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Coût, abus et danger du dollar


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Rudo de Ruijter
Dimanche 1 Avril 2007

Coût, abus et danger du dollar

Coût, abus et danger du dollar



Par Rudo de Ruijter, le 30 mars 2007


​​​​Ceux qui utilisent des dollars en dehors des USA payent continuellement une contribution aux Etats-Unis. Elle vient sous forme d'inflation, de 1,25 million de dollars par minute. C'est le résultat de l'augmentation rapide de la dette extérieure des USA. La moitié de toutes les importations des États-Unis sont simplement rajoutées à la dette extérieure et elles sont payées par l'inflation des dollars détenus par les étrangers.


​​​​De plus, ces détenteurs de dollars ne semblent pas réaliser, que le cours du dollar qu'ils voient, n'est rien de plus qu'une façade dangereuse. S'ils ne comprennent pas ce qui la maintient toujours debout, la façade peut leur tomber dessus par surprise.


​​​​En attendant, bien camouflé, le dollar est au cœur de plusieurs conflits des USA.


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La demande mondiale en dollars


​​​​Jusqu'à 1971, chaque dollar US représentait une quantité fixe d'or. Les USA avaient d'énormes réserves d'or, qui couvraient la valeur entière de tous les dollars en circulation. Quand les banques étrangères avaient plus de dollars qu'elles n'en désiraient, elles pouvaient les échanger [aux USA] contre de l'or. C'est la principale raison pour laquelle le dollar avait été accepté dans le monde entier.


​​​​En 1971 la garantie du dollar par l'or a été supprimée. En fait, c'était une manœuvre d'urgence du président Nixon : la guerre du Viêt-nam ayant coûté plus que les USA pouvaient fournir, plus de dollars que ne le permettait la réserve d'or avaient été imprimés. Depuis lors, la valeur du dollar est établie par la loi d'offre et de demande sur les marchés de changes.


​​​​Au début des années 70, les USA produisaient encore assez de pétrole pour leur propre consommation. Pour protéger leurs propres entreprises pétrolières contre la concurrence étrangère, les importations pétrolières étaient limitées. En échange de la levée des limitations, les pays de l'OPEP ont promis d'accepter uniquement des dollars pour leur pétrole. Le dollar était la devise la plus utilisée dans le commerce mondial. Aussi rien de particulier ?


​​​​Depuis 1971 quiconque voulant importer du pétrole doit d'abord acheter des dollars. C'est là où la plaisanterie commence pour les USA. Quasiment tout le monde a besoin de pétrole, alors tout le monde veut des dollars.


​​​​Partout dans le monde les acheteurs de pétrole cèdent leurs yens, couronnes, francs et autres devises. Ils reçoivent en retour des billets verts. Avec ces dollars ils vont acheter du pétrole dans les pays de l'OPEP. Les pays de l'OPEP dépenseront à nouveau l'argent. Bien entendu, ils peuvent le faire aux USA, mais aussi dans tous autres pays du monde. Tout le monde veut des dollars parce que tout le monde aura toujours besoin de pétrole.


​​​​Chaque pays qui achète plus qu'il ne vend verra la valeur de son argent diminuer. Si vous ne pouvez pas faire grand chose d'une devise sa demande diminue et sa valeur d'échange descend. Mais ce qui est vrai pour toutes autres devises, n'est pas vrai pour le dollar US. Tant que le monde entier aura besoin de dollars pour acheter du pétrole, il y aura toujours demande.


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Les conflits camouflés


​​​​Pour garder permanente la demande de dollars, les ventes de pétrole doivent rester en dollars. C'est pourquoi les USA essayent de garder autant influence que possible, aussi bien sur les marchés pétroliers mondiaux IPE et NYMEX propriétés US, que sur les gens au pouvoir [dans les autres pays pétroliers]. En faisant cela les USA fixent leur fourniture pétrolière en même temps. Au delà de cela, des contrats lucratifs peuvent être obtenus à partir des pouvoirs locaux, avec lesquels un maximum de bénéfices peut être saisis de la production pétrolière.


​​​​Mais quand ces gens au pouvoir ne veulent plus vendre à personne leur pétrole en dollars, les USA ont un problème. Ensuite, le président US n'expliquera pas combien les USA sont dépendants de la demande de dollars. Le conflit est toujours camouflé. Et pour faire ainsi, un thème émotif est toujours choisi. À une époque révolue c'était le danger communiste, aujourd'hui c'est le danger terroriste, des fondamentalistes et autres fantômes populaires, comme « l'ennemi a des armes de destruction massive » ou « l'ennemi tente de fabriquer des armes nucléaires. »


​​​​Peu importe le fait qu'il n'y ait, raisonnablement, pas une seule preuve. L'émotions gagne toujours. Même le fait que ces accusations peuvent se retourner et peuvent ensuite être constatées, n'est guère relevé par quelqu'un. Les USA ont des armes de destruction massive et ils les ont employées ; les USA ont des armes nucléaires et ils s'en sont servi, et ils ont même menacé le faire encore en 2000.


