de la crise, les indices boursiers en général ont beaucoup chuté partout dans le monde, le moral des ménages aussi.

Le déficit commercial des Etats-Unis a légèrement reflué en mai, la faiblesse du dollar a permis à la première puissance économique mondiale de réduire un peu le déséquilibre de ses échanges avec plusieurs grands partenaires comme l'Union européenne, le Japon et le Canada.

L’économie américaine a perdu 63.000 emplois non agricoles en février, sa plus mauvaise performance depuis mars 2003. Le marché du travail affiche sa deuxième perte mensuelle consécutive. Le consensus Reuters tablait sur 25.000 créations de postes, d'autres analystes s'attendaient à 100.000 créations de postes nettes. Le solde de janvier a été révisé de –17.000 à –22.000 et celui de décembre de 82.000 à 41.000. Le secteur privé, a détruit un total de 101.000 postes en février, la plus forte baisse depuis mars 2003, seul le secteur public a réussi à créer 38.000 postes de professeurs, de pompiers ou d'infirmières. Le taux de chômage diminue de 0,1 point à 4,8% de la population active, alors que le marché avait anticipé 5%. Les secteurs les plus touchés sont, la construction dont la main d'oeuvre a été réduite de 39.000 postes sur les huit derniers mois et le secteur de la distribution qui a détruit 34.100 jobs, le recul le plus élevé sur cinq ans. Sur les deux premiers mois de 2008, les entreprises financières américaines se sont séparées à elles seules de 20.000 employés, selon des chiffres du cabinet spécialisé Challenger, Gray & Christmas. En outre, le département du Travail américain a fait état vendredi 04 avril 2008, de 80.000 suppressions d'emplois nettes le mois de mars 2008, la plus forte dégradation observée depuis cinq ans. Ces pertes d'emplois s'ajoutent aux 152.000 sur les deux mois précédents. Le taux de chômage est parallèlement monté de 4,8% à 5,1%, son plus haut niveau depuis septembre 2005. La Réserve fédérale américaine a déjà abaissé ses taux d'intérêt de trois points depuis la mi-septembre pour ramener le principal d'entre eux de 5,25% à 2,25% afin de soutenir l'activité économique, l'emploi manufacturier a perdu 48.000 postes en mars, la plus forte baisse depuis juillet 2003, dont 24.000 dans l'automobile. Les effectifs de la construction ont diminué de 51.000, le neuvième mois consécutif de baisse pour le secteur. Le secteur des services aux entreprises a supprimé 35.000 emplois en mars 2008, pour la plupart dans le domaine du travail temporaire, le commerce de détail en a supprimé 12 000 (latribune.fr, challenges.fr, lemonde.fr du 04/04/08, investir.fr, latribune.fr du 07/03/08, actualite.free.fr du 18/03/08, alternative economique d'avril 2008).

Evolution de l'emploi de février 1998 à février 2008 aux Etats-Unis

On constate qu'après une embellie entre 1998 et 2000, l'emploi s'est dégradé à partir de septembre 2000, pour se redresser courant juillet 2003 et fléchir à nouveau de façon inquiétante en août 2007.

Evolution de la balance commerciale des Etats-Unis depuis 1990

Source : US Bureau of Economic Analysis et US Bureau of Labour & Statistics. (Contreinfo.info).

La croissance américaine au quatrième trimestre 2007 a été de 0,6% (en rythme annuel), revenant à son niveau du premier trimestre, qui était le plus faible depuis la fin 2002. Malgré une augmentation de son PIB de 4,9% au troisième trimestre, la croissance sur l'ensemble de l'année 2007 a été de 2,2%, contre 2,9% en 2006, le rythme le plus faible depuis 2002. La consommation des ménages a augmenté de 1,9% au lieu de 2% attendu par les spécialistes, après une progression de 2,8% au troisième trimestre. L'investissement dans la pierre a chuté de 25,2% au lieu de 23,9% estimés précédemment, la baisse la plus forte enregistrée depuis 1981. Les investissements des entreprises n'ont progressé que de 6,9% (au lieu de 7,5%), leurs stocks ont fondu comme neige (-10,1 milliards de dollars, ce qui a retiré l'équivalent de 1,49 point au PIB). Seule la balance commerciale a fait mieux que prévu, avec des exportations en hausse de 4,8% et des importations en recul de 1,9%. L'indice des prix liés aux dépenses de consommation (PCE) a progressé de 4,1% (au lieu de 3,9%), et l'indice PCE de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 2,7%. L'indice de base est à son niveau le plus haut depuis le deuxième trimestre 2006, et dépasse largement la fourchette de tolérance de la Fed qui est comprise entre 1 et 2% (latribune.fr du 28/02/08).

Selon Reuters, la banque Merrill Lynch estime que la recession qui semble s'annoncer aux Etats-unis pourrait être plus dure que celle de 2001 et se rapprocher, par son ampleur, de celle des années 1990. En se référant aux antécédents américains, on constate que pendant le choc pétrolier de 1973-75, le PIB américain avait reculé de 3,1%, entre 1981-82, la croissance américaine fut négative (-2,9%) et les dernières récessions furent celles 1990-91 avec -1,3% et -0,3% en 2001 (latribune.fr du 22/03/08). L'activité de l'industrie manufacturière dans la région de Philadelphie ayant ralenti, l'indice d'activité de la Banque fédérale de Philadelphie, un indicateur très suivi de l'activité manufacturière, est tombé à -24 en février alors que le marché l'attendait à -11 seulement, ce qui traduit une contraction de l'activité. L'indice des perspectives à six mois a également chuté à -16,9, contre +39,6 en octobre 2007 (usinenouvelle.com du 22/02/08). Merrill Lynch a d'ailleurs porté plainte contre XL Capital Assurance Inc pour l'obliger à honorer ses obligations contractuelles en matière de CDS (Credit default swaps), des contrats d'assurance contre le risque de défaut. XL Capital Assurance a garanti environ 3,1 milliards de dollars de CDO de Merrill avec CDS, selon le texte de la plainte. Cette affaire inquiète les investisseurs qui pensent que l'exposition de la banque pourrait être plus importante qu'on ne l'imaginait, et ses garanties sur les CDO moins solides que prévu (actualite.free.fr, lemonde.fr du 19/03/08). Une étude publiée vendredi 29 février 2008 par UBS, estime que "l'économie va subir plus de dégâts que ce qui était jusqu'à présent admis". Le montant de la facture des "subprimes" pourrait monter jusqu'à 600 milliards de dollars, qui est la somme des pertes que devraient provoquer les crédits immobiliers à risque. Sur l'ensemble de ces pertes, "seulement'' 350 milliards de dollars seraient imputées aux banques et aux courtiers". Jusqu'à présent, le secteur financier (banques et courtiers) a enregistré des dépréciations d'actifs d'environ 160 milliards, (challenges.fr, latribune.fr du 29/02/08). Le milliardaire Warren Buffett estime lundi 03/03/08 lors d'un entretien accordé à la chaîne d'information financière CNBC, qu'en "prenant une définition basée sur le bon sens", les Etats-Unis sont "en récession".

Contre cet avis, Patrick de Faguier directeur adjoint de la stratégie du Crédit Agricole Asset Management (CAAM), soutient qu'il n'y aura pas de récession aux Etats-Unis, ni un fort ralentissement de la croissance mondiale en 2008. Car selon lui, malgré deux trimestres consécutifs de croissance négative, la récession sera évitée. L'économie mondiale restera bien orientée grâce à l'existence d'"absorbeurs de chocs" engendrés par le dynamisme des économies des pays émergents, en phase d'autonomisation par rapport aux pays développés ; la solidité des entreprises industrielles, due à un ratio des bénéfices par rapport au PIB élevé ; et aux liquidités abondantes en provenance des énormes surplus financiers dégagés par les pays émergents.

En vérité, l'économie américaine tangue et a besoin d'une ancre pour se stabiliser, l'indice de confiance du consommateur Reuters-Université du Michigan est tombé en février 2008 à son plus bas niveau depuis 16 ans, à 69,6, un niveau qui s'apprente à celui des années des récessions du milieu des années 1970, du début des années 1980 et du début des années 1990. L'activité manufacturière dans la région de New York a reculé pour le quatrième mois consécutif en février 2008, tombant à son plus bas niveau depuis avril 2003, selon les chiffres de l'indice "Empire State". L'indice des conditions générales d'activité est ressorti à -11,72 en février 2008 contre 9,03 en janvier (confirmé), la plus forte baisse d'un mois sur l'autre jamais enregistrée. L'indice d'activité "Empire State" a subi la plus forte baisse en un mois de son histoire, tombant à -11,72 soit son plus bas niveau depuis avril 2003. Le taux d'utilisation des capacités de production manufacturière a reculé en janvier à 79,7%, revenant ainsi sous son niveau moyen des 35 dernières années qui ressort à 79,8%. La production industrielle globale, incluant aussi le secteur minier, l'énergie et les services aux collectivités est utilisée à 81,5%, en hausse de 0,1% en janvier 2008.

Résurgence de l'inflation: les prix à l'importation ont augmenté de 1,7% entre décembre et janvier, en raison notamment de l'envolée des cours du pétrole et des produits alimentaires, ceux à l'exportation ont varié de 1,2%. En rythme annuel, la hausse des prix à l'importation atteint 13,7%, la plus forte progression enregistrée depuis 1982. Une croissance ralentie conjuguée à l'accélération de l'inflation conduit à la "stagflation", s'agit-il de ce cas de figure ? Les entrées nettes globales de capitaux aux Etats-Unis ont chuté à 60,4 milliards de dollars en décembre 2007, contre un montant révisé à 150,8 milliards le mois précédent. Le déficit commercial américain a atteint 58,76 milliards de dollars en décembre 2007. Les entrées nettes de capitaux à long terme ont été réduites à 56,5 milliards en décembre 2007, contre 90,9 milliards en novembre. Les achats d'emprunts du Trésor ont fortement baissé, à 1,44 milliard de dollars contre 23,54 milliards en novembre 2007 et 49,83 milliards en octobre (actualite.free.fr, latribune.fr du 15/02/08, actualite.free.fr du 18/02/08).

Evolution des prix des matières premières en 2007

Le prix des matières premières comme les métaux, les combustibles ou l'alimentation ont été en nette augmentation depuis début 2007. Les prix du pétrole et du blé ont subi une hausse avoisinant les 2/3, celui du plomb a plus que doublé aux Etats-Unis, et celui du plomb s'est envolé à 26% (autre source : lemonde.fr).

L'indice S & P des matières premières est en hausse de 74 % sur les douze derniers mois. Le prix du minerai de fer a augmenté de 90 %. Les coûts de production ont progressé de 10 % à 15 % par an, largement en dessous des 31 % en moyenne de l'indice des matières premières des cinq dernières années. Les fonds investis dans des actifs sont passés de 70 à 220 milliards de dollars en trois ans. Or le prix du minerai de fer se négocie par des contrats à long terme entre sidérurgistes et groupes miniers. Les acheteurs industriels et les investisseurs ayant la capacité de payer, ont fait que les cours montent jusqu'à ce que suffisamment d'acheteurs laissent tomber (lemonde.fr du 16/07/08).

Malgré la bonne tenue des prix du pétrole et des minerais, les grands de la mine et de l’énergie subissent une sévère correction boursière. BHP Billiton a vu sa capitalisation boursière perdre 27,2% de sa valeur pour retomber à 199,42 milliards de dollars. Une baisse moindre cependant que ses concurrents immédiats, le brésilien Vale (-30,4% à 150,53 milliards) et l’autre australo-britannique, Rio Tinto (144,27 milliards). Certains grands mineurs diversifiés comme le britannique Anglo American et l’anglo-suisse Xstrata résistent un peu mieux, perdant respectivement 26,3% et 20,5% de leur valeur la plus élevée. Mais le producteur de charbon chinois Shenhua, qui s’était immiscé parmi les grands à la faveur d’une introduction partielle de son capital, toujours contrôlé majoritairement par l’Etat, plonge de 65,4% à 77,37 milliards de dollars. Globalement, a calculé Barry Sergeant, de Mineweb, la capitalisation combinée des 20 plus grosses sociétés minières a reculé de 26,2%, entrainant un recul de 542 milliards de dollars pour ne plus valoir « que » 1 224,2 milliards.

