Géopolitique et stratégie

Couper l’herbe sous les pieds de l’église catholique et des structures fantoches et conjoncturelles



Samy BOSONGO
Samedi 13 Janvier 2018

Des manifestations de réclamations de la « mise en œuvre effective, intégrale et de bonne foi de l’accord global et inclusif du 31 décembre 2016 » est l’argument a fortiori brandi par une bonne partie du clergé catholique et les structures fantoches et conjoncturelles au service des prédateurs impérialistes opérationnels en RDC. Au nombre de ceux-ci, l’Union européenne sous l’instigation de la France et de la Belgique principalement de même que le Vatican ; les USA de Trump voulant le départ à la fin de 2018 de Joseph Kabila après la présidentielle du 23 décembre sans abonder dans le même sens que les Européens au sujet de certains préalables soulevés par le Vatican et l’Union européenne. Notamment, l’idée de la Transition sans Kabila.

Au terme d’un combat stérile pour occuper la primature et la présidence du Comité nationale de suivi de l’accord (CNSA), le Rassop/Limeté, la plateforme à visage politique découvert des structures fantoches et conjoncturelles, a renoncé à ces réclamations au point de s’intéresser plus qu’à la mise en œuvre des mesures de décrispation. Bien entendu pour la raison évidente du retour de son vrai président, Moïse Katumbi, afin qu’il rentre au pays à temps, tant pour déposer sa candidature à la présidence que pour battre en personne campagne. Christophe Lutundula et Delly Sesanga respectivement cadres du G7 et de l’AR, des plateformes électorales affichées de M. Katumbi, l’ont bien articulé lors des interviews accordées à la radio Top Congo sur ces matières.

Il était connu depuis longtemps, du fait de propres efforts de Katumbi ou vu que les prédateurs européens l’ont choisi ayant vu en lui une marionnette potentielle de lignée pure, c’est-à-dire celui qui se révoltera pas, aussitôt mis au pouvoir, aux injonctions impérialistes qui ne tiennent compte que des intérêts des prédateurs occidentaux, reléguant ceux du peuple au second plan voire dans les oubliettes. Mais cet élu des prédateurs occidentaux a un handicap, celui des démêlées avec la justice congolaise sous l’actuel régime. Aussi a-t-il été question de fabriquer un mécanisme pour l’en débarrasser, en exigeant des mesures de décrispation politique à l’occasion des dialogues.La cause des « Katumbistes » et des impérialistes impliqués dans la prédation du Congo a été entendue au niveau voulu dans l’accord de la saint Sylvestre dans lequel les mesures de décrispation en faveur de Katumbi et des hardis d’entre les recrues des impérialistes qui se sont fait incarcérer. Il est arrivé que des politiques au nombre desquels Roger Lumbala, ont bénéficié de ces mesures de décrispation. Mais ce processus ne s’est pas poursuivi selon les vœux des impérialistes occidentaux et de leurs affidés congolais.

Les élections en RDC ne signifient rien pour les impérialistes aussi longtemps que leurs ouailles qui ont des ennuis judiciaires n’en sont pas épargnés au point de rater le train électoral. Les impérialistes ne s’intéressent aux élections congolaises que pour, d’abord, mettre leur valet à la tête de la RDC, ensuite pour s’assurer que leurs autres recrues occupent des postes ministériels et siègent valablement dans le Parlement congolais. D’où l’impérieuse nécessité de tout faire pour avoir gain de cause, notamment en exigeant, comme l’ont dit les évêques de la Cenco dans le premier point de leur communiqué du 11 janvier 2018, une mise en œuvre effective, intégrale et de bonne foi des mesures de décrispation. A défaut d’obtenir une telle mise en œuvre, ils ont prévu un plan B à deux volets. Le premier consiste à militer en faveur d’une transition sans Joseph Kabila qui, si effective, permettra le retour de Katumbi en RDC et la libération de ceux qu’ils appellent stratégiquement « les prisonniers politiques et d’opinion ». Le second, dont certains membres imprudents et triomphalistes des structures fantoches et conjoncturelles se prévalent déjà dans les réseaux sociaux, est apocalyptique et repose sur un passage forcé à travers une rébellion armée pour obtenir les mêmes résultats.

