Politique Nationale/Internationale

Comment sortir de l’impasse politique, facteur de déstabilisation de l'Algérie


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ALGERIE


Abderrahmane Mebtoul
Vendredi 12 Juillet 2019

CRISE POLITIQUE EN ALGERIE



Comment sortir de l’impasse politique, facteur de déstabilisation de l'Algérie

Professeur Abderrahmane MEBTOUL, Expert international

Depuis le 9 juillet 2019, l’Algérie se trouve dans une situation inédite ou différents constitutionnalistes ont des vues contradictoires : pour les uns étant dans l’inconstitutionnalité, pour d’autres la prolongation du mandant de l’actuel chef de l’Etat rentrant dans le cadre d’une interprétation extensive de la constitution afin d’éviter le vide constitutionnel. Quelque soit les postions, la situation est très grave pouvant affecter tant les relations internationales politiques et économiques de l’Algérie, qu’un divorce Etat-citoyens au niveau interne. Je considère que le dialogue avec la réelle composante de la société et non de segments de la rente, est l’outil par excellence de la bonne gouvernance. Car, pour l’Algérie avec les tensions budgétaires 2019/2020/2025, l’on devra éviter les solutions de facilité, résoudre rapidement la crise politique. Opposition, Al Hirak et Pouvoir doivent s’entendre sur un compromis raisonnable, par le dialogue productif, afin que l’Algérie ne se retrouve dans le même scénario vénézuélien, pays en faillite bien plus riche que l’Algérie, ce qu’aucun patriote ne souhaite.



