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« Coup d’Etat » au Canada : Non à la saisie du pouvoir par les conservateurs ! Aucun soutien à la coalition des libéraux et du NPD !


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Le gouvernement minoritaire conservateur de droite du Canada s’apprête à s’accrocher au pouvoir illégalement. Dirigés par l’idéologue néoconservateur Stephen Harper, les conservateurs menacent de déclencher une crise constitutionnelle et d’inciter un chauvinisme anti-Québec plutôt que de permettre aux partis de l’opposition parlementaire de former un autre gouvernement.


Vendredi 5 Décembre 2008

« Coup d’Etat » au Canada : Non à la saisie du pouvoir par les conservateurs ! Aucun soutien à la coalition des libéraux et du NPD !
Par Keith Jones


« Nous allons prendre tous les moyens légaux pour arrêter cette tentative antidémocratique de prendre le pouvoir », a déclaré Harper lundi après que les partis de l’opposition — les libéraux, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois (BQ) — eurent annoncé un accord pour former un gouvernement de coalition des libéraux et du NPD soutenu par le BQ.

Les conservateurs, qui ont à peine obtenu les votes d’un Canadien sur cinq lors de l’élection fédérale du 14 octobre, accusent les partis de l’opposition de tenter un « coup d’Etat » et de rejeter la volonté de l’électorat.

Balivernes réactionnaires ! Ce sont les conservateurs qui agissent de manière antidémocratique, et de maintes façons.

• Selon le système parlementaire du Canada, les partis de l’opposition ont tout à fait le droit de former un gouvernement alternatif, car ils ont obtenu la majorité des sièges de la Chambre des Communes lors de l’élection générale disputée à peine sept semaines auparavant.

Si l’on considère en plus les votes pour le Parti vert, qui a annoncé mardi qu’il soutenait lui aussi la coalition libéraux-NPD, 61,2 pour cent des électeurs ont voté le 14 octobre pour des partis qui appuient la coalition.

• Afin d’éviter la défaite par un vote de confiance parlementaire prévu pour lundi prochain, les conservateurs se prépareraient à proroger la session parlementaire, qui n’a débuté que le 17 novembre, à la fin janvier.

• Les conservateurs ont annoncé qu’advenant leur défaite lors d’un vote de confiance, Harper « conseillerait » la gouverneure générale de dissoudre le parlement. Concrètement, les conservateurs exigent que le dirigeant d’Etat non-élu du Canada prive l’opposition de son droit constitutionnel de former un gouvernement. Et dans la situation où la gouverneure générale ne céderait pas à leur demande antidémocratique, les conservateurs menacent de déclencher une plus profonde crise politique et constitutionnelle en attaquant la légitimité démocratique de la coalition libéraux-NPD.

• Avec le soutien de la majorité des médias de la grande entreprise, les conservateurs ont lancé une campagne agressive visant à mobiliser des forces réactionnaires, dénonçant les libéraux pour s’être alliés à des « socialistes » et des « séparatistes », faisant référence respectivement au NPD et au BQ, contre le « gouvernement du Canada ».

Afin de s’opposer à la prise du pouvoir par une « coalition dirigée par des socialistes et des séparatistes », les conservateurs ont appelé à des manifestations « pour le Canada » dans les grandes villes du pays samedi prochain. Leur objectif plutôt avoué est d’intimider la gouverneure générale.

Dans le dernier parlement, les conservateurs ont régulièrement compté sur les votes du BQ pour demeurer au pouvoir. Mais, dans une tentative claire d’alimenter le chauvinisme anti-Québec, particulièrement dans l’Ouest du Canada, les conservateurs insinuent que la coalition proposée revient à une trahison parce qu’elle placerait le gouvernement du Canada « à la merci de gens dédiés à détruire notre confédération ».

• Peu importe ce que la gouverneure générale Jean décidera, le fait que les conservateurs aient l’intention de la faire visiblement choisir le gouvernement du Canada a comme impact de donner une plus grande légitimité à ce gouvernement réactionnaire et d’étendre ses pouvoirs.

