Conflits et guerres actuelles

Cinq ans de guerre en Irak : On n’instaure pas la démocratie par la force


Dans la même rubrique:
< >

Mercredi 7 Décembre 2016 - 15:38 OBAMA VEUT À TOUT PRIX LA GUERRE



Jeudi 20 Mars 2008

Cinq ans de guerre en Irak : On n’instaure pas la démocratie par la force

L’impasse

David L. Petraeus, le généralissime des 155 000 soldats américains stationnés en Irak, n’est pas content du gouvernement de Bagdad. Celui-ci n’ayant "pas fait, et de loin, les efforts politiques et législatifs" attendus "en matière de réconciliation nationale", le nouveau champion des militaires, troublé par la recrudescence des violences depuis deux mois, recommande le maintien de son contingent à au moins 135 000 hommes et femmes jusqu’à la fin de l’année 2008. Et sans doute au-delà.

Cinq ans après avoir envahi l’Irak avec 190 000 GI et 60 000 Britanniques - qui ne sont plus que 5 000 -, cinq ans après avoir essayé de réaliser l’impossible rêve néoconservateur d’instaurer la démocratie par la force dans le monde arabe avec, entre autres, l’objectif de renforcer la sécurité d’Israël, cinq ans après avoir débarrassé la région d’une de ses plus brutales dictatures, l’Amérique est embourbée dans une impasse.

La "stratégie démocratique" a été abandonnée en chemin, l’ambition n’est plus que de parvenir à stabiliser la situation.

L’Amérique a perdu 4 000 soldats, et 29 000 ont été blessés. Mais elle ne contrôle toujours pas le pays, pas même les 16 km d’autoroute qui séparent sa "zone verte" ultrafortifiée au coeur de la capitale de l’aéroport de Bagdad. Après avoir dissous toutes les forces de sécurité irakiennes - "une grave erreur", admet-on à présent -, elle a dépensé plus de 20 milliards de dollars pour entraîner et équiper 250 000 policiers et 160 000 soldats irakiens dont les chefs disent eux-mêmes qu’au mieux ils ne seront pas prêts à prendre seuls en charge la sécurité nationale "avant 2012", et celle des frontières "avant 2018". L’armée américaine est épuisée, "incapable", disait l’amiral William Fallon avant d’être contraint à la démission la semaine passée, de "combattre sur un autre front" qui ne serait pas, cette fois-ci, "choisi" comme en Irak, mais imposé.

Par ses mensonges, l’administration Bush a gâché, pour longtemps, l’image et le crédit des Etats-Unis à travers le monde. Le conflit d’Irak a contribué au quadruplement des prix du pétrole en cinq ans. Malgré les milliards de dollars injectés dans l’exploitation, la production irakienne, troisième du monde avant 2003, n’est même pas encore revenue à son niveau d’avant-guerre. Même chose pour la distribution d’eau potable - dont 40 % des populations sont désormais privées - et d’électricité, dont la majorité des Irakiens, à commencer par les 5 à 6 millions de Bagdadis, ne reçoivent guère plus de quatre à six heures par jour.

En 2007, le Pentagone estimait que 70 % des 2 milliards de dollars (1,264 milliard d’euros) d’essence, kérosène et fioul produits par la raffinerie de Baiji, la principale du pays, "disparaissaient" dans la corruption généralisée qui sévit à présent partout en Irak. Bien sûr, une portion de ces détournements, estimée à "au moins 200 millions de dollars par an", participe au financement d’une insurrection, djihadiste et/ou nationaliste, qui trouve aussi des fonds privés à foison en Arabie saoudite, en Iran et dans les Etats du Golfe. Aujourd’hui en récession, l’Amérique surendettée a emprunté l’essentiel des 500 milliards de dollars déjà dépensés dans une guerre qui a, directement et indirectement, causé la mort d’au moins 400 000 Irakiens, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Elle a aussi déclenché, d’après le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, la plus "vaste migration humaine" depuis la partition entre l’Inde et le Pakistan en 1947.

Environ 4,4 millions d’Irakiens sont aujourd’hui des "déplacés" qui ont fui leurs maisons, 2 millions tentent de survivre dans les pays voisins, avec tous les risques de déstabilisation politique que cela implique.

