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Conférence du désarmement: les mises sont faites


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La Russie et les Etats-Unis, la Russie et l'OTAN entament un nouveau round de leurs relations. Les parties se disent prêtes à débattre de problèmes qui récemment encore faisaient l'objet de profondes contradictions. Au cours de la conférence du désarmement qui se tient à Genève, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a avancé une série d'initiatives qui, si elles connaissent un développement, peuvent changer fondamentalement la situation politique en Europe et dans le monde.


Vendredi 13 Mars 2009

Conférence du désarmement: les mises sont faites
Par Ilia Kramnik, RIA Novosti

Les propositions de Sergueï Lavrov concernent plusieurs aspects des rapports entre la Russie et les pays occidentaux dans le domaine de la sécurité. Elles peuvent être divisées en plusieurs groupes interdépendants: la sécurité nucléaire, la sécurité et la coopération en Europe, la défense antimissile, etc.

Dans le domaine de la sécurité nucléaire, le plus important dans les relations russo-américaines, Sergueï Lavrov a proposé que les Etats-Unis reconsidèrent leur position concernant le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, qu'ils n'ont toujours pas ratifié. Le ministre russe a également formulé des propositions concernant un nouveau traité sur la réduction et la limitation des armements stratégiques offensifs, appelé à remplacer le traité START-1, qui expire à la fin de cette année.

Selon la Russie, le nouveau traité doit limiter non seulement le nombre de charges, mais aussi celui de leurs vecteurs - missiles, bombardiers lourds, sous-marins lance-engins. Une telle limitation permettrait d'inclure dans cette liste les ogives et les vecteurs conservés dans des entrepôts.

Le problème de la sécurité nucléaire est étroitement lié à celui de la défense antimissile, sur lequel la Russie et les Etats-Unis n'ont pu pendant longtemps trouver un langage commun. Pour l'instant, aucune décision mutuellement acceptable n'a été prise, mais les deux parties ont tout de même commencé à faire des propositions et à manifester la volonté de les écouter.

Le chef de la diplomatie russe a déclaré une nouvelle fois que, du point de vue de la Russie, "le développement unilatéral des systèmes stratégiques de défense antimissile risque d'entraîner l'érosion de la stabilité stratégique et un déséquilibre du système de freins et de contrepoids qui assure la parité globale". Il a souhaité que les deux parties travaillent ensemble sur les problèmes de la défense antimissile.

Les formes de ce travail ne sont pas encore claires, mais on peut déjà faire certaines suppositions. Une coopération de ce type peut se traduire par la création de systèmes de défense antimissile de théâtre, qui assureraient une protection contre les lancements éventuels de missiles par des pays aux régimes politiques instables, tout en excluant que puisse être créé un système permettant de se protéger contre une riposte nucléaire d'une grande puissance en cas d'agression.

Les missiles de portée intermédiaire et de plus courte portée constituent un autre aspect du problème de la défense antimissile. La Russie et les Etats-Unis ont éliminé leurs missiles de cette classe en application du traité ad hoc de 1987. Cependant, de nombreux pays continuent de développer, fabriquer, acheter et exploiter ces missiles, qui peuvent emporter aussi bien des ogives conventionnelles que des ogives se rapportant aux moyens de destruction massive: armes nucléaires, chimiques, etc.

Donc, pour que le renoncement aux missiles de portée intermédiaire et de plus courte portée et, par voie de conséquence, l'inutilité du système de défense antimissile deviennent réalité, il faudra persuader certains pays ayant des points de vue antagonistes sur l'avenir de leurs régions de renoncer à ces systèmes, ce qui complique considérablement le travail. On peut dire que c'est ce point qui est probablement le moins réaliste dans les propositions formulées par Sergueï Lavrov.

Il est parfaitement réaliste de vouloir s'entendre sur tous les autres problèmes: la situation économique actuelle oblige même les pays les plus riches à reconsidérer leurs programmes militaires prometteurs. Reste à savoir dans quelle mesure la vision du système de sécurité mondial qu'a la Russie coïncide avec celle des pays occidentaux.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Vendredi 13 Mars 2009


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