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Dimanche 05 Juillet 2009
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Chômage : une baisse en trompe l’œilDans la même rubrique:
Olivier Bonnet Dimanche 08 Juin 2008
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Reprise en boucle par tous les médias, sans aucune distance critique ni pondération, la nouvelle est à la Une : le chômage a baissé au premier trimestre 2008 pour atteindre 7,2% en métropole (7,5% avec les départements d’outre-mer), soit le taux le plus bas depuis vingt-cinq ans, d’après l’INSEE. La majorité profite de l’aubaine pour se réjouir : "C’est un succès important. C’est le meilleur chiffre depuis 25 ans, ça prouve que la stratégie retenue est la bonne", déclare Nicolas Sarkozy, qui ajoute : "mais il ne faut surtout pas s’arrêter à cela. Il ne faut faire aucune autosatisfaction, il faut continuer jusqu’à ce que nous ayons le plein emploi" (environ 5%). Il semble que le président n’ai pas été entendu concernant l’autosatisfaction par un Patrick Devedjian qui moque les socialistes : "Je comprends que ce soit douloureux pour eux que nous obtenions de tels succès parce que finalement le niveau du chômage atteint ce qu’il était il y a 25 ans", exulte le secrétaire général de l’UMP. S’il persifle ainsi - sans bien sûr répondre sur le fond -, c’est que les secrétaires nationaux du PS à l’économie et à la fiscalité, Michel Sapin, et aux entreprises, Alain Vidalies, remettent les pendules à l’heure dans un communiqué percutant : "Incontestablement, la baisse administrative du chômage n’est due qu’aux effets mécaniques de l’évolution de la démographie et au recours de plus en plus massif aux contrats précaires". Aussi dénoncent-ils un "exercice de communication" visant à faire oublier la réalité des faits, qu’ils se font un plaisir de rétablir : "le nombre des inscriptions à l’ANPE en catégorie 1 (personnes à la recherche d’un CDI à temps plein) au cours du premier trimestre a augmenté de 4,1% par rapport aux trois mois précédents, alors que les sorties n’ont augmenté que de 0,7%. Les entrées liées à un licenciement économique ont augmenté (+2%), ainsi que celles faisant suite à un licenciement autre qu’économique (+5,2%). Au nombre des sorties de l’ANPE, ce sont surtout les entrées en stage qui augmentent au cours du premier trimestre (+3,2%), ainsi que celles liées au développement d’emplois de service précaires, à temps très partiel et mal rémunérés. Comment le gouvernement peut-il se targuer de bons chiffres alors que l’industrie française continue de perdre des emplois (-0,4% sur le dernier trimestre et -1,2% sur un an), et que la France se situe toujours à la traîne des pays de la zone euro sur le front de l’emploi ?" Bonne question.
"La France se situe toujours à la traîne des pays de la zone euro sur le front de l’emploi", poursuivent nos duettistes socialistes. Ils touchent juste, là encore : notre pays demeure 0,7 point au-dessus de la moyenne européenne comptabilisée par Eurostat (7,8% contre 7,1%). Quant à leur affirmation que "l’action du gouvernement n’est pour rien dans la baisse du chômage, qui n’est que statistique", que leur répondent la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, et Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi ? Soufflant dans leur pipeau, ils protestent des efforts consentis "pour libérer le travail, moderniser le service public de l’emploi et soutenir la compétitivité des entreprises" : on cherchera vainement dans ce discours langue-de-bois la trace d’une réforme concrète pouvant avoir abouti directement à faire baisser le chômage ! "Au nombre des sorties de l’ANPE, ce sont surtout les entrées en stage qui augmentent au cours du premier trimestre (+3,2%), ainsi que celles liées au développement d’emplois de service précaires, à temps très partiel et mal rémunérés", assènent Sapin et Vidalies, en guise de coup de grâce. Il suffit de se pencher de plus près sur la note de l’INSEE pour se persuader de la véracité de cette assertion.
Comment conclure sans évoquer enfin tous les procédés administratifs mis systématiquement en œuvre pour radier le plus grand nombre de chômeurs possible et les faire ainsi disparaître artificiellement des chiffres ? Une réalité incontestable, là encore : "les reprises d’activité ne représentent qu’un quart des motifs de sortie des statistiques", nous enseigne la dernière phrase de l’article du Télégramme. Autrement dit, trois chômeurs sur quatre de ceux qui cessent officiellement de l’être n’ont pas retrouvé d’emploi. Alors, avec tout ça, leur prétendue baisse du chômage... PS : Le logo détourné de l’ANPE (Abaisser Neutraliser Parquer Eliminer) est une création du blog timeo danaos et dona ferentes.
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Reprenons leurs arguments point par point. Sapin (photo de gauche) et Vidalies commencent-ils par pointer les "effets mécaniques de l’évolution de la démographie" ? Ils ont raison : le départ à la retraite de "papy boomers" fait automatiquement baisser le taux de 1,1%. La population active n’augmente plus que de 50 000 personnes par an, alors qu’elle croissait de 250 000 en 1983. Comparer ainsi les deux périodes et se féliciter du meilleur résultat depuis 25 ans, comme le font
Après avoir lu cette lumineuse analyse, on ne peut que se scandaliser d’entendre Wauquiez, qui qualifie la baisse du chômage de "changement historique" - pas d’autosatisfaction a dit le président ! - prétendre avec son sourire de jeune premier qu’elle s’est produite "sans qu’augmente la précarité". Gagner 300 euros par mois, ce ne serait donc pas de la précarité ?
http://plumedepresse.info/

