Sous la monarchie constitutionnelle canadienne, le représentant du roi, le gouverneur général, doit presque toujours suivre les « conseils » du premier ministre — le chef du parti ou d’une alliance multipartite avec le soutien de la majorité du parlement — mais exerce, même si c’est généralement peu connu, des pouvoirs « de réserve » pratiquement illimités. Par ce mécanisme archaïque, la classe dirigeante canadienne s’est donné un moyen pour court-circuiter la démocratie parlementaire en période de crise profonde.

Toute forme d’utilisation par la gouverneure générale de ces pouvoirs établit un précédent réactionnaire qui peut et sera invoqué contre la classe ouvrière dans de futures crises politiques.

• La présente crise fut précipitée par une mise à jour économique et fiscale que le gouvernement a soumise au parlement. La mise à jour était une série de mesures grandement antidémocratiques et de droites. Elle incluait l’abolition d’une subvention annuelle de 1,95 $ par vote aux partis politiques — une action unanimement condamnée dans les médias capitalistes comme une tentative effrontée des conservateurs pour détruire financièrement l’opposition. Les conservateurs ont aussi suspendu les droits de négociations collectives des travailleurs fédéraux, leur enlevant leur droit de grève jusqu’en 2011. La dernière mesure, mais non la moindre, est que les conservateurs, dans des conditions de crise financière et de récession mondiale qui menacent les emplois des travailleurs et leurs retraites, ont rejeté du revers de la main les appels pour soutenir davantage les chômeurs et pour augmenter les projets de travaux publics, préférant plutôt couper dans les dépenses.

Si un coup d’Etat se prépare à Ottawa, c’est manifestement un coup d’Etat de droite orchestré par Harper et les conservateurs.

En s’opposant à la tentative antidémocratique et anticonstitutionnelle des conservateurs pour demeurer au pouvoir, les travailleurs ne doivent donner aucun appui politique à la coalition gouvernementale des libéraux et du NPD qui est proposée.

Le parti libéral est le parti traditionnel du gouvernement de la bourgeoisie canadienne. Il a régulièrement utilisé ses opposants de droite comme des leurres électoraux, imposant après coup les politiques recommandées par la droite, que ce soit Trudeau et son gel de trois ans des salaires dans les années 1970 ou les coupes massives dans les dépenses et les impôts implémentées par le gouvernement libéral de Chrétien-Martin de 1993 à 2006.

Le parti social-démocrate du Canada, le NPD, est un soutien tout aussi fiable de l’ordre capitaliste. Lorsqu’il a formé des gouvernements provinciaux, plus particulièrement en Ontario durant la récession des années 1990, le NPD est entré en collision de plein fouet avec la classe ouvrière, en coupant dans les dépenses sociales, en rendant les programmes d’assurance-emploi beaucoup moins accessibles et en attaquant les grèves et les droits des travailleurs.

La dernière fois que le parti frère du BQ, le Parti québécois, a formé le gouvernement (1994-2003), il a considérablement coupé dans les programmes sociaux et dans les impôts comme l’ont fait ses rivaux libéraux fédéralistes à Ottawa, un programme qui a pour objectif de redistribuer la richesse des travailleurs vers les sections les plus privilégiées de la société.

Aucun des trois partis de l’opposition n’a remis en question, et ne s’est encore moins opposé, à l’engagement du gouvernement Harper à offrir sans débat public des dizaines de milliards de dollars aux grandes banques canadiennes.

Peu de détails ont été rendus publics sur l’entente créant la coalition. Mais on sait qu’un gouvernement libéral-NPD ne « revisiterait » pas la question de l’Afghanistan, c’est-à-dire que les Forces armées canadiennes continueront à jouer un rôle d’avant-plan de la guerre de contre-insurrection afghane jusqu’en 2011. De plus, le gouvernement libéral-NPD conservera le programme de diminutions d’impôts de 50 milliards de dollars sur cinq ans pour les compagnies.

Quant à la promesse d’un programme de stimulation économique, il sera accueilli à n’en pas douter par les grands industriels et sera présenté comme un programme qui « protège les emplois ». Mais le premier ministre libéral de l’Ontario, Dalton McGuinty, a laissé savoir que tout plan d’aide fédéral-provincial aux manufacturiers de l’automobile sera utilisé comme moyen pour de grandes concessions des travailleurs de l’auto. Le syndicat des Travailleurs canadiens de l’auto, un allié proche de McGuinty et l’un des premiers défenseurs de la coalition fédérale NPD-libéral, a déjà annoncé son intention d’accepter d’autres changements dans l’organisation du travail, c’est-à-dire imposer des augmentations de cadence et des diminutions d’emploi.

Au risque de se répéter, la classe ouvrière doit s’opposer à la tentative des conservateurs de conserver le pouvoir. La tentative d’un des principaux partis de l’élite dirigeante canadienne, bénéficiant d’un soutien considérable et probablement majoritaire de la grande entreprise, visant à renverser les formes parlementaires et constitutionnelles établies de longue date est une attaque frontale sur les droits démocratiques.

Mais en s’opposant à la tentative illégale des conservateurs d’empêcher l’opposition de former le gouvernement, les travailleurs ne doivent donner aucun soutien politique aux partis de l’opposition ou leur alternative de gouvernement. Plutôt, la lutte pour défendre les droits démocratiques, les emplois et le niveau de vie des travailleurs et contre la guerre impérialiste dépend entièrement du développement d’un mouvement politique indépendant de la classe ouvrière en opposition à tout l’ordre bourgeois.

Sur cette question, il y a d’importants parallèles entre la crise politique et la crise constitutionnelle aux Etats-Unis lors des élections présidentielles de 2000. Les socialistes avaient le devoir de s’opposer vigoureusement aux tentatives de la droite républicaine, soutenues par les sections les plus puissantes et les plus rapaces de la ploutocratie américaine, de voler les élections pour George W. Bush; mais cette opposition ne signifiait en aucun cas un appui politique au démocrate Al Gore.

Finalement, Gore et les démocrates ont capitulé devant la droite, permettant à Bush de devenir président après que la majorité de droite de la Cour suprême, en violation flagrante de la loi et de la volonté démocratique du peuple américain, l’eut déclaré président.

Québec solidaire : le soi-disant parti de la gauche au Québec

« Coup d’Etat » au Canada : Non à la saisie du pouvoir par les conservateurs ! Aucun soutien à la coalition des libéraux et du NPD !
Par Louis Girard et Guy Charron


Québec solidaire (QS), dirigé par Françoise David et Amir Khadir, se présente comme le parti de la gauche au Québec. Toutefois, QS n’a rien à voir avec le socialisme ou la classe ouvrière et son programme est une collection de propositions vaguement réformistes. Il se décrit comme le parti des « valeurs de justice sociale, de protection environnementale, d’égalité entre les sexes, et de participation de tous les citoyen-ne-s aux décisions politiques » dans le cadre politique d’un « Québec libre, souverain, juste et égalitaire ».

Cette formation politique est relativement jeune, ayant été fondée au début de 2006 de la fusion de l’Union des forces progressistes (UFP), une coalition de mouvements radicaux de gauche, et d’Option citoyenne, un mouvement issu du mouvement communautaire et féministe qui considérait l’UFP comme trop radicale.

Dans les élections québécoises qui auront lieu le 8 décembre, QS présente 122 candidats (pour 125 circonscriptions électorales) et vise à obtenir 5 pour cent du vote exprimé. QS croit que ses deux figures de proue, David et Khadir, pourraient être élues à l’Assemblée nationale, étant arrivées en seconde place lors des dernières élections.

L'axe politique central de QS est de faire pression sur le Parti québécois (PQ) pour l'empêcher d'aller trop à droite. Le PQ est un parti souverainiste de la grande entreprise qui a formé le gouvernement ou l’opposition officielle depuis 1973, hormis la dernière année et demie où il est au troisième rang à l’Assemblée nationale.

Le QS est essentiellement formé de personnes qui anciennement se trouvaient dans l’orbite du PQ (des travailleurs du secteur communautaire, des environnementalistes et une poignée de petits bureaucrates syndicaux) et qui l’ont abandonné après que ce dernier eut imposé d’importantes compressions budgétaires à la fin des années 1990 suivies de coupes dans les impôts.