​​​​Mais une fois encore, à ce moment les accusations sont chargées d'émotions humaines qui éteignent l'intelligence. La raison n'est pas un argument pour la paix. Le théâtre concerne seulement les accusations lancées. Et parce que, à la suite, seuls des spécialistes en armes de destruction massive ou en armes nucléaires sont invités à donner leur avis, presque personne ne se rend compte en quoi consiste exactement le conflit.


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Le Venezuela


​​​​Depuis de nombreuses années au Venezuela les USA tentent d'abattre le président Chavez, en prétextant que c'est un dangereux communiste. Chavez a nationalisé l'industrie pétrolière et a établi les échanges de marchandises pour exporter le pétrole vénézuélien contre les soins médicaux de Cuba, entre autres. Dans les opérations de troc il n'y a pas besoin de dollars et les USA ne profitent pas du commerce de pétrole.


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L'Irak


​​​​Jusqu'en 1990 les USA entretenaient des rapports commerciaux lucratifs avec Saddam Hussein. C'était un bon allié. Par exemple, en 1980 il avait essayé de libérer les otages de l'ambassade US à Téhéran.


​​​​Mais en 1989 Saddam a accusé le Koweït d'inonder le marché pétrolier et de faire chuter le prix du pétrole. L'année suivante Saddam a tenté d'annexer le Koweït. Cela a mené à un renversement immédiat de l'attitude US. Avec l'annexion Saddam aurait disposé de 20 pour cent des réserves pétrolières mondiales. Les Irakiens ont été chassés hors du Koweït par les USA, avec une alliance de 134 pays, et condamnés à l'eau et au pain par un embargo des Nations Unies qui a duré dix ans.


​​​​Bien que les USA aient cherché une manière de rétablir leur influence en Irak, Saddam a basculé à l'euro le 6 novembre 2000, menant à l'invasion US. Le dollar a plongé et en juillet 2002 la situation est devenue si sérieux que le FMI a averti que le dollar pourrait s'effondrer. Quelques jours plus tard les plans pour une attaque se discutaient à Downing Street. Un mois plus tard Cheney proclamait qu'il était sûr maintenant que l'Irak avait des armes de destruction massive. Avec ce prétexte les USA ont envahi l'Irak le 19 mars 2003. Les USA ont rétabli le commerce pétrolier en dollars le 5 juin 2003.


​​​​Il y a une énorme différence entre le négoce du pétrole irakien en euros et le commerce en dollars. Cela sera expliqué ci-dessous.


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L'Iran


​​​​Les USA sont en conflit avec l'Iran depuis qu'ils ont été jetés hors du pays en 1979. Selon les USA, l'Iran est un dangereux pays de fondamentalistes.


​​​​La position géographique de l'Iran, entre la mer Caspienne et l'Océan Indien, complique les ambitions US pour contrôler les riches réserves pétrolières et gazières du côté oriental de la mer Caspienne. Pour transporter ce pétrole et ce gaz vers les marchés mondiaux sans traverser la Russie et l'Iran, des pipelines devraient être construits à travers l'Afghanistan. Des plans ont été faits au début des années 90, mais les pipelines ne sont toujours pas là.


​​​​Dans l'intervalle, les USA tentent de contrecarrer tous les projets concurrents des autres pays.


​​​​Bien entendu, cela a mené à de multiples conflits d'intérêt avec l'Iran. George W. Bush prétextera la présence d'Oussama Ben Laden pour commencer une guerre contre l'Afghanistan.


​​​​En 1999, l'Iran a en plus publiquement déclaré vouloir accepter l'euro pour son pétrole. L'Iran vend 30 pour cent de sa production pétrolière à l'Europe, le reste principalement à l'Inde, à la Chine, et pas une goutte aux USA, en raison d'un embargo mis sur pieds par les USA eux-mêmes. Malgré la légende menaçante de Bush, parlant des pays de son fameux « axe du mal », l'Iran a commencé à vendre son pétrole en euros à partir du printemps 2003.


​​​​Après ça, l'Iran a voulu établir sa propre bourse pétrolière, indépendante de l'IPE et du NYMEX. Elle commencerait le 20 mars 2006. Étant donné la très fragile santé du dollar à ce moment-là, un succès de cette bourse aurait pu mener à une catastrophe pour le dollar et aussi pour eux, les USA. C'est pourquoi les dissensions étaient très tendues en début 2006.


​​​​Finalement, l'ouverture de la bourse pétrolière a été remise à plus tard. C'est après que Poutine a établi aussi rapidement que possible une bourse pétrolière en Russie, qui a privé d'intérêt la bourse pétrolière iranienne.


​​​​Les USA accusent l'Iran de vouloir faire des armes nucléaires. Puisque les USA n'ont pas assez d'influence pour repasser le commerce pétrolier en dollars, ils espèrent probablement que les sites nucléaires iraniens seront bombardés une fois de plus ainsi l'Iran devrait consommer son pétrole au lieu de le vendre en euros.


​​​​De plus, un plan magistral a été conçu pour prendre possession du marché mondial du combustible nucléaire, de concert avec quelques autres pays en utilisant l'Iran comme prétexte et cas type. Avec ce plan la demande de dollars serait sécurisée pour longtemps, même après l'âge du pétrole.


​​​​


La Russie


​​​​Depuis le 8 juin 2006 la Russie est aussi revenu au dollar. En vendant les excédents de dollars aux banques centrales, Poutine a fait attention qu'il n'y ait aucune influence sur le cours du dollar. Cependant, la base pour la demande mondiale du dollar a beaucoup diminué. Les USA ont besoin de la Russie pour que leurs plans de prise de possession du marché mondial du combustible nucléaire, ainsi une vengeance des USA est peu probable.


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L'économie du dollar


​​​​L'économie du dollar n'est pas limitée aux USA. Les réserves pétrolières échangées en dollars en dépendent aussi. En plus, les entreprises, banques et investissements, partout dans le monde, en dépendent quand ils sont payés en dollars. Ce sont comme de petites îles de l'économie du dollar. Les bénéfices et les dividendes refluent vers les propriétaires. La valeur des investissements est influencée par le taux du dollar. Les vendeurs pétroliers, recevant leur produit en dollars, sont des acteurs de l'économie du dollar et ils se comportent d'habitude en représentants parfaits des intérêts US. Ils considèrent que c'est dans leur propre intérêt.


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Euro contre le dollar


​​​​Depuis janvier 1993 l'euro est coté. En juillet 2005 le taux était identique à ce qu'il valait à son introduction : 1,22 dollar. La nouvelle devise a vraiment éprouvé quelques fluctuations pendant sa courte vie. Depuis fin 1998 l'euro a glissé au loin, jusqu'aux moment où Saddam Hussein a basculé à l'euro en novembre 2000. Bien que les USA aient repassé le commerce pétrolier en dollars en juin 2003, l'euro a continué sa montée. Depuis le printemps 2003, l'Iran a commencé à vendre le pétrole en euros.


​​​​L'euro est devenu une petite devise mondiale. Entre juillet 2004 et juillet 2005 la part du dollar dans le commerce mondial est descendu de 70 à 64 pour cent. Un peu moins de la moitié de ces 64 pour cent est lié au commerce extérieur US. Si l'euro veut devenir aussi puissant que le dollar, il a encore beaucoup de chemin à faire.


​​​​En principe, l'euro contient les mêmes risques que le dollar. Aussi longtemps qu'il y aura un moteur pour une demande permanente d'euros comme, par exemple, les ventes pétrolières en euros, la zone euro pourra faire des dettes et les laisser filer indéfiniment.


​​​​Pour éviter de telles dettes, la zone euro devrait exporter l'équivalent de tous les euros requis en dehors de ses frontières et garder la même somme en devises étrangères dans sa banque centrale. Pourquoi le devrait-elle ? La ruse du crédit a très bien marché pour les USA pendant plus de 30 ans !


​​​​Si les pays producteurs de pétrole vendaient le pétrole dans deux ou trois devises différentes, comme cela a été considéré dans le passé, cela signifierait simplement qu'à ce moment là les trois pays impliqués pourraient faire la même supercherie que les USA. En fin de compte ils multiplieraient le problème par trois.


​​​​La seule solution à ce problème serait que les pays vendeurs de pétrole acceptent toutes les devises sur le marché. Téhéran a déjà pris en compte l'acceptation de plus d'une devise et pas uniquement de l'euro. Pas à pas.



Par Rudo de Ruijter
Chercheur indépendant
Pays Bas, mars 2007 L'auteur peut être contacté sur www.courtfool.info



http://english.pravda.ru/world/americas/30-03-2007/88836-dollar-0

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info





Dimanche 1 Avril 2007


Commentaires

1.Posté par sam2000 le 01/04/2007 15:18 | Alerter
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et j'ajouterai ceci.
personnellement,je me suis toujours demandé pourquoi comme par hasard la Norvege et surtout la G Bretagne n'appartenait toujours pas a la zone Euro.
Mais maintenant on le sait .
c'est pour maintenir la vente de LEUR petrole en dollars et donc maintenir l'hegemonie de leur allié les USA.
il faut savoir que ce qui precede est loin d'etre un detail.
puisque les USA sont capable de tuer jusqu'a UN MILLION d'irakien car cet etat
a osé commetre le sacrilege de vendre son petrole en EURO en nov 2000.

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