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Comment mettre fin à la crise de l'emprunt à haut risque


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Paul Craig Roberts
Mardi 11 Mars 2008

Comment mettre fin à la crise de l'emprunt à haut risque


Par Paul Craig Roberts, le 10 mars 2008


​​​​Les réformes font souvent plus de mal que de bien. C'est actuellement le cas avec la règle d'« évaluation au prix du marché, » qui est en train de faire imploser le système financier étasunien en obligeant les institutions financières à évaluer les prêts hypothécaires à haut risque à leur valeur marchande courante.


​​​​Cela pose de gros problèmes pour les bilans. Ces titres financiers sont devenus problématiques avant qu'un marché ait été établi pour eux, car ils sont commercialisés directement d'émetteur [1] à investisseur. Maintenant qu'ils sont en difficulté et que leur vraie valeur est inconnue, personne n'en veut. La difficulté de les convertir en liquide leur attribue peu de valeur.


​​​​Il en résulte une énorme pression sur les bilans. Le plongeon de la valeur des produits dérivés du subprime [subprime = emprunt à haut risque] pousse les institutions financières qui les possèdent vers l'insolvabilité, détruit leurs propres stocks de valeurs, et les oblige à vendre leurs capitaux liquides non perturbés, provoquant ainsi le déclin globale du marché boursier.


​​​​La solution consiste à suspendre la règle d'évaluation au prix du marché. Au lieu de cela, les institutions financières sont autorisées à garder leurs titres en difficulté à la valeur qui leur est attribuée, soit 85 à 90% de leur valeur comptable, jusqu'à ce que la formation d'un marché puisse mettre de l'ordre et permette aux institutions financières de déprécier les prêts hypothécaires du subprime et les autres titres problématiques au fil du temps.


​​​​Suspendre la règle d'évaluation au prix du marché devrait ôter la pression des marchés boursiers et rendre inutile la baisse des taux d'intérêt, de la Réserve Fédérale, dans le but de forcer des liquidités dans l'économie à travers un système bancaire boiteux. Le problème n'est pas le manque général de liquidité, mais la valeur de liquidation des nouveaux titres financiers mal conçus. Les faibles taux d'intérêt peuvent aggraver la crise en accélérant la baisse du dollar. À présent que l'inflation pointe son nez, plus de liquidités de la Réserve Fédérale aggrave la détresse économique.


​​​​Il est insensé de permettre à une « réforme » d'engendrer une crise financière, mais c'est ce qui se passe. Malheureusement, des gens soutiennent qu'il faudrait rien de moins qu'un Armageddon financier pour créer un « danger moral. »


​​​​Il est certainement vrai que la titrisation [2] des titres du prêt hypothécaire à haut risque était une mauvaise idée, que beaucoup de gens qui auraient dû mieux s'y connaître ont ouvert les vannes à la cupidité et à la fraude, et que « quelqu'un doit payer. » Mais ce n'est pas au grand public et à l'économie de payer.


​​​​Il est également vrai que, sans les faibles taux d'intérêt irresponsables de la politique monétaire de la Réserve Fédérale, qui ont donné naissance au boom immobilier, les titres de l'emprunt à haut risque n'auraient pas été créés, ou du moins pas en telles quantités. La hausse rapide des prix de l'immobilier était censée rendre valables les prêts risqués. À quoi pensaient les émetteurs [1] et la Réserve Fédérale ?


​​​​Aucun doute que la cupidité, la fraude et les mesures erronées ont tous joué leur rôle. Mais le cœur du problème est la « réforme » de 1999 qui abrogeait une réforme précédente, connue sous le nom de Glass-Steagall Act [3].


​​​​En 1933 la Glass-Steagall Act séparait le négoce des valeurs mobilières des opérations des banques de commerce. Elle empêchait la spéculation sur les titres de détruire le capital bancaire, diminuait les dépôts bancaires des banques en faillite, et les banques étaient liées aux déposants. En 1999, le Congrès et le Président Bill Clinton abrogeaient bêtement la Glass-Steagall Act.


​​​​L'abrogation de la loi de 1933 était mue par la soif de profit dans le secteur bancaire et par l'idéologie du « marché libre, » qui prétend que le marché libre est toujours supérieur au marché réglementé. En forçant l'abrogation, le Congrès et Clinton ne tenaient pas compte des avertissements du General Accounting Office (GAO : bureau de la comptabilité générale), selon lesquels les banques ont besoin de constituer leurs fonds propres avant d'être autorisées à faire leur début dans un large éventail de titres d'entreprises. Le GAO a aussi noté qu'il n'y avait pas de structures de régulation en place pour surveiller le nouveau réseaux financier qui résulterait de la suppression du mur entre banque de commerce et d'investissement.


​​​​Pourtant, la cupidité et l'idéologie ont gagné sur les conseils avisés. Le résultat est une crise qui, si elle est mal gérée, sera désastreuse.



​​​​Paul Craig Roberts fut Assistant du Ministre des Finances durant le premier mandat du Président Reagan. Il a été rédacteur adjoint au Wall Street Journal. Il a tenu de nombreuses postes universitaires, dont une Chaire de professeur à la Fondation William E. Simon, au Center for Strategic International Studies, à l'Université de Georgetown, et a été Chargé de Recherche Supérieur à la Hoover Institution et à l'Université de Stanford. Il a été décoré de la Légion d'Honneur par le Président français François Mitterrand. Il est auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington, de Alienation and the Soviet Economy et de Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Lire (en anglais) l'interview de Roberts avec Peter Brimelow de Forbes Magazine, au sujet de la récente épidémie de fautes professionnelles chez les procureurs.



Original : http://www.vdare.com/roberts/080310_subprime.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info



Notes de traduction


​​​​1- Émetteur (finance) : Personne morale à l'origine d'une création de titre et qui l'offre sur le marché financier contre des fonds.


​​​​2- Titrisation : Transformation de créances en titre négociable.


​​​​3- Glass-Steagall Act : Nom sous lequel est généralement connu la Banking Act (loi bancaire) de 1933 aux États-Unis. Celle-ci a : 1) instauré une incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement ; 2) créé le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires ; 3) introduit le plafonnement des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires (la Regulation Q).

​​​​Cette loi a été enterrée le 20 août 2007 dans la plus grande discrétion.

​​​​Voir l'article de Wikipédia en français :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Glass-Steagall_Act




Jeudi 13 Mars 2008


Commentaires

1.Posté par Anome le 11/03/2008 16:59 | Alerter
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Le problème c'est que dans un système capitaliste seul existe le prix du marché. Que dirait-on si demain les pays exportateurs de pétrole coupaient les robinets dès que le pétrole plonge au dessous d'une certaine valeur ? Et pourquoi devrait-on tolérer pour les US une exception qu'on s'empresserait de bannir une fois la prospérité revenue.

En vérité, la logique du marché toute entière n'est qu'une superstition de financier que les faits, et nous le voyons ici, démentent de façon cruelle.

2.Posté par Zorro m.d.s le 12/03/2008 13:52 | Alerter
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Ah mon dieu ! Le monde va s effondrer, la terre s arreter de tourner ! Bientot nous serons tous revenus a l age de pierre, la crise va tout emporter, système financier, puissances pétrolières, société de consommation, et empire américain compris ! La Chine et l Iran seront alors en mesure d imposer, enfin depuis le temps, leurs règles de civilisation a l Occident qui a tant besoin d etre mis sous tutelle par des états responsables et respectueux des droits de l homme, eux, au moins...
Ca c était le discours alarmiste de la fin 2007 avec tous les prédicayeurs improvisés, franchement j ai presque fini par y croire.J en revais les capitalistes l auraient fait ! Mais PSSSCHIT rien, que dalle, que chi, nada, il s est rien passé.
Le dollar dégringole, le pétrole grimpe, et tout le monde se dit qu il faudrait finir par changer de monnaie mondial, mais bon la Chine a tellement de dollar quel interet? Ca se fera mais quand il trouveront le temps? Pour l instant a la pompe il y a encore du monde...et les energies alternatives sont déja la au cas ou...
La fin du pétrole? Une gros problème, surtout pour le Moyen Orient.