Plusieurs candidats de QS, dont Amir Khadir, se sont déjà présentés sous la bannière du Bloc québécois, le parti frère du PQ au niveau fédéral, et QS s’est vanté d’avoir obtenu l’appui d’un ancien ministre péquiste, Robert Perreault, dans cette campagne électorale.

Dans une récente entrevue radiophonique diffusée sur Radio-Canada, David, après s’être déclaré déçue du Parti québécois a affirmé « Je m’aperçois finalement que je les influence mieux de l’extérieur. » Supposons, a-t-elle continué, « qu’il y a le parti Québécois qui forme l’opposition officielle, je le souhaite… il me semble qu’avec ma présence et celle de Khadir à l’Assemblée nationale, on va rendre le Parti québécois plus fort parce qu’on va les obliger à aller plus loin. »

En affirmant le 3 décembre que « [N]ous appuyons donc la formation d’un gouvernement de coalition [au palier fédéral], soutenu par le Bloc québécois », QS a démontré sa véritable nature. Ne pouvant se distinguer du PQ et du BQ, le soi-disant parti de la gauche au Québec s’est rangé derrière le Parti libéral, le parti traditionnel de la grande entreprise au Canada. La coalition dirigée par les libéraux continuera à soutenir l’intervention canadienne en Afghanistan et a confirmé qu’elle n’annulerait pas les diminutions d’impôts pour les compagnies même si la crise économique privera le gouvernement de milliards en revenus.

De façon générale, la presse traite Québec solidaire avec une certaine sympathie, le décrivant comme rêveur, mais qui propose parfois des mesures qui devraient être reprises par le gouvernement. David et Khadir obtiennent régulièrement plusieurs entrevues dans les grands médias électroniques et imprimés et des personnalités du monde culturel les appuient ouvertement. QS, comme le Parti vert, n’a pas été invité à participer au débat télévisé des chefs qui a eu lieu la semaine passée.

Cherchant par tous les moyens à convaincre les élites québécoises qu’il est un parti respectable et responsable, Québec solidaire (QS) insiste qu’il n’est « pas une gauche sectaire et dogmatique, mais une gauche humaine et rassembleuse ».

Ce qu’il signifie par là, comme l’indique une étude de son programme, c’est que le capitalisme est fondamentalement sain et que, finalement, seules quelques pommes pourries gâtent le panier. Nulle part Québec solidaire ne mentionne le mot socialisme ou encore prétend représenter la classe ouvrière. En fait pour QS, il n’existe pas de classe avec des intérêts opposés, mais que des Québécois qui doivent s’unir pour le « bien commun ». En pratique, cette orientation revient à attacher les travailleurs à « leur » bourgeoisie.

QS défend la conception que le militarisme, la polarisation sociale, le gangstérisme des dirigeants d’entreprise et leur pillage de la société, le racisme et toutes les formes d’exclusion, la pauvreté, les attaques tous azimuts sur les droits démocratiques, le niveau de vie et les emplois des travailleurs sont une question de volonté, de mauvaise direction et pas la conséquence inévitable d’un système basé sur le profit. Il suffit de maîtriser le capitalisme, pense QS, en subordonnant « l’économie à la justice sociale et au respect de notre environnement », mais en respectant les marges de profit des grands investisseurs et des spéculateurs.

Québec solidaire demeure pratiquement muet sur la plus grande crise économique depuis la Grande Dépression, conscient que cette question expose les contradictions de son programme. D’un côté, les timides réformes qu’il propose dans la perspective du nationalisme économique, de la défense de la petite production et du développement de l’industrie environnementale sont nettement insuffisantes pour protéger les emplois et le niveau de vie des travailleurs. De l’autre, son insistance à présenter un budget équilibré rendra dans les faits même ces faibles mesures entièrement irréalisables.

Comme grand axe de développement économique, la plate-forme électorale de QS propose un timide développement du transport en commun et la nationalisation de l’énergie éolienne et des barrières tarifaires pour protéger les petits agriculteurs.

QS propose aussi de forcer la Caisse de dépôt et de placement du Québec, le plus grand investisseur du Canada avec les 150 milliards de dollars qu’il gère (dont le fonds de pension des employés de l’État québécois), pour investir dans les entreprises québécoises en région respectueuses de l’environnement. Faisant appel de façon populiste au sentiment anti-grande entreprise répandu parmi les travailleurs et les classes moyennes, David explique que « les investissements dans les bourses internationales, on a aucun contrôle là-dessus ».