La chute a été plus rude pour les valeurs pétrolières. Les 20 plus importantes sociétés cotées de ce secteur ont perdu 846 milliards de dollars, soit en pourcentage 23,1%, légèrement moins que les minières. Le numéro un de l’énergie, Exxon Mobil résiste particulièrement bien n’enregistrant que 16,9% de recul. Entrainés par la chute de la bourse de Shanghai, les sociétés pétrolières chinoises perdent toutefois la moitié de leur capitalisation, PetroChina voit 53,1% de sa valeur s’envoler en fumée alors que Sinopec ne fait guère mieux avec une perte de 47,9%. Les producteurs de zinc ou de nickel ont subi de fortes corrections en raison de la chute des cours, mais les pétroliers ont vu également leur valeur boursière s'effriter malgré l’envol des cours du pétrole. La raison est que la hausse des prix de l’énergie et des métaux impacte lourdement les coûts de production des producteurs de matières premières. Ces derniers ont également été rattrapés par les conséquences de la crise du crédit qui a sensiblement renchéri les coûts des investissements dans les nouveaux projets (usinenouvelle.com du 17/07/08).

Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté, la construction montre de nouveaux signes de faiblesse, l'inflation en rythme annuel a atteint 4,3% en janvier 2008, après 4,1% en décembre, selon les statistiques publiées le 20 février 2008 par le département du Travail. Les prix de détail ont augmenté de 0,4%, d'un mois sur l'autre. La hausse des prix des produits alimentaires (+0,7% après +0,1% en décembre) s'est accélérée. L'inflation de base, qui exclut l'alimentation et l'énergie s'est aussi accélérée, atteignant 2,5% en janvier contre 2,4% le mois précédent et s'éloigne un peu plus du seuil de 2% considéré comme le plafond de la zone jugée confortable par la FED. Le département du Commerce a fait état d'une baisse de 3% en janvier du nombre de permis de construire délivrés, tombé à son plus bas niveau depuis plus de 16 ans.

Publié lundi 03/03/08, l'indice d'activité du secteur industriel aux Etats-Unis, calculé par le groupement national des directeurs d'achats des entreprises du secteur (ISM), a baissé à 48,3 points en février 2008, contre 50,7 points en janvier, il était attendu à 48. Cette réduction traduit un ralentissement de l'activité dans le secteur manufacturier, car un indice en dessous de 50 indique une contraction de la production. Le département du commerce américain a également annoncé le même jour, un recul de 1,7% entre décembre 2007 et janvier 2008, des dépenses de construction aux Etats-Unis (latribune.fr).

D'après Kevin Flanagan, stratège obligataire de Morgan Stanley, la courbe de l'inflation de base s'est élevée, les permis de construire, sont revenus à 1,048 million en rythme annualisé, leur niveau le plus bas depuis les 984.000 enregistrés en novembre 1991. Les mises en chantier de logements, ont atteint 1,012 million en rythme annualisé en légère hausse par rapport à décembre (1,004 million), qui marquait le rythme le plus bas depuis mai 1991. Les demandes de prêts baissent à cause de la hausse du coût des crédits immobiliers (lemonde.fr du 20/02/08)...

La crise était prévisible

L'immobier américain s'est affaissé brutalement depuis 2006, après une longue période d'euphorie, commencée un peu avant 1991.

Pourtant dès la fin de l'année 2006, les premiers signes d'un ralentissement de l'immobilier aux Etats-Unis se sont manifestés, mais les investisseurs qui raffolaient de ce type de produits offrant des rendements élevés en rapport avec le risque pris, n'en ont pas tenu compte. Ils ont eu un excès de confiance, un manque de transparence et un manque de rigueur dans les pratiques. Les régulateurs de cinq pays ont publié le 11/03/08, une étude sur les pratiques de gestion des risques de onze banques. Selon eux, les pertes subies étaient surtout la conséquence d'erreurs de débutant commises par les dirigeants. Les banques qui ont su tirer profit (retour d'expérience) des leçons des crises liées aux junk bonds (obligations pourries) et la bulle Internet ont été capables d'identifier la montée des périls dès 2006. Elles ont pour cela surpassé les modèles dépassés et statiques usuellement utilisées et ont été capables de mesurer le risque de liquidité et de casser les barrières bureaucratiques qui empêchent les mauvaises nouvelles de remonter au sommet.

Leur étude a touché un des noeuds du problème, car le rehausseur de crédit américain FGIC a déposé une plainte auprès d'un tribunal de New York contre la banque allemande IKB, pour lui avoir fourni des informations erronnées qui l'ont amené à passer d'importantes provisions d'un montant de 1,9 milliard de dollars liées à un véhicule d'investissement. Cette somme provisionnelle a impacté son résultat et le niveau de ses fonds propres réglementaires, ce qui aurait influencé la décision des trois principales agences de notation financière (Standard and Poor's, Moody's et Fitch) d'abaisser sa note en-dessous du "triple A". Or la note est un élément fondamental pour l'image des rehausseurs de crédit, dont l'activité en dépend. Cette situation démontre l'importance de la maîtrise de l'information stratégique et concurrentielle et de la veille par les entités, elle est la matière première de la décision et se trouve au centre nerveux de la "bataille" économique et financière qu'elles se livrent (lemonde.fr, challenges.fr du 11/03/08).

En outre, plusieurs témoignages épinglent le manque de prudence de la direction de Freddie Mac dont Richard "Dick" Syron, PDG du géant américain du refinancement hypothécaire. Ce dernier a choisi d'ignorer les mises en garde formulées par ses équipes sur la politique d'achats de prêts par l'établissement, rapporte mardi 5 août le New York Times. Dans un entretien au quotidien, David Andrukonis, l'ancien responsable de la gestion des risques, affirme ainsi avoir averti le P-DG de Freddie Mac, et ce dès 2004. Il lui aurait expliqué que l'établissement achetait des prêts à risque "qui présentaient un risque énorme sur les plans de l'image et de la situation financière de la société du pays". Le New York Times cite également d'autres témoignages, en tout près d'une vingtaine, émanant de dirigeants, d'analystes, d'actionnaires et de régulateurs, qui affirment tous que Richard Syron a passé outre les appels à la prudence."Il a dit que nous ne pouvions pas nous permettre de dire 'non' à qui que ce soit", a ainsi rapporté David Andrukonis (challenges.fr du 05/08/08).

Les ventes des maisons nouvelles et existantes ont commencé à chuté depuis 2005, après une réelle euphorie dans le secteur de l'immobilier, ayant atteint un pic de 8,5 millions de maisons vendues cette dernière année faste, pour ensuite chuter vertigineusement. Un scrutage sérieux de l'information aurait soulevé des interrogations, voire des réticences (source : jdf.com).

L'Intelligence Economique, Stratégique et Compétitive au centre de la bataille économique et financière des entités

Un juge fédéral a déclaré lundi 3 novembre 2008 que les actionnaires d'AIG (American International Group) avaient perdu plus de 500 millions de dollars (395,4 millions d'euros) du fait d'une fraude comptable destinée à dissimuler la véritable situation financière de l'ex-numéro Un mondial de l'assurance. L'avis rendu vendredi 31 octobre 2008 par le juge Christopher Droney signifie que cinq anciens dirigeants reconnus coupables de fraude comptable en février risquent jusqu'à la prison à perpétuité. L'expert cité par les procureurs estime que la fraude a coûté 1,2 à 1,4 milliard de dollars aux actionnaires d'AIG. Selon un calcul effectué avec une autre méthode, la perte se monte à 544 à 597 millions de dollars. Le magistrat a retenu la fourchette basse, bien que la défense conteste toute perte pour les actionnaires. La fraude aurait floué plus de 250 investisseurs. On ignore quand la sentence sera prononcée. AIG a été sauvé et nationalisé de fait en septembre grâce à un prêt relais de 85 milliards de dollars de la Banque fédérale américaine, avant d'obtenir un accord pour 37,8 milliards de dollars supplémentaires. (fr.news.yahoo.com du 04/11/08).

L'autorité américaine de régulation des marchés boursiers, la Securities and Exchange Commission (SEC), a annoncé mercredi 3 septembre 2008 avoir engagé des poursuites contre deux courtiers de Wall Street. Le gendarme boursier les accuse d'avoir escroqué des clients pour plus de 1 milliard de dollars alors qu'ils travaillaient pour Credit Suisse. Julian Tzolov et Eric Butler auraient induit en erreur leurs clients en leur faisant croire que leurs placements étaient un investissement "liquide et sans risque". Au lieu de cela, les titres de placement souscrits par les deux courtiers étaient adossés à des "subprime mortgage", des emprunts immobiliers à hauts risques et autres CDO ("collateralized debt obligation"), ainsi qu'à des prêts non garantis. Là où les clients cherchaient un investissement sûr (notamment des titres adossés à des prêts garantis par l'Etat, comme les prêts étudiants), les courtiers leur ont fait acheter des placements plus risqués. Et ces derniers n'ont pas hésité à fausser les références envoyées à leur clients, en gommant les termes "CDO" et "mortgage". L'objectif des deux courtiers était d'abuser de la crédulité de leurs clients pour obtenir illégalement, sur ces placements liés aux "subprime", des commissions beaucoup plus élevées. Avec l'éclatement de la crise, les clients ont perdu tout leur argent (latribune.fr, lesechos.fr du 02/09/08).

UBS dans la tourmente. Après la crise des "subprime", elle est aujourd'hui mise en cause, avec la banque LGT, dans une affaire de fraude fiscale qui pourrait atteindre 100 milliards de dollars. La justice américaine lui réclame également 25 milliards de dollars pour avoir trompé des milliers d'investisseurs américains. Andrew Cuomo, réclame Vingt-cinq milliards de dollars, et a déposé un recours contre la banque suisse, l'accusant d'avoir trompé des milliers d'investisseurs américains. Il réclame la restitution à ces derniers de 25 milliards de dollars. Andrew Cuomo reproche à UBS d'avoir présenté, "de manière erronée", à ses clients des produits financiers appelés ARS ("auction-rate securities") comme un placement dont ils pouvaient se désengager facilement s'ils souhaitaient récupérer leurs fonds. Selon le ministère de la Justice de l'Etat de New York, 50.000 clients sont concernés, dont 7.000 New-yorkais. Les ARS sont des obligations à taux variable fixé par enchères ("auction-rate securities"), marché de plusieurs centaines de milliards de dollars, en grande difficulté depuis le début de l'année. Le taux d'intérêt de ces obligations est réactualisé sur un rythme hebdomadaire ou mensuel par le biais d'un mécanisme d'enchères. A chaque enchère, l'investisseur qui détient ces obligations peut s'en défaire, les cédant à un autre, ce qui les rend théoriquement très "liquides" ou faciles à vendre. Mais la propagation de la crise financière a bloqué le mécanisme d'enchères courant février, le volume des offres diminuant de manière importante. Le dysfonctionnement a alors empêché les investisseurs de revendre leurs obligations.