1.-Le constat économique en ce mois de juillet 2019 : une économie rentière

Après 57 années d’indépendance politique, l’économie algérienne est dépendante à environ 98% toujours du cours des hydrocarbures. L’impact semble mitigé du récent accord de Vienne puisque le cours du pétrole dont dépend fortement l’Algérie, le 10 juillet 2019 a été coté 65,33 dollars le Brent et 59,00 le Wit avec un cours dollar /euro de 1,1228 dollar un euro(voir notre interview quotidien El Moudjahid 10/07/2019). Environ 70/80% des besoins des entreprises publiques/privées et des ménages proviennent de l’extérieur via les hydrocarbures, les exportations en grande partie en direction de l’Europe, partenaire stratégique dans le domaine énergétique, qui influent sur le taux de croissance, le taux de l’emploi, les réserves de change et indirectement le poids de l’Algérie dans les relations internationales. En n’oubliant pas qu’au rythme de la consommation intérieure, posant la problématique des subventions généralisées, le volume serait l’équivalent des exportations actuelles ne dépassant pas 55 milliards de mètres cubes gazeux et qu’environ 33% des recettes de Sonatrach entre 2018/2019 proviennent du gaz naturel liquéfié GNL et du gaz naturel à travers la grande canalisation TRANMED via Italie et la canalisation moyenne MEDGAZ via Espagne dont le cours a chuté étant de près de 50% depuis 2009, le cours le 06/7/2019 fluctuant entre 2,37 et 2,42 dollars le MBTU sur le marché libre, le cours prévue achat en aout 2019 étant à 2,398 dollars. Les facteurs géostratégiques sont déterminants. Imaginons la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran où transitent 20/25% de la production pétrolière, le cours risque de flamber entre 90/100 dollars. Ou une guerre commerciale à outrance entre les USA/Chine entrainent une grave récession de l’économie mondiale où le cours risque de descendre en dessous de 50 dollars. Donc, dépendant du cours des hydrocarbures, pour remonter son déficit budgétaire au titre de l’exercice 2019, l’Algérie aurait besoin d’un baril de pétrole à 116,40 dollars, selon le média américain Bloomberg contre 95/100 dollars en 2017/2018, soulignant que « la production algérienne est restée relativement stable à environ 1 million de barils par jour». L’agence américaine, qui fait état « d’incertitudes politiques précise que la part de production de l’Algérie au sein de l’OPEP est de 3,3%, reprenant une analyse publiée en avril 2019 qui avait averti que de dures mesures économiques s’imposaient à l’Algérie, et que la révolte populaire accélère l’urgence de la réforme économique et financière. L’analyse indiquait que même si l’impact des bouleversements économiques mondiaux ne sera pas significatif dont « l’économie est fermée», il n’en demeure pas moins que des jours difficiles s’annoncent pour l’Algérie, « qui n’a pas su prévenir une telle situation de crise», en dépit de la manne financière dont le pays disposait lors des années qui ont suivi la chute des prix du pétrole, dès la mi-juin 2014. Cette analyse contredit les propos récents du ministère de l’Energie et de certains experts algériens qui avaient affirmé qu’un prix à 80 dollars permettrait à Sonatrach d’augmenter ses ressources et de réaliser ses programmes de développement. En effet, Sonatrach procure directement et indirectement 98% des recettes en devises du pays. Pour 2018, nous avons eu un total en valeur pour Sonatrach de 34,995 milliards de dollars et pour les associés 3,61 milliards de dollars au total 38,607 milliards de dollars, les associés représentant 9,35%, une stabilisation par rapport aux années passés montrant que l’Algérie n’a pas tellement attiré d’investisseurs étrangers, d’où l’importance de la révision de la loi des hydrocarbures. Ce n’est que le chiffre d’affaire et pour voir le profit net qui reste à Sonatrach, il faut retirer les bénéfices des associées et les couts d’exploitation qui sont variables assez faible pour le pétrole brut et le gaz naturel par canalisation, mais élevé pour le GNL, le condensat, le GPL et les produits raffinés pouvant tourner en moyenne autour de 30%. 