Croyances et société

Cité de laïcité


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Dimanche 10 Septembre 2017 - 09:40 L'Imamat (Réfutations)


C'est le début de l'année, Jacques Lefèvre, professeur principal doit faire face à une élève qui refuse d'enlever son foulard...


terir.lamia@wanadoo.fr
Jeudi 25 Janvier 2007

Cité de laïcité

Acte unique, scène unique.

Les élèves entrent. Brouhaha dans la classe. Chacun rejoint sa place mais reste debout.

- Le prof : Bonjour à tous. Vous pouvez vous asseoir. Je m'appelle Jacques Lefèbvre. Pour cette année scolaire, vous aurez le plaisir ou peut-être la désillusion de m'avoir comme professeur de français mais aussi comme professeur principal. Autant vous dire que les questions de discipline seront réglées par mes soins. Je vous conseille donc de rester discrets, de faire preuve d'un travail acharné et de vous respecter les uns les autres. J'en connais certains ici qui ont eu la bonne idée de ne pas obtenir leur baccalauréat en juin dernier. Je suis heureux de constater que mon jugement relatif à leur débilité profonde est maintenant justifié et officiel.
Y'a-t-il des questions ? (Silence)
Bien. (S'adressant à une élève au fond de la classe, elle porte un foulard sur la tête)
Quel est votre nom, mademoiselle ?

- L'élève : Samia Guidouchi.

- Le prof : Mademoiselle Guidouchi, inutile de vous cacher au fond de la classe, on ne voit que vous. (La jeune fille baisse la tête.) J'ai l'habitude des esprits retords et j'ai aussi pour habitude de les remettre en place, dès le début d'année. Comprenez-vous, mademoiselle Guidouchi ? (silence) Mademoiselle Guidouchi, vous portez sur la tête le signe ostensible de votre religion. Nous sommes dans une école laïque, je vous prie de retirer ce fichu. (silence)
Pouvez-vous nous répondre, mademoiselle Guidouchi ?

- Samia : Je ne peux pas.

- Le prof : Que ne pouvez-vous point, mademoiselle Guidouchi ?

- Samia : Je ne peux pas l'enlever.

- Le prof : Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ?

- Samia : Je ne peux pas, monsieur.

- Le prof : Dans ce cas, mademoiselle, moi non plus je ne PEUX PAS vous garder dans cette classe. Je vous prie donc de ramasser votre sac et de vous diriger vers le bureau du proviseur.

- Un élève : Monsieur, c'est dégueulasse !

- Le prof : Quoi ? Qu'est-ce qui est dégueulasse ? Qui parle ?

- L'élève : C'est moi !

- Le prof : Qui est ce moi ?

- L'élève : Raoul Dacosta.

- Le prof : Dacosta, Dacosta... Il me semble avoir déjà entendu parler de vous. Dacosta, ce nom me dit quelques chose... (Il réfléchit) Il me semble même avoir lu quelque chose à votre propos dans le journal. A la rubrique des faits divers sordides, certainement ! Allons monsieur Dacosta, rafraîchissez-nous la mémoire, de quel méfait avez-vous donc été l'auteur ?

- Raoul : J'ai gagné la médaille d'or du championnat régional de judo.

- Le prof : Tss... championnat.... Ne faîtes pas le malin Monsieur Dacosta, j'en ai maté de plus rusés que vous !

- Samia : Je voudrais rester en classe, monsieur.

- Le prof : Soit. Dans ce cas, enlevez votre voile.

- Samia : Ce n'est pas un voile, monsieur, c'est juste un foulard qui protège ma tête.

- Le prof : C'est la laïcité et la république qui protègent votre tête !

- Une élève : Oui, mais elles ne protègent pas des courants d'air ! (rires)

- Le prof : Je vois que vous le prenez tous sur un ton humoristique. Effectivement, l'effondrement de nos valeurs est d'une risibilité sans commune mesure ! Je suis mort de rire, comme vous dîtes entre vous. Remarquez, je préfère ça, que mourir sous le feu des croisés.

- Une élève : Je ne sais pas si la république tolère ce genre de propos, monsieur.

- Le prof : La république française appartient aux français, mademoiselle ! Libre à nous d'en changer les règles sans avoir à nous justifier devant le communautarisme étranger !

- L'élève : Je suis française, monsieur.

- Le prof : Tiens donc ? Quel est votre nom ?

- L'élève : Fatima Chedani.

- Le prof : Très bien. Remerciez pour cela les valeurs et le sol français, mademoiselle Chedani.

- Fatima : Je n'ai pas à remercier quiconque de ce que je suis, monsieur ; à part Dieu.

- Le prof : Enfin, le voilà le discours extrêmo-islamiste ! Vous ne portez pas de foulard, vous ?

- Fatima : Non monsieur, je ne le porte pas. Nous sommes dans un pays libre.

- Le prof : Je suis heureux de vous l'entendre dire ! Nous sommes libres de ne pas vouloir que s'agitent au fond de nos classes ces fichus revendicatifs et prosélytes. Nous devons protèger cette liberté !

- Fatima : Trop de liberté tue la liberté, monsieur.

- Le prof : Et qu'entendez-vous par là, mademoiselle Chedani ?

- Fatima : Je veux dire que sous prètexte de protèger votre liberté de ne pas voir Samia Guidouchi avec son foulard, vous la privez de sa liberté de le porter.

- Le prof : Mais la liberté, c'est une valeur commune à tout le monde, mademoiselle. La liberté, c'est le libre arbitre. La liberté, c'est le contraire de la soumission et le foulard de mademoiselle Guidouchi représente la soumission !

- Fatima : Oui, mais la soumission à Dieu, c'est peut-être pour elle le chemin de la liberté, monsieur.


-Le prof : Et bien c'est aux lois de la république que vous devez vous soumettre. La république ne laisse pas de place aux petites cuisines de chacun. Les valeurs et les notions de la république sont communes à tous. La république donne foi au libre arbitre et le libre arbitre vous impose de retirer ce foulard !

- Samia : Je respecte les lois de la république, monsieur.

- Le prof : Prouvez-le mademoiselle Guidouchi, enlevez ce foulard.

- Samia : Permettez-moi de le garder, monsieur.

- Le prof : C'est la république qui ne le permet pas, mademoiselle ! Si, comme vous dîtes, vous respectez la république, vous devez l'enlever.

- Samia : Je ne veux pas être privée des cours, monsieur.

- Le prof : Mademoiselle, est-ce que vous comprenez que je cherche à protèger votre liberté ?

- Fatima : Elle ne vous en demande peut-être pas tant, monsieur.

- Le prof : Est-ce qu'on demande à quelqu'un qui se noie la permission de le sauver ?

- Samia : Je ne suis pas en train de me noyer, monsieur.

- Le prof : Si ! Vous ne savez pas ce qui est bon pour vous. La perche que je vous tends est salvatrice, mademoiselle. En vous demandant de retirer ce foulard, je vous sauve de vous-même. N'avez-vous pas envie de vous promener cheveux au vent ?

- Fatima : On peut avoir peur de la tempête, monsieur.

- Le prof : La science vous permettra d'apprivoiser vos peurs des cyclones et des tempêtes ! La science balaiera d'un trait toutes vos superstitions. C'est sur la science, l'éducation et le progrès que vous devez parier. Il est là, l'avenir de l'homme. Cessez donc de croire à toutes ces idélologies archaïques et impalpables !

- Samia : Monsieur, je n'ai pas d'idéologie. Je voudrais simplement rester en classe avec mon foulard, parce que j'ai froid aux oreilles.

- Le prof : La république a des radiateurs et la laïcité vous chauffera les oreilles.

- Samia : Permettez-moi de garder mon foulard aujourd'hui, demain je viendrais avec une perruque.

- Le prof : Une perruque ? Et pourquoi pas un bouc et des lunettes noires pendant que vous y êtes ?

- Samia : Je suis obligée de cacher ma tête, monsieur.

- Le prof : Obligée par qui ? Vous contrevenez à la loi du 15 mars 2004 qui ne tolère aucun signe religieux au sein de l'école.

- Un élève : Monsieur, je suis circoncis, y'a t-il une partie de mon anatomie que je dois ne pas apporter en classe, au risque de contrevenir à cette loi ? (Rires)


- Le prof : Sortez monsieur Kamal ! Je sens que votre redoublement n'apportera rien ! Le baccalauréat pour des gens comme vous, c'est de la confiture qu'on donne aux cochons.
(Kamal sort. Silence. Tous le regardent.)
(A Samia) Mademoiselle, vous perturbez fortement la classe et votre camarade vient d'être expulsé du fait de votre insoumission.

- Fatima : Vous disiez tout à l'heure, monsieur que la liberté était le contraire de la soumission.

- Le prof : Cessez de jouer à ce petit jeu avec moi, mademoiselle Chedani ! Samia Guidouchi, pour la dernière fois, soit vous enlevez ce foulard, soit vous allez voir monsieur le proviseur.

- Samia : (En sanglots) : Je ne peux pas, monsieur.

- Le prof : Vous n'allez pas vous mettre à pleurer, maintenant ! Je vous demande simplement d'enlever votre foulard. Personne ne vous en voudra si votre brushing n'est pas soigné.

- Samia : (Suppliante) : S'il vous plaît, laissez moi le garder.

- Le prof : Je vous répète que ça n'est pas moi qui ne le permet pas, c'est la république !

- Samia : S'il vous plaît !

- Le prof : Allons, allons, soyez donc un peu plus courageuse que vos opinions. Montrez que vous n'avez pas peur d'enlever ce carré qui nuit à votre liberté.

- Samia : Je vous en prie !

- Fatima : C'est dégueulasse ce que vous lui faîtes, monsieur !

- Le prof : Je vous demande de vous taire, mademoiselle ! (A Samia) Allez, il faut conclure. Vous l'enlevez oui ou non ?
(Samia est effondrée, elle fait signe que oui). Et bien voilà ! Nous sommes sur le chemin du progrès. Nous attendons, mademoiselle Guidouchi.
(Samia pleure et s'exécute. Elle dénoue son foulard et découvre une tête chauve).
Et bien, que vous arrive t-il, mademoiselle Guidouchi ?

- Samia (En pleurs) : Je n'ai pas de cheveux.

- Le prof : Je vois bien que vous n'avez pas de cheveux mais, est-ce encore une raison pour ne pas les montrer ?

-Samia : C'est le cancer.

- Le prof : Effectivement, certains appellent cela comme ça. Je vous ai dit que la laïcité vous guérira de ce cancer. Mais que vous est-il arrivé ? Vous a-t-on rasé le crâne ?
(Samia ne répond pas, elle est effondrée)
Je connaissais la lapidation mais je ne savais pas que certaines d'entre vous se voyaient raser le crâne !

- Fatima : Elle vous dit qu'elle est malade, monsieur. Elle a un cancer. Elle fait de la chimio, c'est pour ça qu'elle n'a pas de cheveux !



- Le prof : Mais il fallait le dire, mademoiselle ! La laïcité permet tout de même d'être malade. Cependant, il est inutile d'infliger à vos camarades le spectacle de votre décrépitude. Remettez donc votre foulard et retournez à votre place.
Très bien. Maintenant que le débat est clos, il me semble de bon ton de revoir quelques notions essentielles telles que la démocratie et la république.
Nous allons redéfinir ensemble les termes de liberté, d'égalité et de fraternité. Je crois que c'est une mise au point qui fera du bien à tout le monde.
(S'adressant à un élève du premier rang). Faîtes entrer Monsieur Kamal, qu'il profite aussi de cet enseignement salutaire.



FIN

Lamia Terir




Jeudi 25 Janvier 2007


Commentaires

1.Posté par Modération le 25/01/2007 14:17 | Alerter
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Ce texte est bouleversant et met en exergue si besoin est, la malhonnêteté intellectuelle de profs qui utilisent leur ascendance psychologique sur les élèves, afin de faire accepter leur penchant pervers au nom des prétendues valeurs républicaines !

C’est lamentable, ignoble, dire que ce type est censé former, éduquer, mais lui, qui va l’éduquer ou par qui a-t-il été éduqué ?

Il y a encore pléthores d’individus propagandistes et aussi abjects que ce prof. C’est à se demander s’ils ne sont pas endoctrinés comme aux bon vieux temps ?

2.Posté par Lamia Terir le 26/01/2007 09:02 | Alerter
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Je souscris entièrement. Et puis il y a les autres, les gens ouverts, les gens intelligents, ceux avec lesquels on peu instaurer un débat sain et riche de promesses. Il y en a énormément aussi prof ou autres...Je compte sur ceux-là parce que je crois en la nature humaine.
Un grand merci pour votre publication.

3.Posté par EL MAAZOUZ le 07/03/2007 15:17 | Alerter
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Franchement cet article refléte bien la crise de libéralisme en occident et aussi la choque de civilsation dont ils ont déjà parlé. Merci pour tous

4.Posté par le gwada le 13/08/2007 19:48 | Alerter
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il est plutot raciste ce bonhomme que republicain je crois et rien ne pourra le changement meme pas cette laicite et liberte republicaine... a part lui meme sil le veut

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