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Comment les USA ont envoyé 12 milliards de dollars en espèces en Irak. Et l'ont observé disparaître


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Les USA ont envoyé presque 12 milliards en billets de 100 dollars emballées sous film plastique en Irak, puis ils ont distribué l'argent sans les contrôles appropriés sur qui le recevait et sur la manière dont il était dépensé.


David Pallister
Jeudi 8 Février 2007

Comment les USA ont envoyé 12 milliards de dollars en espèces en Irak. Et l'ont observé disparaître

Comment les USA ont envoyé 12 milliards de dollars en espèces en Irak. Et l'ont observé disparaître

Des vols spéciaux ont apporté des tonnes de billets de banque qui ont disparu dans la zone de guerre


Un garde armé prend la pose près des palettes de billets de 100 dollars à Bagdad. Presque 12 milliards de cash ont été dépensé par l'autorité conduite par les USA


The Guardian, David Pallister, le 8 février 2007



L'échelle incroyable du plus grand transfert d'espèces de l'histoire de la Réserve Fédérale a été crûment mise à nue par un comité du Congrès US.


Dans l'année 2003 après l'invasion de l'Irak, presque 281 millions de billets, pesant 363 tonnes, ont été envoyés de New York à Bagdad pour le déboursement aux ministères irakiens et aux entrepreneurs US. Utilisant des avions C-130, les livraisons ont eu lieu une ou deux fois par mois, avec le plus grand, de 2.401.600.000 de dollars, le 22 juin 2004, six jours avant la passation [de l'Autorité Provisoire de la Coalition (CPA) au gouvernement d'intérim irakien, NDT].


Les détails des expéditions ont émergé dans un mémorandum préparé pour la réunion du comité de la Chambre sur la surveillance et la réforme du gouvernement qui contrôle la reconstruction irakienne. Son président, Henry Waxman, un féroce critique de la guerre, a dit que la manière dont l'argent avait été manipulé était époustouflante. " Les chiffres sont si grands qu'il semble impossible qu'ils soient vrais. Qui ayant toute sa tête enverrait 363 tonnes de cash en zone de guerre ? "


Le mémorandum détaille la manière désinvolte dont le CPA conduit par les USA a déboursé l'argent, qui provenait des ventes pétrolières irakiennes, des fonds en surplus du programme pétrole contre nourriture de l'ONU et des capitaux irakiens saisis.


" Un responsable du CPA décrivait un environnement inondé de billets de 100 dollars, " indique le mémorandum. " Un entrepreneur a reçu un paiement de deux millions de dollars dans un sac marin bourré de paquets de devises emballés sous film plastique. Les auditeurs ont découvert que la clef d'une chambre forte était gardée dans un sac à dos sans garantie.


" Ils ont aussi constaté que 774.300 dollars en espèces ont été volés dans une chambre forte de la division. Des paiements en cash ont été effectués à partir de l'arrière d'un camion, et l'argent était stocké sans surveillance dans de grands sacs dans les bureaux du ministère irakien. Un responsable a reçu 6,75 millions de dollars comptant, et a reçu l'ordre de le dépenser en une semaine avant que le gouvernement d'intérim irakien prenne le contrôle des fonds irakiens. "


Les minutes d'une réunion du CPA en mai 2004 révèlent " un seul déboursement de 500 millions de dollars en financement de la sécurité simplement libellé ' TBD ', signifiant ' à déterminer '. "


Le mémorandum conclut : " Plusieurs des fonds semblent avoir été perdus dans la corruption et le gaspillage… de milliers ' d'employés fantômes ' recevant des chèques de salaire des ministères irakiens sous contrôle du CPA. Certains des fonds pourraient avoir enrichi des criminels et des insurgés combattant les USA. "


Selon Stuart Bowen, le général inspecteur spécial pour la reconstruction de l'Irak, 8,8 milliards de dollars des fonds des ministères irakiens ont été déboursés " sans assurance que l'argent soit correctement employé ou justifié ". Mais, selon le mémorandum, " il croit maintenant que le manque de responsabilité et de transparence se sont étendus au 20 milliards de dollars entiers dépensés par le CPA ".


Pour surveiller les dépenses le CPA était censé nommer une société indépendante certifiée firme d'expertise comptable. " À la place, le CPA a loué une obscure société de conseil appelée North Star Consultant Inc. La société était si petite qu'elle opèrait à ce qu'on dit depuis une maison privée de San Diego. " M. Bowen a constaté que la compagnie " n'a pas exécuté l'examen des commandes internes selon les exigences du contrat ".


Cependant, les témoignages devant le comité suggère que les fonctionnaires supérieurs US ont été insouciants au sujet de la situation parce que les milliards n'étaient pas l'argent des contribuables US. Paul Bremer, à la tête du CPA, a rappelé au comité que " le sujet de l'audition d'aujourd'hui est l'usage et la comptabilité, par le CPA, des fonds appartenant aux irakiens, détenus dans de soi-disant fonds de développement pour l'Irak. Ce ne sont pas des fonds US affectés. Ce sont des fonds irakiens. Je crois que le CPA s'est déchargé de ses responsabilités de gérer ces fonds au nom des irakiens. "


Le conseiller financier de Bremer, l'amiral retraité David Oliver, est bien plus direct. Le mémorandum cite une entrevue avec BBC World Service. [Lui ayant] demandé ce qui était arrivés au 8,8 milliards de dollars, il a répondu : " Je n'en ai aucune idée. Je ne peux pas vous dire si l'argent a servi ou pas à de bonnes choses -- et je ne pense pas que ce soit réellement important. "


Q : " Mais le fait est que des milliards de dollars ont disparu sans trace. "


Oliver : " De leur argent. Des milliards de dollars de leur argent, ouais je comprends. Je dis quelle différence ça fait ? "


M. Bremer, dont la dissolution des forces armées irakiennes et le programme de " dé-Baassification " ont été rendus responsables d'avoir contribué au chaos actuel, a dit au comité : " Je reconnais que j'ai fait des erreurs et qu'avec le privilège du recul, j'aurais pris quelques décisions différemment. Notre première priorité était d'obtenir que l'économie redémarre à nouveau. La première étape était de mettre de l'argent dans les mains des irakiens aussi vite que possible. "


Des millions de familles de la fonction publique n'avaient reçu ni salaires ni pensions pendant des mois et il n'y avait aucun système bancaire efficace. " Ce n'était pas une solution parfaite, " a-t-il dit. " Le retard pourrait bien avoir exacerbé l'insurrection naissante et augmenté de ce fait le danger pour les étasuniens. "



Original : The Guardian, le 8 février 2007

Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info





Jeudi 8 Février 2007

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