Analyse et décryptage

Chavez et Sarko : la fin des débats économiques et le début d’un empire religieux mondial?


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Par Romain Angeles, lundi 24 septembre 2007

Le capitalisme et le communisme sont comme les deux côtés d’une même médaille : quand on regarde l’un on ne peut pas voir l’autre. Pour les analyser, on a besoin d’un miroir.


romain.angeles@gmail.com
Mardi 25 Septembre 2007

Chavez et Sarko : la fin des débats économiques et le début d’un empire religieux mondial?
« Chavez annonce avoir été invité en France par Sarkozy » informe l’AFP. On cite aussi Chavez qui affirme que les relations avec la France ont toujours été « franches sur le plan personnel, politique et économique. » Plus loin, il dit : « à présent, pour ce que je constate, [les liens] vont continuer à se renforcer avec Sarkozy. »
Comment diable est-ce qu’un communiste de la trempe de Chavez, grand admirateur de Castro (même de Chomsky!) peut-il s’allier avec un farouche néolibéral de la trempe de Sarkozy, grand admirateur (ou devrai-je dire « sous-traitant ») des néo-conservateurs de Washington?
Comment Chavez peut-il prétendre détester Bush, et en même temps prôner l’amitié diplomatique avec Sarkozy?
La question philosophique, plus fondamentale, est la suivante : comment l’idéologie capitaliste peut-elle rejoindre l’idéologie communiste?
Je vais tenter de présenter comment ces deux idéologies sont en fait les deux côtés de la même médaille, et ensuite je mettrai cette imposture dans le contexte d’une alliance future entre Chavez et Sarkozy.

Chavez et Sarko : la fin des débats économiques et le début d’un empire religieux mondial?

Capitalisme vs communisme

L’idéologie capitaliste nous dit que l’état ne devrait contrôler AUCUN secteur de l’économie et devrait la laisser entièrement au libre marché qui s’auto régulera et apportera par enchantement la prospérité à la société. Intéressante théorie : on nous fait croire qu’aucune loi ne régit le marché, et que par magie les besoins de tous seront couverts. En fait le fait qu’il n’y a pas de lois est une loi en soi : on joue avec les mots pour nous parler d’une loi plus communément appelée la « loi de la jungle » ou la « loi du plus fort ». C’est-à-dire que c’est le plus riche qui l’emporte, et qui contrôle la direction économique d’une société. Attendez un instant : si quelqu’un a non seulement accepté de jouer à ce jeu animal, mais qu’il a en plus gagné, comment nous faire croire que cette personne aura une conscience sociale? Pour accepter de jouer à ce jeu économique et éventuellement gagner temporairement, il faut avoir le moins d’empathie, de compassion, d’intérêt pour le bien-être de son voisin, et le maximum d’ambition personnelle de s’accaparer des richesses et du pouvoir. Comment un individu de la sorte pourra jamais faire progresser une société et s’intéresser aux plus pauvres et aux plus démunis?
Quel est le résultat d’un tel système sur une société? Une élite ultra riche qui décide de s’entraider à travers des monopoles discrets, et qui transforme la société dans une jungle monétaire. Non, ce système est évidemment un mensonge. Soit, mais alors comment gérer notre économie? On nous fait souvent croire qu’il n’y a qu’une seule autre alternative, opposée : le communisme.
L’idéologie communiste nous explique qu’il faut que l’état contrôle TOUS les secteurs de l’économie. (Bon, on nous fait passer de rien à tout. Est-ce qu’on a déjà pensé à l’alternative « certains » ou « plusieurs » comme dans « l’état doit contrôler CERTAINS secteurs de l’économie. » Plusieurs se sont déjà penchés sur la question, mais les gens qui contrôlent ce qu’on nous enseigne à l’école sont les mêmes qui profitent de ces systèmes alors ils essaient de garder ces choses les plus cachées possible. À ce titre je vous invite de lire, par le biais de Lyndon Larouche, les théories d’Alexander Hamilton et Friedrich List.) Alors les communistes veulent que l’état contrôle tous les secteurs de l’économie : de la fabrication de chaussures, à l’exploitation du pétrole, au système d’éducation en passant par les grille-pains. Conséquence inévitable de ce monopole de l’état sur tous les biens et services : toute la société travaille directement pour l’état (on n’est plus citoyen, mais employé de l’état), fin des échanges commerciaux avec les autres pays (donc fermeture culturelle, et donc fascisme ou dictature) et formation d’une élite politico-commercantes (qui peut perpétuer son pouvoir à travers un contrôle social qu’elle domine entièrement). Les chefs d’entreprise sont les dirigeants politiques du pays. Mais qu’est-ce qu’on voit apparaître de nouveau, comme avec le système capitaliste? Une fusion totale entre pouvoir politique et pouvoir financier.

Chavez et Sarko : la fin des débats économiques et le début d’un empire religieux mondial?

