Croyances et société

Climat : les sceptiques, les catastrophistes et les 'après moi le déluge'.


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Dimanche 10 Septembre 2017 - 09:40 L'Imamat (Réfutations)


En introduction au débat du Café Politique :

Copenhague : la mondialisation à l'épreuve du climat

http://lecafepolitique.free.fr/spip.php?article214


fsp@lecafepolitique.fr
Samedi 28 Novembre 2009

Les puissants de la planète, s'appuyant sur les travaux des scientifiques du GIEC, après quelques mois de négociations préparées par les habituels sherpas de la diplomatie, vont décider à Copenhague, dans un show mis en scène par les médias, d'une stratégie globale pour contenir le réchauffement climatique à 2°C. Cette négociation, malgré les difficultés et les retards, est le symptôme d'une prise de conscience qu'il existe une solidarité mondiale et qu'il est nécessaire d'avoir une gouvernance efficace sur les grandes questions environnementales.  Il est certain que la défense légitime, mais excessive, des intérêts de chaque pays conduira soit au report de l'accord, soit à un compromis minimal qui, aux yeux de la majorité des experts du climat ne sera pas totalement satisfaisant pour répondre aux objectifs.
 
 Les politiques donnent l'impression d'être d'accord sur le fond et de négocier sur la répartition des efforts, chacun préférant demander les efforts aux autres. Les opinions publiques sont par contre profondément divisées sur le fond. S'il y a encore dix ans le réchauffement climatique était un sujet de spécialistes, maintenant tout le monde a un avis.  
 
 Les "après-moi le déluge" ne sont pas exceptionnels mais ils se font discrets. Ils profitent sans remords de leur 4x4, et des autres avantages qu'offre encore aux privilégiés la société de consommation.  Pour se donner une bonne conscience, ils affirment que la science et la technique nous sauveront une fois de plus de ce mauvais pas que traverse l'humanité.
L'avenir contenant toujours une part d'incertitude, il est compliqué de démonter leur acte de foi scientiste. La finitude de la planète ne leur pose pas de problèmes, tout au plus ils aimeraient que la Chine ralentisse sa croissance et sa production de gaz à effets de serre, pour nous laisser un peu de temps pour construire des centrales nucléaires.
 
 Les climato-sceptiques ont en ce moment le vent en poupe. Méfiant par rapport à l'unanimisme de la classe politique ils flairent la manipulation d'opinion.
Dans le débat sur la taxe carbone ils ont opposé la question climatique à la question sociale. La croissance verte est vue comme l'espoir de renouveau du capitalisme en crise et la taxe comme un impôt supplémentaire qui va toucher de plein fouet les petits qui ne pourront pas se payer les voitures électriques et les panneaux solaires. Les plus acharnés débusquent dans l'unanimisme des experts du GIEC les moindres doutes et les plus petites ambiguïtés. Très minoritaires parmi les scientifiques, ils ne se préoccupent pas de justifier des modèles alternatifs mais se contentent de mettre en avant les faiblesses du travail des climatologues.
 
 Les médias qui ont la culture du débat vont chercher les quelques rares scientifiques qui sont sceptiques pour assurer le spectacle. Le succès populaire de la position sceptique finit par affaiblir leur propre démonstration... en fait ils sont plus nombreux que ne le laisserait croire la théorie du complot qu'ils défendent.  Pour autant force est de constater que si les climatologues usent de modèles mathématiques qui s'appuient sur des connaissances physiques très pointues le nombre d'interactions possibles dans l'évolution du climat est tel qu'il est impossible de parler de certitude.
Une part de doute n'est donc pas illégitime.
 
 Si on ne croit absolument pas à l'efficacité des mesures proposées, car on pense que le réchauffement n'est pas avéré ou qu'il n'est pas lié à l'activité humaine, il est normal de ne pas se lancer trop vite dans des investissements économiques importants. Par contre, point n'est besoin d'invoquer le principe de précaution pour essayer d'éviter une situation fort embarrassante pour les générations futures, un léger doute suffit. Ne pas avoir ce petit doute c'est avoir une vision complètement paranoïaque de la société et il me semble impossible de croire que tous ces scientifiques nous trompent.
 