D'après Andrew Cuomo, "Aujourd'hui, les clients d'UBS se trouvent détenteurs de 25 milliards de dollars de titres illiquides de long terme, résultat de la conduite illégale et de la présentation frauduleuse de UBS". L'autorité de régulation des marchés du Massachusetts a déjà déposé, fin juin 2008, un recours en justice contre UBS, l'accusant d'avoir trompé les investisseurs en décrivant les caractéristiques de ces obligations et en se rendant coupable de conflit d'intérêts. Andrew Cuomo a précisé que son recours était différent de celui du régulateur du Massachusetts, dans la mesure où il n'est pas limité par une juridiction et peut demander la restitution de fonds au nom de tous les clients américains de UBS détenteurs de ces obligations. UBS a annoncé, le 16 juillet 2008, qu'elle compte racheter jusqu'à 3,5 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) de ces obligations à ses clients aux Etats-Unis, pour répondre à l'illiquidité de ce marché. Mais UBS est également dans le collimateur du gouvernement américain pour une affaire cette fois de fraude fiscale. Selon les estimations, le coût de l'évasion fiscale s'élèverait à 100 milliards de dollars annuels pour les Etats-Unis. La justice américaine a en début de semaine autorisé le fisc à demander à UBS les noms de contribuables américains soupçonnés d'avoir mis leur argent à l'abri sur les comptes de l'établissement helvétique. Ces données étant confidentielles en raison du secret bancaire en Suisse, l'IRS (fisc américain) ne peut pas obliger directement UBS à révéler les noms de ses clients américains, mais doit transiter par les autorités helvétiques. Les autorités suisses sont les seules habilitées à lever le secret bancaire, si elles estiment que la fraude fiscale est avérée. Elles transmettront alors les informations à leurs homologues américains, en ayant préalablement informé les titulaires des comptes qui peuvent faire appel de cette décision.

Le Sénat américain accuse la banque suisse UBS, première banque du pays, et sa consoeur du Liechtenstein LGT d'avoir aidé des riches clients américains à soustraire plusieurs milliards de dollars au fisc. Martin Liechti, responsable de la gestion de fortune aux Etats-Unis, retenu en Floride depuis plus de deux mois comme "Material Witness" (témoin matériel, littéralement) et de Mark Branson, directeur financier de l'activité de gestion de fortune et de banque d'affaires, deux dirigeants d'UBS ont été auditionnés par le Sénat, suite à l'affaire Birkenfeld. Déjà mi-juin, Bradley Birkenfeld, banquier américain et ancien collaborateur d'UBS, avait reconnu devant un juge fédéral de Floride, avoir aidé des clients à détourner des millions de dollars d'impôts. UBS aurait géré, en Suisse, 19 000 comptes de clients américains non déclarés à l'IRS, dont le solde se chiffre à 18 milliards de dollars (11,34 milliards d'euros). Le rapport affirme qu'"UBS a permis à ces clients de conserver des comptes en Suisse et les a aidés à réinvestir dans d'autres types d'actifs qui n'entrainaient pas d'obligation de déclaration au fisc américain, malgré les preuves que ces clients américains utilisaient ces comptes pour dissimuler des actifs au fisc américain". La banque a confirmé elle-même ces données aux enquêteurs américains, qui ont salué sa collaboration, mais Carl Levin a accusé la plus haute hiérarchie de la banque, ajoutant qu'"il est impossible que les principaux dirigeants n'aient pas été au courant de ces pratiques", le sénateur ayant basé ses accusations sur le nombre de voyages réalisés en douce par les employés d'UBS aux Etats-Unis ces dernières années (latribune.fr du 24/07/08).

Le cas de la banque britannique HBOS, numéro un du marché des prêts immobiliers au Royaume-Uni est patant, un mystérieux trader a lancé de fausses rumeurs sur le Net, le 19 mars 2008, sur la présumée santé fragile de cette institution. Ces fausses informations ont permis à ce mystérieux fraudeur d'empocher la coquette somme de 100 millions de livres (128,39 millions d'euros), ce dernier ayant utilisé la technique du "trash and cash" (démolir et réaliser son gain). Cette technique consiste à emprunter à des fonds de pension des actions de sociétés jugées vulnérables pour les revendre. Pour que la technique fonctionne, on propage par la suite des rumeurs malveillantes afin de faire chuter le titre. Le produit de la cession est ensuite utilisé pour racheter de nouvelles actions au plus bas qui sont remises au fond de pension. La plus-value du trader est la différence de prix entre les actions empruntées et les nouvelles. Or depuis la défaillance de la banque américaine d'investissement Bear Stearns, les hedge funds et autres fonds spéculatifs se sont précipités comme des vautours sur les titres des banques britanniques fortement exposées à l'immobilier ou à l'endettement des ménages. La technique financière en question est tout à fait légale, mais, la propagation de fausses nouvelles en vue de manipuler les marchés est un délit, c'est la raison pour laquelle l'autorité de tutelle des marchés, la Financial Services Authority (FSA) a lancé une enquête criminelle pour identifier qui est l'heureux bénéficiaire de ce joli coup boursier en pleine crise des subprimes.

Dans la City de Londres où exerce HBOS, le 20 mars 2008, le Crédit suisse a également révèlé des irrégularités, plusieurs de ses traders londoniens avaient caché des pertes de 1,4 milliard de livres sur des produits financiers complexes dans le but de préserver leurs primes de fin d'année. Les soupçons d'irrégularités pèsent donc sur la City avec la multiplication de ces failles, il faille y rémédier le plus rapidement en mettant en place des mesures de contrôles, de vérification et de surveillance (veille active) ou d'anticipation afin de minimiser les risques. L'intelligence économique, stratégique et concurrentielle est une arme redoutable contre les fraudeurs ou les malveillances que les organisations doivent savoir utiliser afin de parer à toute éventualité et contrer les nuisances (lemonde.fr du 21/03/08). Par ailleurs, le groupe STMicroelectronics a porté plainte contre le Credit Suisse pour lui avoir fait investir 450 millions de dollars en ARS en les qualifiant de produits sans risques. « Au moins une dizaine d'autres entreprises multinationales sont victimes du même scénario », affirme la plainte du groupe européen. Une douzaine d'États américains enquêtent sur le sujet, de même que le gendarme de la bourse américaine, la SEC. Le ministre de la Justice de l'État de New York, Andrew Cuomo, est le plus virulent (lefigaro.fr du 09/08/08).

Un autre cas, celui de la banque américaine Lehman Brothers qui a été escroquée de 35,2 milliards de yens, soit 225 millions d'euros, au Japon, une escroquerie perpétrée avec la complicité présumée d'ex employés de la maison de commerce japonaise Marubeni. Il semble que la banque américaine Lehman Brothers soit tombée dans un piège sophistiqué tendu par un imposteur, à l'aide de faux documents confectionnés par deux employés de Marubeni. Selon les médias japonais, la fraude a pour origine une société, Asclepius, spécialisée dans le financement de projets dans le secteur de la santé. Le patron de cette société avait levé des fonds auprès de plusieurs investisseurs japonais et étrangers, dont Lehman Brothers, en prétendant que l'argent serait destiné à un projet de rénovation d'hôpitaux. Pour convaincre ces investisseurs, l'escroc présumé avait présenté des lettres de garantie de Marubeni qui sont des faux documents élaborés par les deux employés de la maison de commerce qui engageaient le groupe à rembourser les sommes levées et les intérêts en cas de défaut de paiement. L'imposteur et ses complices avaient poussé la perfection jusqu'à organiser une réunion d'information dans les locaux mêmes de Marubeni et ont fait miroiter aux investisseurs un rendement de 10% minimum. Asclepius a finalement fait faillite début mars 2008. Le pot aux roses a été découvert le 6 mars, lorsqu'un des investisseurs s'est inquiété de ne pas recevoir les intérêts promis et a déposé une réclamation auprès de Marubeni, s'apercevant au passage que les garanties données étaient fausses. En cette période de vache maigre une telle somme vaut de l'"or", ici l'intelligence et la veille stratégiques aurait pu déjouer le piège (lesechos.fr, fr.news.yahoo.com, boursorama.com, latribune.fr, afp.google.com du 31/03/08).

Aux Etats-Unis, la justice américaine enquête depuis plusieurs mois, sur la banque Wachovia et d'autres établissements financiers américains, dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent présumé, impliquant des bureaux de change mexicains et colombiens. Plusieurs banques, sont dans le collimateur d'enquêteurs fédéraux en raison des transactions financières qui les lient à ces bureaux de changes, soupçonnés de blanchir de l'argent issu du trafic de drogue. Le Wall Street Journal en ligne du samedi 26 avril 2008, affirme que Wachovia a annoncé coopérer pleinement avec les enquêteurs et serait en discussions avec le département de la Justice sur une réforme de son système de contrôle de la conformité des transactions, avec un possible règlement amiable à la clé. Le même jour, Wachovia par la voix de sa porte parole, Christy Phillips-Brown, a démenti ces informations dans les termes suivants : "la citation de l'article selon laquelle Wachovia serait en discussion pour un règlement à l'amiable n'est pas vraie". La porte-parole a refusé de confirmer ou de démentir l'existence d'une enquête en cours, en s'appuyant sur le fait que "la banque ne fait pas de commentaire sur des enquêtes en cours et n'a pas fait de commentaire comme le suggère l'article" du WSJ. Elle a ajouté que "Wachovia est engagée à maintenir un solide programme contre le blanchiment d'argent". Wachovia et d'autres banques américaines concernées ont commencé fin décembre 2007, à rompre les liens avec plusieurs bureaux de change mexicains. Des règlements amiables ont déjà permis de mettre fin à certaines enquêtes, selon le Wall Street Journal. Le quotidien affirme également que deux banques, Union Bank of California et American Express Bank International ont accepté de payer plusieurs millions de dollars d'amendes dans le cadre d'enquêtes sur du blanchiment d'argent. Les bureaux de change ont une forte activité, en raison des échanges financiers entre les immigrés latino-américains aux Etats-Unis et leur pays d'origine, environ 50 milliards de dollars seraient chaque année échangés via cette activité (boursorama.com du 26/04/08).

Le FBI a estimé à un milliard de dollars le coût des fraudes au crédit immobilier aux Etats-Unis. Une opération du département américain de la Justice visant des fraudes au crédit qui ont contribué à la crise de l'immobilier dans le pays a permis d'inculper aux Etats-Unis, 406 professionnels de l'immobilier depuis mars, dont plusieurs dizaines cette semaine. Selon le FBI, les pertes pour les acquéreurs de logement et d'autres emprunteurs qui ont été victimes de l'escroquerie s'élèvent à plus d'un milliard de dollars (646 millions d'euros). Une fraude qui "représente une menace importante pour notre économie, la stabilité du marché immobilier et la sérénité de millions d'Américains", a commenté le vice-ministre de la Justice Mark Filip dans un communiqué publié jeudi 19 juin 2008. Depuis le 1er mars 2008, 1.406 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'"Opération prêt malveillant". A Chicago, Miami et Houston, soixante ont été arrêtées uniquement pour la journée de mercredi 18 juin 2008. Les banques ont signalé près de 53.000 cas de fraude présumée au crédit immobilier en 2007, contre 37.000 en 2006 et environ dix fois moins en 2001 et 2002, selon le département du Trésor. Ces derniers mois, le FBI a enquêté sur un nombre estimé de 1.300 cas de fraude au crédit immobilier.

Deux anciens gérants de fonds de Bear Stearns, Ralph Cioffi et Matthew Tannin, responsables de deux hedge funds dont la chute en 2007 a contribué à déclencher la crise internationale du crédit, ont également été arrêtés, et devraient être inculpés pour fraudes présumées sur des titres, dans le cadre d'une enquête fédérale, selon le FBI. D'après le Wall Street Journal, la procédure d'inculpation devrait évoquer un courrier électronique personnel envoyé par un gérant concerné au second et qui semble suggérer que ces fonds de Bear Stearns étaient en difficulté, plusieurs jours avant que l'un de ces gérants ne déclare aux investisseurs être confiant concernant les actifs. Les deux hommes sont accusés d'avoir sciemment trompé des investisseurs au printemps 2007, en les poussant à continuer à investir dans deux fonds qu'ils savaient au bord de l'effondrement. La faillite de ces deux fonds en juin 2007 a fait perdre 1,4 milliard de dollars aux investisseurs. Un e-mail de M. Tannin à M. Cioffi en avril est particulièrement édifiant: "le marché des +subprimes+ a l'air vraiment pourri... Si (nos modèles internes) ne sont même qu'A PEINE EXACTS, je pense que nous devrions clore les fonds dès maintenant. Car si (ce modèle) est correct l'ensemble du marché des subprime est fichu (...) Si les obligations à note AAA sont dégradées systématiquement, il n'y a aucun moyen pour nous de gagner de l'argent, jamais" (les majuscules étaient dans le texte original). L'enquête montre aussi que des carnets et ordinateurs des deux inculpés ont disparu, alors qu'ils avaient été réclamés par le régulateur boursier, la SEC, dans le cadre d'une enquête sur l'effondrement des deux fonds à l'été 2007. Le ministère et le FBI ont mené une enquête de 3 mois et demi une enquête baptisée "Opération Hypothèques Malhonnêtes", consacrée à la débâcle financière liée à ces crédits immobiliers accordés sans barguigner à des emprunteurs peu solvables, et aux multiples produits financiers qui y étaient adossés (fr.news.yahoo.com, easybourse.com, agence Bloomberg, lesechos.fr, boursorama.com, matin.qc.ca, usinenouvelle.com du 19/06/08).