La principale mesure de Québec solidaire pour lutter contre la pauvreté est une augmentation du salaire minimum à 10,20 $ l’heure d’ici quelques années, une mesure si timorée que même le Parti libéral promet d’augmenter le salaire minimum à 9,50 $ l’heure d’ici une année. Pour défendre les emplois, QS propose que l’État aide les travailleurs à transformer les compagnies en faillite en coopératives.

Le caractère petit-bourgeois de Québec solidaire est bien démontré par sa position face au militarisme. En 2001, le Canada a envoyé des troupes en Afghanistan pour soutenir la guerre menée par les Etats-Unis et, depuis 2005, les Forces armées canadiennes sont au front de la lutte contre-insurrectionnelle à Kandahar, au sud de l’Afghanistan. Près de 100 soldats canadiens sont morts depuis le début de la mission canadienne et des centaines d’autres blessés, pour une force armée d’environ 2500 soldats seulement. L’opposition à cette guerre n’a cessé de croître dans la population canadienne et particulièrement au Québec, où environ 70 pour cent de la population est opposée à la guerre selon les sondages, ce qui n’empêche pas le gouvernement conservateur de renforcer les troupes canadiennes en Afghanistan avec plus d’hélicoptères et de troupes.

Comme pour les questions économiques, Québec solidaire a sur le militarisme une perspective moraliste par sa forme et localiste par son contenu. Depuis sa création, Québec solidaire a appelé à une participation de l’ONU, une institution par et pour les puissances impérialistes, afin de « maintenir la paix » en Afghanistan, tentant de faire oublier que l’ONU a donné son appui à l’invasion de ce pays par l’OTAN. Dans la présente campagne électorale, comme depuis sa fondation, Québec solidaire ne mentionne la question de la guerre en Afghanistan du bout des lèvres.

QS s’est contenté d’ajouter quelques lignes sur cette question à la toute fin de sa plateforme électorale, rédigées en termes très vagues. La principale mesure qu’il propose est un appel au dépôt d’une motion vertueuse à l’Assemblée nationale québécoise « pour s’opposer à toute intervention impérialiste canadienne en Afghanistan ».

Comme pour les questions économiques, la question de la guerre est liée à la défense des intérêts fondamentaux des grands capitalistes. Si la bourgeoisie canadienne, y compris la bourgeoisie québécoise, appuie la guerre en Afghanistan, c’est parce qu’elle considère qu’elle doit participer militairement au partage du monde pour avoir droit à une part du butin.

Devant la montée de l’impérialisme américain, la bourgeoisie canadienne, en tant que puissance impérialiste moyenne dotée de ressources limitées, a jugé qu’il était nécessaire de s’allier avec les Etats-Unis dans la grande redivision du monde qui a lieu actuellement et dans laquelle les Etats-Unis tentent impitoyablement de conserver leur suprématie. C’est pourquoi la bourgeoisie canadienne a cherché au cours des dernières années à développer les Forces armées canadiennes en intervenant dans la guerre menée par l’OTAN contre la Yougoslavie en 1998 et en Afghanistan depuis 2001.

Une véritable opposition à la montée du militarisme ne peut trouver expression dans une motion blâmant l’intervention dans un parlement provincial. Il faut exposer la guerre en Afghanistan pour ce qu’elle est, une guerre de pillage visant à défendre les intérêts de la grande bourgeoisie canadienne et québécoise et lutter pour une organisation politique des travailleurs, indépendante du nationalisme économique et politique de la bureaucratie syndicale et des partis de la grande entreprise.

Les positions de QS sur l’économie et la guerre vont main dans la main avec l’orientation politique de ce parti envers le PQ. Lorsque Françoise David dit qu’elle « influence mieux [le PQ] de l’extérieur », elle fait référence à sa longue expérience de collaboration avec ce parti.