 Une partie de la gauche est modérément sceptique, pensant que le problème climatique n'est pas une urgence politique. La gauche n'a que peu participé à la réflexion sur l'environnement même si elle a toujours pensé que les écologistes devaient être des alliés politiques. Comme dans les années 70, où la gauche avait des difficultés face à la montée du féminisme qui ne rentrait pas dans le cadre de l'analyse marxiste, elle se retrouve un peu à la traîne. Plutôt que de rattraper rapidement son retard, la gauche française essaye de marginaliser le problème laissant un boulevard aux partis de droite et du centre, qui en profite pour masquer les contradictions entre le productivisme néolibéral et l'environnement. Ce qui semble paradoxal quand on sait qu'au niveau mondial c'est plutôt la droite qui refuse de croire à la réalité du réchauffement trouvant là un argument supplémentaire pour continuer par ces temps de crise le "business as usual". ("Selon un sondage publié ce mercredi par le Washington Post, le pourcentage des Américains qui croient à la réalité du changement climatique est tombé en un an de 80 % à
72 %. Ce recul est dû aux Républicains qui ne sont plus que 54 % à accepter que l'activité humaine est à la source du réchauffement." Le Monde du
26/11/2009)
 
 Le prophète de malheur peut réveiller les consciences et il faut savoir écouter Cassandre (que les troyens ne croyait jamais, pourtant elle avait toujours raison).  Mais quand il y a trop de catastrophistes, c'est le moral qui en prend un coup. Notre humanité n'est-elle pas en train de devenir défaitiste ? Après quelques siècles de réussites, le choc avec les limites bien réelles de notre planète fait mal. L'inertie du système climatique fait que les efforts d'aujourd'hui mettront plus de vingt ans pour laisser des traces tangibles. Quand on ajoute à cela la longue litanie des problèmes qui nous guettent : l'eau, l'érosion des sols, le manque d'énergie propre, la perte de biodiversité, etc... le catastrophisme a tendance à virer au défaitisme. Le "catastrophiste éclairé", comme l'analyse Jean-Pierre Dupuy, fait comme si la catastrophe était certaine pour mieux l'éviter, il puise dans sa conscience du risque l'énergie pour y échapper. Cette position est assez minoritaire, beaucoup de catastrophistes sont ambigus, comme s'ils attendaient de ces grandes difficultés l'occasion de refonder notre modèle social. Après les espérances déçues d'un grand soir déclenché par les luttes sociales on voit pointer l'émergence d'une nouvelle utopie, celle d'une société basé sur une plus grande solidarité humaine face à une nature fondamentalement rétive aux délires de toute puissance de l'humanité.
 
 
 La position "raisonnable" qui consiste à éviter la catastrophe, en essayant de garder les acquis du progrès technique et de profiter de la crise actuelle pour améliorer la gouvernance mondiale et la justice sociale, est celle défendue sur un mode mineur par les élites mondiales. Mais le peuple ne semble pas très motivé à suivre cette voie. La disqualification de ces élites mondialisées qui n'ont pas respecté le principe d'égalité explique certainement en bonne partie la réticence à soutenir cette stratégie, qui est pourtant relayée par les médias du monde entier. L'inquiétude face à la technoscience, qui nous coupe de plus en plus du rapport direct avec la nature est aussi un facteur de compréhension. Le productivisme nous a apporté du confort et de multiples avantages notamment du côté de la santé et de l'espérance de vie. A l'heure de l'impasse environnementale difficile de croire à la capacité des dirigeants à renoncer à l'idéologie qui sous tend l'économie mondiale : la croissance infini du profit. Si le scepticisme sur la réalité et les causes du changement climatique ne me paraît pas très fondé, celui sur la volonté affichée par les puissants de sauver la planète me paraît beaucoup plus justifié. C'est pour cela qu'il faut, à travers les partis politiques, les associations ou les actions individuelles, faire en sorte que les décisions prises soit à la fois efficaces sur le plan environnemental mais aussi socialement juste.