Autre problème, la banque américaine régionale M&T Bank a porté plainte contre Deutsche Bank, pour "fraude", après avoir perdu de l'argent dans un investissement financier. Le Wall Street Journal croit savoir mardi 17 juin que l'établissement dont le milliardaire Warren Buffet est actionnaire s'en prend également au gestionnaire de fonds HBK Investments dans cette plainte déposée devant un tribunal de New York. La banque a perdu 82 millions de dollars dans des titres financiers CDO (collateralized debt obligations), adossés à des crédits immobiliers à risque américains ("subprime"). Selon M&T Bank, Deutsche Bank a "caché des informations provenant des agences de notations concernant la qualité" de ce type de produit. M&T Bank est détenue à hauteur de 6,1% par l'homme le plus riche du monde, Warren Buffett (challenges.fr du 17/06/08). Par ailleurs, Bloomberg, citant deux sources proches d'un autre dossier a rapporté le 16 juillet 2008 que la Securities and Exchange Commission (SEC) a adressé des assignations à témoigner à plusieurs sociétés parmi lesquelles Deutsche Bank, Goldman Sachs et Merrill Lynch dans le cadre de ses investigations sur des soupçons de manipulation des cours de Lehman Brothers et Bear Stearns. L'autorité des marchés financiers américains veut saisir des relevés de transactions et des correspondances électroniques. Le Wall Street Journal, citant une source proche du dossier, avait annoncé le 15 juillet 2008 que la SEC a adressé des citations à plus de cinquante gestionnaires de hedge funds pour réunir des informations sur des ventes à découvert et des opérations sur options portant sur Bear Stearns et Lehman (fr.news.yahoo.com, challenges.fr du 16/07/08).

La société de conseil aux actionnaires Deminor a écrit à l'Autorité des Marchés Financiers pour contester les conditions d'introduction en Bourse de Natixis par les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires à l'automne 2006. "Deminor accuse les deux actionnaires bancaires de Natixis d'avoir procédé à une vente forcée de titres lors de son entrée sur le marché". Selon Deminor, les deux établissements auraient "mis en place une politique commerciale agressive auprès de leurs clients pour placer en ne prenant pas toujours les précautions d'usage (...) voire en attribuant des actions à des personnes qui ne souhaitaient pas souscrire ces titres". Le cabinet Déminor profite du fait que l'AMF procède actuellement à une enquête sur les procédés d'information et de communication liée à la crise des « subprimes » des banques Natixis, Crédit Agricole et Société Générale. Or Il y a un précédent, la Société Générale et la BNP Paribas avaient déjà été sanctionnées à l'automne 2007 par l'AMF pour avoir utilisé la technique du « forcing » auprès de leurs clients pour la vente des titres EDF. Après une forte chute des titres après l'introduction en Bouse, les deux banques ont remboursé leur client. Comme Deminor, l'Adam et l'Afub contestent aussi les conditions de la chute du cour de Natixis qui a de nouveau chuté le 21 juillet 2008, suite à deux séances de forte hausse à la Bourse de Paris dues à l'annonce de son augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros. Il perdait 2,43% à 5,63 euros (fr.news.yahoo.com, lefigaro.fr, lemonde.fr du 22/07/08).

Enfin, HSBC a égaré un CD de données contenant des informations personnelles sur plusieurs de ses clients. Le disque contient les noms, dates de naissance et niveaux de couverture d'assurance de 370.000 personnes ayant contracté auprès de la banque des polices d'assurance-vie. Le géant bancaire HSBC a néanmoins précisé que "le disque de données perdu par HSBC ne contient aucune adresse ou coordonnée bancaire de clients, et pourrait faire l'objet d'une utilisation très limitée, voire nulle, par des personnes mal intentionnées" et que les données étaient protégées par un mot de passe. Le CD en question a été envoyé début février par messagerie de la poste depuis Southampton, en Grande-Bretagne, et était destiné au réassureur Swiss Re. Habituellement, ce type d'information est transmis par ligne internet sécurisée mais le système ne fonctionnait pas le jour de l'expédition malencontreuse. Avant HSBC, Norwich Union Life, l'un des principaux assureurs-vie de Grande-Bretagne, a reçu une amende de 1,26 million de livres sterling en décembre dernier pour avoir exposé ses clients à un risque d'escroquerie. Les escrocs ont exploité des failles dans les systèmes de contrôle du groupe d'assurance, en se faisant passer au téléphone pour des clients et ont obtenu auprès des centres d'appel de Norwich des informations sensibles. Dans certains cas, les escrocs ont modifié les adresses et comptes bancaires des clients pour lesquels ils se sont fait passer, encaissant à leur place un total de 3,3 millions de livres de polices d'assurances. Les risques sont donc innombrables pour ses acteurs, pouvant se manifester à tout moment et faire mal si l'on y prend garde, MIESC Consulting s'insère donc dans ce dispositif et fait gagner du temps et de l'argent à ses interlocuteurs en anticipant les menaces et parfois même en les étouffant dans l'oeuf, afin de mieux les préserver de certains risques parmi lesquels, le risque de réputation, les risques technologiques, les risques de crédit, les risques de marché et de liquidités, la fraude aux moyens de paiement, les risques de blanchiment d'argent, le risque de perte des données, le risque de vol ou les risques macroéconomiques. Nous verrons avec l'affaire Kerviel que la question de la vigilance, de l'anticipation et des contrôles est au centre du dispositif des entités, et qu'elles ne devraient pas faire des économies malvenues sur ce chapitre si sensible (actualite.free.fr, usinenouvelle.com du 07/04/08)...

Les prévisions étaient à portée de vue

Ainsi, pour revenir à notre propos sur les subprimes, pendant la longue période des années fastes, la construction immobilière s'est accrue considérablement, la Réserve Fédérale avait décrété des taux d'intérêt moins élevés afin d'endiguer la crise de 2000-2001, ce qui a entrainé une surproduction et une augmentation des prix de l'immobilier et déclenché des spéculations sur le marché boursier.


Lire la suite: L'essentiel sur la crise des "subprimes"

L'impact des subprimes sur les systèmes économiques, financiers et les enjeux géostratégiques mondiaux©


Une crise pas comme les autres

Par Jean de Dieu MOSSINGUE
(Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Stratégique, DESS en Ingénierie de l'Innovation, ancien professeur de Sciences Economiques et Sociales dans l'Académie de Versailles).

SOMMAIRE

Remerciements

Image représentative de l'évolution de la crise

C'est la plus grave crise que le monde ait connu depuis la Grande Dépression des années 1930. Une crise d'une nouvelle nature liée à l'émergence d'une forme de financement bien spécifique : la titrisation, qui est une technique financière consistant à transférer à des investisseurs des créances - hypothécaires américaines en l'occurrence - en les transformant en titres financiers émis sur le marché des capitaux pouvant être acquis par n'importe quel investisseur à travers le monde. Elle a abouti à un séisme tsunamique qui se différencie de la grande crise de la dette des pays émergents des années 1980 par le seul fait de ce mode de financement. Du fait de la dissémination internationale des crédits immobiliers américains à haut risque - « subprime » -, il paraît impossible de rassembler autour d'une même table les créanciers pour renégocier un échéancier des intérêts et du principal (source : lesechos).

Présentation

La finance mondiale est entrée dans une nouvelle phase de son histoire, plus rien ne sera comme avant.

La crise des subprimes est l'éclatement d'une gigantesque bulle du crédit, gonflée par des taux d'intérêt bas et surtout par des produits dérivés innovants, évalués pour les dérivés crédits à 26 000 milliards de dollars selon lexpansion.com. A partir de la fin des années 80, Wall Street a trouvé des moyens de transformer les crédits immobiliers en titres à vendre aux investisseurs, qui ont été attirés par le rendement de ces nouveaux produits financiers. Des rendements alléchants autour de 30% et une croissance exponentielle, ont occasionné la cessité des investisseurs qui n'ont pas vu venir l'énorme vague entrainée par une force invisible, le "tsunami financier" ©. Une vague tellement haute que la main invisible d'Adam Smith pourtant si nécessaire, n'a pas su comment l'anticiper. De cette manière, sans prêter attention, la galaxie financière a fait entrer l'univers économique et financier dans un hyper trou noir. Comment faut-il procéder pour en sortir ?

Le quotidien libération fournit une explication synthétique du cheminement de la crise des subprimes et de ses conséquences. Avec retard, l'économie réelle a été sérieusement contaminée et ses bases ont été profondément entamées.

Dans un article intitulé "la révolution dérivée" écrit par Christian Marazzi, qui vantait les mérites des produits dérivés innovants, en montrant la différence qui existe entre valeur notionnelle ou monétaire des produits dérivés échangés journellement sur les marchés, et valeur liquide (replacement cost) des mêmes contrats, et mis en ligne en mai 2000, la valeur notionnelle des produits dérivés était déjà de 40,7 mille milliards de dollars, et, seulement 1,7 était réellement versé à l’échéance, soit 4,3 % du volume total des titres négociés. Sur les 40,7 mille milliards de dollars de produits dérivés échangés en 1995, 65,4 % concernaient des contrats de taux d’intérêt dans la même monnaie, 32,3 % étaient des contrats de taux de change, 1,5 % seulement des actions, et 0,8 % sur marchandises. Sur la somme totale des contrats de taux d’intérêt et taux de change, 55 % des transactions impliquaient des contreparties étrangères, d'où une globalisation intense de ces marchés.

Les archives des Echos fournissent d'autres chiffres ou les complètent. En effet, le quotidien relate que la valeur notionnelle des produits dérivés en circulation, c'est-à-dire leur valeur faciale (tout à fait théorique), avait dépassé les 280.000 milliards de dollars en juin 2006, selon les données fournies par l'International Swaps and Derivatives Association (ISDA). L'explosion de leur valeur notionnelle a été multipliée par environ cinq depuis 2000, ce qui déjà à l'époque inquiètait certains observateurs, soucieux en particulier des risques systémiques sur les dérivés de crédit. Et ce, même si les marchés avaient depuis le 11 Septembre 2001, bien résisté aux chocs qu'ils ont subi, le dernier en date était les pertes du fonds spéculatif Amaranth Advisors, à qui tous les gestionnaires désiraient confier leurs capitaux, et qui s’était écroulé en septembre 2006, effaçant six milliards de dollars d'un trait de plume détonant, 65% de la valorisation des fonds Amaranth International et Amaranth Partners s'était évaporée en moins d’un mois, pourtant l'outrance de la perte n'inquiéta pas la planète finance, ni ne rameuta le ban et l'arrière-ban des autorités régulatrice. Les dérivés de crédit affichaient la plus forte croissance avec un doublement chaque année, leur valeur notionnelle était estimée à 26.000 milliards (ceux dont parle lexpansion.com), et la proportion des transactions confirmées sur une plate-forme électronique avaient doublé de 80 %. Les dérivés d'actions représentaient en 2006, encore une faible part de l'ensemble, avec une valeur notionnelle de 6.400 milliards (Les Echos n° 19762 du 29 Septembre 2006 • page 35).

