ALTER INFO

Comment ne pas exploiter un système pénitentiaire


Dans la même rubrique:
< >


Xymphora
Mercredi 8 Août 2007

Comment ne pas exploiter un système pénitentiaire

Xymphora, le 6 août 2007


​​​​Les statistiques dans cet article de Glenn C. Loury sur le racisme et le système pénitentiaire US sont tout simplement étonnantes. Quelques exemples :


Le taux des crime a fait une pointe en 1992 et a chuté brusquement depuis. Cependant, même pendant que le taux de crimes chutait, le taux d'incarcération demeurait élevé et continuait sa marche ascendante. Le résultat fait que le système pénitentiaire actuel est une monstruosité inégalée dans l'histoire humaine.


Selon un rapport de 2005 du Centre International pour les Études sur les Prisons, les USA -- avec cinq pour cent de la population mondiale -- hébergent 25 pour cent des détenus mondiaux. Notre taux d'incarcération (714 pour 100.000 habitants) est de presque 40 pour cent plus grand que celui de nos concurrents les plus proches (Bahamas, Biélorussie, et Russie). Les autres démocraties industrialisées, même celles avec d’importants problèmes de crime chez eux, sont beaucoup moins répressives : notre taux d'incarcération est 6,2 fois celui du Canada, 7,8 fois celui de la France, et 12,3 fois celui du Japon. Nous avons un département correctionnel qui emploie plus d'étasuniens que la main-d'œuvre combinée de General Motors, Ford, et Wal-Mart, les trois plus grandes entreprises employeuses du pays, et nous dépensons environ 200 milliards de dollars par an pour la mise en application de la loi et les punitions, à tous les niveaux du gouvernement, une augmentation au quadruple (en dollars constants) sur le quart de siècle passé.


et :


Une mesure simple de la répression est la probabilité qu'une personne arrêtée soit plus tard incarcérée. Entre 1980 et 2001, il n'y a pas eu de véritable variation dans les chances d'être arrêté suite à une plainte : le taux était juste en-dessous de 50 pour cent. Mais la probabilité qu'une arrestation ait pour conséquence l'incarcération a plus que doublé, de 13 à 28 pour cent. Et parce que la quantité de temps purgé et le taux d'admission en prison ont augmenté, le taux d'incarcération pour crime violent a presque triplé, en dépit du déclin du niveau de violence. Les taux d'incarcérations pour les délits non-violents et la drogue ont augmenté à un rythme encore plus rapide : entre 1980 et 1997 le nombre d’individus incarcérés pour des délits non-violents a triplées, et le nombre de gens incarcérées pour des délits de drogue a été multiplié par 11. À vrai dire, le chercheur en justice criminelle Alfred Blumstein a soutenu que la montée de l'incarcération entre 1980 et 1996 ne peut pas être attribuée à davantage de crime….


et :


Le virage répressif de la politique sociale de la nation -- intimement lié à la rhétorique publique sur la responsabilité, la dépendance, l'hygiène sociale, et la régénération de l'ordre public -- peut être pleinement compris seulement en le regardant sur l’arrière-plan de l’histoire raciale souvent déplaisante et violente des USA : il y a une raison pour que notre tendance envers l’indulgence et le don d'une deuxième chance pour ceux qui ont violé nos limitations comportementales soit ainsi freinée, et pour que nos discours politiques traditionnels soient ainsi privés d'examen de conscience et de recherche de critique sociale. Cette résonance historique entre le stigmate de la race et le stigmate de l'emprisonnement sert à garder vivante dans notre culture publique le sens la subordination sociale qui a toujours été associée à la noirceur. La race aide à expliquer pourquoi parmi les sociétés industrialisées démocrates les USA sont exceptionnels en sévérité et dans l'ampleur de leur politique répressive et dans l’absence d’institutions de bien-être social.


et :


Dans son excellente étude Punition et inégalité aux USA (2006), le sociologue Bruce Western de l'Université de Princeton décrit vigoureusement l’étendue, la nature, et les conséquences de l'emprisonnement actuel. Il constate que l'ampleur de l’écart racial dans le taux d'emprisonnement est plus grande que dans n'importe quelle autre arène majeure de la vie sociale US : à huit contre un, le rapport d'incarcération noir-blanc écrase les deux contre un du rapport du taux de chômage, les trois contre un du rapport des grossesses extraconjugales, les deux contre un du rapport du taux de mortalité infantile et les un contre cinq du rapport de la valeur nette (sic). Tandis que trois jeunes blancs sur 200 étaient incarcérés en 2000, le taux pour les jeunes noirs était de un sur neuf [soit 1,5% des blancs incarcérés contre 11,1% des noirs, NDT]. Un habitant masculin noir de l'État de Californie est plus susceptible d’aller dans une prison d'État que dans une université d'État.


La vérité scandaleuse est que la police et l’appareil pénal sont maintenant le premier contact entre les noirs adultes et leur État. Parmi les lycéens noirs masculins qui abandonnent les études âgés 20 à 40 ans, un tiers ont été mis sous clef un jour donné en 2000, moins de trois pour cent appartenant à un syndicat, et moins d'un quart étant inscrits dans quelque sorte de programme social. Pour ces jeunes gens, ce que représente le plus le gouvernement est la coercition. Bruce Western estime que presque 60 pour cent des hommes noirs abandonnant les études nés entre 1965 et 1969 ont été envoyées en prison sur condamnation pour crime au moins une fois avant qu'ils aient atteint l'âge de 35 ans.


​​​​Qu’ils soient combattants dans des guerres pour le Sionisme, ou dans le système de santé, ou dans le système pénal, ont peut toujours compter sur les USA pour être un exemple édifiant.



Original : http://xymphora.blogspot.com/2007/08/how-not-to-run-prison-system.html

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info




Mercredi 8 Août 2007


Commentaires

1.Posté par xray le 10/08/2007 11:27 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Au Etats-Unis, c’est comme en France et comme ailleurs. Les prisons ne sont pas faites pour ceux qui sont à l’intérieur.
Les prisons sont faites pour les gens qui vivent à l’extérieur.
Attention au piège !

Une solution simple n’est pas obligatoirement mauvaise. *
http://www.euro-injustice111.blogspot.com/
* Ces textes ont été fermés arbitrairement par BLOGGER.

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires