Mardi 16 Mars 2010
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Economie et pouvoir financier
Crise alimentaire mondiale: Kouchner : « il faut bannir la spéculation sur les produits alimentaires »Samedi 19 Avril 2008
En réponse à une question posée lors de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, le Ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé mercredi qu’il faut « empêcher la spéculation qui s’abat sur les matières premières alimentaires comme le blé, comme le riz, pour éviter les risques de famine qui touchent les pays les plus pauvres ».
« Au-delà de l’interdiction véritablement mondiale, d’une réglementation mondiale de la spéculation sur les matières premières alimentaires, il faudrait permettre l’utilisation par exemple de ces fonds souverains gigantesques comme un fond de réserve pour permettre que l’agriculture nourrisse les gens les plus pauvres » Gérard Fillion, le « spécialiste de l’économie » à Radio Canada, a immédiatement fait savoir « que la suggestion de M. Kouchner sera pratiquement impossible à appliquer en raison de ceux qui croient au libre marché, à la libre circulation des biens. On peut interdire la spéculation à l’intérieur de certaines juridictions, de certains pays, mais pas l’imposer aux organismes internationaux comme l’OMC ou le FMI, par exemple. » La chose est dite, il reste à la faire.
b[Strauss-Kahn met les biocarburants sur la sellette]b
Interviewé ce vendredi par Europe 1, le directeur général du Fonds Monétaire International (FMI) Dominique Strauss-Kahn a battu en brèche le mythe des biocarburants.
Sans exclure totalement leur production, il a estimé que les biocarburants posaient un « vrai problème moral ». Selon lui, il faut faire « la balance entre les deux objectifs » que sont les problèmes environnementaux de la planète, et « le fait que les gens vont mourir de faim ».
Comme alternative au « tout pétrole », il préconise les moteurs à hydrogène.
De son coté, Stavros Dimas, le commissaire européen à l’Environnement, a également déclaré que « L’objectif de l’Union européenne d’obtenir d’ici 2020 que 10% des carburants soient issus de plantes ne doit pas être la priorité absolue si le prix à payer pour cela est que la nature et les hommes en pâtissent »
Ces prises de position vont définitivement à l’encontre de la politique défendue par Angela Merkel ainsi que celle du président Brésilien et, nous l’espéreront, sonnent le glas d’une époque.
Luis Ignacio Lula défend les biocarburants
L’impact des biocarburants dans la crise alimentaire est le thème récurrent abordé à la 30e Conférence régionale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui réunit à Brasilia, jusqu’à aujourd’hui, trente-trois pays d’Amérique latine et des Caraïbes. En effet, suite aux propos du Suisse Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, qui avait qualifié de « crime contre l’humanité » la production massive de biocarburants, le sujet fait débat. Dans ce contexte, le Brésil qui a joué un rôle moteur dans la stratégie de développement des biocarburants, a été mis sur la sellette par la plupart des participants, certains demandant même un moratoire total sur la production de biocarburants. Mais le président brésilien, Luis Ignacio Lula da Silva, est resté de marbre face à la contestation généralisée, prétendant même que les biocarburants contribuent au progrès des pays pauvres. Lors d’une conférence de presse, mercredi 16 avril, il a récusé la thèse selon laquelle le développement des biocarburants contribue à l’augmentation des prix des matières premières alimentaires. Il a déclaré que la crise alimentaire était le résultat de « distorsions » des marchés, d’un manque d’adéquation entre l’offre et la demande, du protectionnisme et des subventions des pays riches accordées à leurs agriculteurs. « Rares sont ceux qui mentionnent l’impact négatif de l’augmentation du pétrole sur les coûts de production et qui s’élèvent contre l’impact nocif des subventions et du protectionnisme dans le secteur agricole », a-t-il déclaré, les biocarburants ne sont pas « le vilain qui menace la sécurité alimentaire ». Bien au contraire, les biocarburants peuvent être facteur « d’une transformation économique et sociale » pour les pays pauvres, a-t-il poursuivi, ils génèrent de l’emploi et des salaires ; « c’est un projet dans lequel je place de grands espoirs », et plus particulièrement pour le futur des nations pauvres d’Afrique, d’Asie, d’Amérique centrale et des Caraïbes. Il y a plus de cent pays qui ont « vocation naturelle à produire des biocarburants de façon durable. » Il fit référence à l’ouvrage de Jeffrey Sachs en la matière. Lula a finalement annoncé qu’afin d’assurer un débat équitable sur cette question, il allait organiser une conférence internationale sur les biocarburants en novembre à Sao Paulo, à laquelle seraient invités des officiels des gouvernements, des scientifiques et des représentants de la société civile de tous les pays intéressés.
10 000 agriculteurs manifestent en Irlande
Des agriculteurs venant de toute l’Irlande se sont réunis à Dublin pour dénoncer les négociations de Peter Mandelson, commissaire européen britannique, avec l’OMC. Celles-ci, s’inquiètent-ils, « balaieront la production bovine et l’industrie laitière en Irlande ». Les 10 000 agriculteurs ont marché depuis le building de l’UE jusqu’au château de Dublin où le dirigeant de la Commission européenne, Manuel Barroso, intervenait au Forum National sur l’Europe, essayant d’y vendre les accords avec l’OMC ainsi que le Traité de Lisbonne. Les agriculteurs ont manifesté à l’entrée du château, dénonçant les risques de suppression de 50 000 emplois dans l’agriculture ainsi que de 50 000 autres emplois afférents, si les propositions de Mandelson étaient adoptées. Seize entreprises agricoles de Donegal ont fermé leurs portes pendant trois heures en signe de soutien aux protestations des agriculteurs avec l’accord du Conseil municipal. Barroso déclara au forum que l’Irlande conserverait « un droit de veto sur des propositions ou des missions de gestion de crise » si elle votait en faveur du Traité de Lisbonne, alors que Dermot Ahern, ministre des Affaires étrangères irlandais, déclara que le Traité « reconnaît nos intérêts communs, tout en respectant les intérêts nationaux vitaux, comme la fiscalité et la défense en ce qui nous concerne, car les décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité » [souligné par nous]. Les agriculteurs ne mordent visiblement pas à l’hameçon. L’Irlande est le seul pays de l’UE (pour l’instant) qui prévoit un référendum sur le Traité de Lisbonne.
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