Les produits dérivés représentent l’essentiel de la masse monétaire, 630 000 milliards de dollars, c'est à dire 13 fois le PIB mondial. Les CDS (Credit default swap) qui sont au cœur de la tempête représentent 62 000 milliards de dollars dans le monde. Les CDS sont des contrats financiers entre acheteurs et vendeurs de protection. Il n’y a aucun fond pour garantir ces contrats et en cas de difficultés, le vendeur de protection est obligé de fournir de l’argent bien réel. Ces opération n’apparaissent pas dans le bilan des organismes financiers (on appelle cela une « exposition hors bilan ») et c’est pour cela que le pire est à venir ! L’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques a déclaré le 30 juin 2008 que les banques commerciales US possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés. Son dernier rapport (30 septembre 2008) précise que JP Morgan Chase détiendrait 43 000 milliards de dollars en produits dérivés et Citigroup 17 500 milliards soit plus que le PIB mondial. Les sommes en jeu sont colossales et, pour rappel, les entreprises sont interconnectées à l’aide de CDS pour un montant de 62 000 milliards de dollars. (alterinfo.net du 30/11/08).

La crise des subprimes, muée en crise économique et financière globale, semble ne pas être une surprise pour les professionnels de la finance. C'est pourquoi au regard de l'ampleur des effets directs ou collatéraux et de l'absence de réalisme, d'objectivité et de subjectivité anticipative, de veille, d'intelligence économique, de communication et de stratégie anticipante sérieuses, nous avons été aménés à nous poser un certain nombre de questions.

Que pouvaient-elles faire ?

Principales instances mondiales de régulation

Source : lesechos

Etait-il possible d’anticiper la crise des subprimes ? Existerait-t-il d’autres "tsunamis" du genre susceptibles d’entamer les fondations du système ou de mettre à mal les acteurs concernés ? Dans l’affirmative quels remèdes faut-il pour s’en prémunir ?

Les Banques centrales joueront-elles toujours le rôle de "pompiers" en dernier ressort pour les acteurs financiers (banques, fonds d'investissements, hedge funds, assurances...) ?

Quelles auraient été les conséquences sur le système global d'une contagion généralisée ?

Malgré tout une récession peut -elle pointer à l'horizon (effet domino)? Quel est l'impact sur les entreprises, les autres organisations ou les particuliers ?

Le saviez-vous ?

Aux Etats-Unis, le déficit public a atteint 9 500 milliards de dollars (lemonde.fr du 14/07/08), 8% du PNB américain (1000 milliards de dollars) vient d’emprunts, ce qui représente les deux tiers de toutes les liquidités disponibles (alterinfo.net du 05/08/08), de nombreuses branches industrielles souffrent, comme les banques, qui ont été très imprudentes, l'immobilier, la construction, etc. La croissance ralentit, le chômage grimpe et l'inflation resurgit. Les cours du pétrole ont atteint des niveaux records, le dollar est en chute libre et le marché du crédit immobilier est en pleine déliquescence. La première économie mondiale court le risque d'entrer en récession et d'entraîner dans sa chute ses partenaires commerciaux, l'Europe et l'Asie. Les craintes d’un scénario alliant croissance faible et forte inflation pèsent sur les Bourses mondiales.

L'inflation n'est plus un épouvantail, elle constitue une menace réelle puisqu'elle a atteint 5 % en juin 2008 en rythme annuel aux Etats-Unis, son plus haut niveau depuis 1991, et qu'elle frise les 4 % dans la zone euro. Pour les marchés financiers, la menace inflationniste est la mère de tous les maux. Elle est tout d'abord directement responsable de la hausse des taux d'intérêt à court et long terme, ce qui a pour effet de renchérir le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers, pesant sur le niveau d'activité économique en limitant le pouvoir d'achat des ménages et l'investissement. Elle conduit aussi à une concurrence frontale entre les placements obligataires qui offrent des rémunérations de plus en plus attrayantes et les actions pour lesquelles les investisseurs attendent des rendements toujours plus élevés. Comme les capacités de distribution de dividendes sont limitées, voire orientées à la baisse en période de crise, l'ajustement se fait par une baisse du cours de Bourse. L'inflation provoquée par la hausse des coûts de production en raison de l'envolée du prix des matières premières et des tensions qu'elle créée au niveau des salaires, pèse aussi sur les marges des entreprises. Leurs perspectives bénéficiaires s'en trouvent dégradées et les niveaux de valorisation sont revus à la baisse. L'engrenage est redoutable, surtout s'il conduit à la stagflation, combinant hausse des prix et ralentissement de l'activité (source : jdf.com).

Indicateurs représentatifs du climat économique et financier mondial

Depuis le début de la crise, les indices boursiers en général ont beaucoup chuté partout dans le monde, le moral des ménages aussi.

Le déficit commercial des Etats-Unis a légèrement reflué en mai, la faiblesse du dollar a permis à la première puissance économique mondiale de réduire un peu le déséquilibre de ses échanges avec plusieurs grands partenaires comme l'Union européenne, le Japon et le Canada.

L’économie américaine a perdu 63.000 emplois non agricoles en février, sa plus mauvaise performance depuis mars 2003. Le marché du travail affiche sa deuxième perte mensuelle consécutive. Le consensus Reuters tablait sur 25.000 créations de postes, d'autres analystes s'attendaient à 100.000 créations de postes nettes. Le solde de janvier a été révisé de –17.000 à –22.000 et celui de décembre de 82.000 à 41.000. Le secteur privé, a détruit un total de 101.000 postes en février, la plus forte baisse depuis mars 2003, seul le secteur public a réussi à créer 38.000 postes de professeurs, de pompiers ou d'infirmières. Le taux de chômage diminue de 0,1 point à 4,8% de la population active, alors que le marché avait anticipé 5%. Les secteurs les plus touchés sont, la construction dont la main d'oeuvre a été réduite de 39.000 postes sur les huit derniers mois et le secteur de la distribution qui a détruit 34.100 jobs, le recul le plus élevé sur cinq ans. Sur les deux premiers mois de 2008, les entreprises financières américaines se sont séparées à elles seules de 20.000 employés, selon des chiffres du cabinet spécialisé Challenger, Gray & Christmas. En outre, le département du Travail américain a fait état vendredi 04 avril 2008, de 80.000 suppressions d'emplois nettes le mois de mars 2008, la plus forte dégradation observée depuis cinq ans. Ces pertes d'emplois s'ajoutent aux 152.000 sur les deux mois précédents. Le taux de chômage est parallèlement monté de 4,8% à 5,1%, son plus haut niveau depuis septembre 2005. La Réserve fédérale américaine a déjà abaissé ses taux d'intérêt de trois points depuis la mi-septembre pour ramener le principal d'entre eux de 5,25% à 2,25% afin de soutenir l'activité économique, l'emploi manufacturier a perdu 48.000 postes en mars, la plus forte baisse depuis juillet 2003, dont 24.000 dans l'automobile. Les effectifs de la construction ont diminué de 51.000, le neuvième mois consécutif de baisse pour le secteur. Le secteur des services aux entreprises a supprimé 35.000 emplois en mars 2008, pour la plupart dans le domaine du travail temporaire, le commerce de détail en a supprimé 12 000 (latribune.fr, challenges.fr, lemonde.fr du 04/04/08, investir.fr, latribune.fr du 07/03/08, actualite.free.fr du 18/03/08, alternative economique d'avril 2008).

Evolution de l'emploi de février 1998 à février 2008 aux Etats-Unis

On constate qu'après une embellie entre 1998 et 2000, l'emploi s'est dégradé à partir de septembre 2000, pour se redresser courant juillet 2003 et fléchir à nouveau de façon inquiétante en août 2007.

Evolution de la balance commerciale des Etats-Unis depuis 1990

Source : US Bureau of Economic Analysis et US Bureau of Labour & Statistics. (Contreinfo.info).

La croissance américaine au quatrième trimestre 2007 a été de 0,6% (en rythme annuel), revenant à son niveau du premier trimestre, qui était le plus faible depuis la fin 2002. Malgré une augmentation de son PIB de 4,9% au troisième trimestre, la croissance sur l'ensemble de l'année 2007 a été de 2,2%, contre 2,9% en 2006, le rythme le plus faible depuis 2002. La consommation des ménages a augmenté de 1,9% au lieu de 2% attendu par les spécialistes, après une progression de 2,8% au troisième trimestre. L'investissement dans la pierre a chuté de 25,2% au lieu de 23,9% estimés précédemment, la baisse la plus forte enregistrée depuis 1981. Les investissements des entreprises n'ont progressé que de 6,9% (au lieu de 7,5%), leurs stocks ont fondu comme neige (-10,1 milliards de dollars, ce qui a retiré l'équivalent de 1,49 point au PIB). Seule la balance commerciale a fait mieux que prévu, avec des exportations en hausse de 4,8% et des importations en recul de 1,9%. L'indice des prix liés aux dépenses de consommation (PCE) a progressé de 4,1% (au lieu de 3,9%), et l'indice PCE de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 2,7%. L'indice de base est à son niveau le plus haut depuis le deuxième trimestre 2006, et dépasse largement la fourchette de tolérance de la Fed qui est comprise entre 1 et 2% (latribune.fr du 28/02/08).

Selon Reuters, la banque Merrill Lynch estime que la recession qui semble s'annoncer aux Etats-unis pourrait être plus dure que celle de 2001 et se rapprocher, par son ampleur, de celle des années 1990. En se référant aux antécédents américains, on constate que pendant le choc pétrolier de 1973-75, le PIB américain avait reculé de 3,1%, entre 1981-82, la croissance américaine fut négative (-2,9%) et les dernières récessions furent celles 1990-91 avec -1,3% et -0,3% en 2001 (latribune.fr du 22/03/08). L'activité de l'industrie manufacturière dans la région de Philadelphie ayant ralenti, l'indice d'activité de la Banque fédérale de Philadelphie, un indicateur très suivi de l'activité manufacturière, est tombé à -24 en février alors que le marché l'attendait à -11 seulement, ce qui traduit une contraction de l'activité. L'indice des perspectives à six mois a également chuté à -16,9, contre +39,6 en octobre 2007 (usinenouvelle.com du 22/02/08). Merrill Lynch a d'ailleurs porté plainte contre XL Capital Assurance Inc pour l'obliger à honorer ses obligations contractuelles en matière de CDS (Credit default swaps), des contrats d'assurance contre le risque de défaut. XL Capital Assurance a garanti environ 3,1 milliards de dollars de CDO de Merrill avec CDS, selon le texte de la plainte. Cette affaire inquiète les investisseurs qui pensent que l'exposition de la banque pourrait être plus importante qu'on ne l'imaginait, et ses garanties sur les CDO moins solides que prévu (actualite.free.fr, lemonde.fr du 19/03/08). Une étude publiée vendredi 29 février 2008 par UBS, estime que "l'économie va subir plus de dégâts que ce qui était jusqu'à présent admis". Le montant de la facture des "subprimes" pourrait monter jusqu'à 600 milliards de dollars, qui est la somme des pertes que devraient provoquer les crédits immobiliers à risque. Sur l'ensemble de ces pertes, "seulement'' 350 milliards de dollars seraient imputées aux banques et aux courtiers". Jusqu'à présent, le secteur financier (banques et courtiers) a enregistré des dépréciations d'actifs d'environ 160 milliards, (challenges.fr, latribune.fr du 29/02/08). Le milliardaire Warren Buffett estime lundi 03/03/08 lors d'un entretien accordé à la chaîne d'information financière CNBC, qu'en "prenant une définition basée sur le bon sens", les Etats-Unis sont "en récession".

Contre cet avis, Patrick de Faguier directeur adjoint de la stratégie du Crédit Agricole Asset Management (CAAM), soutient qu'il n'y aura pas de récession aux Etats-Unis, ni un fort ralentissement de la croissance mondiale en 2008. Car selon lui, malgré deux trimestres consécutifs de croissance négative, la récession sera évitée. L'économie mondiale restera bien orientée grâce à l'existence d'"absorbeurs de chocs" engendrés par le dynamisme des économies des pays émergents, en phase d'autonomisation par rapport aux pays développés ; la solidité des entreprises industrielles, due à un ratio des bénéfices par rapport au PIB élevé ; et aux liquidités abondantes en provenance des énormes surplus financiers dégagés par les pays émergents.

