Géopolitique et stratégie

Cheney reçu 'poliment' à Bakou (Kommersant)


Le vice-président américain Dick Cheney a achevé sa tournée en Transcaucasie, qui avait pour but de renforcer les positions de Washington dans la lutte pour les ressources énergétiques de la Caspienne, lit-on vendredi dans le quotidien Kommersant.


Vendredi 5 Septembre 2008

Cheney reçu 'poliment' à Bakou (Kommersant)

Sa visite à Tbilissi hier s'est déroulée, comme il fallait s'y attendre, sans le moindre accrochage. Cependant, les négociations de mercredi à Bakou ont échoué. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a accueilli froidement son hôte américain et lui a laissé entendre que Bakou ne soutiendrait pas l'idée de réorienter le transport des produits énergétiques en contournant la Russie. Cette décision a été prise à la lumière des événements qui se sont produits dans la Géorgie voisine.

Comme l'ont fait savoir des sources au sein de l'appareil du président azerbaïdjanais, les négociations, qui portaient sur la guerre en Géorgie et les perspectives de construction du gazoduc Nabucco, ont été très difficiles. Ilham Aliev a donné à comprendre qu'il appréciait les rapports avec Washington, mais qu'il n'avait pas l'intention de se quereller avec Moscou. En fait, Bakou a opté pour une position d'attente. Les interlocuteurs du journal ont fait savoir que Dick Cheney avait été très irrité par les résultats de l'entretien et qu'il avait même refusé d'assister au dîner solennel tenu en son honneur.

Le refus d'Ilham Aliev de soutenir Washington et de se quereller avec Moscou s'explique facilement: la perte définitive par la Géorgie de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, ainsi que l'apparition de chars russes près de Tbilissi ont été interprétées à Bakou comme un signal lancé à tous ceux, dans la région, qui ont l'intention d'adhérer à l'OTAN.

Le budget azerbaïdjanais a même subi des pertes considérables. A la suite de l'explosion qui s'est produite le 12 août au niveau de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) dont la responsabilité a été attribuée par la Turquie au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), et en raison de l'arrêt du fonctionnement du gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum et du pipeline Bakou-Soupsa, l'exportation de produits énergétiques azerbaïdjanais vers l'Occident a été interrompue. D'ailleurs Bakou n'a, semble-t-il, aucun reproche à faire à la Russie. Au contraire, les autorités azerbaïdjanaises ont exprimé leur reconnaissance envers Moscou pour avoir évité d'endommager les ouvrages du BTC au cours de leur opération et des bombardements sur le territoire géorgien.

Par ailleurs, Bakou pourrait revoir sa position par rapport aux pipelines passant par le territoire de la Géorgie, car, dans les conditions actuelles, il vaut mieux assurer le transport du pétrole et du gaz vers l'Europe non pas par la Géorgie et la Turquie, mais par la Russie. D'après des sources russes qualifiées, l'Azerbaïdjan a déjà intensifié le transfert de pétrole par le pipeline Bakou-Novorossiïsk.

En juin dernier, Gazprom avait proposé d'acheter n'importe quel volume de gaz azerbaïdjanais aux prix européens. Au cours d'une visite à Bakou en juillet, Dmitri Medvedev était tombé d'accord avec le président Aliev pour engager des pourparlers à ce sujet. Apparemment, ces négociations devraient s'intensifier, de même que la cadence du rapprochement général entre Bakou et Moscou.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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Vendredi 5 Septembre 2008

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