Que faire à présent ? Impossible de rester quand toutes les enquêtes d’opinion montrent que les trois quarts des 25 ou 26 millions d’Irakiens n’en peuvent plus de l’occupation. Que les enfants sont souvent les premiers à applaudir lorsque l’insurrection parvient à exploser un de leurs blindés ou à abattre un hélicoptère. Impossible de se retirer quand presque tous les analystes, les stratèges, les journalistes et la quasi-totalité des politiciens irakiens eux-mêmes prédisent qu’en pareille hypothèse un bain de sang est pratiquement assuré et l’extension de la guerre civile aux pays voisins, possible sinon probable.

Confrontés à ce dilemme, que disent les successeurs potentiels de George W. Bush ? John McCain, le candidat républicain, estime qu’un retrait militaire complet déclencherait "génocide et chaos dans toute la région".

Pour lui, l’Amérique doit être prête à rester en Irak "un siècle s’il le faut". Hillary Clinton annonce un "retrait progressif" qui commencerait dans les soixante jours suivant son élection. Mais, prudente, la candidate démocrate ne se prononce pas sur la date finale de l’opération. Barack Obama est le seul à promettre un retrait complet de "toutes les brigades de combat" dans les seize mois suivant son élection. Mais il ne dit pas ce qu’il adviendrait alors des 100 000 soldats et soldates - au moins - et des 60 000 "contractuels" civils étrangers qui s’occupent, sur le terrain, de logistique, de sécurité et des chantiers, pour l’essentiel en panne, de la reconstruction.

La guerre a réveillé des haines intercommunautaires entre chiites et sunnites dans tout le Moyen-Orient. Tandis que l’Iran pavoise et s’infiltre dans les structures étatiques de son voisin, "les" guerres d’Irak se succèdent, s’additionnent et s’amplifient. Depuis l’offensive turque du mois de février contre le PKK, le Nord essentiellement kurde est devenu une poudrière qui peut exploser à tout moment. Dans le Sud, les gangs et les milices chiites kidnappent, assassinent et s’affrontent à l’arme lourde pour le contrôle des trafics. Depuis le recrutement par les Américains de 91 000 supplétifs - à 82 % sunnites -, les affrontements intrasunnites et intertribaux se multiplient.

Le général Petraeus peut bien tancer le gouvernement irakien pour son manque de résolution. Celui-ci, chacun le sait, n’est qu’une addition de fiefs qui ne fonctionne qu’avec la moitié de ses ministres depuis des mois parce que les autres l’ont quitté pour diverses raisons, politiques et/ou sectaires. Après cinq années de tragédie ininterrompue, ce ne sont pas les 6 000 "soldats" d’Al-Qaida - dernière estimation du renseignement militaire américain - qui maintiennent seuls l’Irak dans la guerre.

Ce sont les rivières de sang versé qui polarisent toutes les communautés comme jamais. Que les Américains s’en aillent ou qu’ils demeurent, la stabilisation de la vieille Mésopotamie n’est pas pour demain.

Patrice Claude (Grand reporter) Le Monde du 20 mars 2008

Le système de santé au bord de l’effondrement

Un corps médical décimé par la guerre, des malades condamnés à se procurer eux-mêmes leurs médicaments : déjà en mauvais état avant l’invasion américaine il y a cinq ans, le système sanitaire irakien se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement.

Les médecins spécialistes sont difficiles à trouver. Bagdad, une ville de cinq millions d’habitants, ne dispose pas d’un neurochirurgien, déplore le Dr Hussein al-Hilli, directeur de l’hôpital Ibn Albitar de Bagdad. "C’est quelque chose de terrible, parce qu’il y a énormément de lésions, notamment de la moelle épinière", ajoute ce responsable qui décrit "une pénurie importante de médicaments, un manque de tout", comme du soluté intraveineux. "Cette simple chose, nous ne l’avons pas."

Comme beaucoup d’autres domaines, la crise que traverse le système de santé irakien est vaste et complexe, et il n’existe pas de solution rapide pour améliorer les conditions de travail des médecins et la prise en charge de patients.