En vérité, l'économie américaine tangue et a besoin d'une ancre pour se stabiliser, l'indice de confiance du consommateur Reuters-Université du Michigan est tombé en février 2008 à son plus bas niveau depuis 16 ans, à 69,6, un niveau qui s'apprente à celui des années des récessions du milieu des années 1970, du début des années 1980 et du début des années 1990. L'activité manufacturière dans la région de New York a reculé pour le quatrième mois consécutif en février 2008, tombant à son plus bas niveau depuis avril 2003, selon les chiffres de l'indice "Empire State". L'indice des conditions générales d'activité est ressorti à -11,72 en février 2008 contre 9,03 en janvier (confirmé), la plus forte baisse d'un mois sur l'autre jamais enregistrée. L'indice d'activité "Empire State" a subi la plus forte baisse en un mois de son histoire, tombant à -11,72 soit son plus bas niveau depuis avril 2003. Le taux d'utilisation des capacités de production manufacturière a reculé en janvier à 79,7%, revenant ainsi sous son niveau moyen des 35 dernières années qui ressort à 79,8%. La production industrielle globale, incluant aussi le secteur minier, l'énergie et les services aux collectivités est utilisée à 81,5%, en hausse de 0,1% en janvier 2008.

Résurgence de l'inflation: les prix à l'importation ont augmenté de 1,7% entre décembre et janvier, en raison notamment de l'envolée des cours du pétrole et des produits alimentaires, ceux à l'exportation ont varié de 1,2%. En rythme annuel, la hausse des prix à l'importation atteint 13,7%, la plus forte progression enregistrée depuis 1982. Une croissance ralentie conjuguée à l'accélération de l'inflation conduit à la "stagflation", s'agit-il de ce cas de figure ? Les entrées nettes globales de capitaux aux Etats-Unis ont chuté à 60,4 milliards de dollars en décembre 2007, contre un montant révisé à 150,8 milliards le mois précédent. Le déficit commercial américain a atteint 58,76 milliards de dollars en décembre 2007. Les entrées nettes de capitaux à long terme ont été réduites à 56,5 milliards en décembre 2007, contre 90,9 milliards en novembre. Les achats d'emprunts du Trésor ont fortement baissé, à 1,44 milliard de dollars contre 23,54 milliards en novembre 2007 et 49,83 milliards en octobre (actualite.free.fr, latribune.fr du 15/02/08, actualite.free.fr du 18/02/08).

Evolution des prix des matières premières en 2007

Le prix des matières premières comme les métaux, les combustibles ou l'alimentation ont été en nette augmentation depuis début 2007. Les prix du pétrole et du blé ont subi une hausse avoisinant les 2/3, celui du plomb a plus que doublé aux Etats-Unis, et celui du plomb s'est envolé à 26% (autre source : lemonde.fr).

L'indice S & P des matières premières est en hausse de 74 % sur les douze derniers mois. Le prix du minerai de fer a augmenté de 90 %. Les coûts de production ont progressé de 10 % à 15 % par an, largement en dessous des 31 % en moyenne de l'indice des matières premières des cinq dernières années. Les fonds investis dans des actifs sont passés de 70 à 220 milliards de dollars en trois ans. Or le prix du minerai de fer se négocie par des contrats à long terme entre sidérurgistes et groupes miniers. Les acheteurs industriels et les investisseurs ayant la capacité de payer, ont fait que les cours montent jusqu'à ce que suffisamment d'acheteurs laissent tomber (lemonde.fr du 16/07/08).

Malgré la bonne tenue des prix du pétrole et des minerais, les grands de la mine et de l’énergie subissent une sévère correction boursière. BHP Billiton a vu sa capitalisation boursière perdre 27,2% de sa valeur pour retomber à 199,42 milliards de dollars. Une baisse moindre cependant que ses concurrents immédiats, le brésilien Vale (-30,4% à 150,53 milliards) et l’autre australo-britannique, Rio Tinto (144,27 milliards). Certains grands mineurs diversifiés comme le britannique Anglo American et l’anglo-suisse Xstrata résistent un peu mieux, perdant respectivement 26,3% et 20,5% de leur valeur la plus élevée. Mais le producteur de charbon chinois Shenhua, qui s’était immiscé parmi les grands à la faveur d’une introduction partielle de son capital, toujours contrôlé majoritairement par l’Etat, plonge de 65,4% à 77,37 milliards de dollars. Globalement, a calculé Barry Sergeant, de Mineweb, la capitalisation combinée des 20 plus grosses sociétés minières a reculé de 26,2%, entrainant un recul de 542 milliards de dollars pour ne plus valoir « que » 1 224,2 milliards.

La chute a été plus rude pour les valeurs pétrolières. Les 20 plus importantes sociétés cotées de ce secteur ont perdu 846 milliards de dollars, soit en pourcentage 23,1%, légèrement moins que les minières. Le numéro un de l’énergie, Exxon Mobil résiste particulièrement bien n’enregistrant que 16,9% de recul. Entrainés par la chute de la bourse de Shanghai, les sociétés pétrolières chinoises perdent toutefois la moitié de leur capitalisation, PetroChina voit 53,1% de sa valeur s’envoler en fumée alors que Sinopec ne fait guère mieux avec une perte de 47,9%. Les producteurs de zinc ou de nickel ont subi de fortes corrections en raison de la chute des cours, mais les pétroliers ont vu également leur valeur boursière s'effriter malgré l’envol des cours du pétrole. La raison est que la hausse des prix de l’énergie et des métaux impacte lourdement les coûts de production des producteurs de matières premières. Ces derniers ont également été rattrapés par les conséquences de la crise du crédit qui a sensiblement renchéri les coûts des investissements dans les nouveaux projets (usinenouvelle.com du 17/07/08).

Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont augmenté, la construction montre de nouveaux signes de faiblesse, l'inflation en rythme annuel a atteint 4,3% en janvier 2008, après 4,1% en décembre, selon les statistiques publiées le 20 février 2008 par le département du Travail. Les prix de détail ont augmenté de 0,4%, d'un mois sur l'autre. La hausse des prix des produits alimentaires (+0,7% après +0,1% en décembre) s'est accélérée. L'inflation de base, qui exclut l'alimentation et l'énergie s'est aussi accélérée, atteignant 2,5% en janvier contre 2,4% le mois précédent et s'éloigne un peu plus du seuil de 2% considéré comme le plafond de la zone jugée confortable par la FED. Le département du Commerce a fait état d'une baisse de 3% en janvier du nombre de permis de construire délivrés, tombé à son plus bas niveau depuis plus de 16 ans.

Publié lundi 03/03/08, l'indice d'activité du secteur industriel aux Etats-Unis, calculé par le groupement national des directeurs d'achats des entreprises du secteur (ISM), a baissé à 48,3 points en février 2008, contre 50,7 points en janvier, il était attendu à 48. Cette réduction traduit un ralentissement de l'activité dans le secteur manufacturier, car un indice en dessous de 50 indique une contraction de la production. Le département du commerce américain a également annoncé le même jour, un recul de 1,7% entre décembre 2007 et janvier 2008, des dépenses de construction aux Etats-Unis (latribune.fr).

D'après Kevin Flanagan, stratège obligataire de Morgan Stanley, la courbe de l'inflation de base s'est élevée, les permis de construire, sont revenus à 1,048 million en rythme annualisé, leur niveau le plus bas depuis les 984.000 enregistrés en novembre 1991. Les mises en chantier de logements, ont atteint 1,012 million en rythme annualisé en légère hausse par rapport à décembre (1,004 million), qui marquait le rythme le plus bas depuis mai 1991. Les demandes de prêts baissent à cause de la hausse du coût des crédits immobiliers (lemonde.fr du 20/02/08)...

La crise était prévisible

L'immobier américain s'est affaissé brutalement depuis 2006, après une longue période d'euphorie, commencée un peu avant 1991.

Pourtant dès la fin de l'année 2006, les premiers signes d'un ralentissement de l'immobilier aux Etats-Unis se sont manifestés, mais les investisseurs qui raffolaient de ce type de produits offrant des rendements élevés en rapport avec le risque pris, n'en ont pas tenu compte. Ils ont eu un excès de confiance, un manque de transparence et un manque de rigueur dans les pratiques. Les régulateurs de cinq pays ont publié le 11/03/08, une étude sur les pratiques de gestion des risques de onze banques. Selon eux, les pertes subies étaient surtout la conséquence d'erreurs de débutant commises par les dirigeants. Les banques qui ont su tirer profit (retour d'expérience) des leçons des crises liées aux junk bonds (obligations pourries) et la bulle Internet ont été capables d'identifier la montée des périls dès 2006. Elles ont pour cela surpassé les modèles dépassés et statiques usuellement utilisées et ont été capables de mesurer le risque de liquidité et de casser les barrières bureaucratiques qui empêchent les mauvaises nouvelles de remonter au sommet.

Leur étude a touché un des noeuds du problème, car le rehausseur de crédit américain FGIC a déposé une plainte auprès d'un tribunal de New York contre la banque allemande IKB, pour lui avoir fourni des informations erronnées qui l'ont amené à passer d'importantes provisions d'un montant de 1,9 milliard de dollars liées à un véhicule d'investissement. Cette somme provisionnelle a impacté son résultat et le niveau de ses fonds propres réglementaires, ce qui aurait influencé la décision des trois principales agences de notation financière (Standard and Poor's, Moody's et Fitch) d'abaisser sa note en-dessous du "triple A". Or la note est un élément fondamental pour l'image des rehausseurs de crédit, dont l'activité en dépend. Cette situation démontre l'importance de la maîtrise de l'information stratégique et concurrentielle et de la veille par les entités, elle est la matière première de la décision et se trouve au centre nerveux de la "bataille" économique et financière qu'elles se livrent (lemonde.fr, challenges.fr du 11/03/08).

En outre, plusieurs témoignages épinglent le manque de prudence de la direction de Freddie Mac dont Richard "Dick" Syron, PDG du géant américain du refinancement hypothécaire. Ce dernier a choisi d'ignorer les mises en garde formulées par ses équipes sur la politique d'achats de prêts par l'établissement, rapporte mardi 5 août le New York Times. Dans un entretien au quotidien, David Andrukonis, l'ancien responsable de la gestion des risques, affirme ainsi avoir averti le P-DG de Freddie Mac, et ce dès 2004. Il lui aurait expliqué que l'établissement achetait des prêts à risque "qui présentaient un risque énorme sur les plans de l'image et de la situation financière de la société du pays". Le New York Times cite également d'autres témoignages, en tout près d'une vingtaine, émanant de dirigeants, d'analystes, d'actionnaires et de régulateurs, qui affirment tous que Richard Syron a passé outre les appels à la prudence."Il a dit que nous ne pouvions pas nous permettre de dire 'non' à qui que ce soit", a ainsi rapporté David Andrukonis (challenges.fr du 05/08/08).

Les ventes des maisons nouvelles et existantes ont commencé à chuté depuis 2005, après une réelle euphorie dans le secteur de l'immobilier, ayant atteint un pic de 8,5 millions de maisons vendues cette dernière année faste, pour ensuite chuter vertigineusement. Un scrutage sérieux de l'information aurait soulevé des interrogations, voire des réticences (source : jdf.com).