33% des recettes de Sonatrach provenant du gaz , se pose cette question centrale, quel sera le prix de cession du gaz de toutes ces unités mises récemment installées notamment engrais phosphate, sidérurgie fortes consommatrices d’énergie et les subventions généralisées sans ciblage,( dans la loi de finances 2019, les transferts sociaux budgétisés s’élèveront à 1772,5 milliards de dinars, représentant 8,2% du PIB et d’environ 21% de la totalité du budget de l’Etat en hausse de 12,5 milliards (+0,7%) par rapport à 2018), la consommation intérieure dépassant les exportations actuelles horizon 2030 ? Rappelons qu’une hausse d’un dollar en moyenne annuelle procure entre 300-500 millions de dollars supplémentaires à l’Algérie soit à 70 dollars entre 6/ 10 milliards de dollars/an en référence à la loi de finances établie à 50 dollars. C’est le chiffre d’affaires et non le profit net dont il convient de déduire les couts. Même à 70 dollars, cela ne permet pas de combler le déficit budgétaire. Qu’’en sera-t-il après l’abandon par le gouvernement du financement non conventionnel restant deux solutions : l’endettement extérieur ou le dérapage accéléré du dinar. Exemple un dérapage du dinar de 20% augmente la fiscalité pétrolière en dinars et les importations également dont les taxes douanières s’appliquent à un dinar dévalué, voilant artificiellement le déficit du trésor. D’où des tensions budgétaires et la diminution des réserves change. Selon le document officiel présenté par le premier ministre à l’APN fin 2017, les programmes de développement ont nécessité de 2000/2017 une enveloppe de 531,8 milliards de dollars dont une grande partie en devises et le budget de fonctionnement et de gestion pour la même période une dépense de l’ordre de 649,9 milliards de dollars, soit au total 1187,7 milliards de dollars. Or le taux de croissance global n’a pas dépassé 3% en moyenne annuelle entre 2000/2018 : mauvaise gestion ou corruption ? . La solution la plus durable est une lutte contre la corruption(surfacturations) , une plus grande rigueur budgétaire pour lutter contre les surcouts, une meilleure allocation des ressources financières supposant une planification stratégique et cibler les subventions qui doivent s’adresser qu’aux catégories et aux régions les plus défavorisées et ce afin de limiter la baisse des réserves de change. Cela a un impact sur les réserves de change ont évolué ainsi : 2012 :190,6 milliards de dollars, 2013 :194,0 milliard de dollars, 2014 :178,9 milliards de dollars, 2015 :144,1 milliards de dollars, 2016 : 114,1 milliards de dollars, 2017 : 97,3 milliards de dollars. Selon la banque d’Algérie, bilan du premier semestre 2018, par rapport à fin décembre 2017, les réserves de change se sont contractées de 8,72 milliards de dollars en passant de 97,33 milliards à fin décembre 2017 à 79,6 milliards de dollars fin 2018. Selon le PLF comme incidence, l’encours des réserves de change sera impacté et se contracterait à 62, milliards de dollars en 2019, 47.8 en 2020 et à 33.8 milliards de dollars en 2021, le FMI prévoyant 12 milliards de dollars courant 2022 et ce avant les évènements d’Al Hirak. D’où l’importance de plus de rigueur budgétaire et lutte contre les transferts illicites de devises pour éviter la cessation de paiement 2021/2022.Pour les transferts illégaux de devises, l’objectif stratégique est d’établir la connexion entre ceux qui opèrent dans le commerce extérieur soit légalement ou à travers les surfacturations et les montants provenant essentiellement d’agents possédant des sommes en dinars au