En 1995, quelques mois avant le référendum sur l’indépendance du Québec, Françoise David alors à la tête de la Fédération des femmes du Québec, organisait une marche de 200 km qui s’est terminée à Québec avec la remise de demandes réformistes timides au Parti québécois. Ce dernier a bénéficié de l’événement en se présentant comme un parti ouvert aux revendications populaires.

Les mouvements communautaires et les tendances radicales de gauche qui se sont regroupées pour former Québec solidaire en 2006 faisaient tous partie de la coalition arc-en-ciel en faveur de l’indépendance du Québec chapeautée par le PQ lors du référendum de 1995.

Lors du référendum, le PQ avait servi aux travailleurs de la rhétorique ronflante (le pays qui sera un rempart contre le vent de droite soufflant sur l’Amérique du Nord) et aux grandes entreprises des mesures pour défendre leurs profits.

Une année après avoir perdu de peu le référendum, le PQ organisait un sommet regroupant le patronat, les syndicats et le gouvernement pour générer le soutien politique nécessaire pour aller de l’avant avec son plan de coupes draconiennes dans les dépenses sociales. Françoise David avait participé dans ce forum, ne le quittant qu’à la dernière heure lorsqu’elle n’avait pu obtenir du gouvernement péquiste l’assurance que les assistés sociaux ne seraient pas touchés par les coupes budgétaires.

Dans les années qui suivirent, le PQ mis en œuvre son plan du « déficit zéro » en vertu duquel des dizaines de milliers d’employés du secteur public furent mis à la retraite, des hôpitaux furent fermés et les assistés sociaux sauvagement coupés. Une couche de supporteurs du PQ s’en est détaché, tentant de garder en vie les illusions de type social-démocrate dans l’indépendance du Québec.

Québec solidaire, à la façon de nombreuses formations de la « gauche élargie » qui se forment à travers le monde, se propose de jouer le rôle de rempart de gauche si jamais la bureaucratie syndicale n’arrivait pas à contenir une opposition massive des travailleurs dans le giron du PQ. QS se présenterait alors comme une alternative de gauche au PQ, mais pour mieux attacher les travailleurs au programme du nationalisme économique et de l’indépendance du Québec.

Québec solidaire a bénéficié du soutien enthousiaste de plusieurs tendances se disant communistes y compris les pablistes du Secrétariat unifié au Québec, Gauche socialiste. Ces tendances, entièrement démoralisées de la possibilité de gagner la classe ouvrière à un programme socialiste et internationaliste, se sont approchées encore plus de l’impérialisme canadien et québécois en intégrant Québec solidaire pour former un parti soi-disant respectable de la gauche entièrement consacré à faire pression sur le PQ de la gauche.

Cette avenue est complètement l’opposée de celle que prend le Parti de l’égalité socialiste et la Quatrième Internationale. Nous insistons qu’il ne sera pas possible de défendre les emplois, le niveau de vie et les droits démocratiques de la classe ouvrière et des larges couches de la population sans la construction d’un parti révolutionnaire de masse qui unira les travailleurs québécois avec leurs frères de classe de tout le Canada et l’Amérique du Nord, pas avec la bourgeoisie québécoise.


Vendredi 5 Décembre 2008


Commentaires

1.Posté par MacDonald's le 05/12/2008 21:46 | Alerter
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Prenez note que l'auteur de cet article est un communiste radical.

Les communistes semblent jaloux du parti Québec Solidaire...

2.Posté par rick le 07/12/2008 00:05 | Alerter
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on dirait un complot toutes s'histoire là...mais à l'avantage de qui je sais pas
etk à voir comment le caméraman de Mr dion film, (un enfant de 5 ans ferait mieux), il y a des gens qui veulent voir partir Mr.Dion.

Mais je me demande vraiment c qui qui a filmer Dion, j'aimerais ca qu'on y pose des questions.(Ds le genre qui l'a engagéetc)

3.Posté par Jean Lespérance le 07/12/2008 01:57 | Alerter
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Parmi les nombreuses mesures présentées par le Premier ministre Harper, il y en a une qui est passée inaperçue. Une loi empêchant le recours au tribunal pour faire respecter l'équité salariale entre hommes et femmes. Comme atteinte aux droits de la femme dans ce beau grand pays démocratique, j'ai raremenrt vu pire de la part d,un premier ministre.

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