L'Intelligence Economique, Stratégique et Compétitive au centre de la bataille économique et financière des entités

Un juge fédéral a déclaré lundi 3 novembre 2008 que les actionnaires d'AIG (American International Group) avaient perdu plus de 500 millions de dollars (395,4 millions d'euros) du fait d'une fraude comptable destinée à dissimuler la véritable situation financière de l'ex-numéro Un mondial de l'assurance. L'avis rendu vendredi 31 octobre 2008 par le juge Christopher Droney signifie que cinq anciens dirigeants reconnus coupables de fraude comptable en février risquent jusqu'à la prison à perpétuité. L'expert cité par les procureurs estime que la fraude a coûté 1,2 à 1,4 milliard de dollars aux actionnaires d'AIG. Selon un calcul effectué avec une autre méthode, la perte se monte à 544 à 597 millions de dollars. Le magistrat a retenu la fourchette basse, bien que la défense conteste toute perte pour les actionnaires. La fraude aurait floué plus de 250 investisseurs. On ignore quand la sentence sera prononcée. AIG a été sauvé et nationalisé de fait en septembre grâce à un prêt relais de 85 milliards de dollars de la Banque fédérale américaine, avant d'obtenir un accord pour 37,8 milliards de dollars supplémentaires. (fr.news.yahoo.com du 04/11/08).

L'autorité américaine de régulation des marchés boursiers, la Securities and Exchange Commission (SEC), a annoncé mercredi 3 septembre 2008 avoir engagé des poursuites contre deux courtiers de Wall Street. Le gendarme boursier les accuse d'avoir escroqué des clients pour plus de 1 milliard de dollars alors qu'ils travaillaient pour Credit Suisse. Julian Tzolov et Eric Butler auraient induit en erreur leurs clients en leur faisant croire que leurs placements étaient un investissement "liquide et sans risque". Au lieu de cela, les titres de placement souscrits par les deux courtiers étaient adossés à des "subprime mortgage", des emprunts immobiliers à hauts risques et autres CDO ("collateralized debt obligation"), ainsi qu'à des prêts non garantis. Là où les clients cherchaient un investissement sûr (notamment des titres adossés à des prêts garantis par l'Etat, comme les prêts étudiants), les courtiers leur ont fait acheter des placements plus risqués. Et ces derniers n'ont pas hésité à fausser les références envoyées à leur clients, en gommant les termes "CDO" et "mortgage". L'objectif des deux courtiers était d'abuser de la crédulité de leurs clients pour obtenir illégalement, sur ces placements liés aux "subprime", des commissions beaucoup plus élevées. Avec l'éclatement de la crise, les clients ont perdu tout leur argent (latribune.fr, lesechos.fr du 02/09/08).

UBS dans la tourmente. Après la crise des "subprime", elle est aujourd'hui mise en cause, avec la banque LGT, dans une affaire de fraude fiscale qui pourrait atteindre 100 milliards de dollars. La justice américaine lui réclame également 25 milliards de dollars pour avoir trompé des milliers d'investisseurs américains. Andrew Cuomo, réclame Vingt-cinq milliards de dollars, et a déposé un recours contre la banque suisse, l'accusant d'avoir trompé des milliers d'investisseurs américains. Il réclame la restitution à ces derniers de 25 milliards de dollars. Andrew Cuomo reproche à UBS d'avoir présenté, "de manière erronée", à ses clients des produits financiers appelés ARS ("auction-rate securities") comme un placement dont ils pouvaient se désengager facilement s'ils souhaitaient récupérer leurs fonds. Selon le ministère de la Justice de l'Etat de New York, 50.000 clients sont concernés, dont 7.000 New-yorkais. Les ARS sont des obligations à taux variable fixé par enchères ("auction-rate securities"), marché de plusieurs centaines de milliards de dollars, en grande difficulté depuis le début de l'année. Le taux d'intérêt de ces obligations est réactualisé sur un rythme hebdomadaire ou mensuel par le biais d'un mécanisme d'enchères. A chaque enchère, l'investisseur qui détient ces obligations peut s'en défaire, les cédant à un autre, ce qui les rend théoriquement très "liquides" ou faciles à vendre. Mais la propagation de la crise financière a bloqué le mécanisme d'enchères courant février, le volume des offres diminuant de manière importante. Le dysfonctionnement a alors empêché les investisseurs de revendre leurs obligations.

D'après Andrew Cuomo, "Aujourd'hui, les clients d'UBS se trouvent détenteurs de 25 milliards de dollars de titres illiquides de long terme, résultat de la conduite illégale et de la présentation frauduleuse de UBS". L'autorité de régulation des marchés du Massachusetts a déjà déposé, fin juin 2008, un recours en justice contre UBS, l'accusant d'avoir trompé les investisseurs en décrivant les caractéristiques de ces obligations et en se rendant coupable de conflit d'intérêts. Andrew Cuomo a précisé que son recours était différent de celui du régulateur du Massachusetts, dans la mesure où il n'est pas limité par une juridiction et peut demander la restitution de fonds au nom de tous les clients américains de UBS détenteurs de ces obligations. UBS a annoncé, le 16 juillet 2008, qu'elle compte racheter jusqu'à 3,5 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) de ces obligations à ses clients aux Etats-Unis, pour répondre à l'illiquidité de ce marché. Mais UBS est également dans le collimateur du gouvernement américain pour une affaire cette fois de fraude fiscale. Selon les estimations, le coût de l'évasion fiscale s'élèverait à 100 milliards de dollars annuels pour les Etats-Unis. La justice américaine a en début de semaine autorisé le fisc à demander à UBS les noms de contribuables américains soupçonnés d'avoir mis leur argent à l'abri sur les comptes de l'établissement helvétique. Ces données étant confidentielles en raison du secret bancaire en Suisse, l'IRS (fisc américain) ne peut pas obliger directement UBS à révéler les noms de ses clients américains, mais doit transiter par les autorités helvétiques. Les autorités suisses sont les seules habilitées à lever le secret bancaire, si elles estiment que la fraude fiscale est avérée. Elles transmettront alors les informations à leurs homologues américains, en ayant préalablement informé les titulaires des comptes qui peuvent faire appel de cette décision.

Le Sénat américain accuse la banque suisse UBS, première banque du pays, et sa consoeur du Liechtenstein LGT d'avoir aidé des riches clients américains à soustraire plusieurs milliards de dollars au fisc. Martin Liechti, responsable de la gestion de fortune aux Etats-Unis, retenu en Floride depuis plus de deux mois comme "Material Witness" (témoin matériel, littéralement) et de Mark Branson, directeur financier de l'activité de gestion de fortune et de banque d'affaires, deux dirigeants d'UBS ont été auditionnés par le Sénat, suite à l'affaire Birkenfeld. Déjà mi-juin, Bradley Birkenfeld, banquier américain et ancien collaborateur d'UBS, avait reconnu devant un juge fédéral de Floride, avoir aidé des clients à détourner des millions de dollars d'impôts. UBS aurait géré, en Suisse, 19 000 comptes de clients américains non déclarés à l'IRS, dont le solde se chiffre à 18 milliards de dollars (11,34 milliards d'euros). Le rapport affirme qu'"UBS a permis à ces clients de conserver des comptes en Suisse et les a aidés à réinvestir dans d'autres types d'actifs qui n'entrainaient pas d'obligation de déclaration au fisc américain, malgré les preuves que ces clients américains utilisaient ces comptes pour dissimuler des actifs au fisc américain". La banque a confirmé elle-même ces données aux enquêteurs américains, qui ont salué sa collaboration, mais Carl Levin a accusé la plus haute hiérarchie de la banque, ajoutant qu'"il est impossible que les principaux dirigeants n'aient pas été au courant de ces pratiques", le sénateur ayant basé ses accusations sur le nombre de voyages réalisés en douce par les employés d'UBS aux Etats-Unis ces dernières années (latribune.fr du 24/07/08).

Le cas de la banque britannique HBOS, numéro un du marché des prêts immobiliers au Royaume-Uni est patant, un mystérieux trader a lancé de fausses rumeurs sur le Net, le 19 mars 2008, sur la présumée santé fragile de cette institution. Ces fausses informations ont permis à ce mystérieux fraudeur d'empocher la coquette somme de 100 millions de livres (128,39 millions d'euros), ce dernier ayant utilisé la technique du "trash and cash" (démolir et réaliser son gain). Cette technique consiste à emprunter à des fonds de pension des actions de sociétés jugées vulnérables pour les revendre. Pour que la technique fonctionne, on propage par la suite des rumeurs malveillantes afin de faire chuter le titre. Le produit de la cession est ensuite utilisé pour racheter de nouvelles actions au plus bas qui sont remises au fond de pension. La plus-value du trader est la différence de prix entre les actions empruntées et les nouvelles. Or depuis la défaillance de la banque américaine d'investissement Bear Stearns, les hedge funds et autres fonds spéculatifs se sont précipités comme des vautours sur les titres des banques britanniques fortement exposées à l'immobilier ou à l'endettement des ménages. La technique financière en question est tout à fait légale, mais, la propagation de fausses nouvelles en vue de manipuler les marchés est un délit, c'est la raison pour laquelle l'autorité de tutelle des marchés, la Financial Services Authority (FSA) a lancé une enquête criminelle pour identifier qui est l'heureux bénéficiaire de ce joli coup boursier en pleine crise des subprimes.

Dans la City de Londres où exerce HBOS, le 20 mars 2008, le Crédit suisse a également révèlé des irrégularités, plusieurs de ses traders londoniens avaient caché des pertes de 1,4 milliard de livres sur des produits financiers complexes dans le but de préserver leurs primes de fin d'année. Les soupçons d'irrégularités pèsent donc sur la City avec la multiplication de ces failles, il faille y rémédier le plus rapidement en mettant en place des mesures de contrôles, de vérification et de surveillance (veille active) ou d'anticipation afin de minimiser les risques. L'intelligence économique, stratégique et concurrentielle est une arme redoutable contre les fraudeurs ou les malveillances que les organisations doivent savoir utiliser afin de parer à toute éventualité et contrer les nuisances (lemonde.fr du 21/03/08). Par ailleurs, le groupe STMicroelectronics a porté plainte contre le Credit Suisse pour lui avoir fait investir 450 millions de dollars en ARS en les qualifiant de produits sans risques. « Au moins une dizaine d'autres entreprises multinationales sont victimes du même scénario », affirme la plainte du groupe européen. Une douzaine d'États américains enquêtent sur le sujet, de même que le gendarme de la bourse américaine, la SEC. Le ministre de la Justice de l'État de New York, Andrew Cuomo, est le plus virulent (lefigaro.fr du 09/08/08).

Un autre cas, celui de la banque américaine Lehman Brothers qui a été escroquée de 35,2 milliards de yens, soit 225 millions d'euros, au Japon, une escroquerie perpétrée avec la complicité présumée d'ex employés de la maison de commerce japonaise Marubeni. Il semble que la banque américaine Lehman Brothers soit tombée dans un piège sophistiqué tendu par un imposteur, à l'aide de faux documents confectionnés par deux employés de Marubeni. Selon les médias japonais, la fraude a pour origine une société, Asclepius, spécialisée dans le financement de projets dans le secteur de la santé. Le patron de cette société avait levé des fonds auprès de plusieurs investisseurs japonais et étrangers, dont Lehman Brothers, en prétendant que l'argent serait destiné à un projet de rénovation d'hôpitaux. Pour convaincre ces investisseurs, l'escroc présumé avait présenté des lettres de garantie de Marubeni qui sont des faux documents élaborés par les deux employés de la maison de commerce qui engageaient le groupe à rembourser les sommes levées et les intérêts en cas de défaut de paiement. L'imposteur et ses complices avaient poussé la perfection jusqu'à organiser une réunion d'information dans les locaux mêmes de Marubeni et ont fait miroiter aux investisseurs un rendement de 10% minimum. Asclepius a finalement fait faillite début mars 2008. Le pot aux roses a été découvert le 6 mars, lorsqu'un des investisseurs s'est inquiété de ne pas recevoir les intérêts promis et a déposé une réclamation auprès de Marubeni, s'apercevant au passage que les garanties données étaient fausses. En cette période de vache maigre une telle somme vaut de l'"or", ici l'intelligence et la veille stratégiques aurait pu déjouer le piège (lesechos.fr, fr.news.yahoo.com, boursorama.com, latribune.fr, afp.google.com du 31/03/08).

Aux Etats-Unis, la justice américaine enquête depuis plusieurs mois, sur la banque Wachovia et d'autres établissements financiers américains, dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent présumé, impliquant des bureaux de change mexicains et colombiens. Plusieurs banques, sont dans le collimateur d'enquêteurs fédéraux en raison des transactions financières qui les lient à ces bureaux de changes, soupçonnés de blanchir de l'argent issu du trafic de drogue. Le Wall Street Journal en ligne du samedi 26 avril 2008, affirme que Wachovia a annoncé coopérer pleinement avec les enquêteurs et serait en discussions avec le département de la Justice sur une réforme de son système de contrôle de la conformité des transactions, avec un possible règlement amiable à la clé. Le même jour, Wachovia par la voix de sa porte parole, Christy Phillips-Brown, a démenti ces informations dans les termes suivants : "la citation de l'article selon laquelle Wachovia serait en discussion pour un règlement à l'amiable n'est pas vraie". La porte-parole a refusé de confirmer ou de démentir l'existence d'une enquête en cours, en s'appuyant sur le fait que "la banque ne fait pas de commentaire sur des enquêtes en cours et n'a pas fait de commentaire comme le suggère l'article" du WSJ. Elle a ajouté que "Wachovia est engagée à maintenir un solide programme contre le blanchiment d'argent". Wachovia et d'autres banques américaines concernées ont commencé fin décembre 2007, à rompre les liens avec plusieurs bureaux de change mexicains. Des règlements amiables ont déjà permis de mettre fin à certaines enquêtes, selon le Wall Street Journal. Le quotidien affirme également que deux banques, Union Bank of California et American Express Bank International ont accepté de payer plusieurs millions de dollars d'amendes dans le cadre d'enquêtes sur du blanchiment d'argent. Les bureaux de change ont une forte activité, en raison des échanges financiers entre les immigrés latino-américains aux Etats-Unis et leur pays d'origine, environ 50 milliards de dollars seraient chaque année échangés via cette activité (boursorama.com du 26/04/08).

Le FBI a estimé à un milliard de dollars le coût des fraudes au crédit immobilier aux Etats-Unis. Une opération du département américain de la Justice visant des fraudes au crédit qui ont contribué à la crise de l'immobilier dans le pays a permis d'inculper aux Etats-Unis, 406 professionnels de l'immobilier depuis mars, dont plusieurs dizaines cette semaine. Selon le FBI, les pertes pour les acquéreurs de logement et d'autres emprunteurs qui ont été victimes de l'escroquerie s'élèvent à plus d'un milliard de dollars (646 millions d'euros). Une fraude qui "représente une menace importante pour notre économie, la stabilité du marché immobilier et la sérénité de millions d'Américains", a commenté le vice-ministre de la Justice Mark Filip dans un communiqué publié jeudi 19 juin 2008. Depuis le 1er mars 2008, 1.406 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'"Opération prêt malveillant". A Chicago, Miami et Houston, soixante ont été arrêtées uniquement pour la journée de mercredi 18 juin 2008. Les banques ont signalé près de 53.000 cas de fraude présumée au crédit immobilier en 2007, contre 37.000 en 2006 et environ dix fois moins en 2001 et 2002, selon le département du Trésor. Ces derniers mois, le FBI a enquêté sur un nombre estimé de 1.300 cas de fraude au crédit immobilier.

Deux anciens gérants de fonds de Bear Stearns, Ralph Cioffi et Matthew Tannin, responsables de deux hedge funds dont la chute en 2007 a contribué à déclencher la crise internationale du crédit, ont également été arrêtés, et devraient être inculpés pour fraudes présumées sur des titres, dans le cadre d'une enquête fédérale, selon le FBI. D'après le Wall Street Journal, la procédure d'inculpation devrait évoquer un courrier électronique personnel envoyé par un gérant concerné au second et qui semble suggérer que ces fonds de Bear Stearns étaient en difficulté, plusieurs jours avant que l'un de ces gérants ne déclare aux investisseurs être confiant concernant les actifs. Les deux hommes sont accusés d'avoir sciemment trompé des investisseurs au printemps 2007, en les poussant à continuer à investir dans deux fonds qu'ils savaient au bord de l'effondrement. La faillite de ces deux fonds en juin 2007 a fait perdre 1,4 milliard de dollars aux investisseurs. Un e-mail de M. Tannin à M. Cioffi en avril est particulièrement édifiant: "le marché des +subprimes+ a l'air vraiment pourri... Si (nos modèles internes) ne sont même qu'A PEINE EXACTS, je pense que nous devrions clore les fonds dès maintenant. Car si (ce modèle) est correct l'ensemble du marché des subprime est fichu (...) Si les obligations à note AAA sont dégradées systématiquement, il n'y a aucun moyen pour nous de gagner de l'argent, jamais" (les majuscules étaient dans le texte original). L'enquête montre aussi que des carnets et ordinateurs des deux inculpés ont disparu, alors qu'ils avaient été réclamés par le régulateur boursier, la SEC, dans le cadre d'une enquête sur l'effondrement des deux fonds à l'été 2007. Le ministère et le FBI ont mené une enquête de 3 mois et demi une enquête baptisée "Opération Hypothèques Malhonnêtes", consacrée à la débâcle financière liée à ces crédits immobiliers accordés sans barguigner à des emprunteurs peu solvables, et aux multiples produits financiers qui y étaient adossés (fr.news.yahoo.com, easybourse.com, agence Bloomberg, lesechos.fr, boursorama.com, matin.qc.ca, usinenouvelle.com du 19/06/08).

Autre problème, la banque américaine régionale M&T Bank a porté plainte contre Deutsche Bank, pour "fraude", après avoir perdu de l'argent dans un investissement financier. Le Wall Street Journal croit savoir mardi 17 juin que l'établissement dont le milliardaire Warren Buffet est actionnaire s'en prend également au gestionnaire de fonds HBK Investments dans cette plainte déposée devant un tribunal de New York. La banque a perdu 82 millions de dollars dans des titres financiers CDO (collateralized debt obligations), adossés à des crédits immobiliers à risque américains ("subprime"). Selon M&T Bank, Deutsche Bank a "caché des informations provenant des agences de notations concernant la qualité" de ce type de produit. M&T Bank est détenue à hauteur de 6,1% par l'homme le plus riche du monde, Warren Buffett (challenges.fr du 17/06/08). Par ailleurs, Bloomberg, citant deux sources proches d'un autre dossier a rapporté le 16 juillet 2008 que la Securities and Exchange Commission (SEC) a adressé des assignations à témoigner à plusieurs sociétés parmi lesquelles Deutsche Bank, Goldman Sachs et Merrill Lynch dans le cadre de ses investigations sur des soupçons de manipulation des cours de Lehman Brothers et Bear Stearns. L'autorité des marchés financiers américains veut saisir des relevés de transactions et des correspondances électroniques. Le Wall Street Journal, citant une source proche du dossier, avait annoncé le 15 juillet 2008 que la SEC a adressé des citations à plus de cinquante gestionnaires de hedge funds pour réunir des informations sur des ventes à découvert et des opérations sur options portant sur Bear Stearns et Lehman (fr.news.yahoo.com, challenges.fr du 16/07/08).

La société de conseil aux actionnaires Deminor a écrit à l'Autorité des Marchés Financiers pour contester les conditions d'introduction en Bourse de Natixis par les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires à l'automne 2006. "Deminor accuse les deux actionnaires bancaires de Natixis d'avoir procédé à une vente forcée de titres lors de son entrée sur le marché". Selon Deminor, les deux établissements auraient "mis en place une politique commerciale agressive auprès de leurs clients pour placer en ne prenant pas toujours les précautions d'usage (...) voire en attribuant des actions à des personnes qui ne souhaitaient pas souscrire ces titres". Le cabinet Déminor profite du fait que l'AMF procède actuellement à une enquête sur les procédés d'information et de communication liée à la crise des « subprimes » des banques Natixis, Crédit Agricole et Société Générale. Or Il y a un précédent, la Société Générale et la BNP Paribas avaient déjà été sanctionnées à l'automne 2007 par l'AMF pour avoir utilisé la technique du « forcing » auprès de leurs clients pour la vente des titres EDF. Après une forte chute des titres après l'introduction en Bouse, les deux banques ont remboursé leur client. Comme Deminor, l'Adam et l'Afub contestent aussi les conditions de la chute du cour de Natixis qui a de nouveau chuté le 21 juillet 2008, suite à deux séances de forte hausse à la Bourse de Paris dues à l'annonce de son augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros. Il perdait 2,43% à 5,63 euros (fr.news.yahoo.com, lefigaro.fr, lemonde.fr du 22/07/08).

Enfin, HSBC a égaré un CD de données contenant des informations personnelles sur plusieurs de ses clients. Le disque contient les noms, dates de naissance et niveaux de couverture d'assurance de 370.000 personnes ayant contracté auprès de la banque des polices d'assurance-vie. Le géant bancaire HSBC a néanmoins précisé que "le disque de données perdu par HSBC ne contient aucune adresse ou coordonnée bancaire de clients, et pourrait faire l'objet d'une utilisation très limitée, voire nulle, par des personnes mal intentionnées" et que les données étaient protégées par un mot de passe. Le CD en question a été envoyé début février par messagerie de la poste depuis Southampton, en Grande-Bretagne, et était destiné au réassureur Swiss Re. Habituellement, ce type d'information est transmis par ligne internet sécurisée mais le système ne fonctionnait pas le jour de l'expédition malencontreuse. Avant HSBC, Norwich Union Life, l'un des principaux assureurs-vie de Grande-Bretagne, a reçu une amende de 1,26 million de livres sterling en décembre dernier pour avoir exposé ses clients à un risque d'escroquerie. Les escrocs ont exploité des failles dans les systèmes de contrôle du groupe d'assurance, en se faisant passer au téléphone pour des clients et ont obtenu auprès des centres d'appel de Norwich des informations sensibles. Dans certains cas, les escrocs ont modifié les adresses et comptes bancaires des clients pour lesquels ils se sont fait passer, encaissant à leur place un total de 3,3 millions de livres de polices d'assurances. Les risques sont donc innombrables pour ses acteurs, pouvant se manifester à tout moment et faire mal si l'on y prend garde, MIESC Consulting s'insère donc dans ce dispositif et fait gagner du temps et de l'argent à ses interlocuteurs en anticipant les menaces et parfois même en les étouffant dans l'oeuf, afin de mieux les préserver de certains risques parmi lesquels, le risque de réputation, les risques technologiques, les risques de crédit, les risques de marché et de liquidités, la fraude aux moyens de paiement, les risques de blanchiment d'argent, le risque de perte des données, le risque de vol ou les risques macroéconomiques. Nous verrons avec l'affaire Kerviel que la question de la vigilance, de l'anticipation et des contrôles est au centre du dispositif des entités, et qu'elles ne devraient pas faire des économies malvenues sur ce chapitre si sensible (actualite.free.fr, usinenouvelle.com du 07/04/08)...

Les prévisions étaient à portée de vue

Ainsi, pour revenir à notre propos sur les subprimes, pendant la longue période des années fastes, la construction immobilière s'est accrue considérablement, la Réserve Fédérale avait décrété des taux d'intérêt moins élevés afin d'endiguer la crise de 2000-2001, ce qui a entrainé une surproduction et une augmentation des prix de l'immobilier et déclenché des spéculations sur le marché boursier.


Lire la suite: http://www.miesc-consulting.com/subprime.html



Jeudi 23 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par émile zozo le 23/04/2009 15:21 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

je ne suis pas économiste, mais ma grand-mère disait déjà, ça ne sert à rien de remettre des pommes neuves dans un panier de pommes pourries...donc Il me semble que tout l'argent, les milliers de milliards de dollars que "l'on" remet dans les établissements financiers infectés par les placements toxiques, ne sert à rien selon ma grand-mère...cet argent je le rappel, emprunté au noms des états, financé par le travail et l'impôt, pour sauver les banques responsables de la malversation de l'économie depuis 60 ans et de sa faillite actuelle.

Nouveau commentaire :

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances

Publicité

Brèves



Commentaires