Flagrant délit media-mensonges

Chronique judiciaire : Lionel Henriot et la démocratie d’opinion


Au tribunal de Sion, on n’a pas fini de parler de l’affaire des vins Giroud. Ce qui aurait dû rester un banal litige fiscal dans le Canton voisin est en train de se transformer en affaire médiatico-judiciaire. A l’ombre de l'Etat et des médias, l’autorité judiciaire a bien souvent du mal à exister; l’exemple du juge Lionel Henriot est révélateur d’un des maux de notre époque: le conflit d’intérêts…


Jeanne Mernan
Samedi 27 Septembre 2014

Chronique judiciaire : Lionel Henriot et la démocratie d’opinion
Petit rappel sur la démocratie d’opinion Au moment où les démocraties occidentales s’élevaient contre le joug de la monarchie et surtout d’un système féodal à bout de souffle, la presse d’opinion n’existait pas ! Depuis, le développement des technologies et plus encore la révolution numérique sont venus parachever la construction d’une opinion publique. A un tel point que pour parler de nos régimes actuels, on évoque couramment la notion de démocraties d’opinions. A l’origine, les limites du quatrième pouvoir L’affaire Giroud restera vraisemblablement comme un cas d’école pour expliquer le dysfonctionnement démocratique des médias. Dominique Giroud , citoyen valaisan et entrepreneur à succès, est au prise avec la justice fiscale du Canton de Vaud lorsqu'il commence à faire l’objet, sur la première chaine du pays, d’une violente série de reportages basés sur une enquête extrêmement trouble du journaliste Yves Steiner. Pour ses avocats, « il est incompréhensible que la RTS (ait) souhaité faire le procès de Dominique Giroud avant les instances compétentes ». Fort de cet argument, ils enjoignent le tribunal de district de Sion à suspendre la diffusion de nouveaux documentaires à charge. Chapitre 1 : Lionel Henriot un juge sous pression Convaincu du risque d'un dommage réel pour Dominique Giroud, le juge Lionel Henriot accorde au patron de Giroud Vins des mesures pré-provisionnelles qui empêchent la RTS de diffuser de nouveaux reportages, reportages révélant par ailleurs des extraits de documents confidentiels couvert par le secret fiscal. C’est alors que se déchaîne une véritable tempête médiatique à l’encontre de la décision du fonctionnaire de justice. A grand renfort de déclarations solennelles au journal du soir, Gilles Marchand, le patron de la RTS fait passer ses éléments de langages dans la presse officielle et jusqu’aux réseaux sociaux. L’indépendance de la justice est mise en cause. Oui, mais par qui ? Chapitre 2 : Lionel Henriot, un juge sous influence Après cette charge virulente, l’opinion publique et la profession se braquent contre l’autorité judiciaire. Une décision rapide est nécessaire pour apaiser les esprits. La décision, c'est le juge Lionel Henriot, conjoint d'une journaliste de la RTS, qui va la prendre. Quelques jours seulement après avoir accordé des mesures à Dominique Giroud et ses avocats, il va, sans aborder la question de sa récusation, revenir sur son verdict initial et accordé à la RTS le droit de diffuser ses reportages. Qui perd gagne… La RTS semblait avoir perdu la bataille judiciaire. C'était sans compter sur ce revirement salvateur, pour les droits des médias. Se pose toutefois la question de l'égalité devant la loi lorsqu'un individu seul se bat contre le plus puissant média du pays et que la femme du juge travaille pour la partie adverse. Une affaire qui mériterait bien un reportage de Zone d'Ombre, l'émission judiciaire phare de la RTS.


Samedi 27 Septembre 2014


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