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Congo: Incendie dans l'entrepôt de la CENI : Les commis à l'empêchement de la tenue des élections sortent la grosse artillerie


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Samy BOSONGO
Vendredi 14 Décembre 2018

L’incendie déclaré dans l’entrepôt de la Centrale électorale nationale indépendante(CENI), de l’avenue du Haut Commandement dans la commune de la Gombe à partir de 2h du matin ce jeudi 13 décembre consacre la logique d’utilisation de la grosse artillerie pour empêcher la tenue des élections du 23 décembre. Selon des sources concordantes, les matériels électoraux pour la ville de Kinshasa, constitués d’environ 7000 machines à voter et de plusieurs isoloirs, ont été calcinés et l’incendie aurait affecté 70% de l’entrepôt.

Alors que la cause de l’incendie reste jusqu’ici un mystère et que les enquêtes ont été lancées pour tirer l’affaire au clair et évaluer l’ampleur des dégâts subis, la CENI, dans un bref communiqué de ce jeudi 13 décembre, « rassure les électeurs de la poursuite du processus électoral ».

Comme on ne pouvait que s’y attendre, les commentaires sur cet incendie prolifèrent et vont dans tous les sens. Sur les réseaux sociaux où les opposants ont positionné les leurs, l’appel au soulèvement est lancé, invoquant pour ce faire l’article 64 de la Constituant et affirmant que l’incendie a été créé sur instructions de Joseph Kabila qui ne veut pas organiser les élections afin de s’éterniser au pouvoir. D’autres publications battent en brèche Corneille Nangaa à qui on promet de ne plus l’écouter, prétendant que c’est un scénario concocté par la CENI et le pouvoir congolais.

Un tel incident était prévisible et subodoré

Après l’impossibilité de Moïse Katumbi d’entrer en RDC pour déposer sa candidature à la présidentielle et consécutivement à l’invalidation de la candidature de Jean-Pierre Bemba, il était prévisible et subodoré que l’Occident impérialiste allait se déployer de façon insidieuse pour tirer son épingle du jeu électoral congolais. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, exprès et pour le besoin de la cause libéré de sa cellule à la Cou pénale internationale (CPI), sont deux politiques congolais recrutés par l’Occident impérialiste capables de remporter le scrutin présidentiel de façon démocratique sans recours aux méthodes fortes. D’après la théorie, l’Occident impérialiste peut, à travers son financement et son aide logistique, influer sur les résultats des scrutins. Ce que le Gouvernement congolais a empêché l’Occident de faire en finançant sur fonds propres les élections malgré l’insistance de la communauté internationale.

Se consolant à l’idée de trouver gain de cause en exploitant les leçons tirées de l’expérience des élections couplées du 28 novembre 2011, l’Occident a pesé de tout son poids pour que les opposants sous son contrôle acceptent de collaborer pour une candidature unique de façon à se donner plus de chance de remporter le scrutin présidentiel du 23 décembre. Une initiative qui a encore ramassé une pelle avec le retrait des signatures de Félix Tshisekedi et de Vital Kamerhe.

Restait alors à l’Occident, ainsi qu’il a donné la mission à Martin Fayulu vu qu’il était, à en croire Colette Braeckman, le mieux indiqué d’entre les opposants restés en course pour la présidence de la RDC pour porter un tel projet(Lire pour ce faire https://congo-yasu-rdc.skyrock.com/3318288444-Martin-Fayulu-le-candidat-d-une-partie-de-la-communaute-internationale.html ), il restait à l’Occident de se servir du candidat unique de la coalition Lamuka pour tout faire, via les réclamations du retrait de la machine à voter et de l’irradiation des électeurs sans empreintes digitales et la création des incidents lors de sa campagne électorale pour rendre impossible la tenue des élections le 23 décembre. Parlant de la création d’incidents lors de la campagne, l’allusion est faite au prétendu empêchement de Fayulu de battre campagne à Kindu, aux incidents de Lubumbashi et de Kalémie, etc. Entretemps, des débats étaient créés pour démontrer qu’il était impossible que les élections aient lieu le 23 décembre et que la CENI n’était pas prête pour se conformer au calendrier du 5 novembre 2016 ou rencontrait des difficultés pour déployer le matériel électoral dans tout le territoire national. Ces débats se heurtaient à toutes les assurances de la tenue des élections le 23 décembre données par Corneille Nangaa et les autres membres du bureau de la CENI.

Aux dernières nouvelles, la coalitionLamuka a été inculpée de vouloir intenter à la vie de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe alors qu’ils devaient quitter par route la ville de Beni pour atteindre Butembo ce mercredi 12 décembre. L’assassinat de ces leaders du Cach aurait inévitablement engendré des troubles qui auraient négativement impacté sur la tenue des élections le 23 décembre d’après le plan occidental via la coalition Lamuka.

D’une initiative à une autre, la nécessité de changer de méthode a été imposée aux ennemis de la RDC par leur volonté de réussir à bloquer les élections imminentes. Il leur restait alors de sortir l’artillerie lourde, à défaut de créer l’insécurité ou une rébellion, pour réussir l’objectif. C’est, du point de vue des observateurs, ce qui est arrivé avec l’incendie de l’entrepôt de la CENI. Ce coup dur a été assené à la CENI et au régime congolais, à en croire ces observateurs par un drone, car, soutiennent-ils, la CENI s’attendait à un événement du genre et la sécurité avait été renforcée à ses entrepôts. Survenu, l’incident sert d’argument à ceux qui ne veulent pas de ces élections d’accuser la CENI et le régime congolais de ne pas vouloir organiser les élections pour que Joseph Kabila reste encore au pouvoir. Cet incident va tester la résilience de la CENI et du régime congolais et attendons voir si réellement il n’aura aucune influence négative sur la tenue des élections du 23 décembre. Une perte de matériels très dure pour le trésor public.


Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste, +243811530303


Vendredi 14 Décembre 2018


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