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ANALYSES

Comment les Etats-Unis s'y sont pris pour faire de l'Irak un Etat voyou

Colloque tenu pendant la 7e session du Conseil des droits de l'homme


Le 7 mars, pendant la 7e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, fut organisé un colloque à propos de la situation juridique en Irak avec pour titre «les droits humains et l'Etat de droit». La spécialiste de droit international américaine, Karen Parker, et l'avocat irakien, vivant en exil, Sabah al-Muktar, membre de la Société des avocats arabes, présentèrent de façon impressionnante à une salle bien pleine la situation juridique en Irak depuis l'invasion par les USA. La réunion fut présidée par Elias al-Khoury, membre de l'Union des juristes arabes.



Karen Parker présenta un tableau sombre de la situation juridique en Irak. Partant de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, qui représenta en soi une violation flagrante du droit international et de ce fait se place de facto dans la ligne des crimes de guerre, elle constata que tous les principes de droit internationaux avaient été violés. A aucun moment l'Irak n'a représenté une menace pour les Etats-Unis; il est donc cynique, et cela n'a rien à voir avec la réalité, de prétendre qu'il s'agissait d'un acte de légitime défense. Le fait que le Parlement des Etats-Unis ait approuvé cette guerre d'agression injuste n'enlève rien à son caractère illégal, du fait qu'elle viole les règles du droit international et de la Charte des Nations Unies.
La façon de mener cette guerre, visant surtout les civils, est une violation flagrante du droit international. Les infrastructures civiles furent bombardées à dessein – hôpitaux, approvisionnement en eau, routes, ponts, écoles et quartiers d'habitation ainsi que les biens culturels de valeur. Les Etats-Unis et leurs alliés continuent de mener cette guerre contre la population civile en violant ainsi gravement et à large échelle le droit international et les Conventions de Genève.
Il en va de même en ce qui concerne l'emploi des armes. Selon les conventions correspondantes, l'utilisation d'armes à l'uranium est aussi illégale, du fait que dans leurs effets elles ne font pas de différence entre combattants et civils. De plus, les conséquences dévastatrices de la contamination radioactive se font sentir bien après le départ des troupes.
En résumé, Karen Parker déclara que la guerre contre l'Irak était une violation dramatique tant du droit international et du droit international humanitaire que de la Charte des Nations Unies.
Sabah al-Muktar décrivit les conséquences de l'occupation de l'Irak par les Etats-Unis sur l'ordre public. Le premier gouverneur américain en Irak après l'invasion, Paul Bremer, s'était adjugé tout le pouvoir. Il modifia la Constitution, le système judiciaire et les lois. Il édicta plus d'une centaine de lois sans aucune légitimation démocratique. Il en alla de même pour les centaines de lois édictées par le régime de marionnettes qui lui succéda. A la suite de l'occupation, la moitié des juges irakiens fut mise à pied, ce qui provoqua la destruction systématique du droit traditionnel et national.
Mais les Etats-Unis ne se contentèrent pas de tout détruire dans le domaine du droit, mais Bremer s'en prit aux systèmes bancaire, financier et économique, dans la mesure où il en restait quelque chose après les 12 années de sévères sanctions. Le système social iraquien sombra aussi sous les coups de la guerre.
L'armée irakienne fut démembrée après l'invasion et les troupes furent désarmées; il en alla de même avec la police. Les Etats-Unis ont détruit systématiquement toutes les bases de l'Etat irakien et précipité ainsi le pays dans le chaos. Les conséquences en sont dramatiques. Chaque jour des cadavres sont découverts, sans que pour autant on entreprenne des enquêtes. Il n'y a donc pas d'investigations et par conséquent pas de rapports. Les malfaiteurs ne sont pas poursuivis, il n'y a pas d'accusations. On ne recherche ni preuves ni indices. De ce fait c'est quotidiennement que se passent des enlèvements qui restent impunis.
al-Muktar a dressé un tableau désolant de la situation humaine et juridique en Irak.
La discussion qui s'en suivit donna la possibilité aux personnes présentes d'exprimer leur consternation. D'aucuns estimèrent que des enquêtes devaient être entreprises et que c'était au Conseil des droits de l'homme d'exiger de la part des forces d'occupation des informations sur la situation actuelle en Irak. La société civile, notamment en Europe, se doit d'exiger de ses gouvernements de faire cesser ces actes des forces d'occupation, allant à l'encontre du droit international et de la dignité humaine, et d'exiger la fin de cette invasion. Il était évident pour tout le monde qu'il est urgent d'agir

Jeudi 27 Mars 2008

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Commentaires articles

1. Posté par Inch Allah le 01/05/2008 10:34


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