Les médicaments mettent si longtemps à arriver que les Irakiens hospitalisés pour des maladies aussi graves qu’un cancer doivent fournir les leurs. "Quand vous avez besoin d’un traitement, vous allez directement à la pharmacie. On sait qu’on n’obtiendra rien à l’hôpital", déplore Ahmed Khalil, 38 ans, propriétaire d’un garage à Fallujah.

Et quand les étagères des pharmacies sont vides, les Irakiens se tournent vers le marché noir. "Avant l’invasion, nous avions notre part des médicaments provenant de l’entrepôt du gouvernement", raconte un pharmacien bagdadi, que la peur des représailles oblige à parler sous le couvert de l’anonymat. Les hôpitaux et cliniques obtiennent des médicaments, mais rarement en quantité suffisante, ajoute-t-il.

"Quelquefois, nous obtenons des médicaments volés par les employés qui travaillent à l’entrepôt ou dans les hôpitaux", poursuit-il. Au pire, les médicaments de marché noir sont des contrefaçons, ajoutent les patients, les médecins et les pharmaciens.

Selon les chiffres communiqués en début d’année par le ministre de la Santé irakien, 618 personnels médicaux, dont 132 médecins, ont été tués dans le pays depuis 2003. Par ailleurs, des centaines, peut-être des milliers de personnes du monde médical ont sans doute fui vers le nord de l’Irak, au Kurdistan, et vers les régions voisines.

Fallujah, à l’ouest de Bagdad, où a eu lieu l’une des batailles les plus meurtrières entre les troupes américaines et l’insurrection, se reconstruit lentement, mais les souvenirs restent vifs dans le plus grand hôpital de la ville.

"Les médecins passaient la plupart de leur temps à soigner les gens blessés au cours des bombardements américains ou des batailles entre insurgés et forces américaines. En négligeant les autres patients", se souvient l’un des médecins de l’hôpital ayant également requis l’anonymat. "Nous étions frappés par les combattants si nous ne réussissions pas à sauver leurs camarades blessés."

Il y a trois mois, Jassim Nasif, 52 ans, a conduit sa femme dans une clinique privée pour accoucher, payant vingt fois le prix d’un hôpital public : 247 dollars (160 euros), au lieu de 12 (7,8). "J’ai choisi le secteur très cher du privé, pour m’assurer que ma femme et mon fils reçoivent les meilleurs soins", mais les salles étaient sales et sans électricité, observe-t-il.

Les organisations non gouvernementales (ONG), notamment le Croissant-Rouge irakien, tentent d’apporter leur aide, souligne le Dr al-Hilli. Le gouvernement irakien s’est même engagé à construire de nouveaux hôpitaux, ce qui n’a plus été fait depuis 1986, pendant la guerre irako-iranienne, selon le médecin.

Mais les problèmes sont loin d’être résolus. Les ministres de la Santé défilent, constate le Dr Hilli. Il y a un an, un ancien vice-ministre de la Santé irakien et le chef des forces de sécurité du ministère de l’Intérieur ont été arrêtés, accusés d’avoir laissé les escadrons de la mort chiites utiliser des ambulances et les hôpitaux publics pour commettre des enlèvements et des massacres. Ils ont été acquittés ce mois-ci, mais les autorités américaines soupçonnent des manoeuvres de subornation de témoins.

Bush : "je ne regrette rien"

George W. Bush a marqué le cinquième anniversaire de la guerre en Irak mercredi 19 mars en disant ne pas regretter une décision toujours contestée et en faisant miroiter une "victoire stratégique majeure" malgré l’incertitude sur l’issue du conflit.

Cinq ans après être apparu sur les écrans de télévision pour confirmer que les Etats-Unis avaient, "avec réticence", commencé à bombarder un ""régime hors-la-loi qui menace la paix avec des armes de meurtre en masse", Bush a déclaré que, malgré le prix "élevé" payé depuis lors, "chasser Saddam Hussein du pouvoir était la bonne décision, et ceci est un combat que l’Amérique peut et doit gagner".

Et au moment où les Américains attendent qu’il décide bientôt s’il réduira les effectifs après juillet, il les a prévenus que les gains enregistrés depuis 2007 en Irak étaient "fragiles et réversibles" et qu’il ne ferait rien qui les remettrait en cause.

La guerre, dont les Américains marquent mercredi 19 mars le cinquième anniversaire avec un jour d’avance, a tué des dizaines de milliers d’Irakiens et près de 4.000 Américains. Elle a déplacé des millions de personnes. Elle a coûté des centaines de milliards de dollars aux Etats-Unis. Elle a renforcé l’influence iranienne. Elle a altéré le crédit de l’administration américaine.

Et, après l’approbation massive des débuts, elle a profondément divisé les Américains qui ne savent pas quand ni comment prendra fin la deuxième guerre la plus longue de leur histoire moderne, après celle du Vietnam. Les opposants à la guerre espéraient rassembler des foules nombreuses mercredi à Washington, New York, Miami, Chicago, Los Angeles et San Francisco.

Soixante-quatre pour cent des Américains estiment que la guerre n’en valait pas la peine, selon un sondage réalisé pour la chaîne CBS. Une autre enquête pour NBC et le Wall Street Journal indique que la victoire n’est plus possible pour 53% d’entre eux.

Dans un discours au Pentagone, Bush a jugé "compréhensible" que le débat continue, mais a livré un argumentaire connu : les Américains doivent combattre Al-Qaïda en Irak pour ne pas le combattre aux Etats-Unis, se retirer trop rapidement sèmerait le "chaos" et enhardirait les "terroristes" et l’Iran voisin.

Il a surtout argué des progrès accomplis depuis l’année dernière, quand la violence menaçait d’atteindre "le niveau du génocide", grâce à une nouvelle stratégie et l’envoi d’environ 30.000 Américains supplémentaires. Ce changement "a fait plus que renverser la situation en Irak. Il a ouvert la porte à une victoire stratégique majeure dans la guerre plus large contre le terrorisme", a-t-il dit, arguant du "premier soulèvement arabe de grande ampleur" contre Al-Qaïda.

L’administration a toutes les peines du monde à convaincre les Américains de l’amélioration des conditions irakiennes. Quelques semaines après le début de la guerre, Bush se tenait sur le pont d’un porte-avions devant une banderole proclamant "mission accomplie".

Il s’en est pris mercredi à "certains à Washington (qui) appellent encore à battre en retraite". Il les a accusés d’arguer à présent du coût financier du conflit parce qu’ils "ne sont plus crédibles s’ils disent que nous perdons la guerre".

En effet, avec la menace de la récession, la santé de l’économie a supplanté la guerre en tête des préoccupations des Américains.

C’est l’économie qui comptera le plus quand ils éliront leur président pour 42% des Américains, devant la guerre (21%), selon un sondage pour la chaîne CNN.

Mais l’avenir de la mission irakienne restera un enjeu majeur de la présidentielle de novembre. Les candidats démocrates, Hillary Clinton et Barack Obama, adversaires de Bush, promettent un désengagement, certes selon des modalités différentes. Le républicain John McCain met en garde, comme M. Bush, contre le "chaos" que créerait un retrait précipité.

Nombreuses manifestations à travers les Etats-Unis

De nombreuses manifestations et rassemblements étaient prévus ce mercredi aux Etats-Unis en signe de protestation contre la guerre en Irak, entrée dans sa sixième année.

Treize personnes ont été arrêtées à Washington pour avoir bloqué des entrées du siège de l’IRS (Internal revenue service), l’agence nationale qui collecte les impôts et fait respecter les lois fiscales.

Plus de cent personnes s’étaient rassemblées devant le bâtiment pour scander "C’est une scène de crime" et "vous arrêtez les mauvaises personnes".

Les manifestants ont expliqué avoir choisi l’IRS car c’est là que sont récoltés les impôts servant à financer la guerre.

En Ohio, plus de vingt veillées, rassemblements et défilés étaient prévus ce jour.

Des douzaines de manifestants se sont également rendus devant l’Institut américain du pétrole avec des banderoles portant les slogans "Hors d’Irak" et "Pas de guerre, pas de réchauffement". Certains criaient : "Pas de sang pour du pétrole".

Dans tout le pays, des étudiants ont prévu des grèves surprises, tandis qu’à l’université du Minnesota, certains prévoyaient de fermer les bureaux de recrutement de l’armée.

"C’est la première fois qu’on observe des actions coordonnées de désobéissance civile", a remarqué Barbra Bearden, responsable de la communication pour le groupe Peace Action. "Des gens qui n’avaient jamais fait ce genre de choses auparavant se lèvent et décident qu’il est temps d’agir".

Dans la banlieue de Miami, Linda Belgrave, professeur de sociologie à l’université de Miami, et quelques autres personnes ont tenu des panneaux contre la guerre devant les conducteurs coincés dans les embouteillages matinaux, non loin d’un bâtiment militaire. "C’est le début d’un sixième année de cette horreur et il faut que ça cesse", a déclaré Linda Belgrave.

Mardi, une dizaine de personnes ont été arrêtées au cours d’un rassemblant contre la guerre dans l’Etat de New York. Ils étaient environ 60 à participer à la manifestation qui a démarré à l’université de Binghamton avant de se déplacer vers un centre de recrutement de l’armée. Selon la police, les participants ont bouleversé la circulation sur leur parcours, causant deux accidents à Vestal (New York).

Une réconciliation nationale en échec

Une conférence de réconciliation en Irak, boycottée par d’importants partis, s’est achevée mercredi 19 mars sans résultats tangibles, en condamnant le terrorisme et appelant le gouvernement à poursuivre ses efforts pour l’unité nationale.

Cette conférence, ouverte mardi à Bagdad, et boycottée par les principaux partis sunnites et un puissant mouvement chiite, a réuni 400 délégués sunnites, chiites et kurdes, représentants des forces politiques et la société civile.

Elle a remis un mémorandum au gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite, accusé par ses détracteurs de favoriser ses alliés au sein de cette communauté, majoritaire en Irak et persécutée sous Saddam Hussein.

"La conférence appelle à l’unité de l’Irak et au maintien de ses principes fondamentaux", indique le texte de ce communiqué final.

"La conférence condamne le terrorisme et l’idéologie de l’extrémisme, et l’exil forcé qui a été imposé à des populations irakiens", poursuit-il. Plus de quatre millions d’Irakiens sont déplacés dans leur propre pays par les violences confessionnelles, ou exilés dans les pays voisins.

Le principal groupe parlementaire sunnite, le Front de la Concorde, n’a pas participé à cette conférence. Les groupes sunnites se considèrent défavorisés dans la gestion des affaires du pays par un appareil d’Etat dominé par les chiites.

Le mouvement de Moqtada Sadr, une des plus puissantes organisations en Irak, avec une milice de 60.000 combattants, s’est également retiré en accusant le gouvernement de faire de la propagande. "Cette conférence est de la propagande pour le gouvernement et ne résout pas les problèmes fondamentaux", a déclaré l’AFP Nasser al Rubai, chef du bloc du courant Sadr au Parlement. "Le problème en Irak n’est pas entre les factions rivales, mais à l’intérieur des factions elles-mêmes", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Maliki avait exhorté mardi les différentes forces politiques du pays à faire taire leurs différends.

"J’appelle les partis irakiens à soutenir la réconciliation nationale parce que c’est la seule voie qui peut aider les Irakiens", avait déclaré M. Maliki, en lançant les travaux de cette conférence.

Washington considère que les progrès dans le domaine de la réconciliation politique sont trop lents et que cette paralysie met en péril les avancées dans le domaine de la sécurité, seules à même de justifier un début de retrait des troupes américaines d’occupation d’Irak.

Cette conférence, la deuxième du genre après celle du 16 décembre 2006, s’est tenue à la veille de l’anniversaire de l’invasion de l’Irak, le 20 mars 2003, qui a conduit à la chute du régime de Saddam Hussein.

M. Maliki avait présidé la première conférence de réconciliation qui avait appelé les anciens membres du parti de Saddam Hussein, le Baas, à rejoindre le processus politique.

Il avait alors exhorté officiers et soldats ayant servi à l’époque du dictateur à rejoindre la nouvelle armée irakienne, après en avoir été écartés par l’administration provisoire américaine qui avait dirigé l’Irak au lendemain de l’invasion.

Depuis, le Parlement a adopté une loi qui doit permettre à ces anciens fonctionnaires et militaires de réintégrer la fonction publique.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4544 http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4544



Jeudi 20 Mars 2008

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires