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Comprendre la haine des officiels et hommes d’affaires belges contre le régime congolais


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Samy BOSONGO
Vendredi 23 Novembre 2018

Comprendre la haine des officiels et hommes d’affaires belges contre le régime congolais

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La Belgique s’investit énormément dans le changement de régime en RDC parce qu’il y a des officiels et hommes d’affaires belges qui, pour des raisons d’intérêts dans un élan néocolonialiste, se sont sentis lésés par le pouvoir kinois dans son souci d’entrer dans ses droits et de privilégier les intérêts de Congolais.
Historiquement, la Belgique a troublé la RDC, y créant la sécession katangaise et celle de Bakwanga parce qu’alors les seules parties connues les plus riches du pays et que la métropole tenait à contrôler pour ses intérêts aux dépens de ceux des Congolais. Des sources affirment qu’ « Après un processus accéléré de décolonisation du Congo belge, la Belgique a continué à contrôler, à travers la Société générale de Belgique, approximativement 70% de l’économie congolaise. La partie du pays qui a connu le plus de contestation fut la province de Katanga où l’Union minière du Haut Katanga, appartenant à cette société, avait le contrôle sur cette province riche en minéraux et ressources…». La Belgique a mené la vie dure aux Congolais à cause de ses intérêts, en communion avec les USA qui s’intéressaient également aux richesses et au contrôle de la RDC pour son grand poids géostratégique.
Très récemment, alors que Didier Reynders, le Ministre des Affaires étrangères belges, était connu comme favorable au régime Kabila, on a assisté à ses prises de position et à ses actions hostiles au régime du successeur de M’zee. Spécialiste de la région des Grands lacs, Tony Busselen donne les clés pour comprendre ce qui s’est passé, dans un entretien avec Olivier A. Ndenkop où l’auteur du livre « Congo, une historie populaire » révèle aussi les techniques utilisées par certains pays impérialistes occidentaux et leurs multinationales capitalistes pour affaiblir l’État congolais afin de piller ses ressources minières en toute tranquillité. Répondant à la question « Qu’est-ce qui explique le grand écart entre les richesses minières du Congo et la pauvreté des Congolais ?», Tony Busselen dit, entre autres choses, que « Didier Reynders est, à la demande des familles Lippens, Forrest, Vastapan et Damseaux, allé demander au président Kabila de faire retirer la loi agricole qui prévoit que plus que 50% des actions des sociétés agricoles doivent être dans des mains de nationaux congolais.». On comprend la haine de Didier Reynders et de ces familles belges dès lors qu’ils n’ont pas eu gain de cause.
De son côté, Colette Braeckman, dévoile aussi des faits qui expliquent cette haine belge envers le régime kinois et les efforts des hommes d’affaires et quelques officiels belges pour en finir au plus vite avec le régime Kabila. Dans un article datant du 19 novembre au titre de « Congo : la Belgique est aux abonnés absents », la blogeuse écrit : «…Reste à savoir qui a influencé ainsi un homme froid et rationnel comme Didier Reynders. Le nom de son « directeur Afrique » Renier Nyskens, qui fut ambassadeur à Kinshasa et entretint des relations difficiles avec Kabila père, est fréquemment cité, et on le connaît comme un homme sûr de ses convictions, volontiers intransigeant sinon hautain. Revient également, aussi familier que le monstre du Loch Ness, le nom de George Forrest : proche des libéraux, et en particulier de la famille Michel, en bons termes avec l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, l’homme a le bras long, la rancune tenace. Il s’estime lésé par le régime qui l’a dépossédé de la STL, la Société du terril de Lubumbashi où il retraitait des déchets contenant du cuivre, des déchets, mais aussi du germanium, de l’or et autres métaux rares. Un litige financier, portant sur de lourdes créances impayées, l’oppose désormais à l’Etat congolais. Peut-on croire qu’un homme d’affaires, important certes, mais pas le seul sur le terrain, puisse ainsi influencer la politique d’un gouvernement via des ministres libéraux ? D’aucuns expliquent aussi l’intransigeance de Reynders par des calculs politiques : on connaît ses bonnes relations avec la NVA et son patron Bart de Wever bourgmestre d’Anvers, qui soutiendraient une ligne dure à l’égard de Kinshasa. Par ailleurs, le ministre de la Coopération, Alexander De Croo (Open VLD) est aussi le fils de son père Herman, qui fut jadis l’avocat de Mobutu et l’un des patrons d’Utex Africa et demeure un ami personnel de Moïse Katumbi. »

Pour les hommes d’affaires belges qui influencent les positions de leurs officiels, l’obstacle à leurs intérêts aux dépens de ceux des Congolais reste le régime congolais actuel. Aussi lui vouent-ils une haine implacable et militent-ils pour sa déchéance, peu importe le scenario, afin de le remplacer par un régime des marionnettes belges. Nombreux d’entre ces hommes d’affaires et officiels belges sont des amis de Moïse Katumbi de sorte que si ce dernier ou celui qu’il appuie Martin Fayulu brigue la magistrature suprême, ce sera la pagaille en RDC dans la mesure où ces Belges et autres Occidentaux visant les mêmes choses dans le pays de M’zee Kabila se verront offrir toutes sortes d’avantages pour profiter de la RDC comme bon leur semble au grand dam des Congolais. Une situation qui contraste avec les affirmations trompe-l’œil des opposants de la coalition Lamuka qui œuvrent pour la pérennisation du joug néocolonialiste sur la RDC, taisant leurs scrupules, obnubilés par des intérêts égoïstes et les fantasmes de la gloire.

Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste, +243811 530 303


Vendredi 23 Novembre 2018


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