Politique Nationale/Internationale

Conseil de sécurité: étrange silence de Moscou et Pékin sur la 'mutinerie' des membres non permanents (Kommersant)


Le report du vote sur une nouvelle résolution iranienne témoigne sinon de grands changements, du moins, de nouveaux courants au Conseil de sécurité de l'ONU, sanctuaire de l'ordre mondial actuel.


Ria-Novosti
Vendredi 23 Mars 2007


Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont souvent baptisés le "bureau politique mondial". Malgré l'activité bouillonnante des participants à l'Assemblée générale ou des membres non permanents du conseil, leur avis était jusqu'à ce jour, au mieux, pris en considération. Les Cinq prenaient toutes les décisions à huis clos. Mais un changement est soudain survenu dans ce système fonctionnant depuis des années. Trois membres non permanents du Conseil de sécurité ont proposé d'apporter des amendements au projet de résolution élaboré par le "politburo". Qui plus est, il ne s'agit pas d'amendements superficiels, mais qui changent de fond en comble l'idée maîtresse du projet.

La réaction au report du vote sur la résolution iranienne fait ressortir quelques détails curieux. Premièrement: une grande déception, voire l'irritation des Britanniques auxquels appartient l'initiative de la résolution ardemment soutenue par les Américains. Deuxièmement: l'assurance absolue des Sud-Africains, principaux responsables de ce report. Troisièmement: le calme total des représentants permanents chinois et russe. Il est à remarquer que ce dernier a même discerné pas mal de points positifs dans les amendements proposés.

On peut se souvenir d'une phrase prononcée par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la Douma (chambre basse du parlement russe) à la veille de l'examen de la résolution au Conseil de sécurité. Il avait souligné que la Russie ne soutiendrait pas "des sanctions excessives contre l'Iran". Il convient de retenir les allusions faites ces jours-ci par les représentants chinois au Conseil de sécurité, suggérant que la nouvelle résolution sur l'Iran connaîtrait une adoption bien plus longue que celle prévue par ses auteurs.

Il se trouve que la Russie et la Chine étaient au courant de la "mutinerie" des membres non permanents, ou bien elles avaient deviné leurs intentions. Il se peut même qu'elles aient aidé l'Afrique du Sud, l'Indonésie et le Qatar à formuler les amendements.

Bien entendu, ce ne sont là que des hypothèses. Mais un fait demeure: de nouvelles réalités sont apparues au Conseil de sécurité de l'ONU où l'entente intervenue entre les cinq membres permanents ne garantit plus l'adoption de tel ou tel document sans problèmes.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


Vendredi 23 Mars 2007

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