niveau local légalement ou illégalement, non connectés aux réseaux internationaux. Il ne faut pas se tromper de cibles, devant différencier stratégie et tactiques pour paraphraser le langage des stratèges militaires, existant souvent une confusion entre les sorties de devises résultant des importations de biens et services d’environ 600 milliards de dollars entre 2000/2018 selon les statistiques du gouvernement et le total des dépenses d’environ 1100 milliards de dollars( document officiel du FMI , budget équipement et fonctionnement (constitué en grande partie de salaires). Il s ‘git de différencier les surfacturations en dinars (pour des projets ne nécessitant pas ou peu de devises) des surfacturations en devises, existant deux sphères d’agents ceux reliés uniquement au marché interne ( dinars) et ceux opérant dans le commerce extérieur (devises), ce processus se faisant en complicité avec les étrangers, bien que certains agents économiques opèrent sur ces deux sphères. Prenons l’hypothèse d’un taux de 10% de surfacturation, ce n’est qu’une hypothèse, étant plus facile pour les services où certaines surfacturations peuvent atteindre plus de 15%. Les sorties de devises de biens et services entre 2000/2018, étant estimées à environ 600 milliards de dollars, cela donnerait un montant total de sorties de devises de 60 milliards de dollars soit plus de 70% des réserves de change clôturé à 79 milliards de dollars au 31/12/2018. Si l’on applique un taux de 20% cela faisait 120 milliards de dollars soit une moyenne annuelle de 7,8 milliards de dollars entre 2000/2018, plus que les réserves de change actuelles, une véritable dérive.. Ces transferts illégaux de devises ne datent pas d’aujourd’hui devant ramener pour des comparaisons sérieuses la valeur du dinar qui est coté en mars 2019 à 118 dinars un dollar et en 1974 nous avions 5 dinars pour un dollar( fixation administrative) , 45 dinars un dollar vers les années 1974/1975, avec un dérapage accéléré entre 2009/2018 afin de combler artificiellement , le déficit budgétaire et accélérant l’inflation importée compressée partiellement par les subventions, notamment pour le carburant et les produits de première nécessité . Ayant eu à diriger le dossier du bilan de l’industrialisation entre 1965 et 1978 pour le gouvernement de l’époque ayant quantifié d’importants surcouts par rapport aux normes internationales, et le dossier des surestaries en 1983 en tant que directeur général es études économiques et haut magistrat comme premier conseiller à la Cour des comptes, pour la présidence de l’époque au moment du programme anti-pénurie , au vu des importants montants illégaux détectées à travers des échantillons, j’avais conseillé à la présidence de l’époque d’établir un tableau de la valeur en temps réel, reliant toutes les institutions concernées aux réseaux internationaux (prix, poids, qualité) , tableau qui malheureusement n’a jamais vu le jour du fait que la transparence des comptes s’attaquait à de puissants intérêts occultes. Ces pratiques condamnables qui portent atteinte à la sécurité nationale et au développement futur du pays, existant des liens entre trafic de devises, de drogue et terrorisme. (Conférence du professeur Abderrahmane MEBTOUL le 19 mars 2019 –Ministère de la Défense Nationale - Ecole Supérieure de Guerre –ESG « les déterminants du cours du pétrole et son leurs impacts sur l’économie algérienne :entre les fondamentaux et les enjeux géostratégiques » - -Intervention du Pr Abderrahmane Mebtoul « l’Algérie face aux trafics et au terrorisme au niveau de la région sahélienne »-Ministère de la Défense Nationale -Institut de Documentation, d’Evaluation et de Prospective trafic des frontières et la sécurité au Sahel 27 mars 2018). Face à cette grave situation socio-économique s’impose à la fois le dialogue politique et social



2.- Un dialogue politique pour un climat apaisé

Je considère que le dialogue avec la réelle composante de la société et non de segments de la rente, est l’outil par excellence de la bonne gouvernance. Car, pour l’Algérie avec les tensions budgétaires 2019/2020/2025, l’euphorie de la rente est terminée. L’on devra éviter les solutions de facilité, résoudre rapidement la crise politique, opposition, Al Hirak et pouvoir devant s’entendre sur un compromis raisonnable, par le dialogue productif, afin que l’Algérie ne se retrouve dans le même scénario vénézuélien, pays en faillite bien plus riche que l’Algérie, ce qu’aucun patriote ne souhaite. Car derrière toutes les crises, il y a une crise de confiance. Derrière toutes les crises de, confiance, il ya une crise morale. Dans ce cas pour la période nous séparant de l’élection présidentielle, la moralité des personnes est fondamentale, la condition de la mobilisation des citoyens et de la sortie de crise. Comment ne pas rappeler le cas d’un pays nordique où un ministre a démissionné pour avoir payé un ticket de métro sur le budget de l’Etat, des démissions de nombreux responsables politiques pour des cas presque similaires de pays démocratiques.Aussi, en ces moments de grande crise morale, en retenant qu’en droit existe la présomption d’innocence, la morale aux yeux des citoyens est devenue fondamentale dépassant le simple cadre juridique, surtout dans une économie mondiale super médiatisée grâce aux réseaux sociaux. Pouvoir et opposition devraient méditer ces expériences pour fonder leurs actions sur la morale, s’ils veulent être crédibles, mobiliser les citoyens au moment où face à la détérioration de leur pouvoir d’achat, on leur demande des sacrifices. La lutte contre l’immoralité n’est pas une question de lois ou de commissions, vision bureaucratique du passé mais de s’attaquer au fonctionnement des sociétés. Il y a urgence de solutionner rapidement la crise politique pour éviter une très grave crise économique et sociale. L’on devra privilégier non des intérêts étroits partisans ou personnels mais l’Algérie avant tout , nécessitant des conditions préalables , devant arriver à des concessions de part et d’autres pour climat apaisé. Cela implique la libération des détenus d’opinions qui n’ont pas à porté atteinte à la sécurité nationale ,le développement de libertés au sens large dont la libération des médias lourds officiels pour un débat contradictoire. Le plus important est la création d’une instance indépendante de suivi des élections, dirigé par un Comité sages indépendant de l’exécutif ,non présidentiables, chargé de la mise à jour du fichier électoral , de suivi des élections, avec des réseaux décentralisés avec une date butoir pour l’élection présidentielle ne devant pas dépasser six mois. l’assainissement du fichier électoral par une instance de suivi des élections indépendant de l’exécutif, présidé par des personnalités nationales non partisanes et surtout morales, (ni ministère intérieur, ni walis , ni les actuels APC contrôlés les partis FLN/RND) et ce au moyen de réseaux décentralisés avec une date butoir pour l’élection présidentielle ne devant pas dépasser six mois. Comme je l’ai suggéré , un des scénarios de sortie de crise, dans le cadre de la Constitution, serait de maintenir le chef d’Etat jusqu’aux prochaines élections présidentielles, avant la fin de l’année , avec la nécessité de la démission de l’actuel gouvernement, rejeté par la population et l’opposition après une large consultation, le chef de l’Etat nommerait , un nouveau gouvernement «de compétences nationales neutres » chargé de gérer les affaires courantes et le suivi des dossiers au niveau international. Al Irak et l’opposition doivent faire des concessions car tous les cadres de l’Etat ne sont pas corrompus, et le pouvoir également car l’actuel gouvernement est fortement impopulaire. C’est le scénario de compromis car maintenir l’actuel gouvernement dont selon certains médias, certains ministres sont immoraux nous conduirait au même scénario d’annulation des élections du 04 juillet 2019 et donc à la déstabilisation. En cas de tensions menaçant la sécurité nationale, ce qui serait un cas extrême c’est le départ à la fois du chef de l’Etat. J’avais proposé, étant une interprétation extensive de la constitution, que le chef de l’Etat a le pouvoir de nommer un nouveau président du conseil constitutionnel qui doit démissionnera, ensuite le chef d’Etat démissionnerait pour raisons de santé, l’actuel président du Sénat étant intérimaire, selon la constitution, serait ipso facto le nouveau chef de l’Etat. Ce dernier nommerait un nouveau gouvernement « de compétences nationales « neutres » chargé de gérer les affaires courantes et le suivi des dossiers au niveau international ,la création d’une instance indépendante de suivi des élections, indépendant de l’exécutif, dirigé par un Comité sages non présidentiables, chargé de la mise à jour du fichier électoral , de suivi des élections, avec des réseaux décentralisés avec une date butoir pour l’élection présidentielle ne devant pas dépasser six mois. L’objectif stratégique pour ne pas retomber dans la crise actuelle est l’urgence de nouvelles organisations collant avec la société, (les partis traditionnels étant totalement discrédités), servant d’intermédiation politique et sociale. Comme le rappelle justement l’économiste indien professeur à Harvard, prix Nobel d’Economie, Sen, A.K, Prix Nobel d’économie, «pas de