Economie

Communiqué de presse: Pour le CADTM, la nomination du Chinois Justin Lin au poste d’économiste en chef de la Banque mondiale est un non-évènement


L’économiste chinois Justin Lin vient d’être nommé vice-président pour le développement économique et économiste en chef de la Banque mondiale. Ce professeur est le premier économiste en chef de cette institution tant décriée à être issu d’un pays en voie de développement et la Banque mondiale a décidé de communiquer à ce sujet.


Mercredi 6 Février 2008

Pour le CADTM, il s’agit en réalité d’un non-évènement. Loin de traduire une quelconque modification du rapport de force international en faveur des pays du Sud, cette nomination s’inscrit plutôt dans la continuité des choix économiques récents. La Chine et d’autres pays émergents accumulent depuis plusieurs années des réserves de change très importantes (plus de 4600 milliards de dollars en tout, dont 1400 pour la seule Chine), pour partie sous forme de bons du Trésor des Etats-Unis, ce qui permet au gouvernement Bush de faire face à un déficit budgétaire et commercial abyssal.

Alors que le marché états-unien représente un débouché essentiel pour les marchandises chinoises, la Chine est devenue indispensable aux Etats-Unis pour maintenir l’illusion d’une hyperpuissance économique et financière. Les deux pays servent donc désormais la même logique, celle de la mondialisation capitaliste, et les Etats-Unis ne sont pas en position de refuser à la Chine un poste important au sein de la Banque mondiale qui est l’un des principaux promoteurs de cette logique de domination et d’oppression des peuples à l’échelle de la planète.

Aujourd’hui, la Chine est présentée sous l’angle de son succès économique en terme de croissance du produit intérieur brut et d’augmentation de ses exportations. Mais pour le CADTM, le contenu de cette croissance est trop rarement remis en cause. En réalité, la Chine a choisi un modèle de développement capitaliste qui implique une exploitation accrue des travailleurs chinois, des licenciements massifs, la privatisation de nombreuses entreprises publiques, une réduction radicale des dépenses de l’Etat en matière d’éducation, de santé, de sécurité sociale, un productivisme effréné totalement irrespectueux de la nature et de la santé publique.

Dans le même temps, la Chine a accumulé une dette interne colossale et la montée des inégalités a atteint un rythme affolant. Les 10% les plus pauvres de la population ont connu une détérioration très forte de leurs conditions de vie tandis que les 10% les plus riches ont vu leurs revenus et leur patrimoine exploser. Le nombre de milliardaires chinois en dollars est passé de 3 en 2004 à 106 en 2007.

Au-delà de la nomination de cet ancien professeur à Hong Kong, aux Etats-Unis et en Australie à un poste de responsable de la Banque mondiale, c’est toute l’action de la Banque mondiale que le CADTM remet en cause et pour laquelle il faut demander des comptes. Il est urgent de rompre avec cette idéologie néolibérale en remplaçant la Banque mondiale dans le cadre d’une nouvelle architecture institutionnelle internationale. Un Fonds mondial du développement pourrait être créé dans le cadre des Nations-Unies et relié à des banques régionales du développement du Sud. Le projet de Banque du Sud regroupant plusieurs pays d’Amérique latine est une avancée dans ce sens à condition que son fonctionnement se distingue radicalement de celui de la Banque mondiale.

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URL: http://www.cadtm.org



Mercredi 6 Février 2008

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