3.Posté par merde du monde le 12/03/2008 20:36 | Alerter
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je vous le dis ce n'est pas le pétrole ou l'économie c'est les parasites ricains(americain) de vivre sur les autres et voler leur pétrole et leur bien voilà la banque BCE,canada,suisse etc...offrent des milliards pour ses parasites. comme disaient les américains du sud l'amérique prend nos vaches pour nous vendre le lait


4.Posté par Al feanor le 19/03/2008 13:34 | Alerter
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Effectivement zorro je pense que c'est bien de dire qu'on nous annonce la fin de monde et derrière on voit rien venir.
On nous montre des epouvantails afin qu'on soit bien sage , qu'on mage notre soupe et qu'on aille au lit.
La menace du terrorisme, la mechante russie avec ses missiles nucléaires , la crise financière.
Mais que ce soit la fed banque ou la bce , elles volent au secours à coups de milliards pour depanner les pauvres chtites banques dans la panades.
Alors à quand la fin du monde, que je reserve ma place ?

5.Posté par fred is back le 19/03/2008 14:51 | Alerter
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Tout à fait d'accord avec zorro et Al feanor, on veut nous faire peur pour nous empècher de réfléchir. Au états unis c'est monais courrante, on leur a fait peur depuis longtemps avec les communiste, les islamistes (subventionné par les us) et même les abeils tueuses venu du mexique.
Aujourd'hui cette politique de manipulation ils veulent l'imposer au monde. petit à petit, en favorisant ici de mouvents révolutionaire, là des révolutions orange et chez nous Mr Sarkozy. Ces élites plus financières que politiques veulent entrainer le monde dans le chaos afin de cacher leurs crimes passés et présents.
Ils jouent actuellement le jeu de la confrontation des religions afin de pouvoir toute les interdire un jour, quand ils seront arrivés à les faire s'afronter dans une nouvelle guerre mondial.
un auteur il n'y a pas longtemps nous a prédit un nouveau moyen age électrique. Je ne suis pas loin de penser que l'on y va tout droit. Cela commence par une nouvelle mise en servitude des paysans mondiaux au travers de semences génétique détenu par quelques firmes (surtout américaine). Cela se terminera par la mise en servitude de l'ensemble des classes moyennes et pauvre du globe.
N'aillons pas peur, gardons notre capacité de réflexion et d'analyse.
La guerre est déclaré par des gens qui se connaisent mais ne se batte pas mais qui s'afrontent au travers des gens qui ne se connaisent pas mais se battent entre eux.
ne soyons pas des pions mais des citoyens du monde !

6.Posté par Zorro m.d.s le 21/03/2008 15:11 | Alerter
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Oui un Moyen Age je dirais plutot énergétique avec la fin des énergies disponible en masse aboutissant à un développement toujours plus anarchique de toute les formes possibles d energie, par des états pensant pouvoir continuer à entretenir des armées énormes, des parcs automobiles, des chauffages urbains...Le tout entrainera certainement comme on peut déjà le voir en Indonésie et en Haiti des désastre écologiques majeurs...après les théoriciens de la catastrophe climatique finiront bien par avoir raison.
Je pense qu avec ça il y a assez de catastrophes pour changer la géopolitique mondiale sans compter que les armes nucléaires ne resteront certainement pas inactives dans de telles périodes de tension...
En attendant regardons les agiter prétentieusement leurs épouvantails factices, un finira bien par leur retomber dessus.

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