bonne économie sans vraie démocratie tenant compte des anthropologies culturelles ». D’où l’importance d’institutions démocratiques, pour une société participative. Pour faire respecter le contrat de coopération, et induire une efficacité des institutions, il y a des règles de coopération qui peuvent être informelles (comme les tabous, certaines traditions) ou formelles (écrites, codifiées comme le droit moderne). Lorsqu’un Etat émet des lois qui ne correspondent pas à l’état de la société, ou veut agir par la violence celle-ci enfante ses propres règles qui lui permettent de fonctionner établi par un contrat de confiance beaucoup plus solide et crédible que celui que l’on veut lui imposer. Dès lors comment réussir le passage d’institutions économiques et politiques largement fondées sur des relations interpersonnelles à des institutions davantage fondées sur des règles. Il s‘agit d’étudier les expériences réussies mais également les échecs (voir la faillite récente du Venezuela première réserve pétrolière mondiale) les travaux empiriques relatifs aux institutions de gouvernance des entreprises et de gouvernance publique qui ont été au centre de la problématique posée à la plupart des économies en transition qui étaient régies par le «communisme et l’étatisme intégral». Les économies en transition ont été en effet confrontées à une double évolution. D’abord économique avec la transition d’un système d’économie planifiée, ou de fort interventionnisme étatique, à celui d’une économie de marché à finalité sociale. Ensuite politique avec le passage de système non démocratique vers des systèmes plus démocratiques. Dans les deux cas, existent des organisations hybrides lors de l’évolution des systèmes opaques largement fondés sur des relations informelles entre intérêts privés, vers des systèmes prenant appui sur des mécanismes plus transparents et davantage respectueux des règles de droit, systèmes dans lesquels ceux qui exercent le pouvoir économique et politique doivent davantage répondre de leurs actes. C’est pourquoi on assiste dans bon nombre de pays dominée par la logique de rentière un modèle de gouvernance, un processus de réformes non pas par des logiques d’efficience économique mais la dominance du politique. Quelle leçon en tirer pour l’Algérie des différentes expériences historiques de transition démocratique et vers l’économie de marché ? Les changements qui sont appelés à se produire dans un proche avenir en Algérie, doivent nécessairement trouver leur traduction dans des changements d’ordre systémique destinés à les prendre en charge et à organiser leur insertion dans un ordre social qui est lui-même en devenir. Il s’agit de définir clairement les fonctions institutionnelles notamment concernant l’utilisation des deniers publics, le rôle des organes politiques (parlement), de l’implication de la société civile, des organes techniques comme la cour des comptes, l’inspection générale des finances, la mise en place du contrôle tributaire et d’un management efficace des institutions, des comptabilités publiques claires et transparentes pour la rationalisation des choix budgétaires et l’optimalisation de la dépense publique. La pleine réussite de cette entreprise qui dépasse largement le cadre strictement technique, restera tributaire largement d’un certain nombre de conditions dont le fondement est de définir clairement le futur rôle de l’Etat dans le développement économique et social au sein d’une économie mondiale de plus en plus globalisée. Ces réformes doivent impérativement toucher, le système politique, centre névralgique de la résistance au changement et à l’ouverture ; la réforme et l’indépendance de la justice par l’application et l’adaptation du Droit tant par rapport aux mutations internes que du droit international ; la réforme du système éducatif, centre d’élaboration et de diffusion de la culture et de l’idéologie de la résistance au changement et à la modernisation du pays; une nouvelle gestion des stratégies sociales et la mise en place de nouveaux mécanismes de régulations sociales devant revoir la gestion des caisses de retraite et de la sécurité sociale, les subventions ciblées devant dorénavant être budgétisées non plus au niveau des entreprises mais sur le budget de l’Etat ; la réforme du système financier considérée, à juste titre, comme l’indice le plus probant de la volonté politique des Etats d’encourager l’entreprise qu’elle soit publique ou privée nationale ou internationale créatrice de valeur ajoutée condition d’une transition d’une économie de rente à une économie productive qui est un préalable essentiel à la relance de l’investissement privé national et étranger, les banques publiques et privées étant au cœur d’importants enjeux de pouvoir entre les partisans de l’ouverture et ceux de préservation des intérêts de la rente ; la démocratisation des secteurs sources de rente (secteur des hydrocarbures et gestion active des réserves de change), objet de toutes les convoitises. Il faut éviter la conception erronée d’assimiler la population algérienne à un tube digestif en ignorant ses aspirations profondes. La population algérienne, si elle est attentive à son pouvoir d’achat, a également soif de libertés, de démocratie et de justice sociale mais également d’efficacité économique avec un sacrifice partagé. D’où l’importance d’aborder le volet économique du dialogue économique et social afin d’entamer les économiques déterminantes pour l’avenir du pays.



3- Réformes par le dialogue économique et social

Depuis des années, (www.google.com-mebtoul 1980-2018), j’ai toujours mis l’accent sur la nécessité de l’instauration d’un dialogue permanent avec les partenaires économiques et sociaux, lié à l’introduction de la bonne gouvernance et de l’Etat de droit et sur une réelle décentralisation autour de d’éco-pôles régionaux. L’aménagement du territoire autour de pôles régionaux devra répondre aux besoins des populations en quelque lieu qu’elles se trouvent et assurer la mise en valeur de chaque portion de l’espace où elles sont installées. Il ne s’agira pas d’opposer le rural à l’urbain, les métropoles aux provinces, les grandes villes aux petites mais d’organiser leurs solidarités à travers des réseaux rénovés qui tiennent compte des mutations, tant internes que de l’économie mondialisée en favorisant une armature urbaine souple à travers les réseaux par la fluidité des échanges, la circulation des hommes, des biens, les infrastructures et les réseaux de communication. L’Algérie s’étend sur 2 380 000 km2 dont 2100 000 km2 d’espace saharien. La densité paraît faible, mais les 9/10e de la population sont concentrés sur les terres du Nord. Sa situation géographique est stratégique : en face de l’Europe, côtoyant la Tunisie, l’Atlantique Maroc/Mauritanie, la Libye, le Mali et le Niger comme point d’appui de l’Afrique sub-saharienne. L’objectif stratégique horizon 2018/2020/2030 est d’éviter que plus de 95% de la population vivent sur moins de 10% du territoire et avoir une autre vision de l’aménagement de l’espace. Nous assistons, hélas, à des constructions anarchiques avec le manque d’homogénéisation dans le mode architectural, un taux accéléré d’urbanisation avec des bidonvilles autour des grandes villes, avec le risque de l’extension de nouvelles formes de violence à travers le banditisme et de maux sociaux comme la drogue et la prostitution avec de vives tensions sociales. Je renouvelle ma proposition le 04 novembre 2014 (que de pertes de temps, du fait de l'illusion de la rente éternelle de certains responsables), lors de la conférence sur l'Industrie devant l’ex-Premier ministre et les membres de son gouvernement, de créer un comité de suivi des décisions de tout dialogue économique et social, confié au Conseil économique et social (CNES) rénové dont la composante n’a pas été renouvelée depuis plus de 20 ans. Ce lieu de dialogue au sein du CNES, servant comme le stipule la nouvelle constitution, "de Conseil" pour la présidence et le gouvernement, devra être souple, débureaucratisé, composé des représentants de départements ministériels, des meilleurs experts algériens de différentes sensibilités, du patronat et de syndicats représentatifs, il sera chargé de faire le constat et des propositions concrètes. Ce Comité doit être conçu comme une institution de contrôle des décisions prises, appartenant au gouvernement de venir avec un plan stratégique cohérent pour convaincre les partenaires économiques sociaux, quitte à introduire des corrections émises par les partenaires, grâce à un véritable dialogue social élargi aux forces vives de la société. Le langage de la vérité doit guider tout responsable, étant un signe de la bonne gouvernance au vu de la situation financière difficile que traverse le pays, mais devant éviter la sinistrose et le dénigrement gratuit, mais également toute autosatisfaction déconnectée des réalités par des discours démagogiques. Personne n’a le monopole du nationalisme et de la vérité, tous les Algériennes et Algériens espérant un avenir prospère pour l’Algérie. Le plus grand ignorant est celui qui croit tout savoir, devant être animé par la critique positive et favoriser les débats productifs tenant compte de nos différentes sensibilités, en un mot être respectueux des idées d’autrui grâce à la tolérance. C’est dans ce cadre qu’il faille avoir une vision stratégique, au moment où d’importantes mutations géostratégiques couplées aux nouvelles mutations mondiales qui s’annoncent au niveau de notre région, devant éviter à tout prix un pilotage vue. L’on devra éviter que sous le faux alibi de dialogue économique et social avec toujours la même composante depuis plus de 25 ans soit un lieu de redistribution de la rente, parts de marché et avantages divers supportés par le Trésor public de ceux présents via la dépense publique, en fonction d’intérêts étroits. Il serait souhaitable de convier d’autres organisations syndicales autonomes avec lesquelles notamment les ministres du Travail, de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Santé sont déjà en contacts permanents. La composante est la même depuis plus de deux décennies alors que l’environnement économique et social algérien a profondément changé, ce qui explique que les anciennes Tripartites ont eu peu d’effets face aux tensions sociales. D’autres forces sociales et économiques sont apparues depuis, devant en tenir compte, faute de quoi cela s’apparenterait à un monologue du pouvoir avec lui-même, sans impact pour la résolution concrète des problèmes économiques et sociaux. Aussi, le pouvoir doit se démarquer d’une vision culturelle largement dépassée des années 1970, tant sur le plan politique, économique qu’en matière diplomatique. Nous sommes en 2019 avec des mutations géostratégiques considérables horizon 2020/2030 qui préfigurent de profonds bouleversements géostratégiques. On ne relance pas l’activité économique par décret ou des lois d’investissement sans objectifs, vision de la mentalité bureaucratique, devant tenir compte de la transformation du monde : combien de commissions et de codes d’investissement depuis l’indépendance. C’est l’entreprise publique et privée libérée de toutes les contraintes d’environnement (la liberté d’entreprendre avec un rôle stratégique à l’Etat régulateur fort, mais fort de sa moralité), et son fondement, le savoir, au sein d’une économie de plus en plus mondialisée à travers des stratégies de segments de filières internationalisées que l’Algérie peut créer une économie productive à forte valeur ajoutée. S’offre deux solutions pour le gouvernement à court terme : soit le déficit budgétaire avec l’inévitable dévaluation du dinar dont la valeur est corrélée à 70% aux réserves de change via la rente des hydrocarbures; soit réduire les dépenses de fonctionnement (dé-bureaucratisation) et mieux gérer les dépenses d’équipements en ciblant les segments à valeur ajoutée réelle, devant assouplir la règle des 49/51%,aux filières non stratégiques qui contrairement aux faux discours nationalistes où l’Algérie supporte tous le surcoûts, est à l’origine de rente de situation , n’ayant pas permis depuis son instauration en 2009, la baisse de la valeur des importations qui ont doublé. Dans ce cadre

3.- Réformes politiques et économiques ou régression

L’Algérie souffre actuellement d’une crise de gouvernance et non d’une crise financière. Mais cette crise de gouvernance risque de se transformer si elle se maintient 2021/2022, en crise financière, économique et politique avec le risque d’une déstabilisation régionale. Comme je viens de le souligner dans une interview à Jeune Afrique ( Paris France) le 24 juin 2019, une longue période de transition que certains proposent, le temps ne se rattrapant jamais en économie, conduira à la régression économique et sociale avec des réserves de change tendant vers zéro et le retour à la tutelle du FMI dans moins de deux ans. Comme conséquence, nous aurons des incidences géostratégiques, politiques, sécuritaires, sociales et économiques aboutissant à une déstabilisation de l’Algérie : car ne soyons pas utopiques, les lois économiques sont insensibles aux slogans politiques. Pour dépasser l’entropie actuelle, il est temps de mettre une stratégie fiable pour pouvoir transformer la richesse virtuelle –hydrocarbures- en richesses réelles. Restreindre uniquement les importations sans vision stratégique d’une relance hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales (cout/qualité) revient à différer les tensions terme sans résoudre les problèmes du développement de l’Algérie, tout en accroissant les rentes de situation et la corruption, en plus du risque inflationniste, nous conduisant au même scénario qu’en 1994. Je rappelle que les importations de biens, de services et de transferts légaux de capitaux se sont chiffrés entre 56/ 60 milliards de dollars entre 2015/2018, avec des recettes en devises ayant fluctué entre 29/39 milliards de dollars (98% provenant des hydrocarbures avec leurs dérivées), durant la même période, fonction du cours sur le marché international des hydrocarbures et non d’une bonne gestion interne. Durant la période à venir 2019/2020/2025, il y aura de vives tensions budgétaires, devant mobiliser les Algériens en leur tenant un langage de vérité. Parmi ces mesures, il s’agira de lutter contre les transferts illicites de capitaux, la corruption, la mauvaise gestion, d’investir dans la ressource humaine de qualité, dans les institutions démocratiques et cibler le système des subventions qui représente un tiers du budget, et dont je considère qu’il est "injuste", dans la mesure, où «celui qui perçoit 50 millions de centimes en bénéficie au même titre que celui qui touche 2 millions de centimes. Il s ‘agira d’éviter de toucher à l’autonomie de la Banque d’Algérie, pilier de la gestion monétaire, dépendante selon la Loi, non du gouvernement mais de la présidence de la République, la poussant à l’émission monétaire incontrôlée (planche à billets). Cela ne peut que conduire à des tensions inflationnistes incontrôlées et donc des tensions sociales (nivellement par le bas des couches moyennes) sans résoudre les problèmes économiques qui suppose de profondes réformes structurelles. L’Algérie se retrouverait au même scénario vénézuélien, pays en faillite bien plus riche que l’Algérie (300 milliards de barils en pétrole certes lourd contre 10 pour l’Algérie). La situation politique et économique actuelle en ce mois de juillet 2019 est complexe avec une population qui dépasse 42 millions d’habitants et qu’il faille créer 300.000/350.000 emplois par an qui s ‘ajoutent au taux de chômage actuel. L’Algérie, pays à fortes potentialités acteur déterminant de la stabilité de la région, a besoin d’une stratégie d’adaptation, étant une question de sécurité nationale, face aux nouvelles mutations mondiales et énergétiques avec l’avènement de la quatrième révolution économique qui se fondera essentiellement sur l’économie de la connaissance à travers le digital et l’intelligence artificielle. Le développent futur de l’Algérie pose la problématique des relations dialectiques, rente/Etat/marché, afin de réaliser tant la transition tant énergétique (Mix) que la transition économique liant efficacité économique et une profonde justice sociale qui n’est pas l’antinomie de l’efficacité permettant de mieux mobilier la population par un sacrifice partagé, renvoyant à la nécessaire moralité de ceux qui dirent la Cité. La situation économique actuelle est préoccupante. Selon les données gouvernementales, les réserves de change se contracterait à 62, milliards de dollars en 2019, 47.8 en 2020 et à 33.8 milliards de dollars en 2021, le FMI prévoyant 12 milliards de dollars courant 2022 et ce avant les évènements d’Al Hirak. Pour éviter une crise économique et sociale pire que celle qu’a connue l’Algérie avec le rééchelonnement de 1994, il faut impérativement faire taire nos divergences et privilégier uniquement les intérêts supérieurs de l’Algérie nécessitant un minimum de consensus économique et social qui ne saurait signifier unanimisme signe de décadence de toute société afin de stabiliser le corps social. C’est l’unique voie que doivent emprunter les Algériens pour arriver à transcender leurs différends si l’on veut éviter la déstabilisation, ce qu’aucun patriote ne souhaite Aussi, de grands défis attendent l’Algérie, pays à très fortes potentialités, dont toute déstabilisation aurait un impact sur toute la région méditerranéenne et africaine. Rendons hommage tant à notre jeunesse, pleine de vitalité que l’ANP et nos forces de sécurité par leur civisme où toutes les manifestations à travers les 48 wilayas se sont déroulées, excepté quelques cas rares, dans la tranquillité et sérénité, soudant l’unité nationale, loin de la vision régionaliste néfaste et qui ont fait l’admiration du monde. Pour éviter toute dérive déstabilisatrice, une très grave crise économique avec de nombreux impacts négatifs, il devient urgent d’aller rapidement vers l’élection présidentielle avant la fin de l’année 2019, appartenant au futur président, élu sur la base selon un programme clair d’entamer les véritables réformes politiques et économiques car assis sur la légitimité. Le dialogue et la tolérance des idées contradictoires productives, le plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir, sont les outils par excellence de la bonne gouvernance afin de réaliser les transformations nécessaires afin d’éviter d’isoler l’Algérie de l’arène internationale. Le temps ne se rattrape jamais en économie d’où l’urgence de profondes réformes économiques, politiques, sociales et culturel ce dernier souvent oublié, mais déterminant en ce XXIème siècle, avec pour soubassement le dialogue productif. Il s’agit là de l’unique voie que doivent emprunter les Algériens afin de transcender leurs différence et à trouver de nouvelles raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire le destin exceptionnel que nos glorieux aînés de la génération du 1er Novembre 1954 ont voulu pour eux.ademmebtoul@gmail.com--



Jeudi 11 Juillet 2019


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