Selon certaines sources, les USA et certaines puissances européennes ne partagent plus la même analyse sur la manière d’obtenir le départ de Kabila et sur l’identité de la personne qui doit lui succéder. A en croire ces sources, tandis que les Européens ne jurent que par Katumbi, les Américains, eux, n’exigent que son départ après les élections, peu importe l’identité de qui va le remplacer. C’est pourquoi les USA ont accepté le calendrier publié par la centrale électorale congolaise le 5 novembre 2017 et s’opposent à toute transition sans Joseph Kabila. C’est pourquoi aussi les Européens se mettent en action pour obtenir l’une ou l’autre condition qui permet à Katumbi de revenir en RDC pour y déposer, dans le temps, sa candidature. Un laïc dont le comité de coordination a organisé la marche de la saint Sylvestre dernière a déclaré que si on mettait en œuvre les mesures de décrispation, il n’y aura pas besoin d’organiser cette marche. Ainsi cette marche et toutes celles qu’il peut y en avoir dans l’avenir seront autant des pressions pour la cause Katumbi. Ainsi, toutes les attaques multiaxiales auxquelles on assiste après le fiasco de l’une ou l’autre marche constituent autant des chantages pour faire plier Joseph Kabila face à l’injonction de faire cesser les poursuites judiciaires contre Katumbi et d’obtenir la libération d’autres recrues des impérialistes actuellement emprisonnées.

La décision revient à Joseph Kabila

Certes, les revendications de la mise en œuvre effective et intégrale sont des pressions pour faire de la RDC un Etat de non droit, car quelque soient les motivations politiques qui seraient derrière ces arrestations et poursuites judiciaires, les opposants en situation judiciaire délicate n’auraient pas eu des ennuis judiciaires s’ils n’avaient pas été judiciairement justiciables. Le statut de politique n’immunise personne contre les poursuites judiciaires le cas échéant. Accéder aux demandes des structures fantoches et conjoncturelles ainsi qu’à seules de certains clergés catholiques peut aussi sembler une faiblesse de la part de Joseph Kabila qui céderait alors aux pressions artificielles et consacrerait un mauvais précédent en RDC en ce que la démocratie et la Constitution seraient violés sur les chapitres de séparation de pouvoirs. Joseph Kabila, l’exécutif numéro 1, serait alors appelé à violer l’indépendance de la justice.

Dans leur obstination à réussir leurs objectifs, les ennemis de la RDC ne sont pas prêts à cesser leur élan. Les victimes sont les naïfs congolais qui ne comprennent pas ce qui se passe et qui continueront à succomber sous les actions, ruses et hypocrisies de ceux qui tuent les abeilles pour accéder au miel qu’elles ont fabriqué. Et puis qu’ils savent charger arbitrairement, de par leurs médias, et que la justice du plus fort est toujours la meilleure ; ils diaboliseront constamment le régime congolais en le rendant de façon sophiste responsable de toutes les bévues des marches et autres activités de pression sur le pouvoir. Au bout de la perspective, c’est le calendrier électoral qui risque de ne pas être respecté.

Quelle est la sagesse qui avait guidé Joseph Kabila à accepter la transition 1+4 ? Cette sagesse ne peut-elle pas le guider aujourd’hui pour qu’il accepte l’inacceptable afin d’ôter les prétextes à ceux qui en cherchent en vue de mettre la RDC à feu et à sang de façon à hypothéquer la souveraineté de la RDC et à y installer aux postes clés les marionnettes des impérialistes occidentaux de sorte que les pillages et des ressources de la RDC par ceux-ci continuent de plus belle ? La lutte des nationalistes congolais est à remettre stratégiquement à plus tard vu que la majeure partie du peuple ne maîtrise pas encore la géopolitique et les mécanismes de domination ou prédation impérialiste. A moins de redynamiser la communication dans ce sens.

Honte, certes, aux Congolais des structures fantoches et conjoncturelles qui, à n’importe quel prix, s’obstinent à se faire marionnettes des impérialistes occidentaux pour leurs intérêts égoïstes et ceux de leurs maîtres. A cause de leur trahison consciente, la RDC risque de ne jamais se relever et se greffer sur l’orbite des nations émergentes, l’intérêt des prédateurs impérialistes étant que la RDC soit à jamais leur fournisseur bon marché ou gratuit des matières premières et leur débouché économique sempiternel.

Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste, +243811530303


Samedi 13 Janvier 2018


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