Capitalisme et communisme : deux manières d’arriver au contrôle politique par le biais du pouvoir financier

On voit dans les deux systèmes apparaître un phénomène commun : une condensation du pouvoir financier dans les mains de quelques individus. D’un côté le capitalisme travaille à prendre le contrôle financier de toute une société, quitte à éliminer le gouvernement et instaurer une dictature financière. De l’autre côté, le communisme vise à soumettre toute une population à un seul employeur, le gouvernement, et ainsi installer une dictature financière par le biais d’un coup d’état.
Le capitalisme cherche à séduire la classe moyenne et celle au dessus en leur promettant plus d’argent (chose dont ils ont un certain avant-goût) et donc un accroissement de leur pouvoir d’achat qu’ils traduisent en augmentation de leur liberté (cf. Alain Soral « réduire la liberté au désir, et le désir à l’acte d’achat »). « Je vais pouvoir acheter tout ce que je veux, aller où je veux, quand je veux : je serai enfin libre. » À quel prix? Soit ça ne les dérange pas parce que « mieux vaut moi que les autres », soit ils oublient de se poser la question. C’est pour cette raison que le néo-libéralisme est encore une théorie économique discutée et approfondie « sérieusement » dans les universités du monde occidental, actuellement plus prospère matériellement que les autres régions du monde. Comme la classe aisée est plus importante dans les sociétés occidentales actuelles par rapport aux autres sociétés du monde, il est important pour les fondateurs de la théorie capitaliste de séduire ces individus plus riches et de s’en servir comme intermédiaire pour prendre le contrôle de toute la société progressivement. À travers le financement des partis politiques, des campagnes électorales, un contrôle médiatique quasi-total, le politicien néolibéral est facilement mis au pouvoir, et peut ensuite privatiser tout ce qu’il peut, avec l’aide financière de ceux qui l’ont mis là. Mission réussie aux États-unis, en France, au Canada, au Mexique (plus difficilement), en Allemagne, en Grande-Bretagne.
Maintenant le problème se pose : comment prendre le contrôle des sociétés majoritairement plus pauvres en leur donnant l’illusion d’une liberté aussi, de sorte à ne pas créer de véritable révolution? C’est là que la fausse lutte des classes de Marx intervient. « Les pauvres ont toujours raison » et les « riches sont des salauds » en caricature extrême qui peut très bien s’appliquer aux adolescents et aux gens naïfs. L’idée c’est de leur faire croire que leur employeur se situe au sommet de la pyramide politique du pays et qu’en le renversant, ils accèdent à la source de leurs problèmes. Une fois renversé, la prise du pouvoir politique se fait relativement facilement (surtout quand l’armée est de nôtre côté) puis ensuite il ne suffit que d’instaurer le système qui fonctionnera de lui-même. En fait, il s’agit d’un piège idéologique ou philosophique qui fait en sorte que la population qui se croit impliquée dans cette « révolution », implémente de force, et volontairement un système voué à la stagnation presque totale de la société, comme on le voit à Cuba. Mais pour s’assurer que le peuple ne réalise pas la fraude dans laquelle elle a été impliquée, ou du moins pour l’empêcher de s’adonner à une véritable révolution, il est important pour que le modèle communiste se perpétue qu’à la tête du régime persiste un personnage emblématique : le « père de la révolution » dont la propagande sera rapidement sécurisée. Ainsi le mensonge peut se propager, les plus naïfs seront encore dupés, et ceux qui auront compris pourront simplement être éliminés. C’est pourquoi on voit Castro se la couler douce dans ses palaces à ne faire strictement rien d’autre que contempler son passé pendant que sa population vit dans un zoo (tout le monde mange, tout le monde est en santé, tout le monde est éduqué, mais qui est vraiment libre?). La question se pose de savoir qui finance vraiment le régime de Castro ou s’il est vraiment auto-suffisant, puis d’étudier la montée au pouvoir de Chavez à travers un financement important de banques d’envergure internationale.

Chavez et Sarkozy : une union spirituelle?

Chavez et Sarkozy sont donc les deux côtés de la même pièce qu’est l’empire mondial. Ils travaillent tous les deux pour des intérêts financiers plus ou moins dissimulés, et pour ces raisons, ont toutes les raisons du monde de devenir copains. Maintenant la question se pose : comment cette fusion d’idéologie va-t-elle s’opérer à l’échelle mondiale? S’agira-t-il simplement de garder chaque peuple respectif dans l’ignorance des réalités des autres sociétés de sorte à l’empêcher de s’éveiller aux mensonges de ses dirigeants (ce qui paraîtra difficile avec l’Internet), ou alors s’agira-t-il d’opérer une union supérieure à celui de l’économie et la politique pour passer au domaine du religieux? Est-ce qu’un attentat orchestré contre le pape serait encore la solution « magique » pour unifier toutes ces nations occidentales devenues trop matérialistes, vides de spiritualité et déchirées entre des débats idéologiques qui leur font mal à la tête?


Les opinions exprimées dans ce texte n'engagent que son auteur et ne reflètent point celles de rédaction Alter Info


Lundi 24 Septembre 2007

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