Samedi 28 Novembre 2009


Commentaires

1.Posté par Dedieu Jesus le 28/11/2009 14:59 | Alerter
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Bien sur que le climat est toujours en changement et ce n'est pas depuis l'ere industrielle; et si on parle polution , le probleme des engrais, pesticides et produits chimiques que l'on retrouve dans nos sols est beaucoup plus important que la polution atmospherique.
Arretons de poluer les sols qui nous procurent la nourriture, develloppons l'agriculture Biodynamique.
Pour changer les choses globalement, il faut changer localement , c'est à chacun de faire la difference .
voir le site suivant qui demontre que le soleil est responsable des conditions climatique
http://www.techno-science.net/forum/search.php?st=0&sk=t&sd=d&keywords=%2Brechauffement++%2Bclimatique++&t=5706 en français
http://www.holoscience.com/news.php?article=aapprbh6 en anglais
Sur le site suivant , voir la video : sun's cycle and climate change
http://www.space.com/common/media/video/player.php?videoRef=SP_091125_soalr-tsunami#playerTop

2.Posté par cielétoilé le 28/11/2009 15:23 | Alerter
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apres-moi-le-deluge : c'est un peu mon expression favorite , à force de me battre pour ci ou pour ça . Mais bon, cela n'empêche pas d'essayer d'améliorer les choses et de combattre les injustices, les horreurs de ce monde et d'oeuvrer à une prise-de-conscience des erreurs fatales d'un système tout entier : fatal error , en informatique et plouf, ça plante complètement . Parfois , on en a marre de voir toujours les mêmes qui défont et toujours les mêmes qui refont .Parfois, on se dit et si on les laissaient se planter un bon coup, juste pour qu'ils prennent conscience de ce qu'ils font !Mais il y a tous les innocents qui souffrent ...

3.Posté par Dufada le 28/11/2009 15:23 | Alerter
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http://rss.nfowars.net/20091127_Fri_Alex.mp3



CECI EST UN INTERVIEW EXTRAORDINAIRE de Lord Monckton, qui se bat depuis des années contre l'arnaque au réchauffement climatique et le Nouvel Ordre Mondial !!!

Interview réalisé hier 27 novembre 2009 par Alex Jones.
L'interview (1 h 05 mn) commence pile à 2h du début du MP3.

On y voit la relation entre le soi disant réchauffement climatique et le nouvel ordre mondial, etc.


Il faut que la France ait accès à ce document en français !

Ecoutez et jugez !

4.Posté par cielétoilé le 28/11/2009 15:26 | Alerter
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corrigé : si on les laissait (fatal error d'orthographe ! :) ) . J'espère que la science dans l'avenir (ex : la chimie) nous servira à dépolluer ou à ne pas polluer mais pour cela il faudra une autre démarche d'esprit et surtout d'autres institutions politiques et médiatiques .

5.Posté par Dedieu Jesus le 28/11/2009 18:47 | Alerter
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je viens de regarder Claude Allegre qui demonte le mensonge du rechauffement climatique sur le site suivant:

Par contre je ne comprends pas ce monsieur qui preconise l'energie nucleaire et une agriculture aux OGM . A croire que ce monsieur est mal renseigne sur les dangers de ces produits OGM auxquels on doit augmenter l'utilisation des pesticides : voir le site suivant.
http://fr.news.yahoo.com/64/20091128/twl-aux-etats-unis-la-gnralisation-des-o-acb1c83.html
Quant au nucleaire , c'est jouer avec le diable. Pour les aborigenes d'Australie , l'uranium est la pierre du diable, il faut la laisser en terre.
Pour l'energie, develloppons l'energie electromagnetic http://www.magniwork.com/?hop=validhop
Ainsi que le moteur pantome , voir http://www.voitureh2o.com/

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